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Un Occident kidnappé, ou La tragédie de l'Europe centrale 

Kundera, Milan  

in Le Débat, n°25, 1983/5

1983

Le texte intégral n'est malheureusement pas disponible pour des raisons de droits d'auteur.
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Biography 

Ecrivain tchèque, Milan Kundera (Français, né à Brno, 1 avril 1929) émigre en France en 1975 et obtient la nationalité française en 1981 après que sa nationalité tchécoslovaque lui est retirée. Romancier et essayiste, il écrit en tchèque et en français. Exclu du parti communiste en 1970, il perd son poste d'enseignant à Prague et ses livres sont retirés de la place publique. Ses œuvres, marquées par l'esprit du printemps de Prague, sont des réflexions sur l'identité, l'homme face à son passé, la réalité totalitaire et la mission de l'artiste. Son œuvre est publié en France dans la Bibliothèque de la Pléiade.

Summary 

Publié en 1983, cet essai fait partie du débat sur le concept d'Europe centrale qui anime les intellectuels des pays européens de la sphère politique soviétique dans l'objectif d'affirmer leur place au sein de l'Europe.

L'auteur procède d'abord à une définition du concept d'Europe en le dépossédant de sa signification géographique. L'Europe pour lui est l'Occident, par opposition à la Russie, et cette dichotomie est perceptible à travers l'héritage historique, culturel et religieux. La Russie est présentée comme une autre civilisation basée sur l'orthodoxie et sur un panslavisme utilisé pour instaurer la domination de l'idéologie communiste, alors que l'Europe est pensée surtout dans son unité culturelle.

Concernant l'existence d'une Europe centrale, Kundera cherche des preuves de sources diverses afin de montrer qu'il s'agit d'une partie inhérente de l'Occident sur des bases historiques et culturelles. C'est aussi une entité propre, conditionnée par un destin et une culture communs, qui a sa vision du monde et son histoire 'centre-européenne' inséparable toutefois de l'histoire européenne. En bref, c'est 'la zone incertaine de petites nations entre la Russie et l'Allemagne'.

Enfin, pour Kundera l'unité européenne repose essentiellement sur l'identité culturelle et la culture est la réalisation des 'valeurs suprêmes par lesquelles le peuple européenne se comprenait, se définissait, s'identifiait'. Or, sa propre expérience l'amène au constat que l'Occident est en train de perdre le sens de l'identité culturelle européenne. La culture, quintessence même de l'Europe, n'y est plus ressentie comme valeur, alors que cet idéal commun - l'Europe, porté par la culture - est devenu la raison d'être des pays de l'Europe centrale.