Crise et gouvernance economique V

 

Cette enquête Eurobaromètre sur "la crise et la gouvernance économique en Europe" est la cinquième réalisée par le Parlement européen. Elle a été menée sur le terrain par TNS opinion entre le 10 et le 25 mars 2012, en face-à face auprès de 26 593 Européens âgés de plus de 15 ans.

A la veille des importantes échéances qui réuniront les chefs d'Etats et de gouvernements sur le thème de la crise, une majorité d'Européens estime que l'UE doit agir à la fois pour réduire les déficits publics et pour relancer la croissance (47%), 25% d'entre eux estiment que la priorité doit être accordée à la relance et 23% à la réduction des dépenses publiques.

Les résultats de l'enquête confirment une tendance déjà constatée: celle qui démontre une polarisation de l'opinion publique. En effet, le nombre de personnes qui n'ont pas d'opinion diminue d'enquête en enquête.

Alors que le débat actuel entre Etats membres sur la manière de répondre à la crise se focalise sur l'opportunité ou non d'agir en commun, les Européens estiment à 55%(=) qu'ils se sentiraient mieux protégés par des mesures coordonnées entre Etats membres pour 38% (+3) qui se prononcent en faveur de mesures individuelles

Sur ces réponses à apporter à la crise, il existe de nettes différences entre la zone euro (61% pour la coordination) et la zone non euro (43%).

S'ils sont pour la solidarité, les Européens estiment très majoritairement que l'aide aux pays en difficulté doit être conditionnée au respect des règles fixées en commun (80%) et en faveur de sanctions (72%) en cas de non respect de celles-ci.

En matière budgétaire, les Européens sont favorables à 65% (-2) à une concertation préalable entre l'Union européenne et les Etats membres lors de l'élaboration des budgets nationaux. A nouveau les différences zone euro (70%) et zone non euro (56%) sont très significatives.

A propos de la taxe sur les transactions financières (TTF) on observe, comme sur les autres questions, un net mouvement d'opinion entre les deux enquêtes: désormais, les Européens sont 66% (+5) à se déclarer en faveur du principe de la création d'une taxe sur les transactions financières, dont 73% en zone euro et 53% en zone non euro, soit une différence de 20 points de pourcentage.

Toujours dans ce laps de temps de six mois, on note une notoriété grandissante des euro-obligations (ou euro-bonds). Aujourd'hui près d'un Européen sur deux (49%; +7) a entendu parler des euro-obligations, dont 53% dans la zone euro et 42% dans la zone non euro.

Si une majorité d'Européens, apportent leur soutien à la mise en commun d'une partie de la dette des Etats membres, leurs analyses divergent quant aux effets qu'elle pourrait produire.

La connaissance des agences de notations de crédit (ANC) est également en hausse : la note de 13 pays ayant été dégradée par les ANC ces six derniers mois, c'est sans surprise que l'on apprend que 61% (+11) des Européens en ont entendu parler. Alors qu'est évoquée l'hypothèse de la création d'une ANC européenne indépendante permettant de contrebalancer le pouvoir des agences existantes, 67% (+2) des répondants y sont favorables. Enfin, 54% des Européens considèrent que, en situation de crise profonde, les ANC ne devraient pas noter les Etats membres aidés par d'autres Etats membres de l'UE.

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Sondages d'opinion du Parlement européen

Régulièrement le Parlement européen commande des études sur l'état de l'opinion publique dans les Etats membres.

Par ce suivi, le Parlement européen s'efforce de mieux appréhender les perceptions et les attentes des citoyens sur ses activités et celles de l'Union européenne dans son ensemble. Il s'agit d'une aide précieuse à la préparation, à la décision et à l'évaluation de son travail.

Le lecteur pourra trouver non seulement des informations sur les attitudes des européens vis-à-vis du changement climatique ou de la situation économique actuelle, mais aussi sur ce que les citoyens perçoivent et attentent des élections européennes, du Parlement européen et de l'intégration européenne en général.