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19/12/2017

Débat citoyen animé sur le glyphosate

Compte-rendu de la soirée-débat sur le glyphosate,
18 décembre 2017, Gembloux

Malgré la décision récente des autorités européennes, la question de l’utilisation du glyphosate continue de diviser les esprits. À la fin d’un débat animé et intense auquel ont participé quelque 250 personnes,  le vote final a consacré la division : une légère majorité s’est prononcée pour le maintien de l’utilisation de l’herbicide.

Parlementaires, industrie, professeurs, agriculteurs, étudiants et citoyens ont débattu le soir du 18 décembre dans la grande salle Senghor de la Faculté Agro-Bio-Tech de Gembloux sur l’autorisation d’utiliser le glyphosate dans l’Union européenne. Le partage d’avis et de témoignages a permis d’alimenter les connaissances et les opinions sur le sujet.

La thématique du glyphosate  a dominé l’agenda européen et médiatique en cette fin d’année 2017. Le 12 décembre dernier, la Commission européenne a décidé la prolongation de l’autorisation d’utilisation du produit pendant 5 ans. Cette décision fait suite à des études de l’EFSA (l’Autorité européenne de sécurité des aliments) et de l’ECHA (l’Agence européenne des produits chimiques) ainsi qu’à un avis favorable à majorité qualifiée du Conseil des ministres.

Les intervenants
Streel, Tarabella, Schiffers, Lamberts, Azoulay

Lundi soir, partisans et opposants constituaient un panel divers : à côté des eurodéputés Marc Tarabella (PS, S&D) et Philippe Lamberts (Ecolo, Verts/ ALE), Marianne Streel, vice-présidente de la Fédération Wallonne des Agriculteurs, Bruno Schiffers, Professeur en phytopharmacie de la Faculté Gembloux Agro-Bio Tech (ULiège), ainsi que Jean-Philippe Azoulay, directeur-général de ECPA (European Crop Protection Association).

La soirée a débuté par une brève présentation du glyphosate ainsi que des décisions prises au niveau européen. Ensuite, le débat a débuté par l’exposé des différentes positions des participants au panel.

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Des positions diverses et un débat complexe

Le parlementaire européen, Philippe Lamberts a ouvert la discussion sur sa désapprobation concernant le manque de transparence des études utilisées par la Commission pour former son avis. Il a insisté sur le fait que « travailler avec des études indépendantes est crucial » pour pouvoir prendre des décisions en toute indépendance. Par ailleurs, il a mentionné la possibilité d’un recours du Parlement européen devant la Cour de Justice de l’UE à Luxembourg concernant la Décision.

Bruno Schiffers a ensuite souligné qu’il était normal que les industriels paient eux-mêmes les études de toxicologie et éco-toxicologie qui ont un certain coût. Par ailleurs, à ses yeux, l’utilisation du glyphosate permet de donner un certain confort aux agriculteurs. Par contre, il souhaite une évolution de la production agricole. Il souligne le travail de qualité produit par ses collègues chercheurs. Selon lui, quatre autres produits phytosanitaires sont aussi sur le marché et ne subissent pas les mêmes débats quant à la prolongation de l’autorisation de leur usage.

Marc Tarabella a mis en lumière le manque d’investissement dans la recherche fondamentale subventionnée par le secteur public. En conséquence, beaucoup de développements scientifiques récents sont faits par des acteurs privés. Tarabella doute de la neutralité et de l’impartialité des résultats issus de ces études. Il soutient la décision du parlement de proposer « une période transitoire avec une possibilité pour l’agriculture de s’adapter ». Selon lui, les agences européennes manquent tout simplement de moyens suffisants.

Jean-Philippe Azoulay a souligné que l’industrie est fière de proposer une alimentation de qualité aux citoyens européens. Il a expliqué que leurs produits phytosanitaires sont utilisés depuis 45 ans par des centaines de millions de personnes de par le monde. De plus, il a fait ressortir le souhait de l’industrie d’avoir une « une réglementation stricte, prévisible et efficace » dans l’Union européenne. La question-clef de ce débat est pour lui : « Que souhaitons-nous comme type d’alimentation et de production agricole en tant que société ? ». Azoulay souligne qu’il perçoit un changement auprès des industries, qui face aux pressions de la société civile, commencent à publier leurs études.

Marianne Streel, qui a pris la parole plutôt en tant qu’agricultrice, a quant à elle mis l’accent sur l’importance de l’image donnée aux agriculteurs. Elle regrette le manque de reconnaissance du travail fourni et de la qualité des produits européens, qui par ailleurs sont soumis à des normes strictes. Elle incite donc à plus de recherche publique afin de rétablir la cohérence pour le consommateur. Elle a terminé son intervention en soulignant qu’il est important de s’intéresser aussi aux importations, ainsi qu’au prix des produits.

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Une session de questions-réponses animée

Après le débat, une session de questions réponses a donné aux participants la possibilité de faire entendre leur voix ainsi que de poser des questions. Les questions et témoignages d’agriculteurs et de citoyens remettaient entre autre en question la quantité de glyphosate utilisé par l’agriculture wallonne. De plus, la santé, le coût de production et les différends entre le politique et l’industrie ont été mis sur la table.

La soirée s’est clôturée par un vote. Les participants se sont prononcés pour ou contre la prolongation de l’autorisation d’utilisation du glyphosate. Une légère majorité de votes fut en faveur de l’autorisation.

Le vote final
Le vote final

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Regarde les photos de la soirée-débat.