aller au contenu

Cookies sur les sites web de l'UE

Nous utilisation les cookies dans le but unique d'améliorer votre experience sur notre site. Si vous continuer sans changer vos paramètres vous recevrez des cookies ou changer vos paramètres cookie à tout moment.

Continuer
 
 
 
01/03/2019

Un débat sur la migration quelque peu étrange à Namur

Le débat de ce jeudi soir dans un auditoire de l’Université de Namur a été quelque peu étrange. Alors que le public - une centaine de participants - avait initialement voté par 84 voix pour l’immigration comme opportunité contre 5 voix pour l’immigration comme une menace et 11 abstentions, il s’avéra que les questions de la salle apportaient néanmoins plus de questionnements que parmi les membres du panel.

Tout comme à Courtrai ce mercredi et à Mons la semaine dernière, le débat organisé par le Bureau du PE en Belgique en coopération avec l’EDIC Namur portant sur une politique européenne épineuse qu’est l’immigration, a une nouvelle fois de plus suscité beaucoup d’intérêt. Dans leur introduction, Benoîte Dessicy et Liliana Gomez du Centre d’Action Interculturelle (CAI) de Namur ont présenté des chiffres à l’échelle mondiale et elles ont insisté sur le fait que l’OCDE considère les migrations comme une opportunité. Elles ont également alerté sur le racisme qui régit toujours notre société

Saskia Bricmont, deuxième candidate sur la liste européenne Ecolo et Gwenaëlle Grovonius, députée fédérale PS, ont critiqué le fait qu’à ce jour encore, on considérait encore trop l’immigration en termes de menace. Elles ont insisté sur le fait qu’il fallait beaucoup plus se concentrer sur les causes de la migration, qui sont à chercher principalement parmi les choix économiques que nous imposons de chez nous à l’Afrique notamment et qui forcent dès lors les gens à chercher une vie meilleure ailleurs.

‘On exagère’ a dit Bricmont, ‘lorsque la crise migratoire de 2015 avait atteint son niveau le plus critique, 1 million de réfugiés ont rejoint notre continent où 500 millions de personnes habitent. Alors, de quoi parlons-nous ? Mais, depuis 2014, quelque 12.000 migrants ont péri en Méditerranée à cause d’une mauvaise politique. Cela représente l’équivalent d’un village entier !’. Grovonius a attiré l’attention sur les milliers de personnes sans-papiers et a plaidé pour une nouvelle politique de régularisation, ce que Bricmont a confirmé.

Antoine de Borman, directeur du Centre de recherches Cepess et délégué par le cdH a attiré l’attention sur les tensions que la migration peut créer dans une société. Il a été renforcé dans son idée par le public à qui le modérateur avait demandé de donner un mot via l’application sli.do (smartphone) qui faisait penser à la migration. Le « wordcloud » qui en a résulté a montré sur l’écran que le mot « Islam » apparaissait en gros plan. De Borman a également plaidé pour une approche plus humanitaire et mieux organisée, tout en ajoutant que “nous ne devons pas être naïfs ».

Le professeur Thierry Braspenning, qui enseigne la science politique à Namur a tenté d’ouvrir plus largement le débat. Il considère la question migratoire avant tout comme un test de notre capacité à réellement vivre et fonctionner ensemble dans une société pluraliste et a constaté de nombreuses imperfections à ce sujet.

Le recteur de l’UNamur, Naji Habra, lui-même immigrant de première génération ayant quitté la Syrie il y a plus de 30 ans, a mis en garde contre une trop grande émotion et trop de réflexions à court terme sur les questions de migration. Il a fait remarquer l’énorme diversité de causes, de motifs et d’attentes des personnes qui migrent. Il a aussi insisté sur le fait qu’il fallait éviter les stéréotypes.

En même temps, il a souhaité évoquer trois questions pertinentes : est-ce que la question centrale n’est pas de savoir si nous souhaitons et pouvons accueillir en principe tous les migrants qui y ont droit, ou devons-nous êtres plus sélectifs comme au Canada par exemple ? Avons-nous réussi à transmettre nos valeurs européennes lorsque nous nous rendons compte que ce sont de jeunes qui ont grandi chez nous qui vont décapiter de braves gens au Proche-Orient ? Et est-ce que notre politique étrangère est suffisamment cohérente lorsque, en évoquant ces questions, il apparait que nos pays soutiennent des régimes qui propagent un islam extrémiste ?

Les participants au débat ont posé des questions telles que : pourquoi est-ce que les problèmes ne sont pas traités et réglés dans les pays d’origine ? N’est-ce pas le processus européen de toujours rechercher le compromis qui mène à une politique inexistante ? La diaspora elle-même ne devrait-elle pas jouer un rôle plus important dans la promotion de modèles exemplaires en matière de migration ? Quelqu’un dans l’audience a trouvé que le public n’a pas pu s’exprimer suffisamment.

Le recteur Habra a conclu le débat par un appel à ne pas trop voir le monde comme des cases séparées: échange et diversité ont toujours été des éléments essentiels dans cette question et la migration en est un élément fixe.

Les événements en 2019

Les événements en 2019