Procédure : 2016/2202(DEC)
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A8-0125/2017

Débats :

PV 26/04/2017 - 19
CRE 26/04/2017 - 19

Votes :

PV 27/04/2017 - 5.14

Textes adoptés :

P8_TA(2017)0145

RAPPORT     
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30.3.2017
PE 593.839v05-00 A8-0125/2017

concernant la décharge sur l’exécution du budget des huitième, neuvième, dixième et onzième Fonds européens de développement pour l’exercice 2015

(2016/2202(DEC))

Commission du contrôle budgétaire

Rapporteur: Younous Omarjee

1. PROPOSITION DE DÉCISION DU PARLEMENT EUROPÉEN

1. PROPOSITION DE DÉCISION DU PARLEMENT EUROPÉEN

concernant la décharge sur l’exécution du budget des huitième, neuvième, dixième et onzième Fonds européens de développement pour l’exercice 2015

(2016/2202(DEC))

Le Parlement européen,

–  vu les bilans financiers et les comptes de gestion des huitième, neuvième, dixième et onzième Fonds européens de développement pour l’exercice 2015 (COM(2016)0485 – C8-0326/2016),

–  vu les informations financières sur les Fonds européens de développement (COM(2016)0386),

–  vu le rapport annuel de la Cour des comptes sur les activités relevant des huitième, neuvième, dixième et onzième Fonds européens de développement relatif à l’exercice 2015, accompagné des réponses de la Commission(1),

–  vu la déclaration d’assurance(2) concernant la fiabilité des comptes ainsi que la légalité et la régularité des opérations sous-jacentes, fournie par la Cour des comptes pour l’exercice 2015 conformément à l’article 287 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne,

–  vu les recommandations du Conseil du 21 février 2017 sur la décharge à donner à la Commission sur l’exécution des opérations des Fonds européens de développement pour l’exercice 2015 (05376/2017-C8-0081/2017, 05377/2017-C8-0082/2017, 05378/2017-C8-0083/2017, 05379/2017-C8-0084/2017),

–  vu le rapport de la Commission sur le suivi de la décharge pour l’exercice 2014 (COM(2016)0674) et les documents de travail des services de la Commission qui l’accompagnent (SWD(2016)0338, SWD(2016)0339),

–  vu l’accord de partenariat entre les membres du groupe des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), d’une part, et la Communauté européenne et ses États membres, d’autre part, signé à Cotonou le 23 juin 2000(3) et modifié à Ouagadougou (Burkina Faso) le 22 juin 2010(4),

–  vu la décision 2013/755/UE du Conseil du 25 novembre 2013 relative à l’association des pays et territoires d’outre-mer à l’Union européenne («décision d’association outre‑mer»)(5),

–  vu l’article 33 de l’accord interne du 20 décembre 1995 entre les représentants des gouvernements des États membres, réunis au sein du Conseil, relatif au financement et à la gestion des aides de la Communauté dans le cadre du second protocole financier de la quatrième convention ACP-CE(6),

–  vu l’article 32 de l’accord interne du 18 septembre 2000 entre les représentants des gouvernements des États membres, réunis au sein du Conseil, relatif au financement et à la gestion des aides de la Communauté dans le cadre du protocole financier de l’accord de partenariat entre les États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique et la Communauté européenne et ses États membres, signé à Cotonou (Bénin) le 23 juin 2000, et à l’affectation des aides financières destinées aux pays et territoires d’outre-mer auxquels s’appliquent les dispositions de la quatrième partie du traité CE(7),

–  vu l’article 11 de l’accord interne du 17 juillet 2006 entre les représentants des gouvernements des États membres, réunis au sein du Conseil, relatif au financement des aides de la Communauté au titre du cadre financier pluriannuel pour la période 2008‑2013 conformément à l’accord de partenariat ACP-CE et à l’affectation des aides financières destinées aux pays et territoires d’outre-mer auxquels s’appliquent les dispositions de la quatrième partie du traité CE(8),

–  vu l’article 11 de l’accord interne du 24 juin 2013 et du 26 juin 2013 entre les représentants des gouvernements des États membres de l’Union européenne, réunis au sein du Conseil, relatif au financement de l’aide de l’Union européenne au titre du cadre financier pluriannuel pour la période 2014-2020 conformément à l’accord de partenariat ACP-UE et à l’affectation des aides financières destinées aux pays et territoires d’outre‑mer auxquels s’appliquent les dispositions de la quatrième partie du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne(9),

–  vu l’article 319 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne,

–  vu l’article 74 du règlement financier du 16 juin 1998 applicable à la coopération pour le financement du développement en vertu de la quatrième convention ACP-CE(10),

–  vu l’article 119 du règlement financier du 27 mars 2003 applicable au neuvième Fonds européen de développement(11),

–  vu l’article 50 du règlement (CE) nº 215/2008 du Conseil du 18 février 2008 portant règlement financier applicable au dixième Fonds européen de développement(12),

–  vu l’article 48 du règlement (UE) 2015/323 du Conseil portant règlement financier applicable au onzième Fonds européen de développement(13),

–  vu l’article 93, l’article 94, troisième tiret, et l’annexe IV de son règlement,

–  vu le rapport de la commission du contrôle budgétaire et l’avis de la commission du développement (A8-0125/2017),

1.  donne décharge à la Commission sur l’exécution du budget des huitième, neuvième, dixième et onzième Fonds européens de développement pour l’exercice 2015;

2.  présente ses observations dans la résolution ci-après;

3.  charge son Président de transmettre la présente décision, ainsi que la résolution qui en fait partie intégrante, au Conseil, à la Commission, à la Cour des comptes et à la Banque européenne d’investissement, et d’en assurer la publication au Journal officiel de l’Union européenne (série L).

2. PROPOSITION DE DÉCISION DU PARLEMENT EUROPÉEN

sur la clôture des comptes des huitième, neuvième, dixième et onzième Fonds européens de développement pour l’exercice 2015

(2016/2202(DEC))

Le Parlement européen,

–  vu les bilans financiers et les comptes de gestion des huitième, neuvième, dixième et onzième Fonds européens de développement pour l’exercice 2015 (COM(2016)0485 – C8-0326/2016),

–  vu les informations financières sur les Fonds européens de développement (COM(2016)0386),

–  vu le rapport annuel de la Cour des comptes sur les activités relevant des huitième, neuvième, dixième et onzième Fonds européens de développement relatif à l’exercice 2015, accompagné des réponses de la Commission(14),

–  vu la déclaration d’assurance(15) concernant la fiabilité des comptes ainsi que la légalité et la régularité des opérations sous-jacentes, fournie par la Cour des comptes pour l’exercice 2015 conformément à l’article 287 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne,

–  vu les recommandations du Conseil du 21 février 2017 sur la décharge à donner à la Commission sur l’exécution des opérations des Fonds européens de développement pour l’exercice 2015 (05376/2017-C8-0081/2017, 05377/2017-C8-0082/2017, 05378/2017-C8-0083/2017, 05379/2017-C8-0084/2017),

–  vu le rapport de la Commission sur le suivi de la décharge pour l’exercice 2014 (COM(2016)0674) et les documents de travail des services de la Commission qui l’accompagnent (SWD(2016)0338) et SWD(2016)0339),

–  vu l’accord de partenariat entre les membres du groupe des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), d’une part, et la Communauté européenne et ses États membres, d’autre part, signé à Cotonou le 23 juin 2000(16) et modifié à Ouagadougou (Burkina Faso) le 22 juin 2010(17),

–  vu la décision 2013/755/UE du Conseil du 25 novembre 2013 relative à l’association des pays et territoires d’outre-mer à l’Union européenne («décision d’association outre‑mer»)(18),

–  vu l’article 33 de l’accord interne du 20 décembre 1995 entre les représentants des gouvernements des États membres, réunis au sein du Conseil, relatif au financement et à la gestion des aides de la Communauté dans le cadre du second protocole financier de la quatrième convention ACP-CE(19),

–  vu l’article 32 de l’accord interne du 18 septembre 2000 entre les représentants des gouvernements des États membres, réunis au sein du Conseil, relatif au financement et à la gestion des aides de la Communauté dans le cadre du protocole financier de l’accord de partenariat entre les États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique et la Communauté européenne et ses États membres, signé à Cotonou (Bénin) le 23 juin 2000, et à l’affectation des aides financières destinées aux pays et territoires d’outre-mer auxquels s’appliquent les dispositions de la quatrième partie du traité CE(20),

–  vu l’article 11 de l’accord interne du 17 juillet 2006 entre les représentants des gouvernements des États membres, réunis au sein du Conseil, relatif au financement des aides de la Communauté au titre du cadre financier pluriannuel pour la période 2008‑2013 conformément à l’accord de partenariat ACP-CE et à l’affectation des aides financières destinées aux pays et territoires d’outre-mer auxquels s’appliquent les dispositions de la quatrième partie du traité CE(21),

–  vu l’article 11 de l’accord interne du 24 juin 2013 et du 26 juin 2013 entre les représentants des gouvernements des États membres de l’Union européenne, réunis au sein du Conseil, relatif au financement de l’aide de l’Union européenne au titre du cadre financier pluriannuel pour la période 2014-2020 conformément à l’accord de partenariat ACP-UE et à l’affectation des aides financières destinées aux pays et territoires d’outre‑mer auxquels s’appliquent les dispositions de la quatrième partie du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne(22),

–  vu l’article 319 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne,

–  vu l’article 74 du règlement financier du 16 juin 1998 applicable à la coopération pour le financement du développement en vertu de la quatrième convention ACP-CE(23),

–  vu l’article 119 du règlement financier du 27 mars 2003 applicable au neuvième Fonds européen de développement(24),

–  vu l’article 50 du règlement (CE) nº 215/2008 du Conseil du 18 février 2008 portant règlement financier applicable au dixième Fonds européen de développement(25),

–  vu l’article 48 du règlement (UE) 2015/323 du Conseil portant règlement financier applicable au onzième Fonds européen de développement(26),

–  vu l’article 93, l’article 94, troisième tiret, et l’annexe IV de son règlement,

–  vu le rapport de la commission du contrôle budgétaire et l’avis de la commission du développement (A8-0125/2017),

1.  approuve la clôture des comptes des huitième, neuvième, dixième et onzième Fonds européens de développement pour l’exercice 2015;

2.  charge son Président de transmettre la présente décision, ainsi que la résolution qui en fait partie intégrante, au Conseil, à la Commission, à la Cour des comptes et à la Banque européenne d’investissement, et d’en assurer la publication au Journal officiel de l’Union européenne (série L).

3. PROPOSITION DE RÉSOLUTION DU PARLEMENT EUROPÉEN

contenant les observations qui font partie intégrante de la décision concernant la décharge sur l’exécution du budget des huitième, neuvième, dixième et onzième Fonds européens de développement pour l’exercice 2015

(2016/2202(DEC))

Le Parlement européen,

–  vu sa décision concernant la décharge sur l’exécution du budget des huitième, neuvième, dixième et onzième Fonds européens de développement pour l’exercice 2015,

–  vu l’article 93, l’article 94, troisième tiret, et l’annexe IV de son règlement,

–  vu le rapport de la commission du contrôle budgétaire et l’avis de la commission du développement (A8-0125/2017),

A.  considérant que l’accord de partenariat entre les membres du groupe des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, d’une part, et la Communauté européenne et ses États membres, d’autre part, signé à Cotonou le 23 juin 2000(27), et modifié à Ouagadougou, Burkina Faso, le 22 juin 2010(28) (ci-après l’«accord de Cotonou»), cadre régissant les relations de l’Union avec les États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), a pour objectif de réduire et, à terme, d’éradiquer la pauvreté, conformément aux objectifs de développement durable;

B.  considérant que la décision du Conseil 2013/755/UE(29) a pour objectif principal le développement progressif des PTOM par le renforcement de la compétitivité et le développement de la capacité d’adaptation des pays et territoires d’outre-mer ainsi que par la réduction de leur vulnérabilité économique et environnementale et une action en faveur de la coopération entre les PTOM et d’autres partenaires;

C.  considérant que les Fonds européens de développement (FED) sont les principaux instruments financiers de l’Union pour la coopération au développement avec les États ACP et les PTOM;

D.  considérant qu’un large éventail de modalités d’exécution reflétant le caractère intergouvernemental des FED sont appliquées dans 79 pays dont les réglementations et les procédures en matière d’appels d’offres et d’attribution des marchés sont complexes;

E.  considérant que les activités relevant des FED se déroulent dans des contextes difficiles en raison de risques géopolitiques ou institutionnels élevés;

F.  considérant que des facteurs externes à l’utilisation des FED sont susceptibles de limiter ou de réduire à néant les efforts de développement;

G.  considérant que les FED sont financés par les États membres et gérés à la fois par la Commission et la Banque européenne d’investissement (BEI), la Commission étant uniquement responsable de la décharge des FED;

H.  considérant que l’Union jouit potentiellement d’une influence déterminante pour répondre aux enjeux mondiaux et géopolitiques;

I.  considérant que l’histoire des États membres de l’Union confère à cette dernière des obligations en matière de développement dans les pays ACP et les PTOM;

J.  considérant que l’avenir de l’Union et celui des pays ACP et des PTOM sont liés en raison de la géographie, de la mondialisation et de l’évolution démographique;

K.  considérant que les projections démographiques mondiales pour 2100, combinées aux effets des nouveaux flux migratoires, des conflits armés, du réchauffement planétaire et des multiples crises économiques et sociales, requièrent l’attention immédiate de l’Union, eu égard en particulier à ses grands objectifs de développement; que l’aide au développement constitue un outil fondamental, dont il faut impérativement perfectionner les nombreux modes d’utilisation au regard des nombreux enjeux planétaires;

L.  considérant que la crise migratoire non seulement a remis en cause les principes et les objectifs de l’aide internationale mais qu’elle a aussi souligné que le principe de solidarité doit être appliqué par tous les États membres de manière plus uniforme et sans conditions;

M.  considérant que les crises migratoires actuelles ne doivent pas rejeter au second plan le caractère durable des vagues de migration qui sont liées aux bouleversements démographiques et requièrent des mesures différentes;

N.  considérant qu’il faut renouveler la stratégie à l’égard des pays ACP et des PTOM en la fondant sur de nouvelles mesures d’incitation et de nouveaux instruments d’ordre financier;

O.  considérant qu’il convient de porter un regard neuf sur une majorité des pays ACP, qui sont de petits États insulaires en développement; que les États insulaires, en particulier parmi les pays ACP, jouent un nouveau rôle international du fait des négociations internationales sur le changement climatique;

P.  considérant que plusieurs PTOM sont situés dans les mêmes régions que les pays ACP; que les PTOM se heurtent à des défis mondiaux analogues mais qu’ils font partie de la famille européenne, contrairement aux pays ACP, et qu’ils devraient à ce titre faire l’objet d’une attention redoublée en vue de l’attribution de fonds; que la très petite taille des PTOM et le lien constitutionnel entre les PTOM et l’Union sont des caractéristiques particulières dont il faut tenir compte;

Q.  considérant que les directions générales «Coopération internationale et développement» et «Politique régionale et urbaine» ont signé un protocole d’accord en septembre 2013 afin de renforcer la coopération entre les régions ultrapériphériques, les PTOM et les pays ACP;

R.  considérant que les interventions extérieures de l’Union sont réalisées par le truchement d’organisations internationales qui mettent en œuvre les fonds de l’Union ou cofinancent des projets avec elle, ce qui génère des difficultés en matière de surveillance et de gouvernance;

S.  considérant que l’Union doit personnaliser et conditionner le niveau et la nature de son engagement en fonction des progrès mesurables réalisés dans divers domaines tels que la démocratisation, les droits de l’homme, la bonne gestion des affaires publiques, le développement socio-économique durable, l’état de droit et la lutte contre la corruption, en offrant son aide là où elle est nécessaire afin d’encourager les progrès;

T.  considérant qu’un dialogue politique régulier et approfondi est essentiel pour obtenir une plus grande adhésion de la part des pays ACP et des PTOM et réussir à adapter les grands objectifs;

U.  considérant qu’il est fondamental de garantir la cohérence entre l’ensemble des politiques de l’Union et les objectifs de sa politique de développement;

V.  considérant qu’il est essentiel de mieux faire connaître l’Union et de projeter ses valeurs dans toutes les formes d’aide au développement;

W.  considérant que la simplification des procédures d’exécution permet de renforcer l’efficacité de l’aide mise à disposition;

X.  considérant qu’il convient d’inscrire l’aide au développement dans la durée pour renforcer son efficacité globale, grâce à un suivi régulier de ses retombées, quelles que soient les modalités de mise à disposition de l’aide;

Y.  considérant que l’aide à la gouvernance apportée par l’Union constitue un élément essentiel de l’aide au développement destinée à insuffler de véritables réformes dans la conduite des affaires publiques;

Z.  considérant que si elle peut constituer un vecteur essentiel de changement et de solutions aux principaux problèmes de développement, l’appui budgétaire comporte néanmoins un risque fiduciaire important et ne devrait être octroyé que s’il s’accompagne de suffisamment de transparence, de traçabilité, de responsabilité et d’efficacité ainsi que d’une volonté avérée de mener de grandes réformes; que l’aide budgétaire convient particulièrement aux petits territoires isolés tels que les États insulaires ACP;

AA.  considérant que la transparence et la responsabilité sont des conditions indispensables au contrôle démocratique et à l’efficacité de l’aide au développement;

AB.  considérant que la gestion des coûts administratifs doit être régulièrement surveillée en toutes circonstances et pour toutes les modalités de mise à disposition de l’aide;

AC.  considérant que les flux financiers illicites dans les pays en développement aggravent la pauvreté;

AD.  considérant que l’autorité de décharge a de nouveau demandé l’inscription des FED dans le budget général de l’Union européenne afin de mieux faire connaître les FED et les politiques générales de développement et d’en renforcer le contrôle démocratique;

AE.  considérant que l’adhésion des citoyens de l’Union à la politique de développement passe par une transparence maximale, une bonne gestion et des résultats;

Déclaration d’assurance

Exécution financière en 2015

1.  relève qu’en 2015, les dépenses ont concerné quatre FED, en particulier le huitième pour un montant de 12 480 millions d’EUR, le neuvième pour un montant de 13 800 millions d’EUR, le dixième pour un montant de 22 682 millions d’EUR et le onzième pour un montant de 30 506 millions d’EUR; observe que les fonds du onzième FED sont attribués à hauteur de 29 089 millions d’EUR aux pays ACP et de 364,5 millions d’EUR aux PTOM, que ces deux montants englobent respectivement 1 134 millions d’EUR et 5 millions d’EUR destinés à la facilité d’investissement ACP de la BEI; remarque que 1 052,5 millions d’EUR ont trait aux dépenses effectuées par la Commission pour la programmation et l’exécution des FED;

2.  note que ces fonds sont mis à disposition par l’intermédiaire de projets et d’un appui budgétaire selon quatre modalités: 42 % des paiements ont été versés dans le cadre d’une gestion directe, dont 24 % au titre de l’appui budgétaire; relève que les 58 % restants l’ont été dans le cadre d’une gestion indirecte, à savoir que 31 % des paiements ont été exécutés par l’intermédiaire d’organisations internationales, 24 % par celui de pays tiers et 3 % par celui d’organismes nationaux des États membres;

3.  juge préoccupant que les dépenses de 2015 englobent encore des fonds provenant du huitième FED, créé en 1995;

4.  salue les efforts déployés par EuropeAid en 2015 eu égard au montant des engagements nets contractés la même année (5 034 millions d’EUR) à la suite de l’entrée en vigueur du onzième FED, ce qui a fait augmenter de 27 839 millions d’EUR les ressources disponibles pour engagements; observe que le onzième FED a eu un effet sur les taux d’exécution des ressources engagées, qui sont passés de 98 % à 69,7 % pour les engagements globaux et de 91,2 % à 63,5 % pour les engagements individuels;

5.  déplore que le manque de crédits de paiement enregistré par la Commission en 2015 ait conduit à des difficultés budgétaires pour la coopération au développement, qui ont nui à l’efficacité globale des fonds, en particulier le transfert de 483 millions d’EUR sur l’exercice de 2016 et le paiement d’environ 1 million d’EUR d’intérêt de retard; se félicite des efforts déployés par la Commission pour garantir la continuité de l’aide au développement et limiter les conséquences négatives des pénuries actuelles de paiements;

6.  relève également les efforts déployés sans relâche par la Commission, dans l’ensemble de son domaine de compétence, pour diminuer les anciens préfinancements (39 % atteints avec un objectif de 25 %), les engagements restant à liquider (RAL) (46 % atteints avec un objectif de 25 %) ainsi que plusieurs contrats en cours arrivés à échéance, quoiqu’il y ait eu pour ces derniers moins de progrès satisfaisants au titre des FED; encourage les services de la Commission à réduire la part des FED dans les contrats arrivés à échéance;

Fiabilité des comptes

7.  se félicite que dans son rapport annuel sur les activités relevant des huitième, neuvième, dixième et onzième FED relatif à l’exercice 2015, la Cour constate que les comptes annuels définitifs donnent une image fidèle, dans tous leurs aspects significatifs, de la situation financière des FED au 31 décembre 2015, et que le résultat de leurs opérations, leurs flux de trésorerie, ainsi que la variation de l’actif net pour l’exercice clos à cette date, sont conformes au règlement financier des FED et aux normes comptables internationalement admises pour le secteur public;

8.  salue la mesure prise par la Commission pour régler la question du recouvrement des intérêts générés par les préfinancements d’un montant supérieur à 750 000 EUR ainsi que des intérêts générés par les préfinancements d’un montant allant de 250 000 EUR à 750 000 EUR, opération qui a permis de comptabiliser 2,5 millions d’EUR d’intérêts acquis dans les états financiers relatifs à l’exercice de 2015; demande à la Commission d’examiner également les préfinancements d’un montant inférieur à 250 000 EUR;

9.  déplore, dans le contexte de la gestion des ordres de recouvrement, l’inscription erronée d’un produit opérationnel d’un montant de 9,6 millions d’EUR correspondant à des préfinancements non utilisés;

10.  regrette l’annulation d’ordres de recouvrement d’un montant total de 29,6 millions d’EUR au titre des huitième, neuvième, dixième et onzième FED à cause d’erreurs d’encodage, de corrections ou de modifications; demande à la Commission de rendre compte du montant de 15,8 millions d’EUR qui fait toujours l’objet d’un recours;

11.  juge très préoccupant que sur un ordre de recouvrement de 1 million d’EUR, 623 000 EUR ont été annulés après un accord à l’amiable entre la Commission et le débiteur(30); reconnaît la cohérence avec le règlement (UE, Euratom) nº 966/2012 du Parlement européen et du Conseil du 25 octobre 2012 relatif aux règles financières applicables au budget général de l’Union et abrogeant le règlement (CE, Euratom) nº 1605/2002 du Conseil(31) (ci-après dénommé «règlement financier»), ainsi que le principe de proportionnalité applicable aux ordres de recouvrement; souligne cependant le fait que l’argent des contribuables est en jeu et qu’il convient de le protéger par les moyens nécessaires;

Légalité et régularité des opérations sous-jacentes aux comptes

12.  se félicite que, dans son avis, la Cour ait indiqué que les recettes sous-jacentes aux comptes pour l’exercice 2015 sont, dans tous leurs aspects significatifs, légales et régulières;

13.  déplore que, dans son rapport, la Cour estime que le niveau d’erreur le plus probable pour des opérations de dépenses effectuées au titre des huitième, neuvième, dixième et onzième FED reste identique à celui de 2014 (3,8 %), soit plus élevé que celui de 2013 (3,4 %) et celui de 2012 (3 %); demande à la BEI et à la Commission d’élaborer un plan d’action pour inverser la tendance à la hausse des erreurs matérielles et de le présenter à l’autorité de décharge;

14.  se déclare préoccupé par l’analyse de la Cour sur la légalité et la régularité des paiements sous-jacents aux comptes qui sont entachés d’un niveau d’erreur important; juge préoccupant que sur les 140 opérations de paiements contrôlées, 35 (soit 25 %) présentent des erreurs; relève que les systèmes de contrôle interne et les vérifications de leur efficacité engagent non seulement le siège de la Commission et les délégations de l’Union dans les pays bénéficiaires, mais aussi d’autres acteurs tels que les ordonnateurs nationaux désignés par les pays ACP, où des lacunes ont fréquemment été décelées dans les vérifications; demande à la Commission de soutenir et de renforcer ces moyens institutionnels et administratifs fragiles;

15.  juge préoccupant que la typologie des erreurs sous-jacentes au niveau d’erreur de 2015 de 3,8 % reste identique à celle de 2014, à savoir l’absence de pièces justificatives (le montant affecté à cette catégorie d’erreur s’élève à 3 692 833 EUR) et le non-respect des règles en matière de marchés publics (le montant affecté à cette catégorie d’erreur s’élève à 1 176 140 EUR), qui représentent 70 % du niveau d’erreur estimatif (contre 63 % en 2014); demande à la BEI et à la Commission de redoubler d’efforts et d’améliorer véritablement les contrôles ex ante et ex post des projets de financement afin de réduire considérablement les montants entachés d’erreurs dans les catégories telles que «absence de documents justificatifs» et «non-respect des règles en matière de marchés publics»;

16.  exprime par ailleurs des inquiétudes, ressenties de longue date, sur les lacunes des contrôles ex ante dans la mesure où 16 des 28 transactions finales soumises à des contrôles ex ante ont ensuite été autorisées malgré les erreurs quantifiables décelées lors de ces contrôles ex ante; déplore que la plupart des erreurs décelées concernent, comme les années passées, des devis-programmes, des subventions et des opérations gérés avec des organisations internationales; demande par conséquent à la Commission d’accorder une plus grande attention aux contrôles ex ante afin de garantir la légalité et la régularité de la mise en œuvre du FED; reconnaît que, eu égard à la nature de l’appui budgétaire, l’évaluation du taux d’erreur factuel lié aux décaissements de l’appui budgétaire est limité, et que les transactions sont susceptibles de présenter des erreurs;

17.  souligne le risque inhérent de l’approche notionnelle, aux termes de laquelle les contributions de la Commission en faveur de projets financés par plusieurs bailleurs sont déclarées exemptes d’erreurs de régularité lorsqu’elles sont mises en commun avec celles d’autres donateurs et ne sont pas affectées à des postes spécifiques de dépenses bien définis, étant donné que la Commission présume que les règles fixées par l’Union en matière d’admissibilité sont respectées dès lors que le montant global réuni comprend suffisamment de dépenses admissibles pour couvrir la contribution de l’Union;

18.  juge préoccupant que l’approche notionnelle limite considérablement le travail de la Cour, étant donné notamment que pour l’exercice 2015, 763 millions d’EUR ont été versés sous forme d’appui budgétaire, soit 24 % des dépenses du FED en 2015(32);

19.  prie instamment la Commission de remédier rapidement aux lacunes des contrôles ex ante, tout en relevant qu’elle disposait de suffisamment d’informations, grâce à ses systèmes d’information, pour prévenir, déceler et corriger les erreurs quantifiables avant d’effectuer les dépenses, ce qui aurait eu directement un effet positif sur le niveau d’erreur estimatif et l’aurait fait baisser de 1,7 point de pourcentage;

20.  prend acte du recouvrement de 89,9 millions d’EUR après remboursement de paiements indus en raison d’irrégularités et d’erreurs;

Éléments du cadre d’assurance

21.  se félicite du passage d’une réserve générale à l’émission de réserves différenciées, comme le Parlement l’a demandé dans ses résolutions précédentes sur le FED, à savoir i) une réserve thématique pour les deux domaines à haut risque en suspens, subventions en gestion directe (18 % du montant total versé en 2015) et gestion indirecte avec des organisations internationales, et ii) une réserve spécifique pour la facilité de soutien à la paix pour l’Afrique;

22.  prend note des actions entreprises par la Commission ciblées sur les deux domaines présentant un risque plus élevé et demande à la Commission de faire rapport sur la mise en œuvre de ces actions au Parlement;

23.  invite la Commission à continuer d’affiner l’évaluation des risques de sa budgétisation par activité pour continuer à assurer un niveau suffisant d’assurance sectorielle; demande, dans ce contexte, que soit évalué le niveau de risque et de vulnérabilité de la gestion indirecte;

24.  se déclare préoccupé par le caractère risqué de la gestion indirecte, notamment en raison de l’absence de traçabilité des fonds une fois qu’ils sont versés par la direction générale de la Commission européenne chargée de la coopération internationale et du développement aux acteurs locaux et aux sous-traitants;

25.  considère comme positive l’amélioration des outils de suivi consécutive aux conclusions des audits externes; se félicite de la nouvelle application d’audit et de la grille de qualité élaborée par la Commission, et soutient la recommandation de la Cour visant à améliorer ces nouveaux outils;

26.  se félicite qu’un taux d’erreur résiduel (TER) ait été enregistré pour la quatrième année consécutive et soit sur le point de devenir un outil essentiel dans la stratégie de contrôle, de suivi et d’audit;

27.  souligne que le TER s’obtient après avoir déduit des taux d’erreur annuels des autorités d’audit les corrections financières multiannuelles imposées au niveau national et à l’échelon de l’Union;

28.  juge particulièrement préoccupant que le TER de 2015 des opérations des contrats clôturés figurant dans le rapport d’activité annuel a été estimé à 2,2 %, ce qui reste supérieur au seuil d’erreur inacceptable de 2 % et équivaut à environ 174 millions d’EUR, dont 98 millions alloués aux FED;

29.  demande à la Commission de maintenir des normes méthodologiques rigoureuses dans son évaluation du TER, ainsi que de suivre très attentivement les corrections financières et de les faire appliquer par les États membres;

30.  attire l’attention sur le fait que l’équilibre entre l’absorption, la conformité et la performance est nécessaire et doit être pris en considération dans la gestion des opérations;

31.  se félicite de la réduction des coûts estimés du contrôle réalisé par la direction générale de la coopération internationale et du développement de la Commission, d’un montant de 371 millions d’EUR en 2014 à un montant de 293 millions d’EUR en 2015, et encourage la Commission à continuer d’améliorer le rapport coût-efficacité du contrôle réalisé par la direction générale tout en veillant à réduire les erreurs au minimum;

32.  invite la Commission à intégrer dans son évaluation ex ante et ex post, des outils de gestion et d’évaluation de la performance, conformément à l’initiative de la Commission intitulée «Le budget de l’UE axé sur les résultats» et destinée à analyser l’incidence des autres politiques et actions extérieures de l’Union sur la situation des pays bénéficiaires;

Risques liés à une approche axée sur les résultats pour la coopération au développement de l’Union

33.  prend acte du fait que la Commission ait intégré l’analyse des risques dans la gestion de ses opérations extérieures, qui sont effectuées dans des environnements complexes et fragiles présentant de nombreux types de risques, les pays partenaires ayant différents niveaux de développement et cadres de gouvernance;

34.  souligne la nécessité d’améliorer l’utilisation de la terminologie concernant les résultats à long terme (réalisations, effets et incidences) ainsi que l’importance d’établir de véritables objectifs durables S.M.A.R.T. avant l’adoption de toute décision sur le financement de différents projets; souligne la nécessité de mettre davantage l’accent sur la formulation d’objectifs «réalistes et réalisables» pour éviter les cas où les objectifs initiaux ont été atteints par les pays partenaires, mais sans résultats significatifs en termes de développement; rappelle que les aspects sociaux et environnementaux ainsi que les aspects économiques doivent être pris en compte dans l’analyse des objectifs de développement;

35.  estime qu’il faut éviter de se concentrer sur le résultat de l’exécution budgétaire en tant que seul objectif de gestion, car cela peut être préjudiciable au principe de bonne gestion financière et à l’obtention de résultats; estime qu’une approche axée sur l’incitation, fondée sur un système de «conditionnalité positive» prévoyant des incitations à l’intention des bénéficiaires qui présentent de bons résultats et de contrôles renforcés pour les bénéficiaires affichant de mauvais résultats, devrait être liée à des indicateurs de performances précis et rigoureux, ce qui constituerait une méthode chiffrée qui permettrait d’évaluer les lacunes et les objectifs atteints;

36.  rappelle avec vigueur que tout système fondé sur une «conditionnalité positive» devrait respecter sans exception le principe de précaution;

37.  rappelle que le suivi régulier et la cartographie des facteurs de risque élevé (externe, financier et opérationnel) et leur quantification, de l’identification jusqu’aux phases de mise en œuvre, sont des conditions préalables essentielles, non seulement pour la bonne gestion financière et la qualité des dépenses, mais aussi pour garantir la crédibilité, la durabilité et la réputation des interventions de l’Union; considère que la mise en place de profils de risque par activité et par pays facilite également l’élaboration d’une stratégie d’atténuation rapide du risque en cas de détérioration de la situation dans un pays partenaire;

38.  souligne qu’il est nécessaire d’adapter régulièrement les fonctions de l’environnement de contrôle et de gestion des risques afin de prendre en compte l’émergence de nouvelles formes d’instruments et de facilités d’aide telles que le financement mixte, les fonds fiduciaires et les partenariats financiers avec les autres institutions internationales, également dans le cas où les pays bénéficiaires tirent profit de différents types de prestations d’acheminement de l’aide;

39.  estime que le développement des capacités, des cadres de gouvernance et de l’appropriation des pays partenaires est essentiel pour atténuer les risques systémiques, faire en sorte que les fonds atteignent les objectifs fixés et répondre aux exigences des 3 «E» (économie, efficience et efficacité), sans oublier l’écologie, l’égalité et l’éthique; encourage à cet égard la Commission à continuer à examiner la possibilité de recourir à des cabinets d’audit locaux et à des contrat de services locaux, en veillant à une transparence et à une responsabilisation totales, ainsi que les risques liés à cette démarche;

40.  constate que le règlement financier permet aux bénéficiaires de faire appel à des sociétés d’audit locales; juge cependant particulièrement préoccupantes les lacunes du système d’information de gestion d’EuropeAid eu égard aux résultats et au suivi des audits externes, ainsi que l’a signalé la Cour lors de la procédure de décharge du FED de 2014; prie instamment la direction générale de la coopération internationale et du développement d’élaborer une grille de qualité pour évaluer la fiabilité des contrôles en place pour les audits et les vérifications de dépenses réalisés par des sociétés d’audit locale employées directement par les bénéficiaires, lorsque le risque de qualité insuffisante est jugé plus élevé et que les rapports de vérification ne contiennent pas suffisamment d’informations sur les travaux effectivement réalisés pour permettre une utilisation efficace de la grille actuelle;

Amélioration de l’efficacité de l’aide du FED

41.  insiste sur le fait que, pour asseoir la crédibilité de l’aide au développement, en particulier en ce qui concerne les instruments utilisés, les méthodes d’acheminement de l’aide et les fonds concernés, il est impératif que le rapport coût-avantages et les résultats obtenus grâce à cette aide puissent être mis en évidence, tout comme la cohérence entre les politiques et actions extérieures de l’Union et les objectifs de l’aide au développement, en particulier les objectifs de développement social, de protection des droits de l’homme et de protection de l’environnement;

42.  rappelle que l’efficacité de l’aide, l’appropriation par le pays partenaire des résultats en matière de développement et la dépendance à l’égard des cadres de gouvernance des pays partenaires sont des principes directeurs qui doivent être régulièrement affinés;

43.  souligne qu’il est essentiel que le mode d’exécution des projets soit adapté aux objectifs poursuivis dans chaque cas et pour chaque projet; estime que de meilleurs résultats en termes d’efficacité pourraient être atteints en soutenant des projets d’une ampleur adaptée aux objectifs précédemment fixés, débouchant sur des résultats concrets et identifiables et ayant pour but le développement durable des communautés locales;

44.  estime qu’il est fondamental, dans le cas de projets d’infrastructures financés par le FED, de réaliser une évaluation indépendante ex ante qui tienne compte de l’incidence sociale et environnementale des projets, ainsi que de leur valeur ajoutée; relève que la décision de financement doit être liée à une analyse appropriée des coûts et des avantages, et les fonds accordés à des projets dont la réalisation ne suscite aucune controverse du point de vue environnemental, financier ou social;

45.  rappelle que les entraves au suivi de la performance et à l’évaluation des résultats sont préjudiciables aux objectifs de responsabilité publique et d’information approfondie des décideurs politiques; souligne qu’il est indispensable de fournir au Parlement une idée claire du degré effectif de réalisation des principaux objectifs de l’Union; souligne l’importance d’une méthode plus équilibrée, moins confidentielle et plus transparente, notamment en ce qui concerne les rapports sur la gestion de l’assistance extérieure;

46.  estime que l’évaluation des risques inhérents au choix d’une modalité de mise en œuvre particulière est indispensable avant d’engager des ressources financières de l’Union ainsi que lors de l’examen des résultats escomptés; estime que l’éventail des projets, à la fois en termes d’objet et de types de mise en œuvre, est essentiel pour garantir l’efficacité de l’aide du FED;

47.  estime qu’une aide accrue en faveur des ressources techniques et administratives est nécessaire pour améliorer l’efficacité de l’aide du FED, eu égard notamment à la complexité de la réglementation, étant donné que le règlement financier des FED n’est pas un document autonome et doit être utilisé en combinaison avec d’autres sources juridiques, ce qui entraîne un risque élevé d’insécurité juridique et d’erreurs;

48.  estime que la simplification des règles d’attribution des fonds est nécessaire pour garantir un meilleur usage des fonds et renforcer l’efficacité de l’acheminement de l’aide; encourage la Commission à engager une simplification des règles d’attribution des fonds et à accompagner les partenaires nationaux dans la mise en œuvre des projets; souligne cependant que la simplification ne peut se faire au détriment du système actuel de vérification et de contre-mesure ex ante et ex post, qui est essentiel pour un contrôle global; rappelle que les contrôles ex ante souffrent déjà de lacunes récurrentes, et qu’il s’agit d’un domaine où la simplification doit être soigneusement mise en balance avec les risques; rappelle à la Commission de souligner le juste équilibre entre la réduction de la charge administrative et l’efficacité du contrôle financier tout en simplifiant les règles d’affectation des fonds de développement;

49.  affirme que la simplification des règles d’attribution des fonds ne devrait pas détourner les crédits des objectifs et des principes des actes de base, et estime que tout versement au moyen de fonds fiduciaires ne devrait pas s’opérer aux dépens du FED et des stratégies à long terme de l’Union;

Task force «savoirs, performances et résultats»

50.  salue le premier rapport sur une sélection de résultats de projets dans le contexte du lancement du cadre de résultats de l’Union pour le développement et la coopération internationale, en complément de l’engagement de la Commission à améliorer son obligation de rendre compte et à élargir ses résultats de rapports sur les opérations en cours; est particulièrement intéressé par la liste d’indicateurs de performance organisationnelle, qui aide à mesurer l’incidence, les effets et les réalisations en termes de développement dont peuvent se targuer les pays partenaires et les services de la Commission, et à en faire rapport;

51.  estime qu’il est utile d’inclure régulièrement cette information dans le prochain rapport annuel d’activité afin de suivre l’évolution des contributions de l’Union aux résultats dans différents domaines de la coopération au développement, tels que la gestion des finances publiques, la bonne gouvernance ou les effets de levier obtenus par les activités de financement mixte;

Évaluation des résultats obtenus par les délégations de l’Union

52.  se félicite des progrès dans l’analyse des résultats globaux réalisés par les délégations de l’Union, sur la base des résultats découlant des indicateurs de performance clés (KPI) par rapport aux objectifs en ce qui concerne l’efficience du système de contrôle interne et des systèmes d’audit en place, ainsi que sur la gestion efficace des opérations et des ressources pour 2015;

53.  réclame un niveau plus élevé d’ambition en ce qui concerne la stratégie liée aux FED, la gestion de ces fonds et les responsabilités en la matière; souligne que l’occasion est propice d’optimaliser la résilience de toutes les activités liées aux FED en renforçant les critères de performance économique et financière et en détectant les gains d’efficience et d’efficacité, qui doivent se refléter dans le bilan de gestion; considère la préparation de l’évaluation des besoins comme une étape préliminaire utile en vue d’assurer l’efficacité finale du financement de l’Union;

54.  reconnaît toute l’importance des informations communiquées dans les 86 rapports sur la gestion de l’assistance extérieure pour l’assurance à apporter à la Commission sur la gestion de l’assistance extérieure ainsi que les tendances positives pour la performance des délégations, 20 des 24 indicateurs de performance clés indiquant un objectif atteint en 2015, contre 15 en 2014;

55.  observe, cependant, que neuf délégations sur 86 n’ont pas atteint le seuil de référence de 60 % de leurs indicateurs de performance clés; invite les services de la Commission à assurer un suivi attentif des délégations qui ont récemment atteint l’objectif de 60 % ou un objectif légèrement supérieur à 60 % afin d’affiner et de consolider l’analyse de la tendance des délégations;

56.  invite les services de la Commission, d’une part, à actualiser régulièrement la définition des indicateurs de performance clés et les modes d’évaluation connexes et, d’autre part, à développer leur évaluation des risques, en particulier grâce à la création de profils de risque (a priori ou de sortie) des projets dans le portefeuille de chaque délégation en vue de mieux sélectionner, à un stade précoce, les projets viables uniquement; recommande vivement d’adopter une approche plus globale de l’évaluation ex ante des risques de sorte que seuls les projets les plus viables soient sélectionnés;

57.  invite la Commission à élaborer une typologie des causes de blocages et des difficultés rencontrés dans la mise en œuvre des projets afin d’identifier immédiatement les réponses et mesures correctives les plus appropriées;

58.  estime qu’il est essentiel que les chefs de délégation continuent d’être régulièrement informés de leur rôle clé dans le renforcement global de l’assurance et la gestion de leurs opérations, en particulier en ce qui concerne la pondération des différents éléments susceptibles de donner lieu à l’émission d’une réserve;

59.  demande instamment que les délégations de l’Union dont les effectifs sont issus du Service européen pour l’action extérieure (SEAE) soient davantage tenues de rendre des comptes; estime que cette exigence devrait s’ajouter aux rapports sur la gestion de l’assistance extérieure, lesquels sont élaborés et signés par les chefs des délégations de l’Union;

60.  estime qu’il y a lieu de rappeler clairement aux chefs des délégations de l’Union leurs attributions et leurs responsabilités de gestion et de contrôle, et le fait qu’ils ne doivent pas se concentrer uniquement sur la composante politique de leurs attributions;

61.  invite la Commission à faire rapport immédiatement sur les mesures correctives spécifiques prises lorsqu’un projet a été classé «rouge» trois années consécutives par rapport à l’indicateur 5 (pourcentage de projets auxquels a été assigné un feu rouge en termes d’avancement de la mise en œuvre) et à l’indicateur 6 (pourcentage de projets auxquels a été assigné un feu rouge en termes d’obtention de résultats) afin de réexaminer rapidement les objectifs de programmation initiaux, de réaffecter les fonds disponibles à des projets et des besoins d’aide plus appropriés, ou même d’envisager, le cas échéant, l’arrêt du projet;

62.  reconnaît les implications diplomatiques de l’arrêt du financement de projets ainsi que de l’arrêt du décaissement de l’appui budgétaire direct, mais fait valoir qu’il est important de protéger les intérêts financiers de l’Union;

63.  demande à la Commission d’accorder une attention particulière à la surveillance des opérations menées avec les organisations internationales telles que les Nations unies et les organismes qui en dépendent, aux anciens engagements restant à liquider, en particulier dans le cadre du FED, et à la fiabilité des données et des valeurs du système commun d’information RELEX utilisées pour la préparation des rapports sur la gestion de l’assistance extérieure;

64.  souligne que les ressources des huitième, neuvième, dixième et onzième FED s’élèvent à un total de 76,88 milliards d’EUR, dont 41,98 milliards d’EUR sont considérés comme des paiements; est très préoccupé par le fait que les engagements restant à liquider s’élèvent à 11,61 milliards d’EUR et que le solde disponible à la fin de 2015 s’élève à 23,27 milliards d’EUR(33);

Suivi axé sur les résultats

65.  demande à la Commission d’établir un lien effectif entre les évaluations et l’élaboration des politiques en prenant en compte, pour ce faire, tous les enseignements tirés du processus décisionnel; demande à la Commission, d’une part, d’allouer des capacités de gestion suffisantes aux différentes activités d’évaluation et, d’autre part, de garantir un niveau suffisant de fiabilité des systèmes d’évaluation EuropeAid et de suivi axé sur les résultats;

66.  rappelle que des commentaires extérieurs, objectifs et impartiaux sur la performance des projets et des programmes d’aide de la Commission devraient être formulés dans le cadre de l’engagement pris par la Commission en matière d’assurance de la qualité; estime que les conclusions des évaluations sont des éléments essentiels à intégrer au processus d’examen politique et stratégique, car ils contribuent à ajuster les objectifs politiques stratégiques et accroissent de manière générale la cohérence avec les autres mesures prises par l’Union; estime qu’il est approprié de garantir que l’évaluation finale des projets financés découle d’une analyse indépendante ex post;

67.   estime que l’investissement dans l’analyse et l’agrégation des résultats et des données issus de différents types d’évaluation permet non seulement à la Commission de disposer d’une vue d’ensemble des tendances, mais aussi de tirer des enseignements visant à renforcer, au final, l’efficacité des processus d’évaluation tout en apportant des preuves plus solides pour la prise de décisions et l’élaboration des politiques;

68.  considère que le partage des connaissances à l’aide de tous les moyens et outils disponibles est fondamental pour forger non seulement une culture de l’évaluation, mais aussi, et surtout, une véritable culture de la performance;

Activités d’appui budgétaire

69.  constate qu’un montant de 1 266 440 EUR sur un total de 5 746 000 EUR en paiements (soit 22 %) a été consacré en 2015 à l’appui budgétaire;

70.  considère que l’appui budgétaire est une modalité d’aide adaptée aux spécificités de l’aide au développement, propre à susciter l’appropriation et l’efficacité de l’aide, ce qui s’est traduit par des résultats concrets dans la réalisation des objectifs de la politique de développement; observe, cependant, que l’appui budgétaire comporte des risques fiduciaires et peut entraîner une incertitude en ce qui concerne les résultats et les performances; demande à la Commission de veiller à la bonne utilisation de l’aide au développement au moyen de l’appui budgétaire, en particulier par l’organisation de formations spécifiques et l’octroi d’une assistance technique aux bénéficiaires;

71.  se félicite du rapport annuel 2016 sur l’appui budgétaire de la Commission, qui passe en revue les principaux indicateurs de résultat dans les pays bénéficiant d’un appui budgétaire de l’Union pour l’année 2015; encourage la Commission à inclure les résultats de ce rapport dans le prochain rapport annuel d’activité;

72.  rappelle la nécessité de veiller au respect constant des quatre critères d’éligibilité dans la phase préalable au contrat, l’évolution des objectifs affichés et les résultats escomptés convenus dans le contrôle de l’appui budgétaire;

73.  souligne que la contribution à l’appui budgétaire aux résultats escomptés en matière de développement doit être clairement démontrée et que son utilisation doit être subordonnée à l’amélioration de la gestion des finances publiques, au contrôle et à la responsabilité démocratiques ainsi qu’à la transparence totale envers les parlements nationaux et les citoyens dans les pays bénéficiaires; considère qu’il est prioritaire de lier cette contribution à une lutte effective contre la corruption dans les pays qui bénéficient d’un appui budgétaire;

74.  estime que les critères de performance pour le décaissement doivent constituer un facteur essentiel dans la gestion des activités de soutien budgétaire ainsi que pour le renforcement du dialogue politique et stratégique;

75.  estime qu’il est nécessaire de renforcer le dialogue politique et stratégique, la conditionnalité des aides et les chaînes logiques afin de garantir la cohérence entre les décisions et les conditions préalables aux paiements en liant clairement les paiements à la réalisation des résultats, aux objectifs sélectionnés et aux indicateurs de performance clés prédéfinis; invite les services de la Commission à consolider davantage le cadre de surveillance de la Commission en conséquence; demande à la Commission de suivre de près la performance et les résultats et de faire rapport de manière plus systématique à ce sujet;

76.  invite la Commission à faire régulièrement rapport sur la mise en œuvre de l’initiative fiscale d’Addis-Abeba, lancée en 2015, notamment sur les actions lancées pour lutter contre l’évasion fiscale, la fraude fiscale et les flux de capitaux illicites; considère également que l’efficacité des pouvoirs publics et leur gestion des finances publiques, la corruption et la fraude constituent les principaux facteurs de risque qu’il convient de soumettre à un examen approfondi et constant;

Développer la dimension de supervision des fonds fiduciaires et des instruments de financement mixte

77.  reconnaît le bien-fondé du développement des fonds fiduciaires en tant qu’instruments de mise en commun de ressources financières provenant de différents acteurs en vue d’accroître la flexibilité et d’accélérer la réponse de l’Union aux problèmes, crises majeures ou situations d’urgence à l’échelle mondiale; estime néanmoins que les projets à petite échelle, assortis d’objectifs, d’opérateurs et de bénéficiaires clairement définis, produisant des résultats concrets et répondant à une stratégie à long terme, peuvent également contribuer de manière effective à la réponse de l’Union à ces problèmes;

78.  estime que la cohérence et la complémentarité de tous les nouveaux outils de développement avec les FED devraient être dûment prises en compte, notamment en ce qui concerne l’incidence de l’aide, la gestion et les coûts administratifs qu’ils entraînent au regard des contributions totales; demande à la Commission de veiller à ce que ces nouveaux outils de développement soient toujours en phase avec les objectifs généraux de l’Union en matière de stratégie et de politique de développement;

79.  exprime son inquiétude face à la multiplicité des fonds fiduciaires et des plateformes de financement mixtes déjà en place, qui sont financés par les États membres à concurrence de montants importants, mais ne font pas partie du budget de l’Union; insiste vivement sur d’éventuels problèmes en matière de gouvernance, d’efficacité, de transparence et de responsabilité; attire l’attention de la Commission sur le risque que constituent l’externalisation et la dilution des objectifs de la politique de développement; invite la Cour à contribuer à l’évaluation des risques et, de manière plus globale, à l’amélioration de la transparence et de l’obligation de rendre des comptes, ainsi qu’à comparer l’efficacité des investissements réalisés par l’intermédiaire des fonds fiduciaires et celle des investissements réalisés en gestion directe ou indirecte au titre du FED;

80.  note que les fonds fiduciaires faisaient partie intégrante d’une réponse ponctuelle qui prouve que le FED, le budget de l’Union et le cadre financier pluriannuel n’ont pas les ressources et la flexibilité nécessaires pour répondre rapidement et de façon globale à des crises majeures; estime qu’il faut plus de temps pour en démontrer l’efficacité;

81.  prend acte de la mise en place du fonds fiduciaire d’urgence de l’Union européenne pour l’Afrique, mais déplore le fait qu’aucune consultation préalable du Parlement n’ait eu lieu, bien que celui-ci jouisse d’un contrôle renforcé sur la programmation du FED, fondé sur un engagement politique pris par la Commission; observe que 57 % du montant initialement promis par les États membres et d’autres bailleurs de fonds (Suisse et Norvège) ont été versés en faveur du fonds fiduciaire d’urgence pour l’Afrique (soit 47,142 millions d’EUR); observe qu’un montant de 1,4 milliard d’EUR provenant de la réserve du FED sera utilisé pour le fonds fiduciaire d’urgence pour l’Afrique et que le total des engagements financiers pris par les États membres représente seulement 81,492 millions d’EUR (soit 4,3 % du montant prévu de 1,8 milliard d’EUR); prend acte du fonds fiduciaire Bêkou à concurrence du montant promis et payé à hauteur de 34,925 millions d’EUR;

82.  invite la Commission à mettre en œuvre des mécanismes de contrôle complets pour garantir un contrôle politique, en particulier par le Parlement, en matière de gouvernance, de gestion et de mise en œuvre de ces nouveaux instruments dans le cadre de la procédure de décharge; estime qu’il est important de développer des stratégies spécifiques en matière de contrôle de ces instruments, dotées d’objectifs, de cibles et d’examens spécifiques;

83.  fait part de sa vive inquiétude en ce qui concerne les objectifs non suffisamment spécifiques, le manque d’indicateurs contraignants et de cibles mesurables pour évaluer la performance des fonds fiduciaires; demande que les dispositifs de suivi de la performance (grilles de résultats ou cadres) concernant les actions prévues soient encore améliorés et intègrent des objectifs à moyen et à long terme en pleine conformité avec les objectifs politiques de l’Union;

84.  est particulièrement intéressé de recevoir des informations sur les ratios de levier obtenus par les mécanismes de financement mixte existants, tout particulièrement sur la valeur ajoutée et l’additionnalité par rapport à l’aide classique de l’Union;

Renforcement des cadres de coopération avec les organisations internationales

85.  observe que les interventions du FED mises en œuvre par une gestion indirecte avec les organisations et agences de développement internationales s’élevaient à 810 millions d’EUR, dont 347 millions par l’intermédiaire des Nations unies;

86.  reconnaît la valeur ajoutée de la coopération avec les organisations internationales dans certains contextes spécifiques; met cependant le doigt sur des déficiences récurrentes telles que le niveau d’erreurs financières affectant le niveau d’erreur, les lacunes des rapports, le problème de l’appropriation des résultats et, par voie de conséquence, le manque de visibilité de l’Union en tant que bailleur de fonds et la nécessité d’harmoniser les attentes en ce qui concerne l’orientation sur les résultats et le rapport coût-efficacité;

87.  invite la Commission et les institutions internationales, notamment dans le cadre des initiatives cofinancées ou associant plusieurs bailleurs de fonds:

(i)  à évaluer et à prévoir les effets bénéfiques d’un projet et la mesure dans laquelle chaque partenaire participe aux résultats finaux, ainsi que les retombées plus larges, de manière à éviter les questions sur l’appropriation des résultats, autrement dit la question de savoir quelle partie des résultats est imputable aux financements de l’Union ou aux interventions des autres bailleurs de fonds;

(ii)  à combiner les cadres de gouvernance avec ceux de l’Union, plus particulièrement en améliorant leurs méthodes de gestion des risques; à considérer que la fongibilité des fonds devrait être suivie de près en raison du niveau élevé de risque fiduciaire;

(iii)  à améliorer les modèles des cadres de coopération utilisés avec l’ensemble des organisations internationales afin de garantir plus particulièrement un contrôle plus approfondi des coûts de gestion;

(iv)  à garantir la cohérence entre les projets mis en œuvre dans un cadre de coopération avec les organisations internationales et les actions et politiques de l’Union dans leur ensemble;

Gestion de la facilité de soutien à la paix pour l’Afrique

88.  souligne que la facilité de soutien à la paix pour l’Afrique (APF) est l’instrument financier de l’Union destiné à soutenir la coopération avec l’Afrique dans le domaine de la paix et de la sécurité et qu’elle est dotée en 2015 d’un montant total de 901,2 millions d’EUR en engagements, de 600 millions d’EUR confiés en contrat et d’un montant total payé dans le cadre du onzième FED; note qu’environ 90 % des fonds de la facilité sont gérés au moyen de conventions signées avec la Commission de l’Union africaine, qui est l’organe d’exécution de l’Union africaine;

89.  relève que la Commission ne fait pas confiance à la mise en œuvre de la facilité de soutien à la paix pour l’Afrique, opérationnelle depuis des années; se dit surpris, dans ce contexte, par la proposition de la Commission visant à consacrer encore davantage de fonds destinés au développement à des actions relatives à la sécurité en Afrique; souligne du reste que la facilité de soutien à la paix pour l’Afrique est financée à titre provisoire par le FED depuis 15 ans déjà; souligne que les fonds destinés au développement ont largement financé les politiques africaines de sécurité pendant toutes ces années alors que l’Union ne dépense rien pour la sécurité à des fins de développement;

90.  déplore que le système de contrôle pour la gestion et le suivi opérationnel de l’APF se soit révélé inefficace pour protéger les FED contre les dépenses illégales ou irrégulières et que la mise en œuvre des mesures d’atténuation se soit avérée insuffisante pour remédier aux faiblesses institutionnelles relevées; déplore également les faiblesses des systèmes de surveillance et de signalement affectant les activités financées par l’APF;

91.  exprime son inquiétude quant au fait que les résultats des évaluations des piliers effectuées conformément aux dispositions du règlement financier n’ont pas été pris en compte, notamment en ce qui concerne la non-conformité des processus de comptabilité, de passation de marchés publics et de subdélégation; déplore qu’aucune mesure corrective n’ait été mise en œuvre plus rapidement;

92.  invite la Commission à adapter la gouvernance, la coordination et les responsabilités respectives des parties concernées (services de la Commission, Service européen pour l’action extérieure et délégations de l’Union) dans le suivi de la facilité de financement et le compte rendu sur ses projets en cours;

93.  demande à la Commission de faire rapport en temps voulu au Parlement sur les mesures correctives, le niveau des recouvrements et les améliorations dans la gestion des fonds de l’APF;

Coopération avec les PTOM

94.  reconnaît que les FED se concentrent principalement sur les pays africains et estime que les PTOM ne devraient pas être écartés pour ce qui est des objectifs politiques; invite la Commission à mettre en place davantage de synergies entre les politiques internes et horizontales de l’Union et la participation concrète des PTOM;

95.  estime qu’une attention particulière devrait être portée à la performance et à l’incidence de la politique de développement mais aussi à d’autres politiques européennes et internationales pour les pays situés dans la même zone géographique que les PTOM; demande qu’une attention particulière soit accordée à la situation spécifique de Mayotte, en raison de son changement de statut de PTOM en région ultrapériphérique en 2014;

96.  demande à la Commission de veiller à ce que les financements profitent de manière juste et équitable à l’ensemble des PTOM; invite la Commission à continuer de soutenir les administrations des PTOM dans la mise en œuvre des projets FED, notamment au moyen de la formation et de l’assistance technique;

97.  rappelle les caractéristiques géographiques des PTOM; demande à la Commission de mieux intégrer des indicateurs de performance clés ciblés aux financements dans les PTOM; invite également la Commission à proposer, dans le prolongement de l’action préparatoire dans le cadre du régime BEST (régime volontaire pour la biodiversité et les services écosystémiques dans les territoires d’outre-mer de l’Union), un mécanisme pérenne pour protéger la biodiversité, valoriser les services écosystémiques et lutter contre les effets liés au changement climatique dans l’outre-mer européen;

98.  appelle de nouveau la Commission à créer dès 2020 un instrument financier spécifique pour les PTOM qui tienne compte de leur statut particulier et de leur appartenance à la famille européenne;

Réponse du FED aux enjeux mondiaux urgents

La question de la migration et l’aide au développement

99.  rappelle que l’objectif principal de la politique de développement de l’Union est la réduction et, à terme, l’éradication de la pauvreté et que le FED a jusqu’à présent permis des avancées dans les pays ACP et dans les PTOM; estime que le succès de l’aide au développement et les questions d’immigration sont liés, dans la mesure où les migrations peuvent résulter des vulnérabilités socio-économiques et où les causes profondes des migrations peuvent être atténuées par une aide au développement ciblée;

100.  prend acte de l’adoption récente de la stratégie globale de l’Union visant à parvenir à un développement durable d’ici 2030, laquelle renforce davantage encore le lien entre développement et migration et fait une place à la migration et à la sécurité dans le nouveau cadre de développement et de coopération;

101.  rappelle que le Parlement est favorable à une approche globale de la migration basée sur un nouveau dosage des politiques, qui passe par un renforcement du lien entre migrations et développement pour s’attaquer aux causes profondes de la migration, tout en appelant de ses vœux un changement dans les modes de financement de la réaction à la crise migratoire;

102.  reconnaît que l’Union a renforcé son soutien aux réformes dans le domaine de la sécurité; estime toutefois que la Commission devrait veiller à ce que les fonds ne soient pas réorientés vers l’appui de la sécurité sans que ne soit renforcé, en parallèle, le soutien en faveur de réformes démocratiques;

103.  estime que l’ampleur de la crise migratoire a suscité la nécessité d’une réponse ainsi que d’un acheminement de l’aide plus rapides et efficaces; estime qu’il s’avère utile d’élaborer un code sectoriel adapté pour la «migration» au sein du Comité d’aide au développement de l’OCDE en vue de mieux intégrer la question des migrations dans le programme de développement, de faciliter l’encodage et l’utilisation des fonds et de mieux suivre et contrôler les montants affectés à l’action extérieure en matière de lutte contre les causes profondes de la migration;

104.  se félicite qu’il soit prévu de lancer un plan d’investissement extérieur en Afrique sur le modèle du Fonds européen pour les investissements stratégiques afin d’éliminer certains obstacles à l’investissement; estime qu’il s’agit d’un des outils les plus appropriés et les plus efficaces pour atteindre l’objectif à long terme du Parlement d’offrir aux populations des conditions de vie adéquates, et donc également pour traiter les causes profondes de la migration excessive en provenance d’Afrique;

105.  reconnaît que les fonds du FED contribuent à remédier aux causes profondes de la crise actuelle des réfugiés et des migrants au niveau mondial; souligne que ces fonds ne sauraient être détournés à des fins autres que celles prévues dans les dispositions, telles que les contrôles de sécurité aux frontières et les mesures efficaces de retour; invite la Commission à s’engager de manière constructive pour créer des synergies entre le budget de l’Union, le FED et la coopération bilatérale, de façon à traiter les questions liées à la prévention des crises migratoires;

106.  plaide pour que l’on continue d’améliorer constamment la vision et le cadre stratégiques en ce qui concerne les politiques extérieures et les options stratégiques de l’Union en matière de migration, en faisant appel aux principaux acteurs pour garantir la clarté nécessaire et assurer une mobilisation coordonnée et cohérente des mécanismes de politique extérieure en matière de migration à court, moyen et long terme, à l’intérieur ou en dehors du cadre budgétaire de l’Union;

107.  estime qu’il est absolument nécessaire de concilier l’exigence de meilleurs résultats avec la disponibilité de ressources financières suffisantes pour assurer un niveau élevé d’ambition lorsqu’il s’agit de définir une réponse globale et viable de l’Union aux défis actuels et futurs résultant de la crise migratoire; estime que les dépenses de la politique extérieure de l’Union en matière de migration doivent être effectuées de manière plus efficace et qu’elles doivent remplir le critère de «valeur ajoutée» en vue d’offrir aux citoyens des conditions de vie adéquates dans leur pays d’origine et les autres pays ACP;

108.  invite toutes les principales parties intéressées à réfléchir en vue de trouver le bon équilibre entre la flexibilité des interventions, la complémentarité des fonds, le niveau de ceux-ci et l’effet de levier nécessaire, ainsi que les synergies potentielles et la complémentarité des différentes interventions de l’Union;

109.  estime que la fragmentation actuelle des instruments, qui sont chacun dotés de leurs propres objectifs sans être reliés entre eux, empêche d’exercer un contrôle parlementaire sur la manière dont ces fonds sont mis en œuvre et d’identifier les responsabilités, de sorte qu’il est difficile de bien évaluer les montants qui sont réellement dépensés pour soutenir l’action extérieure en matière de migration; regrette que cela débouche sur un manque d’efficacité, de transparence et de responsabilité; estime qu’il est nécessaire de repenser la manière dont sont utilisés les instruments politiques existants en mettant en place une nouvelle architecture claire des objectifs de manière à en accroître l’efficacité et la visibilité globales;

110.  estime, dans ce contexte, qu’une attention toute particulière devrait être accordée au ciblage de l’aide vers des problèmes différents et en évolution dans le domaine de la migration extérieure tout en garantissant l’adéquation du contrôle des fonds déboursés afin d’éviter les risques de détournement de fonds et de double financement, et tout en veillant à ce que les autres pays ACP continuent de bénéficier de l’aide fournie au titre du FED;

111.  estime que le changement climatique et les problèmes qui en découlent, les migrations et le développement sont des questions étroitement liées; plaide pour une meilleure compréhension de cette corrélation dans l’octroi de l’aide au développement et dans les objectifs de la politique de développement; invite la Commission et la BEI à ne pas se contenter d’augmenter le montant des fonds dépensés pour lutter contre les problèmes liés à la migration sans tenir compte de projets destinés aux adaptations au changement climatique et d’autres projets de développement;

Contribution de la BEI

112.  prend acte du fait qu’en 2015, 936 millions d’EUR ont été alloués aux pays ACP et aux PTOM dans le cadre de projets mis en œuvre dans quinze pays et six groupements régionaux;

113.  soutient les objectifs généraux du cadre de la facilité d’investissement ACP, à savoir soutenir le secteur privé local et le développement de l’emploi et des infrastructures socio-économiques en favorisant un développement durable au niveau local et régional, ainsi que le développement du secteur privé et des infrastructures essentielles dans le cadre du fonds fiduciaire UE-Afrique pour les infrastructures;

114.  se félicite des efforts accomplis par la BEI pour contribuer à une réponse de l’Union aux enjeux internationaux majeurs, notamment par la voie du paquet «Migration» ACP et de l’initiative «Résilience économique» de la BEI, aidant l’Union et les pays partenaires à faire face aux défis socio-économiques qui contribuent à la migration, préfigurant ainsi le plan d’investissement extérieur; fait toutefois part du problème persistant du contrôle politique et démocratique approprié des activités de la BEI;

115.  invite la BEI à insister sur l’effet à long terme des investissements et leur contribution au développement durable dans tous les aspects économiques, sociaux et environnementaux, et à y accorder la priorité absolue;

116.  encourage la BEI à continuer de soutenir le développement du secteur privé local, moteur essentiel de la durabilité, les infrastructures sociales et économiques de base qui présentent un intérêt immédiat pour les bénéficiaires ainsi que la recherche de nouveaux partenaires locaux et régionaux dans le domaine spécifique de la microfinance; invite la BEI à améliorer l’additionnalité en justifiant mieux l’utilisation des fonds;

117.  invite la BEI à veiller à ce que les projets en cours fassent l’objet d’un contrôle régulier et que les objectifs et les critères initiaux soient effectivement remplis au cours de la durée de vie du projet; estime que la BEI devrait tenir compte de l’évolution possible des projets et de leurs objectifs;

118.  salue le deuxième rapport établi par la BEI en 2015 sur les résultats de ses opérations extérieures ainsi que l’utilisation, par la BEI, du cadre d’évaluation selon les trois piliers (3P) et du cadre de mesure des résultats (CMR) pour l’évaluation ex ante des résultats attendus des projets d’investissement;

119.  estime que le cadre de mesure des résultats et de la performance de la facilité d’investissement devrait mesurer l’incidence sur le développement pour tout projet; souligne l’importance de viser les mêmes objectifs et stratégies que les politiques de développement de l’Union; invite la BEI à continuer d’harmoniser ses activités avec les objectifs de l’Union en matière de développement;

120.  demande la publication systématique des accords d’intermédiation de prêts de la facilité d’investissement ACP ainsi qu’une transparence accrue en ce qui concerne les décisions du conseil d’administration et les documents d’orientation;

121.  estime que l’audit de la facilité d’investissement ACP constitue une bonne pratique de coopération et de contrôle basée sur la coopération entre le Parlement et la Cour; déplore, cependant, que les projets mis en œuvre et les fonds alloués aux PTOM ne soient pas couverts par l’audit; déplore que la facilité d’investissement ne relève pas de l’audit réalisé à l’appui de la déclaration d’assurance annuelle de la Cour et ne soit pas soumise à la procédure de décharge du Parlement;

Vers l’accord de l’après-Cotonou

122.  prend acte des résultats obtenus dans le cadre du FED tout en gardant à l’esprit que de nouvelles perspectives devraient être envisagées afin de tenir compte des changements dans les pays ACP et les PTOM ainsi que dans les nouveaux objectifs de développement durable, notamment en ce qui concerne la corrélation entre paix, aide humanitaire, changement climatique et problèmes qui en découlent, perte de la diversité biologique ainsi que migration;

123.  se félicite de la communication conjointe au Parlement européen et au Conseil intitulée «Vers un partenariat renouvelé avec les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique», publiée par la Commission en novembre 2016, et appelle de ses vœux la poursuite des discussions entre les institutions de l’Union sur l’avenir des relations UE-ACP;

124.  constate qu’alors que la Commission a proposé des simplifications substantielles au règlement financier applicable au budget général, chaque FED est toujours régi par son propre règlement financier; estime qu’un règlement financier unique rendrait la gestion et la mise en œuvre des différents FED moins complexes; souligne en outre que le Parlement réclame depuis longtemps que les FED soient inscrits au budget de l’Union;

125.  estime que, dans l’accord de l’après-Cotonou, il conviendrait de veiller à une plus grande cohérence entre les objectifs de développement et l’ensemble des politiques extérieures de l’Union, et que des éléments tels que la lutte contre les inégalités et les actions en faveur du développement durable devraient en constituer un élément central;

126.  attend avec intérêt d’être pleinement informé et consulté au sujet de l’examen à mi-parcours du onzième FED, qui est censé tenir compte du programme à l’horizon 2030 et d’un nouveau consensus européen pour le développement, mais qui devrait également respecter pleinement les principes d’efficacité du développement réaffirmés au forum de haut niveau du Partenariat mondial à Nairobi, en particulier l’adhésion des pays bénéficiaires aux priorités;

127.  recommande que l’accord de l’après-Cotonou aille au-delà des questions économiques et promeuve un dialogue politique efficace; rappelle que le dialogue politique est l’une des clés pour garantir la performance et l’efficacité de l’aide;

128.  estime que l’accord de l’après-Cotonou doit favoriser l’autonomisation et la participation des communautés locales et de la société civile en général, notamment à travers la mise en place de partenariats locaux, afin de garantir la bonne mise en œuvre des projets au niveau local, en particulier dans le cadre de la gestion indirecte;

129.  demande la reconnaissance des effets du changement climatique et des problèmes qui en découlent, ainsi que de la perte de la diversité biologique, sur tous les facteurs de développement; estime que l’accord de l’après-Cotonou devrait être davantage axé sur le développement durable des pays bénéficiaires et, en particulier, sur la question de l’autosuffisance énergétique;

130.  invite la Commission à reconnaître et à développer davantage la dimension insulaire dans la politique de développement et à créer un instrument spécifique pour les petits États insulaires en développement, permettant une meilleure allocation des fonds et garantissant la performance ainsi qu’un contrôle adapté;

131.  invite la Commission à fournir une évaluation a priori et à faire rapport de manière plus systématique sur l’incidence de la politique de développement sur les PTOM et les régions ultrapériphériques de la même zone géographique que les pays bénéficiaires, et à permettre davantage de synergies entre les fonds disponibles dans ces régions;

132.  réaffirme son soutien de longue date à la budgétisation afin d’accroître le contrôle démocratique et l’obligation de rendre compte, de renforcer l’efficacité, la transparence et la visibilité dans le cadre de l’utilisation des FED; souligne également que la budgétisation réduirait les coûts de transaction et simplifierait les exigences en matière de rapport et de comptabilité grâce à un ensemble unique de règles administratives et de structures décisionnelles;

Suivi des résolutions du Parlement

133.  invite la Cour à inclure, dans son prochain rapport annuel, une analyse du suivi qui aura été donné aux recommandations exprimées par le Parlement dans son rapport annuel sur la décharge.

6.3.2017

AVIS de la commission du développement

à l’intention de la commission du contrôle budgétaire

concernant la décharge sur l’exécution du budget des huitième, neuvième, dixième et onzième Fonds européens de développement pour l’exercice 2015

(2016/2202(DEC))

Rapporteur pour avis: Paul Rübig

SUGGESTIONS

La commission du développement invite la commission du contrôle budgétaire, compétente au fond, à incorporer dans la proposition de résolution qu’elle adoptera les suggestions suivantes:

1.  déplore qu’une fois de plus, la Cour des comptes européenne n’ait pas été en mesure de délivrer une déclaration d’assurance positive pour les dépenses du Fonds européen de développement (FED) en 2015; souligne le taux d’erreur de 5,8 %, qui est comparativement élevé si l’on exclut les dépenses peu susceptibles d’erreurs telles que l’appui budgétaire et les paiements en faveur d’organisations internationales; souligne que ce taux d’erreur est bien plus élevé que le taux d’erreur des dépenses au titre de la rubrique «L’Europe dans le monde» du budget de l’Union et demande à la Commission d’expliquer ce fait;

2.  accueille favorablement, sur le principe, les efforts concrets visant à réunir rapidement de nouveaux fonds et à profiter d’un effet de levier pour lutter contre les causes profondes de la migration; déplore toutefois le fait qu’aucune consultation préalable du Parlement n’ait eu lieu lors de la mise en place du fonds fiduciaire européen d’urgence pour l’Afrique, bien que le Parlement jouisse d’un contrôle renforcé sur la programmation du FED, fondé sur un engagement politique pris par la Commission; prend acte de l’annonce de la Commission selon laquelle elle s’engage à allouer un montant total de 1,5 milliard d’EUR du 11e FED au fonds fiduciaire d’urgence pour l’Afrique, tandis que d’autres donateurs ont promis 81,5 millions d’EUR; regrette qu’à la mi-novembre 2016, elle n’avait versé que 47,14 millions d’EUR; demande que des efforts réels soient déployés pour renforcer la transparence des décisions et la responsabilité à l’égard des projets du fonds fiduciaire d’urgence pour l’Afrique et souligne qu’un format approprié de consultation régulière du Parlement fait toujours défaut et que rien n’a été fait à cet égard; rappelle que ce fonds vise à s’attaquer aux causes profondes de la déstabilisation, des déplacements forcés et de la migration clandestine, en veillant à promouvoir la résilience, les débouchés économiques et l’égalité des chances, la sécurité et le développement;

3.  souligne que, pour que l’Union puisse mener une politique de développement efficace, il est essentiel qu’elle souscrive à des principes d’efficacité du développement acceptés au niveau international tels que l’appropriation, l’aide non liée, l’existence de conditionnalités réciproques ou l’alignement sur les priorités des pays bénéficiaires;

4.  relève que la Commission ne fait pas confiance à la facilité de soutien à la paix pour l’Afrique, mise en œuvre depuis des années; se dit surpris, dans ce contexte, par la proposition de la Commission visant à détourner davantage encore de fonds destinés au développement en faveur d’actions relatives à la sécurité en Afrique; souligne du reste que la facilité de soutien à la paix pour l’Afrique est financée à titre provisoire par le FED depuis 15 ans déjà; souligne que les fonds destinés au développement ont largement financé les politiques africaines de sécurité pendant toutes ces années alors que l’Union ne dépense rien pour la sécurité à des fins de développement;

5.  constate qu’alors que la Commission a proposé des simplifications substantielles au règlement financier applicable au budget général, chaque FED est toujours régi par son propre règlement financier; estime qu’un règlement financier unique rendrait la gestion et la mise en œuvre des différents FED moins complexes; souligne en outre que le Parlement a longtemps réclamé que les FED soient inscrits au budget de l’Union;

6.  est favorable au recours à l’appui budgétaire, mais souligne que la contribution aux résultats escomptés en matière de développement doit être clairement surveillée et que son utilisation doit être subordonnée à l’amélioration de la gestion des finances publiques, à la lutte réelle contre la corruption, au contrôle démocratique et à la responsabilité ainsi qu’à la transparence totale envers les parlements nationaux et les citoyens dans les pays bénéficiaires;

7.  invite la Commission à adopter, en matière de développement, une démarche incitative en appliquant le principe du «donner plus pour recevoir plus», à l’instar de la politique européenne de voisinage; estime que plus un pays progresse sur la voie des réformes intérieures pour l’instauration et la consolidation d’institutions démocratiques, le respect des droits de l’homme et l’état de droit, et plus ces progrès sont rapides, plus importante devrait être l’aide qu’il reçoit de l’Union; souligne que cette «conditionnalité positive», assortie d’une nette focalisation sur le financement de projets de petite envergure en faveur de communautés rurales, peut déboucher sur un véritable changement et garantir que les deniers publics de l’Union soient utilisés de manière plus durable;

8.  attend avec intérêt d’être pleinement informé et consulté au sujet de l’examen à mi-parcours du 11e FED, qui est censé tenir compte du programme à l’horizon 2030 et d’un nouveau consensus européen pour le développement, mais qui devrait également respecter pleinement les principes d’efficacité du développement réaffirmés au forum de haut niveau du Partenariat mondial à Nairobi, en particulier l’adhésion des pays bénéficiaires aux priorités;

9.  appelle de nouveau la Commission à créer dès 2020 un instrument financier spécifique pour les pays et territoires d’outre-mer qui tienne compte de leur statut particulier et de leur appartenance à la famille européenne.

RÉSULTAT DU VOTE FINALEN COMMISSION SAISIE POUR AVIS

Date de l’adoption

28.2.2017

 

 

 

Résultat du vote final

+:

–:

0:

18

5

0

Membres présents au moment du vote final

Nirj Deva, Raymond Finch, Doru-Claudian Frunzulică, Enrique Guerrero Salom, Heidi Hautala, Maria Heubuch, Teresa Jiménez-Becerril Barrio, Stelios Kouloglou, Arne Lietz, Linda McAvan, Norbert Neuser, Vincent Peillon, Maurice Ponga, Cristian Dan Preda, Lola Sánchez Caldentey, Elly Schlein, Eleftherios Synadinos, Eleni Theocharous, Bogdan Brunon Wenta, Anna Záborská, Željana Zovko

Suppléants présents au moment du vote final

Ádám Kósa, Paul Rübig

VOTE FINAL PAR APPEL NOMINAL EN COMMISSION SAISIE POUR AVIS

18

+

ECR

Nirj Deva, Eleni Theocharous

NI

Eleftherios Synadinos

PPE

Teresa Jiménez-Becerril Barrio, Ádám Kósa, Maurice Ponga, Cristian Dan Preda, Paul Rübig, Bogdan Brunon Wenta, Željana Zovko, Anna Záborská

S&D

Doru-Claudian Frunzulică, Enrique Guerrero Salom, Arne Lietz, Linda McAvan, Norbert Neuser, Vincent Peillon, Elly Schlein

5

-

EFDD

Raymond Finch

GUE/NGL

Stelios Kouloglou, Lola Sánchez Caldentey

VERTS/ALE

Heidi Hautala, Maria Heubuch

0

0

Légende des signes utilisés:

+  :  pour

-  :  contre

0  :  abstention

INFORMATIONS SUR L’ADOPTIONPAR LA COMMISSION COMPÉTENTE AU FOND

Date de l’adoption

23.3.2017

 

 

 

Résultat du vote final

+:

–:

0:

21

3

0

Membres présents au moment du vote final

Dennis de Jong, Tamás Deutsch, Ingeborg Gräßle, Cătălin Sorin Ivan, Jean-François Jalkh, Bogusław Liberadzki, Notis Marias, José Ignacio Salafranca Sánchez-Neyra, Claudia Schmidt, Bart Staes, Hannu Takkula, Indrek Tarand, Derek Vaughan, Tomáš Zdechovský, Joachim Zeller

Suppléants présents au moment du vote final

Karin Kadenbach, Younous Omarjee, Julia Pitera, Miroslav Poche

Suppléants (art. 200, par. 2) présents au moment du vote final

Ignazio Corrao, Raymond Finch, Ildikó Gáll-Pelcz, Lieve Wierinck

VOTE FINAL PAR APPEL NOMINAL EN COMMISSION COMPÉTENTE AU FOND

21

+

ALDE

Hannu Takkula, Lieve Wierinck

EFDD

Ignazio Corrao

GUE/NGL

Younous Omarjee, Dennis de Jong

PPE

Tamás Deutsch, Ingeborg Gräßle, Ildikó Gáll-Pelcz, Julia Pitera, José Ignacio Salafranca Sánchez-Neyra, Claudia Schmidt, Tomáš Zdechovský, Joachim Zeller

S&D

Cătălin Sorin Ivan, Karin Kadenbach, Bogusław Liberadzki, Miroslav Poche, Inmaculada Rodríguez-Piñero Fernández, Derek Vaughan

VERTS/ALE

Bart Staes, Indrek Tarand

3

-

ECR

Notis Marias

EFDD

Raymond Finch

ENF

Jean-François Jalkh

0

0

 

 

Légende des signes utilisés:

+  :  pour

-  :  contre

0  :  abstention

(1)

JO C 375 du 13.10.2016, p. 287.

(2)

JO C 375 du 13.10.2016, p. 297.

(3)

JO L 317 du 15.12.2000, p. 3.

(4)

JO L 287 du 4.11.2010, p. 3.

(5)

JO L 344 du 19.12.2013, p. 1.

(6)

JO L 156 du 29.5.1998, p. 108.

(7)

JO L 317 du 15.12.2000, p. 355.

(8)

JO L 247 du 9.9.2006, p. 32.

(9)

JO L 210 du 6.8.2013, p. 1.

(10)

JO L 191 du 7.7.1998, p. 53.

(11)

JO L 83 du 1.4.2003, p. 1.

(12)

JO L 78 du 19.3.2008, p. 1.

(13)

JO L 58 du 3.3.2015, p. 17.

(14)

JO C 375 du 13.10.2016, p. 287.

(15)

JO C 375 du 13.10.2016, p. 297.

(16)

JO L 317 du 15.12.2000, p. 3.

(17)

JO L 287 du 4.11.2010, p. 3.

(18)

JO L 344 du 19.12.2013, p. 1.

(19)

JO L 156 du 29.5.1998, p. 108.

(20)

JO L 317 du 15.12.2000, p. 355.

(21)

JO L 247 du 9.9.2006, p. 32.

(22)

JO L 210 du 6.8.2013, p. 1.

(23)

JO L 191 du 7.7.1998, p. 53.

(24)

JO L 83 du 1.4.2003, p. 1.

(25)

JO L 78 du 19.3.2008, p. 1.

(26)

JO L 58 du 3.3.2015, p. 17.

(27)

JO L 317 du 15.12.2000, p. 3.

(28)

JO L 287 du 4.11.2010, p. 3.

(29)

Décision 2013/755/UE du Conseil du 25 novembre 2013 relative à l’association des pays et territoires d’outre‑mer à l’Union européenne («décision d’association outre-mer») (JO L 344 du 19.12.2013, p. 1).

(30)

Communication CAB D(2016) Ares 06675546

(31)

JO L 298 du 26.10.2012, p. 1.

(32)

Rapport annuel 2015 de la Cour des comptes européenne.

(33)

Cour des comptes européenne, Rapport annuel 2015, page 295 – figure 2, Utilisation des ressources des FED au 31 décembre 2015.

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