Procédure : 2017/0085(COD)
Cycle de vie en séance
Cycle relatif au document : A8-0270/2018

Textes déposés :

A8-0270/2018

Débats :

PV 04/04/2019 - 3
CRE 04/04/2019 - 3

Votes :

PV 04/04/2019 - 6.16
CRE 04/04/2019 - 6.16

Textes adoptés :

P8_TA(2019)0348

RAPPORT     ***I
PDF 1257kWORD 196k
23.8.2018
PE 618.193v03-00 A8-0270/2018

sur la proposition de directive du Parlement européen et du Conseil concernant l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée des parents et aidants et abrogeant la directive 2010/18/UE du Conseil

(COM(2017)0253 – C8-0137/2017 – 2017/0085(COD))

Commission de l’emploi et des affaires sociales

Rapporteur: David Casa

Rapporteure pour avis (*):

Agnieszka Kozłowska-Rajewicz, commission des droits de la femme et de l’égalité des genres

(*) Commission associée – article 54 du règlement intérieur

PROJET DE RÉSOLUTION LÉGISLATIVE DU PARLEMENT EUROPÉEN
 EXPOSÉ DES MOTIFS
 OPINION MINORITAIRE
 AVIS de la commission des droits de la femme et de l’égalité des genres
 AVIS de la commission des affaires juridiques
 PROCÉDURE DE LA COMMISSION COMPÉTENTE AU FOND
 VOTE FINAL PAR APPEL NOMINALEN COMMISSION COMPÉTENTE AU FOND

PROJET DE RÉSOLUTION LÉGISLATIVE DU PARLEMENT EUROPÉEN

sur la proposition de directive du Parlement européen et du Conseil concernant l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée des parents et aidants et abrogeant la directive 2010/18/UE du Conseil

(COM(2017)0253 – C8-0137/2017 – 2017/0085(COD))

(Procédure législative ordinaire: première lecture)

Le Parlement européen,

–  vu la proposition de la Commission au Parlement européen et au Conseil (COM(2017)0253),

–  vu l’article 294, paragraphe 2, et l’article 153, paragraphe 1, point i), et paragraphe 2, point b), du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, conformément auxquels la proposition lui a été présentée par la Commission (C8-0137/2017),

–  vu l’article 294, paragraphe 3, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne,

–  vu l’avis du Comité économique et social européen du 6 décembre 2017(1),

–  vu l’avis du Comité des régions du 30 novembre 2017(2),

–  vu l’article 59 de son règlement intérieur,

–  vu le rapport de la commission de l’emploi et des affaires sociales et les avis de la commission des droits de la femme et de l’égalité des genres et de la commission des affaires juridiques (A8-0270/2018),

1.  arrête la position en première lecture figurant ci-après;

2.  demande à la Commission de le saisir à nouveau si elle remplace, modifie de manière substantielle ou entend modifier de manière substantielle sa proposition;

3.  charge son Président de transmettre la position du Parlement au Conseil et à la Commission ainsi qu’aux parlements nationaux.

Amendement    1

Proposition de directive

Considérant 2

Texte proposé par la Commission

Amendement

(2)  L'égalité entre les hommes et les femmes est un principe fondamental de l'Union. En vertu de l'article 3 du traité sur l’Union européenne, la promotion de l'égalité entre les femmes et les hommes est l'un des buts de l’Union. De même, l’article 23 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne prévoit que l’égalité entre les femmes et les hommes doit être assurée dans tous les domaines, y compris en matière d’emploi, de travail et de rémunération.

(2)  L’égalité des sexes est un principe fondamental de l’Union. En vertu de l’article 3 du traité sur l’Union européenne, la lutte contre l’exclusion sociale et les discriminations ainsi que la promotion de la justice et de la protection sociales, de l’égalité entre les femmes et les hommes, de la solidarité entre les générations et de la protection des droits de l’enfant sont des objectifs de l’Union. L'article 8 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne dispose que, pour toutes ses actions, l'Union cherche à éliminer les inégalités, et à promouvoir l'égalité, entre les hommes et les femmes. En outre, le titre III de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (la charte) dispose que toutes les personnes sont égales en droit, que toute discrimination est interdite et que l’égalité entre les femmes et les hommes doit être assurée dans tous les domaines, y compris en matière d’emploi, de travail et de rémunération (articles 20, 21 et 23 de la charte).

Amendement    2

Proposition de directive

Considérant 3

Texte proposé par la Commission

Amendement

(3)  L'article 33 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne prévoit le droit à la protection contre tout licenciement pour un motif lié à la maternité, ainsi que le droit à un congé de maternité payé et à un congé parental à la suite de la naissance ou de l'adoption d'un enfant, afin de pouvoir concilier vie familiale et vie professionnelle.

(3)  L'article 33 de la charte prévoit une protection juridique, économique et sociale de la famille, le droit à la protection contre tout licenciement pour un motif lié à la maternité, ainsi que le droit à un congé de maternité payé et à un congé parental à la suite de la naissance ou de l'adoption d'un enfant, afin de pouvoir concilier vie familiale et vie professionnelle.

Amendement    3

Proposition de directive

Considérant 4

Texte proposé par la Commission

Amendement

(4)  L’Union est partie à la convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées. Les dispositions de ladite convention font donc, à partir du moment de son entrée en vigueur, partie intégrante de l’ordre juridique de l’Union européenne, et la législation de l’Union doit faire l’objet, dans la mesure du possible, d’une interprétation conforme à cette convention. La convention prévoit entre autres, à son article 7, que les parties prennent toutes mesures nécessaires pour garantir aux enfants handicapés la pleine jouissance de tous les droits de l'homme et de toutes les libertés fondamentales, sur la base de l'égalité avec les autres enfants.

(4)  L’Union et tous les États membres sont parties à la convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées et doivent d’une manière plus générale promouvoir et protéger les droits fondamentaux consacrés par la déclaration universelle des droits de l’homme. Les dispositions de ladite convention font donc, à partir du moment de son entrée en vigueur, partie intégrante de l’ordre juridique de l’Union européenne, et la législation de l’Union doit faire l’objet, dans la mesure du possible, d’une interprétation conforme à cette convention. La convention prévoit entre autres, au point 24 de son préambule et à son article 7, que les parties prennent toutes mesures nécessaires pour garantir aux enfants handicapés la pleine et égale jouissance de tous les droits de l'homme et de toutes les libertés fondamentales, sur la base de l'égalité avec les autres enfants. En outre, à son article 23, la convention dispose que les États parties prennent des mesures efficaces et appropriées pour éliminer la discrimination à l’égard des personnes handicapées dans tout ce qui a trait au mariage, à la famille, à la fonction parentale et aux relations personnelles, sur la base de l’égalité avec les autres.

Amendement    4

Proposition de directive

Considérant 4 bis (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

(4 bis)  Les États membres ont signé et ratifié la convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant et sont donc juridiquement tenus d’adopter toutes les mesures nécessaires en ce qui concerne l’application des droits concernés. La convention dispose notamment, à son article 18, que la responsabilité d’élever l’enfant et d’assurer son développement incombe au premier chef aux parents ou, le cas échéant, à ses représentants légaux et que ceux-ci doivent être guidés avant tout par l’intérêt supérieur de l’enfant. Elle rappelle en outre aux États qu’il leur incombe de prendre toutes les mesures appropriées pour assurer aux enfants dont les parents travaillent le droit de bénéficier des services et établissements de garde d’enfants pour lesquels ils remplissent les conditions requises.

Amendement    5

Proposition de directive

Considérant 5

Texte proposé par la Commission

Amendement

(5)  Les politiques relatives à l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée devraient contribuer à la réalisation de l’égalité des sexes en encourageant la participation des femmes au marché du travail, en rendant plus facile pour les hommes de partager les responsabilités familiales à parts égales avec les femmes et en réduisant les écarts de revenus et de salaire entre les hommes et les femmes. Ces politiques devraient tenir compte des changements démographiques, notamment des effets du vieillissement de la population.

(5)  Les politiques relatives à l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée devraient contribuer à la réalisation de l’égalité des sexes en encourageant la participation des femmes au marché du travail, en encourageant et en facilitant le partage des responsabilités familiales à parts égales entre les hommes et les femmes et en réduisant les écarts de revenus, de salaire et de pension entre les hommes et les femmes. Ces politiques devraient tenir compte de la réduction des stéréotypes liés au genre, de la reconnaissance et de la redistribution des responsabilités familiales, de l’élaboration et de la mise en œuvre de normes de qualité pour tous les types de services de soins et de la reconnaissance des changements démographiques, notamment des effets du vieillissement de la population et de leur incidence sur les responsabilités familiales. Il est essentiel d’apporter une solution au problème des changements démographiques afin que les politiques relatives à l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée soient préparées à l’emploi de demain. Il convient d’accorder une attention particulière à la participation au marché du travail des femmes appartenant à des groupes vulnérables.

Amendement    6

Proposition de directive

Considérant 5 bis (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

(5 bis)  Les politiques relatives à l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée en ce qui concerne les aidants non professionnels, qui fournissent actuellement 80 % de tous les soins dans l’Union gratuitement, sont pertinentes et proportionnées aux défis posés par les changements démographiques. Ces politiques devraient contribuer à atténuer les effets d’une demande croissante de soins, d’une part, et de la tendance à la réduction de la taille des familles et à leur plus grande dispersion géographique, ainsi qu’à une augmentation du nombre de femmes entrant sur le marché du travail et à une diminution du potentiel de soins informels, d’autre part. Le caractère généralisé des soins informels dans l’Union, associé à la pression sur les dépenses publiques dans certains pays, signifie que cette forme de soutien est appelée à prendre de l’importance. Il est donc manifeste que les soins informels doivent être soutenus et que des mesures permettant aux aidants de concilier les soins informels et la vie professionnelle sont indispensables.

Amendement    7

Proposition de directive

Considérant 6 bis (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

(6 bis)  Le socle européen des droits sociaux, proclamé par les institutions de l’Union le 17 novembre 2017, a pour but d’offrir aux citoyens européens des droits nouveaux et plus efficaces. Le socle repose sur vingt principes essentiels, dont le principe nº 2 sur l’égalité entre les femmes et les hommes, le principe nº 3 sur l’égalité des chances et le principe nº 9 sur l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée. Ce dernier dispose que «[l]es parents et les personnes ayant des responsabilités familiales ont le droit de bénéficier de congés adaptés et de formules de travail flexibles, ainsi que d’avoir accès à des services de garde. Les femmes et les hommes doivent avoir accès à des congés spéciaux sur un pied d’égalité afin de s’acquitter de leurs responsabilités familiales, le recours équilibré à ces formules de congés devant être encouragé.»

Amendement    8

Proposition de directive

Considérant 6 ter (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

(6 ter)  Les parents et les autres personnes ayant des responsabilités familiales devraient avoir le droit de bénéficier de congés adaptés et de formules de travail flexibles, ainsi que d’avoir accès à des services de garde. Les femmes et les hommes devraient avoir accès à des congés spéciaux sur un pied d’égalité afin de s’acquitter de leurs responsabilités familiales, le recours équilibré à ces formules de congés devant être encouragé.

Amendement    9

Proposition de directive

Considérant 6 quater (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

(6 quater)  Le rapport du Parlement européen du 18 juin 2013 sur l'impact de la crise en ce qui concerne l'accès aux soins des groupes vulnérables invite expressément la Commission à proposer une directive sur le congé des soignants.

Amendement    10

Proposition de directive

Considérant 6 quinquies (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

(6 quinquies)  Selon les données de la Commission (Eurostat) d’octobre 2017, le taux d’emploi des hommes dans l’Union s’élevait à 71,9 % contre 61,4 % pour les femmes, malgré le niveau d’éducation supérieur des femmes.

Amendement    11

Proposition de directive

Considérant 7

Texte proposé par la Commission

Amendement

(7)  Cependant, l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée reste un défi considérable à relever pour de nombreux parents et travailleurs ayant des responsabilités familiales, avec des conséquences négatives sur l’emploi des femmes. Un fait majeur qui contribue à la sous-représentation des femmes sur le marché du travail est la difficulté à trouver un équilibre entre obligations professionnelles et obligations familiales. Lorsque les femmes ont des enfants, elles ont tendance à travailler un plus petit nombre d’heures dans un emploi rémunéré et à passer plus de temps à assumer des responsabilités familiales non rémunérées. Il a également été démontré que le fait d'avoir un proche malade ou dépendant a une incidence négative sur l’emploi des femmes, conduisant certaines à quitter complètement le marché du travail.

(7)  L'équilibre entre vie professionnelle et vie privée reste un défi considérable à relever pour de nombreux parents et travailleurs ayant des responsabilités familiales, avec des conséquences négatives sur l'emploi des femmes. Un fait déterminant qui contribue à la sous-représentation des femmes sur le marché du travail, hormis la discrimination dans l’accès, le lien, le type et la rémunération du travail, est la difficulté à trouver un équilibre entre obligations professionnelles et responsabilités familiales. Lorsque les femmes ont des enfants, elles ont tendance à travailler un plus petit nombre d’heures dans un emploi rémunéré et à passer plus de temps à assumer des tâches familiales non rémunérées. En outre, l’horaire de travail a de plus en plus tendance à être prolongé tard en soirée et certains secteurs ont tendance à privilégier le travail de nuit ou le travail les jours fériés, ce qui ne permet que difficilement aux travailleurs de concilier le travail avec la responsabilité d’enfants, d’autres proches ou de personnes de leur entourage immédiat nécessitant des soins ou une aide. Il a également été démontré que le fait d’avoir un proche nécessitant des soins ou une aide a une incidence négative sur l’emploi des femmes, conduisant un certain nombre d’entre elles à quitter partiellement ou complètement le marché du travail. Ceci a, à son tour, une incidence négative sur les droits de ces aidants aux prestations de sécurité sociale et à la pension, ce qui les expose parfois à un risque accru de pauvreté et d’exclusion sociale, en particulier chez les personnes âgées. Les études et la pratique ont prouvé que les employeurs ont tout avantage à répondre aux besoins des aidants qui travaillent car, ce faisant, ils obtiennent de meilleurs résultats tels qu'une baisse de l’absentéisme, une plus grande facilité de recrutement et de maintien du personnel ou une motivation plus forte du personnel.

Amendement    12

Proposition de directive

Considérant 7 bis (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

(7 bis)  La disponibilité d’infrastructures de qualité, accessibles et abordables de garde d’enfants et de prise en charge de proches nécessitant des soins ou une aide s’est révélée être un élément crucial des politiques d’équilibre entre vie professionnelle et vie privée qui facilitent le retour rapide des mères et une présence accrue des femmes sur le marché du travail. Or, en 2018, la majorité des États membres n’ont pas encore atteint les objectifs dits de Barcelone en matière de structures d’accueil des enfants, établis en 2002. La réalisation de ces objectifs est essentielle pour permettre aux femmes de participer pleinement au marché du travail et, pour débloquer la situation, il est primordial, dans le cadre financier pluriannuel, de canaliser les investissements en priorité vers des services de qualité, de proximité, accessibles et abordables pour l'accueil des enfants. La mise en place d’un droit individuel à congé d’aidant ne doit donc pas servir de substitut à des services de soins de proximité professionnels, accessibles, abordables et de haute qualité.

Amendement    13

Proposition de directive

Considérant 8

Texte proposé par la Commission

Amendement

(8)  Le cadre juridique actuel de l’Union prévoit peu de dispositions incitant les hommes à assumer une part égale des responsabilités familiales. L’absence de congé de paternité et de congé parental rémunérés dans de nombreux États membres contribue à ce que peu de pères prennent de tels congés. Le déséquilibre entre hommes et femmes dans la conception des politiques en matière d'équilibre entre vie professionnelle et vie privée accentue les différences entre ceux-ci sur les plans du travail et des soins aux proches. À l’inverse, le recours par les pères aux modalités permettant de concilier vie professionnelle et vie privée telles que les congés ou les formules souples de travail s’est avéré avoir une incidence positive en réduisant la quantité relative de travail familial non rémunéré effectué par les femmes et en laissant aux femmes davantage de temps pour un emploi rémunéré.

(8)  Le cadre juridique actuel de l’Union prévoit peu de dispositions incitant les hommes à assumer une part égale des responsabilités familiales. L’absence de congé de paternité et de congé parental rémunérés, de même que la non-transférabilité du congé parental, dans de nombreux États membres contribue à ce que peu de pères prennent de tels congés. Le déséquilibre entre hommes et femmes dans la conception des politiques en matière d’équilibre entre vie professionnelle et vie privée accentue les stéréotypes liés au genre et les différences entre hommes et femmes sur les plans du travail et des soins aux proches. À l’inverse, le recours par les pères aux modalités permettant de concilier vie professionnelle et vie privée telles que les congés ou les formules de travail flexibles s’est avéré avoir une incidence positive en réduisant la quantité relative de travail familial non rémunéré effectué par les femmes et en laissant aux femmes davantage de temps pour un emploi rémunéré. En outre, des études d’Eurofound montrent que les taux d’utilisation parmi les parents dépendent de nombreux facteurs interconnectés. Parmi les éléments revêtant une grande importance figurent les infrastructures de qualité, accessibles et abordables pour l’accueil des enfants et la prise en charge des personnes âgées et des personnes handicapées, les informations sur les congés disponibles, la compensation des congés et les disparités en matière de rémunération, les modèles d’organisation familiale prédominants et la mesure dans laquelle les travailleurs craignent l’exclusion du marché du travail lorsqu’ils prennent ce type de congés. Les jeunes font clairement partie des catégories les plus vulnérables à ces éléments.

Amendement    14

Proposition de directive

Considérant 8 bis (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

(8 bis)  Pour renforcer l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, les pratiques discriminatoires comme l’écart persistant entre les salaires des femmes et ceux des hommes doivent être éliminées de manière à garantir une plus grande équité sur le marché du travail à l’avenir. Les États membres, conjointement avec les partenaires sociaux et les parties intéressées concernées, devraient inclure l’éducation en matière d’égalité entre les hommes et les femmes dans leurs programmes d’enseignement préscolaire et d’enseignement obligatoire et poursuivre les actions d’information et de sensibilisation des autorités publiques. Les politiques en matière d’égalité de traitement devraient viser à remédier au problème des stéréotypes concernant les filières professionnelles et les rôles généralement masculins ou féminins, et les partenaires sociaux devraient jouer leur rôle fondamental, qui est d’informer les travailleurs et les employeurs et de les sensibiliser à l’élimination de toute discrimination.

Amendement    15

Proposition de directive

Considérant 8 ter (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

(8 ter)  Pour mieux évaluer l’incidence de la législation sous-jacente et des autres législations connexes, les données pertinentes, telles que le nombre d’heures de travail, le salaire, le poste occupé, y compris leur ventilation par sexe et par âge, devraient être recueillies et publiées à l’échelon local, régional et national afin de documenter la discrimination intersectorielle et de définir des politiques ciblées et efficaces sur le plan des ressources. L’Institut pour l’égalité entre les hommes et les femmes (EIGE), la Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail (Eurofound), le Centre européen pour le développement de la formation professionnelle (Cedefop) ainsi que les organismes nationaux et régionaux chargés de l’égalité devraient constamment mettre à jour les indicateurs d’équilibre entre vie professionnelle et vie privée afin que les données soient pertinentes et disponibles en temps utile.

Amendement    16

Proposition de directive

Considérant 8 quater (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

(8 quater)  L’investissement dans des services publics de proximité pour les personnes handicapées ou les personnes nécessitant une aide en raison de leur âge est indispensable pour éviter que les femmes ne soient contraintes de quitter le marché du travail ou qu’elles ne puissent conserver leur emploi rémunéré ou le réintégrer, conformément aux conclusions du Conseil du 7 décembre 2017 intitulées «Améliorer le soutien et les soins de proximité pour une vie autonome».

Amendement    17

Proposition de directive

Considérant 8 quinquies (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

(8 quinquies)  Pour construire une société socialement et économiquement durable, la responsabilité de l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée devrait être partagée entre les travailleurs, les familles, les partenaires sociaux, les collectivités locales et régionales ainsi que l’ensemble des employeurs et prestataires de services publics et privés.

Amendement    18

Proposition de directive

Considérant 9 bis (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

(9 bis)  Les partenaires sociaux devraient être encouragés par les États membres à continuer d’œuvrer activement pour faciliter la conciliation entre vie professionnelle, vie privée et vie familiale et améliorer l’égalité entre les hommes et les femmes ainsi que l’égalité de traitement sur le marché du travail par l’éducation, la formation des adultes, la sensibilisation et des campagnes d’information.

Amendement    19

Proposition de directive

Considérant 9 ter (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

(9 ter)  Les partenaires sociaux devraient être consultés sur la définition et la mise en œuvre des politiques économiques, sociales et de l’emploi, conformément aux pratiques nationales. Ils devraient être encouragés à négocier et à conclure des conventions collectives sur des sujets qui les concernent, dans le respect de leur autonomie et de leur droit à l’action collective.

Amendement    20

Proposition de directive

Considérant 10

Texte proposé par la Commission

Amendement

(10)  Il convient d'abroger et de remplacer la directive 2010/18/UE, qui régit actuellement le congé parental en mettant en œuvre un accord-cadre conclu entre les partenaires sociaux. La présente directive est basée en particulier sur les règles énoncées dans la directive 2010/18/UE et les complète en renforçant les droits existants et en en créant de nouveaux.

(10)  Il convient d'abroger et de remplacer la directive 2010/18/UE, qui régit actuellement le congé parental en mettant en œuvre un accord-cadre conclu entre les partenaires sociaux. La présente directive est basée en particulier sur les règles énoncées dans la directive 2010/18/UE et les complète en renforçant les droits existants et en en créant de nouveaux. Aucun élément de la présente directive ne devrait être interprété comme visant à réduire, en vertu de celle-ci, des droits préexistants.

Amendement    21

Proposition de directive

Considérant 11

Texte proposé par la Commission

Amendement

(11)  La présente directive fixe des exigences minimales en matière de congé de paternité, de congé parental et de congé d’aidant, ainsi que de formules souples de travail pour les parents et pour les travailleurs ayant des responsabilités familiales. En facilitant la conciliation de la vie familiale et de la vie professionnelle pour les parents et les aidants, elle devrait contribuer aux objectifs définis par le traité en matière d'égalité des chances entre les hommes et les femmes sur le marché du travail et d’égalité de leur traitement sur le lieu de travail, ainsi qu’en ce qui concerne la promotion d’un niveau d’emploi élevé dans l’UE.

(11)  La présente directive fixe des exigences minimales en matière de congé de paternité, de congé parental et de congé d’aidant, ainsi que de formules de travail flexibles pour les parents et pour les travailleurs ayant des responsabilités familiales. En facilitant la conciliation de la vie familiale et de la vie professionnelle pour les parents et les aidants, elle devrait contribuer aux objectifs définis par le traité en matière d'égalité des chances entre les hommes et les femmes sur le marché du travail et d’égalité de leur traitement sur le lieu de travail, ainsi qu’en ce qui concerne la promotion d’un niveau d’emploi élevé dans l’UE. En outre, la présente directive rappelle l’évolution démographique actuelle, qui entraîne une augmentation des besoins de soins causée par le vieillissement de la société et, par conséquent, la nécessité d’investir et de développer des infrastructures accessibles, abordables et de qualité pour l’accueil des enfants et des personnes âgées qui permettent aux aidants de maintenir une vie professionnelle active.

Amendement    22

Proposition de directive

Considérant 12

Texte proposé par la Commission

Amendement

(12)  La présente directive devrait s'appliquer à tous les travailleurs qui ont des contrats de travail ou d'autres relations de travail. Cela devrait inclure, comme c’est actuellement le cas au titre de la clause 2, paragraphe 3, de l’annexe de la directive 2010/18/UE, les contrats de travail ou relations de travail des travailleurs à temps partiel, des travailleurs à durée déterminée ou des personnes ayant un contrat de travail ou une relation de travail avec une entreprise de travail intérimaire.

(12)  La présente directive devrait s'appliquer à tous les travailleurs qui ont des contrats de travail ou d'autres relations de travail. Cela devrait inclure, comme c’est actuellement le cas au titre de la clause 2, paragraphe 3, de l’annexe de la directive 2010/18/UE, les contrats de travail ou relations de travail des travailleurs à temps partiel, des travailleurs à durée déterminée ou des personnes ayant un contrat de travail ou une relation de travail avec une entreprise de travail intérimaire. La Commission devrait évaluer la possibilité d’étendre les droits accordés par la présente directive aux travailleurs indépendants. Au besoin, la Commission devrait déposer une proposition législative sur cette base.

Amendement    23

Proposition de directive

Considérant 12 bis (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

(12 bis)  Le droit de l’Union garantit le principe d’égalité de traitement quel que soit le type de relations professionnelles, interdit toute discrimination directe ou indirecte fondée sur le sexe en matière d’emploi, d’activité professionnelle, de protection sociale et d’accès aux biens et services, assure la transférabilité et le maintien des droits en cas de déplacement entre les États membres et veille à l’application des exigences minimales dans le cadre de l’acquisition et du maintien des droits à pension supplémentaires à l’étranger ainsi que des exigences minimales de transparence pour les régimes professionnels.

Amendement    24

Proposition de directive

Considérant 13

Texte proposé par la Commission

Amendement

(13)  Afin d’encourager un partage plus égal des responsabilités familiales entre les femmes et les hommes, il convient d'introduire un droit au congé de paternité, à prendre par le père à l’occasion de la naissance d’un enfant. Afin de tenir compte des différences entre États membres, le droit au congé de paternité devrait être indépendant de l’état matrimonial ou familial, tel que défini par le droit national.

(13)  Afin de renforcer un partage plus égal des responsabilités familiales entre les femmes et les hommes, il convient d’introduire un droit au congé de paternité rémunéré, à prendre par le père ou un second parent équivalent au sens de la législation nationale autour de la date de la naissance ou de l’adoption d’un enfant ou de la venue d’un enfant mort-né Afin de tenir compte des différences entre États membres, le droit au congé de paternité devrait être indépendant de l’état matrimonial ou familial, tel que défini par le droit national.

Amendement    25

Proposition de directive

Considérant 13 bis (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

(13 bis)  Les États membres devraient adopter des mesures spécifiques prévoyant que l’ensemble des avantages accordés par la présente directive s'appliquent lorsque les parents se rendent à l’étranger pour une période prolongée en vue de mener à bien une procédure d’adoption internationale.

 

Amendement    26

Proposition de directive

Considérant 14

Texte proposé par la Commission

Amendement

(14)  Étant donné que la majorité des pères ne font pas usage de leur droit au congé parental ou transfèrent une part importante de leurs droits aux mères, la présente directive, afin d’encourager le deuxième parent à prendre un congé parental, et tout en maintenant le droit de chaque parent à un congé parental d'une durée minimale de quatre mois prévu par la directive 2010/18/UE, fait passer de un à quatre mois la durée de congé qui ne peut pas être transférée entre parents.

(14)  Étant donné que la majorité des pères ne font pas usage de leur droit au congé parental ou transfèrent une part importante de leurs droits aux mères, la présente directive, afin d’encourager le deuxième parent à prendre un congé parental, et tout en maintenant le droit de chaque parent à un congé parental d'une durée minimale de quatre mois prévu par la directive 2010/18/UE, fait passer de un à quatre mois la durée de congé qui ne peut pas être transférée entre parents. Le fait de garantir que quatre mois de congé parental sont exclusivement destinés aux hommes et ne peuvent être transférés à l'autre parent encourage les pères à les prendre, promouvant ainsi la paternité. Cela promeut et facilite également la réintégration des mères au travail après le congé de maternité et le congé parental. La création de conditions favorisant une meilleure répartition des responsabilités familiales entre les deux parents contribue certainement à une augmentation de la participation des hommes et des femmes au marché du travail.

Amendement    27

Proposition de directive

Considérant 15

Texte proposé par la Commission

Amendement

(15)  Afin de donner davantage de possibilités aux parents de faire usage de leur droit au congé parental quand leurs enfants sont plus grands, ce droit devrait être accordé au moins jusqu'aux douze ans de l’enfant. Les États membres devraient pouvoir préciser la durée du préavis à donner par le travailleur à l’employeur lorsqu’il demande un congé parental et décider si le droit au congé parental peut être subordonné à une période d'ancienneté. Étant donné la diversité croissante des dispositions contractuelles, c’est la somme des contrats à durée déterminée successifs avec un même employeur qui devrait être prise en considération aux fins du calcul de la période d'ancienneté. Afin d'assurer un équilibre entre les besoins des travailleurs et ceux des employeurs, les États membres devraient aussi pouvoir décider si l’employeur peut ou non être autorisé à reporter l’octroi du congé parental dans certaines circonstances. Dans de tels cas, l’employeur devrait justifier ce report.

(15)  Afin de donner davantage de possibilités aux parents de faire usage de leur droit au congé parental quand leurs enfants sont plus grands, ce droit devrait être accordé au moins jusqu'aux dix ans de l’enfant. Compte tenu notamment des contraintes qui pèsent sur les micro, petites et moyennes entreprises, les États membres devraient pouvoir préciser une durée de préavis raisonnable à donner par le travailleur à l’employeur lorsqu’il demande un congé parental et décider si le droit au congé parental peut être subordonné à une période d’ancienneté. Les États membres devraient pouvoir subordonner l’exercice de ce droit à une période minimale d’ancienneté du travailleur d’une durée qui ne peut être supérieure à six mois. Étant donné la diversité croissante des dispositions contractuelles, c’est la somme des contrats à durée déterminée successifs avec un même employeur qui devrait être prise en considération aux fins du calcul de la période d'ancienneté. Afin d’assurer un équilibre entre les besoins des travailleurs et ceux des employeurs, les États membres devraient aussi déterminer si l’employeur peut ou non être autorisé à reporter l’octroi du congé parental d’une durée raisonnable dans des circonstances objectives. Dans de tels cas, l’employeur devrait justifier ce report par écrit.

Étant donné que la flexibilité rend d’autant plus probable le fait que le second parent, notamment le père, exerce son droit à un tel congé, les travailleurs devraient pouvoir demander leur congé parental à temps plein ou à temps partiel, ou sous d’autres formes souples. Il devrait appartenir à l’employeur d'accepter ou non une telle demande de congé parental sous des formes souples autres que le temps plein. Les États membres devraient également apprécier s’il y a lieu d'adapter les conditions et les modalités précises du congé parental aux besoins spécifiques des parents dans des situations particulièrement défavorisées.

Étant donné que la flexibilité rend d’autant plus probable le fait que le second parent, notamment le père, exerce son droit à un tel congé, les travailleurs devraient pouvoir demander leur congé parental à temps plein ou à temps partiel, ou sous d’autres formes souples. Il devrait appartenir à l’employeur d'accepter ou non une telle demande de congé parental sous des formes souples autres que le temps plein. Les États membres devraient également apprécier s’il y a lieu d'adapter les conditions et les modalités précises du congé parental aux besoins spécifiques des parents dans des situations particulièrement défavorisées, en particulier en ce qui concerne des enfants atteints de handicap, de troubles de santé mentale, d’un problème médical grave ou d’une maladie grave, ainsi qu'en ce qui concerne les parents isolés, qui devraient avoir, au minimum, accès au même niveau de droits et de protection assuré aux parents au titre de la présente directive et pouvoir bénéficier de dispositions particulières, conformément à la législation nationale, en fonction de leur situation particulière.

Amendement    28

Proposition de directive

Considérant 16

Texte proposé par la Commission

Amendement

(16)  Pour faciliter le retour au travail à la suite d'un congé parental, les travailleurs et les employeurs devraient être encouragés à rester en contact pendant la période du congé et peuvent prévoir des mesures de réintégration appropriées, d'un commun accord et dans le respect de la législation, des conventions collectives et de la pratique nationales.

(16)  Pour faciliter le retour au travail à la suite d’un congé parental, les travailleurs et les employeurs devraient être encouragés à rester en contact volontaire pendant la période du congé et peuvent prévoir des mesures de réintégration appropriées, telles que la formation ou le recyclage, d’un commun accord et dans le respect de la législation, des conventions collectives et de la pratique nationales. Il devrait être précisé clairement que les travailleurs qui ne souhaitent pas rester en contact ne sont pas tenus de le faire et ne doivent faire l’objet d’aucune discrimination. De plus, les employeurs devraient tenir les travailleurs informés pendant leur période de congé, ou lorsque des formules de travail flexibles sont déployées, de toute formation proposée aux autres travailleurs ainsi que de toute procédure de promotion ou de candidature interne disponible, et ces travailleurs devraient conserver leur droit d’y prendre part.

Amendement    29

Proposition de directive

Considérant 17

Texte proposé par la Commission

Amendement

(17)  Afin de donner davantage de possibilités de rester dans la population active aux hommes et aux femmes qui s’occupent de membres âgés de leur famille et/ou d'autres proches qui nécessitent des soins, les travailleurs dont un proche est gravement malade ou est dépendant devraient avoir le droit de s'absenter du travail, au titre d'un congé d’aidant, pour prendre soin de ce proche. Pour prévenir tout abus de ce droit, une preuve de la maladie grave ou de la dépendance peut être exigée avant l’octroi du congé.

(17)  Afin de donner davantage de possibilités de rester dans la population active aux travailleurs qui s’occupent de membres âgés de leur famille et/ou d’autres proches qui nécessitent des soins, les travailleurs dont un proche nécessite des soins ou une aide pour une raison médicale grave ou une incapacité liée à l’âge devraient avoir le droit de s’absenter du travail, au titre d’un congé d’aidant, pour prendre soin de ce proche. Une preuve médicale de la raison médicale grave pour laquelle des soins ou une aide sont nécessaires devrait être exigée avant l’octroi du congé, tout en respectant à tout moment la vie privée et les données personnelles du travailleur et de la personne ayant besoin des soins, conformément à la législation nationale.

Amendement    30

Proposition de directive

Considérant 18

Texte proposé par la Commission

Amendement

(18)  Outre le droit au congé d’aidant prévu par la présente directive, tous les travailleurs devraient conserver leur droit de s'absenter du travail pour raisons de force majeure liée à des raisons familiales urgentes et imprévues, actuellement prévu par la directive 2010/18/UE, aux conditions établies par les États membres.

(18)  Outre le droit au congé d'aidant prévu par la présente directive, tous les travailleurs devraient conserver, sans perdre leurs droits en matière d’emploi, leur droit de s'absenter du travail pour raisons de force majeure liée à des raisons familiales urgentes et imprévues, actuellement prévu par la directive 2010/18/UE, aux conditions établies par la législation nationale.

Amendement    31

Proposition de directive

Considérant 19

Texte proposé par la Commission

Amendement

(19)  Afin d'inciter davantage les travailleurs ayant des enfants ou des responsabilités familiales, en particulier les hommes, à prendre les périodes de congé prévues par la présente directive, il convient de leur donner le droit à une allocation adéquate pendant leur congé. Le niveau de l’allocation devrait être au moins équivalent à ce que le travailleur concerné recevrait en cas de congé de maladie. Les États membres devraient prendre en considération l’importance de la continuité des droits aux prestations de sécurité sociale, notamment les soins de santé.

(19)  Afin d'inciter davantage les travailleurs ayant des enfants ou des responsabilités familiales, en particulier les hommes, à prendre les périodes de congé prévues par la présente directive, il convient de leur donner le droit à une rémunération ou à une allocation adéquate pendant leur congé. Le niveau de la rémunération ou de l’allocation devrait être au moins équivalent à 78 % du salaire brut du travailleur en cas de congé parental ou de congé d’aidant. Les États membres devraient prendre en considération l’importance de la continuité des droits aux prestations de sécurité sociale, notamment la pension et les soins de santé.

Amendement    32

Proposition de directive

Considérant 20

Texte proposé par la Commission

Amendement

(20)  Conformément à la directive 2010/18/UE, les États membres sont tenus de définir le régime du contrat ou de la relation de travail pour la période du congé parental. Conformément à la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne, la relation de travail entre le travailleur et son employeur est donc maintenue pendant la période de congé et, par conséquent, le bénéficiaire de ce congé reste pendant cette période un travailleur au regard du droit de l’Union. Lorsqu’ils définissent le régime du contrat ou de la relation de travail pour la durée des congés couverts par la présente directive, y compris en ce qui concerne les droits aux prestations de sécurité sociale, les États membres devraient donc faire en sorte que la relation de travail soit maintenue dans ce cadre.

(20)  Conformément à la directive 2010/18/UE, les États membres sont tenus de définir le régime du contrat ou de la relation de travail pour la période du congé parental. Conformément à la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne, la relation de travail entre le travailleur et son employeur est donc maintenue pendant la période de congé et, par conséquent, le bénéficiaire de ce congé reste pendant cette période un travailleur au regard du droit de l’Union. Lorsqu’ils définissent le régime du contrat ou de la relation de travail pour la durée des congés couverts par la présente directive, y compris en ce qui concerne les droits aux prestations de sécurité sociale, les États membres devraient donc faire en sorte que la relation de travail soit maintenue dans ce cadre sans préjudice des droits aux prestations de sécurité sociale, y compris la contribution au régime de pensions à laquelle le travailleur reste soumis tout au long de la durée du congé. À cet effet, les États membres devraient garantir que le congé prévu par la présente directive n’a pas de répercussions négatives sur les droits à pension du travailleur durant la totalité de la période.

Amendement    33

Proposition de directive

Considérant 21

Texte proposé par la Commission

Amendement

(21)  Afin que les parents et les aidants qui travaillent soient encouragés à rester dans la population active, ils devraient être en mesure d’adapter leurs horaires de travail à leurs besoins et préférences personnels. Les parents et les aidants qui travaillent devraient donc être en mesure de demander des formules souples de travail, ce qui signifie la possibilité pour les travailleurs d'aménager leurs rythmes de travail, y compris par le recours au travail à distance, à des horaires de travail souples ou à une réduction du temps de travail, dans le but de s’occuper de leurs proches. Afin de répondre tant aux besoins des travailleurs qu'à ceux des employeurs, les États membres devraient avoir la faculté de limiter la durée des formules souples de travail, y compris les réductions du temps de travail. Bien qu'il ait été démontré que le travail à temps partiel soit utile pour certaines femmes en leur permettant de rester sur le marché du travail après avoir eu des enfants, de longues réductions de temps de travail peuvent entraîner un abaissement des cotisations de sécurité sociale se traduisant par des droits à pension réduits ou inexistants. La décision finale quant à l’acceptation ou non d’une demande de formule souple de travail soumise par un travailleur devrait revenir à l’employeur. Les circonstances spécifiques qui expliquent le besoin de formules de travail souples peuvent changer. C’est pourquoi les travailleurs devraient non seulement avoir le droit de revenir à leur rythme de travail de départ à la fin d’une période convenue, mais aussi pouvoir demander à le faire à tout moment lorsqu'un changement de circonstances le requiert.

(21)  Afin que les parents et les aidants qui travaillent soient encouragés à rester dans la population active, ils devraient être en mesure d’adapter leurs horaires de travail à leurs besoins et préférences personnels. Les parents et les aidants qui travaillent devraient donc être en mesure de demander des formules de travail flexibles, ce qui signifie la possibilité pour les travailleurs d’aménager leurs rythmes de travail, y compris par le recours au travail à distance, à des horaires de travail flexibles ou à une réduction du temps de travail, dans le but de s’occuper de leurs proches. Afin de répondre tant aux besoins des travailleurs qu'à ceux des employeurs, les États membres devraient avoir la faculté de limiter la durée des formules de travail flexibles, y compris les réductions du temps de travail. Bien qu’il ait été démontré que le travail à temps partiel soit utile pour certaines femmes en leur permettant de rester sur le marché du travail après avoir eu des enfants ou s’être occupées de proches nécessitant des soins ou une aide, de longues réductions de temps de travail peuvent entraîner un abaissement des cotisations de sécurité sociale se traduisant par des droits à pension réduits ou inexistants. Pour de nombreux aidants, cela peut entraîner des difficultés financières, compte tenu de la perte de revenus directs ou futurs, alors que la fourniture de soins informels est en définitive une contribution notable à la société ainsi qu’aux budgets serrés de la santé et du social. La décision finale quant à l’acceptation ou non d’une demande de formule de travail flexibles soumise par un travailleur devrait revenir à l’employeur, lequel serait tenu de fournir les raisons de son refus par écrit. Les circonstances spécifiques qui expliquent le besoin de formules de travail flexibles peuvent changer. C’est pourquoi les travailleurs devraient non seulement avoir le droit de revenir à leur rythme de travail de départ à la fin d’une période convenue de commun accord, mais aussi pouvoir demander à le faire à tout moment lorsqu'un changement de circonstances le requiert. Lors de la mise en œuvre de ces formules, les États membres devraient tenir compte de la spécificité et des contraintes liées aux formules de travail et à la planification pour les microentreprises et les petites entreprises.

Amendement    34

Proposition de directive

Considérant 22 bis (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

(22 bis)  La directive 2010/18/CE du Conseil sert de référence à toute action des États membres ou du travailleur en matière de congé parental.

Amendement    35

Proposition de directive

Considérant 23

Texte proposé par la Commission

Amendement

(23)  Il convient que les travailleurs exerçant leurs droits à prendre un congé ou à demander des formules souples de travail soient protégés contre la discrimination ou tout traitement moins favorable lié à cette raison.

(23)  Il convient que les travailleurs exerçant leurs droits à prendre un congé ou à demander des formules de travail flexibles soient protégés contre toute forme de discrimination ou tout traitement moins favorable lié à cette raison. Parallèlement, il y a lieu de veiller à ce que les intérêts des employeurs comme ceux des travailleurs soient protégés.

Amendement    36

Proposition de directive

Considérant 24

Texte proposé par la Commission

Amendement

(24)  Les travailleurs qui exercent leurs droits à prendre un congé ou à demander des formules souples de travail prévus dans la présente directive devraient être protégés contre le licenciement et contre tous préparatifs en vue d'un possible licenciement au motif qu'ils ont demandé un tel congé, l’ont pris ou ont exercé le droit de demander de telles formules souples de travail. Lorsque des travailleurs considèrent qu'ils ont été licenciés pour de tels motifs, ils devraient être en mesure de demander à l’employeur de justifier dûment le licenciement.

(24)  Les travailleurs qui exercent leurs droits à prendre un congé ou à demander des formules de travail flexibles prévus dans la présente directive devraient être protégés contre le licenciement et contre tous préparatifs en vue d’un possible licenciement au motif qu’ils ont demandé un tel congé, l’ont pris ou ont exercé le droit de demander de telles formules de travail flexibles. Lorsque des travailleurs considèrent qu’ils ont été licenciés pour de tels motifs, ils devraient être en mesure de demander à l’employeur de justifier dûment le licenciement par écrit.

Amendement    37

Proposition de directive

Considérant 25

Texte proposé par la Commission

Amendement

(25)  Il devrait incomber à l’employeur de prouver qu'il n’y a pas eu licenciement au motif qu’un travailleur a demandé ou a pris un congé visé à l’article 4, 5 ou 6 ou a exercé le droit de demander des formules souples de travail visées à l’article 9 lorsque le travailleur établit, devant un tribunal ou une autre autorité compétente, des faits laissant présumer qu'il a été licencié pour de tels motifs.

(25)  Il devrait incomber à l’employeur de prouver qu'il n’y a pas eu licenciement au motif qu’un travailleur a demandé ou a pris un congé visé à l’article 4, 5 ou 6 lorsque le travailleur établit, devant un tribunal ou une autre autorité compétente, des faits laissant présumer qu'il a été licencié pour de tels motifs.

Amendement    38

Proposition de directive

Considérant 26

Texte proposé par la Commission

Amendement

(26)  Les États membres devraient prévoir des sanctions effectives, proportionnées et dissuasives en cas de violation des dispositions nationales découlant de la présente directive ou des dispositions pertinentes déjà en vigueur concernant les droits qui relèvent de la présente directive. La mise en œuvre effective du principe de l’égalité de traitement nécessite une protection judiciaire adéquate des travailleurs contre les traitements défavorables ou conséquences défavorables résultant d'une plainte ou d'une procédure relative aux droits qui relèvent de la présente directive. Les victimes peuvent être découragées d’exercer leurs droits en raison du risque de rétorsion, et devraient donc être protégées de tout traitement défavorable lorsqu’elles exercent leurs droits prévus par la présente directive. Cette protection est particulièrement pertinente en ce qui concerne les représentants des travailleurs dans l’exercice de leurs fonctions.

(26)  Les États membres devraient prévoir des sanctions effectives, proportionnées et dissuasives en cas de violation des dispositions nationales découlant de la présente directive ou des dispositions pertinentes déjà en vigueur concernant les droits qui relèvent de la présente directive. La mise en œuvre effective du principe de l’égalité de traitement nécessite une protection judiciaire adéquate des travailleurs contre les traitements défavorables ou conséquences défavorables résultant d'une plainte ou d'une procédure relative aux droits qui relèvent de la présente directive. Les victimes peuvent être découragées d’exercer leurs droits en raison du risque de rétorsion, et devraient donc être protégées de tout traitement défavorable lorsqu’elles exercent leurs droits prévus par la présente directive. Cette protection est particulièrement pertinente en ce qui concerne les représentants des travailleurs dans l’exercice de leurs fonctions. Les inspecteurs du travail et les inspecteurs sociaux devraient surveiller la mise en œuvre appropriée de la présente directive avec les moyens adéquats pour éviter toute discrimination et garantir que les travailleurs puissent exercer leurs droits sociaux et leurs droits du travail sur un pied d’égalité.

Amendement    39

Proposition de directive

Considérant 27

Texte proposé par la Commission

Amendement

(27)  Afin d'améliorer davantage le niveau de protection des droits prévus dans la présente directive, les organismes nationaux de promotion de l’égalité devraient aussi être compétents dans les domaines couverts par la présente directive.

(27)  Afin d’améliorer davantage le niveau de protection des droits prévus dans la présente directive, les organismes nationaux de promotion de l’égalité et les organismes chargés des droits de l’enfant devraient aussi être compétents dans les domaines couverts par la présente directive.

Amendement    40

Proposition de directive

Considérant 27 bis (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

(27 bis)  Les collectivités locales et régionales, qui jouent un rôle central dans l’élaboration, la mise en œuvre et l’évaluation de politiques dans des domaines dans lesquels elles possèdent souvent des compétences cruciales, telles que l’accueil des enfants (dont les modes de garde), les soins aux personnes âgées et aux personnes handicapées, l’éducation, les services sociaux ou l’emploi ainsi que l’insertion sociale et professionnelle, devraient être associées à la mise en œuvre des dispositifs proposés. De plus, les collectivités locales et régionales devraient s’engager dans la promotion des bonnes pratiques et de l’apprentissage mutuel en ce qui concerne les mesures visant à équilibrer vie professionnelle et vie privée.

Amendement    41

Proposition de directive

Considérant 27 ter (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

(27 ter)  La société civile, y compris les organismes de promotion de l’égalité, devrait jouer un rôle dans la mise en œuvre efficace de la législation et des dispositions en matière d’égalité entre les hommes et les femmes dans le cadre des relations professionnelles dans le but de garantir l’égalité de traitement. Les États membres devraient renforcer le dialogue social et l’échange d’expériences et de bonnes pratiques entre toutes les parties intéressées concernées.

Amendement    42

Proposition de directive

Considérant 27 quater (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

(27 quater)  Pour favoriser l’adoption de mesures visant à équilibrer vie professionnelle et vie privée, les États membres devraient promouvoir des systèmes de certification volontaires afin d’évaluer le bon fonctionnement des organisations publiques et privées. La mise en œuvre de ces systèmes de certification devrait être encouragée par des mesures d’incitation.

 

Amendement    43

Proposition de directive

Considérant 28

Texte proposé par la Commission

Amendement

(28)  La présente directive énonce des prescriptions minimales, donnant ainsi aux États membres la possibilité d'introduire ou de maintenir des dispositions plus favorables. Les droits acquis au titre du cadre juridique existant devraient continuer de s'appliquer, sauf si des dispositions plus favorables sont introduites par la présente directive. La mise en œuvre de la présente directive ne peut servir à réduire les droits existants inscrits dans la législation en vigueur de l’Union dans ce domaine, ni constituer une justification valable pour la régression du niveau général de protection des travailleurs dans le domaine couvert par la présente directive.

(28)  La présente directive énonce des prescriptions minimales, permettant ainsi aux États membres d’introduire ou de maintenir des dispositions plus favorables. Les droits acquis au titre du cadre juridique existant devraient continuer de s'appliquer, sauf si des dispositions plus favorables sont introduites par la présente directive. La mise en œuvre de la présente directive ne peut servir à réduire les droits existants inscrits dans le droit de l’Union, le droit national et les conventions collectives en vigueur dans ce domaine, ni constituer une justification valable pour la régression du niveau général de protection des travailleurs dans le domaine couvert par la présente directive.

Amendement    44

Proposition de directive

Considérant 30

Texte proposé par la Commission

Amendement

(30)  La présente directive devrait éviter d’imposer des contraintes administratives, financières et juridiques telles qu’elles contrarieraient la création et le développement de petites et moyennes entreprises (PME). Les États membres sont donc invités à évaluer les incidences de leur acte de transposition sur les PME afin de veiller à ce que celles-ci ne subissent pas de conséquences disproportionnées, en portant une attention particulière aux microentreprises et à la charge administrative.

(30)  Dans la mise en œuvre de la présente directive, les États membres devraient éviter d’imposer des contraintes administratives, financières et juridiques telles qu’elles contrarieraient la création et le développement de microentreprises, de petites et moyennes entreprises ou surchargeraient les employeurs. Les États membres sont donc invités à régulièrement évaluer au préalable et en profondeur les incidences de leur acte de transposition sur les micro, petites et moyennes entreprises et à en assurer le suivi afin de veiller à ce que celles-ci ne subissent pas de conséquences disproportionnées, en portant une attention particulière aux microentreprises et à la charge administrative, particulièrement en ce qui concerne l’incidence des formules de congé parental et des formules souples de travail sur l’organisation du travail, et de publier les résultats de ces évaluations. Les États membres sont encouragés à fournir des orientations et des conseils aux micro, petites et moyennes entreprises et peuvent également choisir de diminuer la charge administrative de ces entreprises sans pour autant toucher aux droits des travailleurs énoncés dans la présente directive tout en conservant essentiellement l’égalité de traitement entre les travailleurs employés par ces entreprises et les travailleurs employés par d’autres entreprises.

Amendement    45

Proposition de directive

Considérant 32 bis (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

(32 bis)  Pour parvenir à un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée et à l’égalité entre les sexes afin de concilier la vie privée avec le travail et de concrétiser pleinement l’objectif visé par la présente directive, la Commission devrait également envisager de réexaminer la directive 92/85/CEE du Conseil compte tenu des droits et dispositions convenus dans la présente directive.

Amendement    46

Proposition de directive

Article 2 – alinéa 1

Texte proposé par la Commission

Amendement

La présente directive s'applique à tous les travailleurs, hommes et femmes, qui ont un contrat de travail ou une relation de travail.

La présente directive s’applique à tous les travailleurs, hommes et femmes, qui ont un contrat de travail ou une relation de travail au sens de la législation, des conventions collectives et/ou des pratiques en vigueur dans chaque État membre, conformément aux critères de détermination du statut de travailleur établis par la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne.

Amendement    47

Proposition de directive

Article 3 – alinéa 1 – point a

Texte proposé par la Commission

Amendement

a)  «congé de paternité», un congé à prendre par les pères à l’occasion de la naissance d’un enfant;

a)  «congé de paternité», un congé rémunéré à prendre par le père ou un second parent équivalent au sens de la législation nationale autour de la date de la naissance ou de l’adoption d’un enfant ou de la venue d’un enfant mort-né;

Amendement    48

Proposition de directive

Article 3 – alinéa 1 – point b

Texte proposé par la Commission

Amendement

b)  «congé parental», un congé à prendre au motif de la naissance ou de l’adoption d’un enfant pour s’occuper de cet enfant;

b)  «congé parental», un congé rémunéré à prendre au motif de la naissance, de l’adoption ou de l’attribution de la garde d’un enfant pour s’occuper de cet enfant;

Amendement    49

Proposition de directive

Article 3 – alinéa 1 – point c

Texte proposé par la Commission

Amendement

c)  «aidant», un travailleur qui apporte une aide ou des soins personnels en cas de maladie grave ou de dépendance d’un proche;

c)  «aidant», un travailleur qui apporte une aide ou des soins personnels dans un but non lucratif pour une raison médicale grave, y compris un handicap, une maladie chronique ou des troubles de santé mentale, ainsi qu’en raison d’une hospitalisation, d’une intervention chirurgicale sans hospitalisation ou d’une incapacité liée à l’âge, à:

 

i)  un proche; ou

 

ii)  une personne de l’entourage immédiat du travailleur auquel elle n’est pas apparentée à la suite d’une demande écrite de cette personne.

Amendement    50

Proposition de directive

Article 3 – alinéa 1 – point c bis (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

c bis)  «congé d’aidant», un congé rémunéré pris par un aidant pour apporter une aide ou des soins personnels à un proche ou à une personne de l’entourage immédiat du travailleur à la demande écrite de celle-ci pour une raison médicale grave, y compris un handicap, une maladie chronique ou des troubles de santé mentale, ainsi qu’en raison d’une hospitalisation, d’une intervention chirurgicale sans hospitalisation ou d’une incapacité liée à l’âge;

Amendement    51

Proposition de directive

Article 3 – alinéa 1 – point d

Texte proposé par la Commission

Amendement

d)  «proche», le fils, la fille, la mère, le père, le conjoint, ou le partenaire civil dans le cas où le droit national envisage de tels partenariats civils, d’un travailleur;

d)  «proche», les membres de la famille d’un travailleur jusqu’au deuxième degré ou par alliance, y compris les enfants placés dans une famille et les tuteurs légaux, ou le partenaire civil dans le cas où le droit national envisage de tels partenariats civils;

Amendement    52

Proposition de directive

Article 3 – article 1 – point e

Texte proposé par la Commission

Amendement

e)  «dépendance», une situation dans laquelle une personne a, de façon temporaire ou permanente, besoin de soins en raison d’un handicap ou d’un problème médical grave autre qu'une maladie grave;

e)  «besoins de soins et d'aide», une assistance ou une aide personnalisée qui permet à une personne atteinte d’un handicap, de troubles de santé mentale, d’un problème de santé ou d’une incapacité liée à l’âge de participer pleinement à la société.

Amendement    53

Proposition de directive

Article 3 – alinéa 1 – point f

Texte proposé par la Commission

Amendement

f)  «formule souple de travail», la possibilité pour les travailleurs d'aménager leurs rythmes de travail, y compris par le recours au travail à distance, à des horaires de travail souples ou à une réduction du temps de travail.

f)  «formule de travail flexible», la possibilité pour les travailleurs d’aménager leurs rythmes de travail sur une base volontaire, y compris par le recours au travail à distance dans la mesure du possible, à des horaires de travail souples ou à une réduction du temps de travail.

Amendement    54

Proposition de directive

Article 4 – paragraphe 1

Texte proposé par la Commission

Amendement

1.  Les États membres prennent les mesures nécessaires pour que les pères aient le droit de prendre un congé de paternité d'au moins dix jours à l’occasion de la naissance d'un enfant.

1.  Les États membres prennent les mesures nécessaires pour que le père ou le second parent équivalent au sens de la législation nationale ait le droit à un congé de paternité d’au moins dix jours ouvrables à prendre autour de la date de la naissance ou de l’adoption d’un enfant. Les États membres peuvent déterminer si ce congé peut être pris en partie avant ou seulement directement après la naissance d'un enfant, l’adoption d’un enfant ou la venue d’un enfant mort-né.

Amendement    55

Proposition de directive

Article 4 – paragraphe 1 – alinéa 1 bis (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

Le droit au congé de paternité est accordé indépendamment de l’ancienneté au travail.

Amendement    56

Proposition de directive

Article 4 – paragraphe 1 bis (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

1 bis.  Les États membres évaluent s’il convient d’ajuster, dans le droit national, les conditions d’accès et les modalités précises d'application du congé parental aux besoins des pères qui se trouvent dans des situations particulières, où une plus grande présence de leur part est requise. Ces situations particulières peuvent comprendre les pères atteints d’un handicap, les pères d’enfants atteints d’un handicap, y compris de troubles de santé mentale, d’un problème médical grave ou d’une maladie grave, et les pères isolés au sens de la législation ou de la pratique nationales.

Amendement    57

Proposition de directive

Article 4 – paragraphe 2 bis (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

2 bis.  Les États membres évaluent la nécessité d’adopter les modalités nécessaires pour garantir que l’application du congé de paternité est adaptée aux besoins dans le cas de naissances multiples, de naissances prématurées, de parents adoptifs, de parents handicapés, de parents atteints de troubles de santé mentale et de parents dont les enfants sont atteints d’un handicap ou de troubles de santé mentale. Les États membres peuvent définir d’autres cas pour lesquels il convient de prévoir des modalités particulières pour l’application du congé de paternité.

Amendement    58

Proposition de directive

Article 5 – paragraphe 1

Texte proposé par la Commission

Amendement

1.  Les États membres prennent les mesures nécessaires pour que les travailleurs aient un droit individuel à un congé parental d'au moins quatre mois, à prendre avant que l’enfant n’atteigne un âge déterminé, qui ne peut être inférieur à douze ans.

1.  Les États membres prennent les mesures nécessaires pour que les travailleurs aient un droit individuel à un congé parental d'au moins quatre mois, à prendre avant que l’enfant n’atteigne un âge déterminé, qui ne peut être inférieur à dix ans. Les États membres peuvent relever cet âge pour les enfants atteints d'un handicap ou d’une maladie chronique, les parents adoptifs, les parents handicapés et les parents atteints de troubles de santé mentale.

Amendement    59

Proposition de directive

Article 5 – paragraphe 1 bis (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

1 bis.  Les États membres évaluent la possibilité d’étendre aux parents isolés les dispositions relatives au congé parental énoncées dans la présente directive. Les parents isolés ont, au minimum, accès au même niveau de droits et de protection assuré aux parents au titre de la présente directive et peuvent bénéficier de dispositions particulières qui tiennent compte de leur situation particulière, conformément à la législation nationale ou aux conventions collectives, en fonction de leur situation particulière.

Amendement    60

Proposition de directive

Article 5 – paragraphe 3

Texte proposé par la Commission

Amendement

3.  Les États membres établissent la durée du préavis à donner par le travailleur à l’employeur lorsqu’il exerce son droit au congé parental. Ce faisant, les États membres prennent en compte les besoins des employeurs et des travailleurs. Les États membres prévoient que la demande du travailleur précise les dates de début et de fin souhaitées de la période de congé.

3.  Les États membres établissent une durée de préavis raisonnable à donner par le travailleur à l’employeur lorsqu’il exerce son droit au congé parental, en lui précisant les dates de début et de fin souhaitées de la période de congé. Ce faisant, les États membres prennent en compte les besoins des employeurs, en particulier des microentreprises et des petites entreprises, et ceux des travailleurs.

Amendement    61

Proposition de directive

Article 5 – paragraphe 3 bis (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

3 bis.  Les États membres adoptent des mesures spécifiques prévoyant que l’ensemble des avantages accordés par la présente directive s’appliquent lorsque les parents se rendent à l’étranger pour une période prolongée en vue de mener à bien une procédure d’adoption internationale.

Amendement    62

Proposition de directive

Article 5 – paragraphe 4

Texte proposé par la Commission

Amendement

4.  Les États membres peuvent subordonner le droit au congé parental à une période de travail ou à une période d'ancienneté qui ne peut dépasser un an. En cas de contrats à durée déterminée successifs, au sens de la directive 1999/70/CE21 du Conseil, avec un même employeur, la somme de ces contrats est prise en considération aux fins du calcul de la période d'ancienneté.

4.  Les États membres peuvent subordonner le droit au congé parental à une période de travail ou à une période d’ancienneté qui ne peut dépasser six mois. En cas de contrats à durée déterminée successifs, au sens de la directive 1999/70/CE21 du Conseil, avec un même employeur, la somme de ces contrats est prise en considération aux fins du calcul de la période d'ancienneté.

__________________

__________________

21 Directive du Conseil du 28 juin 1999 concernant l'accord-cadre CES, UNICE et CEEP sur le travail à durée déterminée (JO L 175 du 10.7.1999, p. 43).

21 Directive du Conseil du 28 juin 1999 concernant l'accord-cadre CES, UNICE et CEEP sur le travail à durée déterminée (JO L 175 du 10.7.1999, p. 43).

Amendement    63

Proposition de directive

Article 5 – paragraphe 5

Texte proposé par la Commission

Amendement

5.  Les États membres peuvent définir des circonstances dans lesquelles un employeur, après consultation conformément à la législation, aux conventions collectives et/ou à la pratique nationales, peut être autorisé à reporter l’octroi du congé parental pour une durée raisonnable au motif que ce congé perturberait gravement le bon fonctionnement de l’établissement. L’employeur justifie tout report de congé parental par écrit.

5.  Les États membres peuvent définir des circonstances dans lesquelles un employeur, après consultation conformément à la législation, aux conventions collectives et/ou à la pratique nationales, peut être autorisé à reporter l’octroi du congé parental pour une durée raisonnable au motif que ce congé perturberait gravement le bon fonctionnement de l’établissement ou aurait des retombées graves et préjudiciables sur l’activité de l’employeur. L'employeur justifie tout report de congé parental par écrit. En cas de report justifié du congé parental, l’employeur, lorsque cela est possible, propose d’autres formes souples de congé parental conformément au paragraphe 6.

Amendement    64

Proposition de directive

Article 5 – paragraphe 6

Texte proposé par la Commission

Amendement

6.  Les États membres prennent les mesures nécessaires pour que les travailleurs aient le droit de demander un congé parental également à temps partiel, en blocs séparés par des périodes de travail ou sous d'autres formes souples. L’employeur examine ces demandes et y répond, en tenant compte de ses propres besoins et de ceux des travailleurs. L’employeur justifie tout refus d'une telle demande par écrit.

6.  Les États membres prennent les mesures nécessaires pour que les travailleurs aient le droit de demander un congé parental également à temps partiel, en blocs séparés par des périodes de travail ou sous d'autres formes souples. L’employeur examine ces demandes et y répond, en tenant compte de ses propres besoins et de ceux des travailleurs, en particulier dans les microentreprises et les petites entreprises. L’employeur justifie tout refus d’une telle demande par écrit dans un délai raisonnable suivant la présentation de la demande.

Amendement    65

Proposition de directive

Article 5 – paragraphe 7

Texte proposé par la Commission

Amendement

7.  Les États membres évaluent la nécessité d’ajuster les conditions d’accès et les modalités précises d'application du congé parental aux besoins des parents adoptifs, des parents en situation de handicap et des parents dont les enfants sont en situation de handicap ou souffrent d'une maladie à long terme.

7.  Les États membres évaluent la nécessité d'ajuster les conditions d’accès et les modalités précises d’application du congé parental aux besoins des parents adoptifs, des parents handicapés, des parents atteints de troubles de santé mentale et des parents dont les enfants sont atteints d’un handicap ou d’une maladie chronique, en particulier grâce à des mesures telles que l’extension de la limite d’âge de l’enfant aux fins du congé parental, l’accès facilité au temps partiel au moment du retour au travail ou la prolongation de la durée du congé parental.

Amendement    66

Proposition de directive

Article 6 – alinéa 1

Texte proposé par la Commission

Amendement

Les États membres prennent les mesures nécessaires pour que les travailleurs aient le droit de prendre au moins cinq jours de congé d’aidant par an et par travailleur. Ce droit peut être subordonné à la présentation de preuves appropriées du problème médical dont souffre le proche du travailleur.

Les États membres prennent les mesures nécessaires pour que les travailleurs aient le droit de prendre au moins cinq jours de congé d’aidant par an et par travailleur. Ce droit peut être subordonné à la présentation de preuves médicales appropriées attestant du besoin de soins et d’aide du proche du travailleur ou de la personne à qui le travailleur apporte des soins en vertu de l’article 3, point c bis). Les informations relatives au problème médical sont confidentielles et ne sont communiquées qu’à un nombre limité de services concernés afin de protéger le droit à la protection des données du travailleur ainsi que de la personne nécessitant des soins ou une aide.

Amendement    67

Proposition de directive

Article 6 – alinéa 1 bis (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

Les modalités que prennent les États membres pour que les travailleurs bénéficient du droit à apporter une aide ou des soins personnels à des proches ou à des personnes de leur entourage immédiat peuvent être reconnues comme congé d’aidant au sens de l'alinéa 1 pour autant que le régime national propose un niveau de protection comparable ou supérieur à celui prévu par la présente directive.

Amendement    68

Proposition de directive

Article 6 – alinéa 1 ter (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

Les États membres évaluent la nécessité d’adapter ou d’élargir la définition d’«aidant» aux fins de l’application du congé y afférent, dans le but de tenir compte des situations de difficulté particulière.

Amendement    69

Proposition de directive

Article 8 – alinéa 1

Texte proposé par la Commission

Amendement

Dans le respect des particularités nationales, telles que la législation, les conventions collectives et/ou la pratique nationales, et compte tenu des pouvoirs délégués aux partenaires sociaux, les États membres font en sorte que les travailleurs qui exercent leur droit au congé visé à l’article 4, 5 ou 6 reçoivent une rémunération ou une allocation adéquate équivalant au moins à ce que le travailleur concerné recevrait en cas de congé de maladie.

Dans le respect des particularités nationales, telles que la législation, les conventions collectives et/ou la pratique nationales, et compte tenu des pouvoirs délégués aux partenaires sociaux, les États membres font en sorte que les travailleurs qui exercent leur droit au congé visé à l’article 4, 5 ou 6 reçoivent une rémunération ou une allocation adéquate, dans les conditions suivantes:

 

a)  pour le congé de paternité visé à l’article 4, paragraphe 1, une rémunération ou une allocation d’au moins 80 % du salaire brut du travailleur;

 

b)  pour le congé parental visé à l’article 5, paragraphe 1, une rémunération ou une allocation au moins équivalente à 78 % du salaire brut du travailleur;

 

c)  pour le congé d’aidant visé à l’article 6, une rémunération ou une allocation au moins équivalente à 78 % du salaire brut du travailleur.

Amendement    70

Proposition de directive

Article 9 – paragraphe 1 – titre

Texte proposé par la Commission

Amendement

Formules souples de travail

Formules de travail flexibles

Amendement    71

Proposition de directive

Article 9 – paragraphe 1

Texte proposé par la Commission

Amendement

1.  Les États membres prennent les mesures nécessaires pour que les travailleurs ayant des enfants jusqu’à un âge déterminé, qui ne peut être inférieur à douze ans, et les aidants aient le droit de demander des formules souples de travail dans le but de s’occuper de leurs proches. La durée de ces formules souples de travail peut faire l’objet d'une limitation raisonnable.

1.  Les États membres prennent les mesures nécessaires pour que les travailleurs ayant des enfants jusqu’à un âge déterminé, qui ne peut être inférieur à dix ans, et les aidants aient le droit de demander des formules de travail flexibles dans le but de s’occuper de leurs proches. La durée de ces formules de travail flexibles peut faire l’objet d'une limitation raisonnable.

Amendement    72

Proposition de directive

Article 9 – paragraphe 1 bis (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

1 bis.  Les États membres peuvent définir des orientations cadres pour la durée du préavis à donner par le travailleur à l’employeur lorsqu’il exerce son droit aux formules de travail flexibles, en lui précisant les dates de début et de fin de la période d’exercice de ce droit. Ce faisant, les États membres prennent en compte les besoins des employeurs, notamment des micro, petites et moyennes entreprises, et ceux des travailleurs. Les États membres tiennent également compte des cas de force majeure de même que de la possibilité d’un accord mutuel pour modifier la durée du préavis entre le travailleur et l’employeur.

Justification

Cet amendement apporte une meilleure clarté juridique à l’ensemble des entreprises, particulièrement aux microentreprises ainsi qu’aux petites et moyennes entreprises, en précisant une durée de préavis raisonnable dans le cadre de l’adoption d’une formule de travail flexible.

Amendement    73

Proposition de directive

Article 9 – paragraphe 2

Texte proposé par la Commission

Amendement

2.  L’employeur examine les demandes de formules souples de travail visées au paragraphe 1 et y répond, en tenant compte de ses propres besoins et de ceux des travailleurs. L’employeur justifie tout refus d'une telle demande.

2.  L’employeur examine les demandes de formules de travail flexibles visées au paragraphe 1 et y répond par écrit, en tenant compte de ses propres besoins, en particulier dans le cas des micro, petites et moyennes entreprises, et de ceux des travailleurs. L’employeur justifie par écrit tout refus ou tout report d’une telle demande dans un délai raisonnable suivant la présentation de la demande au motif que cela perturberait gravement le bon fonctionnement de l’établissement ou aurait des retombées graves et préjudiciables sur l’activité de l’employeur.

Amendement    74

Proposition de directive

Article 9 – paragraphe 3

Texte proposé par la Commission

Amendement

3.  Lorsque les formules souples de travail visées au paragraphe 1 sont limitées dans la durée, le travailleur a le droit de revenir à son rythme de travail de départ à la fin de la période convenue. Le travailleur a aussi le droit de demander à revenir à son rythme de travail de départ dès lors qu'un changement de circonstances le justifie. L’employeur est tenu d’examiner ces demandes et d’y répondre, en tenant compte de ses propres besoins et de ceux des travailleurs.

3.  Lorsque les formules de travail flexibles visées au paragraphe 1 sont limitées dans la durée, le travailleur a le droit de revenir à son rythme de travail de départ à la fin de la période convenue. Le travailleur a aussi le droit de demander à revenir à son rythme de travail de départ dès lors qu'un changement de circonstances le justifie. L’employeur est tenu d’examiner ces demandes et d’y répondre par écrit, en tenant compte de ses propres besoins et de ceux des travailleurs.

Amendement    75

Proposition de directive

Article 9 – paragraphe 3 bis (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

3 bis.  Les États membres évaluent la nécessité d'adopter les modalités permettant de garantir que l’application d’horaires de travail flexibles est adaptée aux besoins spécifiques des parents qui se trouvent dans des situations particulières, où une plus grande présence de leur part est requise, notamment en ce qui concerne les parents handicapés et les parents dont les enfants sont atteints d’un handicap, y compris de troubles de santé mentale, ou d’autres problèmes médicaux ou maladies graves, et des parents isolés au sens de la législation et de la pratique nationales.

Amendement    76

Proposition de directive

Article 10 – paragraphe 1

Texte proposé par la Commission

Amendement

1.  Les droits acquis ou en cours d'acquisition par le travailleur à la date de début du congé visé à l’article 4, 5 ou 6 sont maintenus jusqu'à la fin dudit congé. À l'issue dudit congé, ces droits, y compris les changements provenant de la législation, des conventions collectives ou de la pratique nationale, s'appliquent.

1.  Les droits acquis ou en cours d’acquisition par le travailleur à la date de début du congé visé à l’article 4, 5, 6, 7 ou 9 sont maintenus jusqu’à la fin dudit congé ou de la formule de travail flexible correspondante. À l'issue dudit congé, ces droits, y compris les changements provenant de la législation, des conventions collectives ou de la pratique nationale, s'appliquent.

Amendement    77

Proposition de directive

Article 10 – paragraphe 2

Texte proposé par la Commission

Amendement

2.  Les États membres font en sorte que, à la fin du congé visé à l’article 4, 5 ou 6, le travailleur ait le droit de retrouver son emploi ou un emploi équivalent à des conditions qui ne lui soient pas moins favorables et de bénéficier de toute amélioration des conditions de travail à laquelle il aurait eu droit durant son absence.

2.  Les États membres font en sorte que, à la fin du congé visé à l’article 4, 5 ou 6, le travailleur ait le droit de retrouver son emploi ou d’obtenir un emploi équivalent à des conditions qui ne lui soient pas moins favorables et qui correspondent au contrat de travail et de bénéficier de toute amélioration des conditions de travail à laquelle il aurait eu droit durant son absence.

Amendement    78

Proposition de directive

Article 10 – paragraphe 2 bis (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

2 bis.  Les États membres font en sorte que, à la fin du congé visé à l'article 5, les travailleurs puissent bénéficier, si nécessaire, d'un plan de réinsertion en vue de favoriser leur réintégration au sein de l'entreprise de l’employeur.

Amendement    79

Proposition de directive

Article 10 – paragraphe 3

Texte proposé par la Commission

Amendement

3.  Les États membres définissent le régime du contrat de travail ou de la relation de travail pour la période de congé visée à l'article 4, 5 ou 6, y compris en ce qui concerne les droits aux prestations de sécurité sociale, tout en faisant en sorte que la relation de travail soit maintenue dans ce cadre.

3.  Les États membres définissent le régime du contrat de travail ou de la relation de travail pour la période de congé ou de la formule de travail flexible correspondante visée à l’article 4, 5, 6, 7 ou 9 tout en faisant en sorte que la relation de travail soit maintenue pendant cette période, sans préjudice des droits aux prestations de sécurité sociale, y compris la contribution au régime de pensions à laquelle le travailleur reste soumis tout au long de la durée du congé.

Amendement    80

Proposition de directive

Article 11 – alinéa 1

Texte proposé par la Commission

Amendement

Les États membres prennent les mesures nécessaires pour interdire tout traitement moins favorable des travailleurs au motif qu'ils ont demandé ou ont pris un congé visé à l’article 4, 5 ou 6 ou au motif qu'ils ont exercé leur droit aux formules souples de travail visé à l’article 9.

Les États membres prennent les mesures nécessaires pour interdire toute discrimination et tout traitement moins favorable des travailleurs au motif qu’ils ont demandé ou ont pris un congé visé à l’article 4, 5, 6 ou 7 ou au motif qu’ils ont exercé leur droit aux formules de travail flexibles visé à l’article 9.

Amendement    81

Proposition de directive

Article 11 – alinéa 1 bis (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

Les États membres, en coopération avec les partenaires sociaux, prennent les mesures appropriées en vue de garantir aux personnes qui en ont besoin la fourniture de conseils et d’une assistance juridiques raisonnables, disponibles et accessibles, y compris des conseils confidentiels et en personne, de la part d’organismes de promotion de l’égalité ou d’intermédiaires appropriés.

Amendement    82

Proposition de directive

Article 12 – paragraphe 1

Texte proposé par la Commission

Amendement

1.  Les États membres prennent les mesures nécessaires pour interdire le licenciement de travailleurs et tous préparatifs en vue d’un licenciement au motif qu'ils ont demandé ou ont pris un congé visé à l’article 4, 5 ou 6 ou au motif qu'ils ont exercé leur droit aux formules souples de travail visé à l’article 9.

1.  Les États membres prennent les mesures nécessaires pour interdire le licenciement de travailleurs et tous préparatifs en vue d’un licenciement au motif qu’ils ont demandé ou ont pris un congé visé à l’article 4, 5 ou 6 ou au motif qu’ils ont exercé leur droit aux formules de travail flexibles visé à l’article 9.

Amendement    83

Proposition de directive

Article 12 – paragraphe 2

Texte proposé par la Commission

Amendement

2.  Les travailleurs qui considèrent qu’ils ont été licenciés au motif qu'ils ont demandé ou ont pris un congé visé à l’article 4, 5 ou 6 ou au motif qu'ils ont exercé leur droit aux formules souples de travail visé à l’article 9 peuvent demander à leur employeur de justifier dûment le licenciement. L’employeur fournit ces motifs par écrit.

2.  Les travailleurs qui considèrent qu’ils ont été licenciés au motif qu’ils ont demandé ou ont pris un congé visé à l’article 4, 5 ou 6 peuvent demander à leur employeur de justifier dûment le licenciement. L’employeur fournit ces motifs par écrit.

Amendement    84

Proposition de directive

Article 12 – paragraphe 3

Texte proposé par la Commission

Amendement

3.  Les États membres prennent les mesures nécessaires pour que, lorsque les travailleurs visés au paragraphe 2 établissent devant un tribunal ou une autre autorité compétente des faits qui laissent présumer qu’un tel licenciement a eu lieu, il appartienne à la partie défenderesse de prouver que le licenciement était fondé sur d’autres motifs que ceux visés au paragraphe 1.

3.  Les États membres prennent les mesures nécessaires pour que, lorsque des travailleurs estimant qu’ils ont été licenciés au motif qu’ils ont demandé ou pris un congé visé aux articles 4, 5 ou 6 établissent devant un tribunal ou une autre autorité compétente des faits qui laissent présumer qu’un tel licenciement a eu lieu, il appartienne à la partie défenderesse de prouver que le licenciement était fondé sur d’autres motifs que celui d’avoir demandé ou pris un congé visé aux articles 4, 5 ou 6.

Amendement    85

Proposition de directive

Article 12 bis (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

Article 12 bis

 

Micro, petites et moyennes entreprises

 

Les États membres peuvent prévoir des dégrèvements fiscaux ou d'autres mesures d’incitation pour aider les micro, petites et moyennes entreprises à respecter les dispositions de la présente directive.

Amendement    86

Proposition de directive

Article 15 – alinéa 1

Texte proposé par la Commission

Amendement

Les États membres font en sorte que le ou les organismes désignés, en vertu de l'article 20 de la directive 2006/54/CE, pour promouvoir, analyser, surveiller et soutenir l'égalité de traitement des parents et des aidants sans discrimination fondée sur le sexe soient également compétentes pour les questions qui relèvent de la présente directive.

Les États membres font en sorte que le ou les organismes désignés, en vertu de l’article 20 de la directive 2006/54/CE, pour promouvoir, analyser, surveiller et soutenir l’égalité de traitement des parents et des aidants sans discrimination fondée sur le sexe soient également compétents pour les questions qui relèvent de la présente directive. Ces organismes nationaux sont également compétents pour surveiller la mise en œuvre de la présente directive au niveau national et fournissent des données ventilées par sexe à l’Institut européen pour l’égalité entre les hommes et les femmes afin de permettre le contrôle et l’évaluation adéquats de la mise en œuvre de la présente directive.

Amendement    87

Proposition de directive

Article 16

Texte proposé par la Commission

Amendement

Article 16

Article 16

Niveau de protection

Niveau de protection

Les États membres peuvent introduire ou maintenir des dispositions qui sont plus favorables aux travailleurs que celles prévues par la présente directive. Ils font toutefois en sorte qu'au moins quatre mois de congé parental restent non transférables conformément à l’article 5, paragraphe 2.

1.  Les États membres peuvent introduire ou maintiennent des dispositions plus favorables pour les travailleurs que celles prévues dans la présente directive. Ils font toutefois en sorte qu'au moins quatre mois de congé parental restent non transférables conformément à l’article 5, paragraphe 2.

 

2.  La présente directive ne constitue pas une justification valable pour la réduction des droits conférés aux travailleurs ou la régression du niveau de protection déjà accordé aux travailleurs dans les États membres, sous quelque forme que ce soit.

 

3.  La présente directive ne porte pas atteinte à la faculté des États membres d’appliquer ou d’introduire des dispositions législatives, réglementaires ou administratives plus favorables aux travailleurs, ou de favoriser ou de permettre l’application de conventions collectives plus favorables aux travailleurs.

 

4.  La présente directive est sans préjudice de tous les autres droits accordés aux travailleurs par d’autres actes juridiques de l’Union.

Amendement    88

Proposition de directive

Article 17 – alinéa 1

Texte proposé par la Commission

Amendement

Les États membres font en sorte que les dispositions adoptées en vertu de la présente directive, ainsi que les dispositions pertinentes déjà en vigueur concernant l’objet énoncé à l’article 1er de la présente directive, soient portées à la connaissance des personnes concernées par tous moyens appropriés et sur l’ensemble de leur territoire.

Les États membres font en sorte que les dispositions adoptées en vertu de la présente directive, ainsi que les dispositions pertinentes déjà en vigueur concernant l’objet énoncé à l’article 1er de la présente directive, soient portées à la connaissance des travailleurs et des employeurs concernés, en particulier les micro, petites et moyennes entreprises, par tous moyens appropriés et sur l’ensemble de leur territoire.

Amendement    89

Proposition de directive

Article 17 – alinéa 1 bis (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

Les États membres évaluent la possibilité de promouvoir des systèmes de certification volontaires. Les autorités publiques pourraient adopter des mesures d’incitation favorisant les organisations certifiées en vue d’encourager les organismes publics et privés à adopter davantage de mesures visant à équilibrer vie professionnelle et vie privée.

Amendement    90

Proposition de directive

Article 17 bis (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

Article 17 bis

 

Dialogue avec les parties intéressées

 

L’Union et ses États membres encouragent le dialogue avec les parties intéressées concernées, notamment avec les associations de parents et de familles, les employeurs et les organisations syndicales, en vue de promouvoir les objectifs de la présente directive.

Amendement    91

Proposition de directive

Article 18 – paragraphe 1

Texte proposé par la Commission

Amendement

1.  Cinq ans au plus tard après l’entrée en vigueur de la présente directive, les États membres communiquent à la Commission toutes les informations pertinentes concernant l’application de la présente directive qui sont nécessaires afin que la Commission fasse rapport au Parlement européen et au Conseil sur ce point.

1.  Au plus tard le ... [trois ans après la date d’entrée en vigueur de la présente directive], les États membres évaluent la réalisation des objectifs de la présente directive, en particulier l’objectif d’égalité des sexes et son incidence sur le développement de micro, petites et moyennes entreprises, et communiquent à la Commission toutes les informations pertinentes concernant l’application de la présente directive qui sont nécessaires afin que la Commission fasse rapport au Parlement européen et au Conseil sur ce point.

 

 

Amendement    92

Proposition de directive

Article 18 – paragraphe 2

Texte proposé par la Commission

Amendement

2.  Sur la base des informations fournies par les États membres en vertu du paragraphe 1, la Commission soumet au Parlement européen et au Conseil un rapport dans lequel elle examine l'application de la présente directive, accompagné, s’il y a lieu, d'une proposition législative.

2.  Sur la base des informations fournies par les États membres en vertu du paragraphe 1, la Commission soumet au Parlement européen et au Conseil un rapport accompagné, s’il y a lieu, d’une proposition législative, dans lequel elle examine l’application de la présente directive, y compris des données, ventilées par sexe, sur la prise des différents types de congés visés dans la présente directive et son incidence sur les micro, petites et moyennes entreprises, et elle évalue la possibilité d’étendre les droits contenus dans la présente directive aux travailleurs indépendants.

Amendement    93

Proposition de directive

Article 18 – paragraphe 2 bis (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

2 bis.  Le rapport visé au paragraphe 2 comporte des analyses d’impact portant notamment sur les points suivants:

 

a)  les possibilités de prolonger la durée du congé d’aidant;

 

b)  les possibilités d’élargir la définition des aidants;

 

c)  l’incidence de la présente directive sur les aidants familiaux qui utilisent le congé d’aidant ou qui ont demandé des formules de travail flexibles et qui n’ont eu recours à aucune des dispositions prévues par la présente directive.

Amendement    94

Proposition de directive

Article 18 – alinéa 2 ter (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

2 ter.  Au plus tard le... [... après la date d’entrée en vigueur de la présente directive], la Commission évalue la conformité de la présente directive avec le principe d’égalité de traitement des différents niveaux de revenus de remplacement pour les différents types de congés, et introduit immédiatement les mesures législatives nécessaires dans le cas où une discrimination serait détectée à cet égard.

Amendement    95

Proposition de directive

Article 20 – paragraphe 1 – alinéa 1

Texte proposé par la Commission

Amendement

Les États membres mettent en vigueur les dispositions législatives, réglementaires et administratives nécessaires pour se conformer à la présente directive, au plus tard deux ans après son entrée en vigueur. Ils communiquent immédiatement à la Commission le texte de ces dispositions.

Les États membres mettent en vigueur les dispositions législatives, réglementaires et administratives nécessaires pour se conformer à la présente directive, au plus tard le... [deux ans après la date d’entrée en vigueur de la présente directive]. Ils communiquent immédiatement à la Commission le texte de ces dispositions.

 

Les États membres veillent à ce que les dispositions visées au premier alinéa fassent l’objet d’une procédure de consultation associant les partenaires sociaux, conformément aux circonstances nationales particulières.

(1)

JO C 129 du 11.4.2018, p. 44.

(2)

Non encore paru au Journal officiel.


EXPOSÉ DES MOTIFS

La directive proposée par la Commission est l’un des premiers produits du socle européen des droits sociaux. Elle repose sur l’initiative «Nouveau départ», dont le but est de relever les défis auxquels les parents qui travaillent et les aidants se trouvent confrontés lorsqu’il s’agit de trouver un équilibre entre vie professionnelle et vie privée. L’initiative contribuera à la poursuite des objectifs définis par le traité en matière d'égalité entre hommes et femmes en ce qui concerne leurs chances sur le marché du travail et le traitement dans le travail, ainsi que de promotion d’un niveau d’emploi élevé dans l’UE.

La proposition législative se concentre donc sur des mesures qui s'attaquent à la sous-représentation des femmes dans l'emploi, en améliorant les conditions de conciliation des responsabilités professionnelles et privées, mais également à l'inégalité de traitement et de chances sur le marché du travail. En outre, elle encourage le renforcement du rôle des hommes en tant qu'aidants dans la famille, ce qui bénéficiera également aux enfants. Il est amplement démontré que le recours, par les pères, à des formules de conciliation de la vie professionnelle et de la vie privée a une incidence positive en réduisant la quantité relative de travail familial non rémunéré effectué par les femmes et en laissant aux femmes davantage de temps pour un emploi rémunéré. Cette évolution favorise ainsi la non-discrimination et l’égalité entre hommes et femmes. Sous sa forme actuelle, la proposition de directive vise à s'appliquer à tous les travailleurs, hommes et femmes, qui ont un contrat de travail ou une relation de travail.

Elle vise à instaurer un certain nombre de normes minimales nouvelles ou plus élevées en matière de congé parental, de congé de paternité et de congé d’aidant, le but étant d'aider à remédier aux anomalies qui existent et d’arriver à un équilibre entre vie professionnelle et vie privée, tant pour les parents que pour les aidants. Votre rapporteur estime que ces mesures sont à la fois opportunes et nécessaires pour améliorer l'accès aux formules de conciliation de la vie professionnelle et de la vie privée et mieux tenir compte de l'évolution des modes de travail dans notre société.

Votre rapporteur estime également que la disponibilité d'infrastructures de qualité, accessibles et d'un prix abordable pour la garde d’enfants s’est révélée être un aspect crucial des politiques d'équilibre entre vie professionnelle et vie privée dans les États membres, qui facilite le retour rapide des femmes au travail et leur participation accrue sur le marché du travail. Il encouragerait donc les États membres à améliorer les structures de garde d'enfants et aimerait que cela se retrouve dans le texte; aussi insère-t-il des considérants à cet effet dans la directive.

Dans l'esprit de l’article 153, sur la base duquel la présente directive est proposée, votre rapporteur aimerait mettre particulièrement l’accent, non seulement sur les petites et moyennes entreprises, mais également sur les microentreprises, car il estime qu'en raison de leurs spécificités et contraintes particulières, qui sont différentes de celles des PME, elles pourraient avoir plus de mal à mettre en œuvre certains volets de la présente directive.

Tout au long du texte, votre rapporteur a veillé à ce que des dispositions supplémentaires relatives aux micro, petites et moyennes entreprises soient ajoutées de sorte que la présente directive évite d'imposer des contraintes administratives, financières et juridiques telles qu’elles contrarieraient la création et le développement de ces entreprises, sans retirer aux personnes qui y travaillent le droit de recourir aux formules de conciliation de la vie professionnelle et de la vie privée. Par exemple, votre rapporteur a précisé dans l'un de ses amendements, sans préjudice de l’obligation ou non, pour l'employeur, d’accepter une telle demande, qu’il y a lieu de tenir compte des difficultés que les formules souples de travail peuvent causer aux micro, petites et moyennes entreprises.

Face à la crainte que certaines charges administratives puissent causer un préjudice grave aux microentreprises, votre rapporteur propose que les États membres aient la possibilité d'adopter des mesures afin de limiter la charge découlant pour ce type d’entreprises des dispositions de l'article 12 (Protection contre le licenciement et charge de la preuve), de manière à ne pas risquer de leur imposer une charge disproportionnée.

Les principales propositions de la Commission ajoutent les nouveaux éléments suivants aux dispositions qui, actuellement, sont déjà en vigueur:

• La directive instaure un droit à un congé de paternité d'au moins 10 jours ouvrables à l'occasion de la naissance d'un enfant. Il s'agit d'une évolution majeure, étant donné qu'à l’heure actuelle, il n'y a pas de normes minimales au niveau européen en matière de congé de paternité. Votre rapporteur est tout à fait favorable à cette nouvelle proposition, étant donné que les possibilités de congé de paternité et les incitations à en profiter varient considérablement d'un État membre à l'autre. Lorsqu'un tel congé existe, le niveau de rémunération du congé et le nombre de jours concernés varient considérablement.

Votre rapporteur a modifié le texte de manière à inclure le droit au congé de paternité à l'occasion, également, de l'adoption d'un enfant. Il est clairement important que le père soit présent et partage les responsabilités avec son partenaire lors de la naissance ou de l'adoption d'un enfant. C'est un moment où des liens se créent, dont l’importance a été démontrée à la fois pour l'enfant et pour le père. Votre rapporteur a proposé un amendement pour préciser que le travailleur considéré comme un père pourrait également être un second parent équivalent au sens du droit national.

En ce qui concerne le niveau de la rémunération ou de l’allocation, votre rapporteur a maintenu la proposition de la Commission, à savoir que les personnes recourant au congé de paternité devraient être payées au niveau de la prestation de maladie afin de refléter la législation en vigueur dans l’Union européenne qui prévoit un congé au moment de la naissance d'un enfant.

• Au titre de la directive sur le congé parental (2010/18/UE), qui sera abrogée une fois que la proposition de directive à l’examen entrera en vigueur, les travailleurs ont un droit individuel à un congé parental d'au moins 4 mois, dont un mois est non transférable, à l'occasion de la naissance ou de l'adoption d'un enfant. Ce congé peut être pris au minimum jusqu'à ce que l'enfant atteigne 8 ans. À l’heure actuelle, il n'y a aucune obligation de rémunération pendant le congé parental et il appartient aux États membres et aux partenaires sociaux de décider des modalités de ce congé.

La proposition à l'examen, d'un autre côté, renforce le droit au congé parental en prévoyant que la période de quatre mois soit indemnisée au minimum au niveau de la prestation de maladie et qu'elle ne soit pas transférable d'un parent à l'autre. Les parents auront également le droit de demander à prendre la période totale de congé d'une manière flexible et l'âge maximal de l'enfant pour lequel les parents peuvent prendre congé sera porté de 8 à 12 ans. Votre rapporteur souscrit à cette proposition, dès lors que le cadre juridique actuel de l’Union prévoit peu de dispositions incitant les hommes à assumer une part égale des responsabilités familiales. Il est amplement démontré que le recours, par les pères, à des formules de conciliation de la vie professionnelle et de la vie privée a une incidence positive en réduisant la quantité relative de travail familial non rémunéré effectué par les femmes et en laissant aux femmes davantage de temps pour un emploi rémunéré.

D'un autre côté, si votre rapporteur convient qu'il y a lieu de rémunérer le congé parental, il s'écarte de la proposition de la Commission et propose que le travailleur reçoive une rémunération ou une allocation au moins équivalente à 75 % du salaire brut. Votre rapporteur estime que la fixation d'un pourcentage type de rémunération au niveau de l'Union européenne remédiera aux anomalies entre les différents taux de prestations de maladie que reçoivent les travailleurs dans les différents États membres, créera des conditions égales pour tous les travailleurs et aidera davantage de pères, pour qui la perte de revenus est un facteur extrêmement dissuasif, à prendre congé.

Votre rapporteur a introduit une proposition pour mieux gérer la demande de congé parental en fixant clairement la durée du préavis à donner par le travailleur qui demande une période de congé à l'employeur; le préavis, en outre, devra préciser la période exacte pendant laquelle le travailleur a l'intention d'exercer son droit au congé parental. Selon votre rapporteur, cela bénéficiera à la fois aux employeurs, pour la programmation de leurs activités, et aux travailleurs, en leur donnant la possibilité de prendre ce congé lorsqu'ils en ont le plus besoin. Cela est particulièrement vrai dans le cas des micro, petites et moyennes entreprises, qui ne peuvent pas s'offrir le luxe d'un personnel nombreux ou de ressources financières pour recruter des travailleurs temporaires supplémentaires.

•  Votre rapporteur se félicite de la proposition d'instauration d'un droit à un congé d’aidant pour les travailleurs qui s'occupent d’un proche gravement malade ou dépendant. Ils pourront prendre 5 jours de congé par an, indemnisés au niveau de la prestation de maladie. Votre rapporteur, en revanche, a proposé que les aidants reçoivent une rémunération au moins équivalente à 75 % de leur salaire brut.

•  En parallèle, la nouvelle proposition étend également le droit à demander des formules souples de travail et à recourir au congé parental à tous les travailleurs ayant des enfants jusqu’à un âge déterminé, qui ne peut être inférieur à 12 ans. Votre rapporteur est conscient que cela peut créer certaines difficultés, en particulier pour les micro, petites et moyennes entreprises, et a donc proposé de ramener la limite à 10 ans.


OPINION MINORITAIRE

Opinion minoritaire de Joëlle Mélin et Dominique Martin sur la proposition de directive du Parlement européen et du Conseil concernant l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée des parents et aidants et abrogeant la directive 2010/18/UE du Conseil

(COM(2017)0253 – C8-0137/2017 – 2017/0085(COD))

La situation de dépendance d’un enfant, d’un parent ou d’un collatéral d’un ou d’une salarié est une situation fréquente qui relève exclusivement de la vie privée. Cette situation, pour difficile ou douloureuse qu’elle soit, ne doit en rien modifier les conditions ordinaires de la vie professionnelle et modifier les termes du congé parental actuellement en vigueur, car cela romprait l’équilibre de la vie professionnelle sur la vie privée qui de facto deviendrait prévalente. De plus, il s’agit là, tant dans le principe que dans les montants d’allocation d’une prérogative souveraine; l’Europe, contrairement à ce qui nous a été dit, n’apportant aucun bonus. Enfin, ce n’est pas aux employeurs de pallier les différents aléas de la vie de chacun de leur salarié, au risque de mettre en danger les systèmes nationaux de protection sociale au-delà de pans entiers de nos industries.

Joëlle Mélin                  Dominique Martin


AVIS de la commission des droits de la femme et de l’égalité des genres (30.5.2018)

à l’intention de la commission de l’emploi et des affaires sociales

sur la proposition de directive du Parlement européen et du Conseil concernant l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée des parents et aidants et abrogeant la directive 2010/18/UE du Conseil

(COM(2017)0253 – C8-0137/2017 – 2017/0085(COD))

Rapporteure pour avis: Agnieszka Kozłowska-Rajewicz

(*) Commissions associées – article 54 du règlement intérieur

JUSTIFICATION SUCCINCTE

Les mesures en matière d’équilibre entre vie professionnelle et vie privée s’impose non seulement au nom des droits des femmes, mais aussi aux fins de la protection des droits des hommes et de l’égalité entre les sexes en général. Elles jouent également un rôle essentiel dans l’Union au plan économique, notamment pour lutter contre les répercussions négatives du vieillissement de la population et de la pénurie de main-d’œuvre.

La situation des femmes sur le marché du travail reste difficile; dans l’Union, le taux d’emploi des femmes est en moyenne de 64 % contre 76 % pour les hommes. Tout tend à prouver que la principale raison de l’inactivité des femmes sur le marché du travail est liée à l’absence de solutions qui leur permettent de véritablement concilier travail et responsabilités familiales. Il en découle que l’écart de retraite entre les femmes et les hommes, qui est dû aux inégalités cumulées tout au long de la vie des femmes et aux périodes d’absence du marché du travail, s’élève à un taux moyen saisissant de 40 % dans l’Union(1). Les progrès en vue d’atteindre l’égalité des sexes sur le marché du travail ont été lents, d’où la nécessité de prendre des mesures relatives à l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée pour inverser cette tendance(2). En outre, les politiques relatives à l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée jouent un rôle essentiel pour pallier la pénurie de main-d’œuvre et le vieillissement croissant de la population(3).

La rapporteure souhaite se concentrer sur l’objectif de la directive qui est d’augmenter l’emploi des femmes et de tenir dûment compte de sa base juridique. La proposition s’articule autour des deux piliers suivants qui sont, aux yeux de la rapporteure, fondamentaux pour la réalisation de ces objectifs:

1)  la non-transférabilité du droit au congé parental est une condition pour un partage égal du congé entre les hommes et les femmes et un outil permettant de renforcer la présence des femmes sur le marché du travail et la participation des hommes aux responsabilités familiales;

2)  une indemnisation équivalente à la prestation de maladie pendant les congés est compatible avec le cadre juridique existant et la directive relative au congé de maternité. Dès lors qu’il existe un niveau d’indemnisation suffisant, les pères prennent des congés(4).

Le fait que le congé de paternité soit rémunéré prime dans la décision des pères d’assumer la garde des enfants.(5) La rapporteure a néanmoins décidé d’introduire une certaine flexibilité au regard de la prise d’un congé de paternité, ce qui laisse la possibilité au père d’exercer ce droit au cours de la première année après une naissance ou une adoption: davantage de pères seront enclins à prendre ce congé, étant donné qu’il se pourrait que certains hommes n’aient pas assez confiance en eux pour prendre soin d’un enfant juste après sa naissance. Toujours est-il que la rapporteure a décidé de continuer à privilégier la prise d’un congé de paternité à l’occasion de la naissance ou de l’adoption, car il est prouvé que les liens entre le père et l’enfant se tissent plus facilement à ce stade initial(6). Pour ce qui est du congé d’aidant, la rapporteure le considère comme une solution opportune au problème du vieillissement de la population, car les responsabilités familiales ne se limitent pas à la garde des enfants.

La rapporteure introduit plusieurs modifications dans le but de présenter une proposition en adéquation avec les exigences des économies de l’Union.

Tout d’abord, alors que les mesures relatives à l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée sont des investissements à long terme apportant prospérité économique et favorisant l’emploi des femmes, il convient de veiller tout particulièrement au bon fonctionnement des entreprises, à court et long termes, dans les microentreprises ainsi que les petites et moyennes entreprises. Il est nécessaire d’apporter une plus grande clarté aux entreprises qui leur permette de planifier plus efficacement et d’éviter toute perte de productivité. À cet effet, la rapporteure insiste sur la nécessité de disposer de durées de préavis précises et de périodes d’ancienneté pour prétendre à des congés et à des formules souples de travail.

Tout en reconnaissant la nécessité d’accorder une attention particulière aux groupes défavorisés, la rapporteure a toutefois décidé de ne pas introduire de droit au congé prolongé pour les parents isolés, la directive visant en priorité à augmenter la présence des femmes sur le marché du travail. Prolonger la durée des congés de parents célibataires risque, en réalité, de prolonger l’absence de l’emploi des mères célibataires qui représentent la majorité des parents isolés et, partant, de compromettre l’objectif de la directive, ce qui aurait des effets préjudiciables sur l’indépendance financière de ces femmes. La directive laisse aux États membres le soin de déterminer la nature et la forme du soutien à l’égard des familles défavorisées, ce que la rapporteure soutient pleinement.

En conclusion, la rapporteure estime que, dans sa position, le Parlement européen devrait s’attacher à défendre les principaux objectifs de la directive et à respecter la base juridique fondée sur l’égalité hommes-femmes. Il est souhaitable que le Parlement européen fasse preuve de stratégie et évite l’échec d’une proposition trop ambitieuse en respectant les réserves exprimées par les États membres dans l’optique d’une adoption rapide au sein du Conseil.

AMENDEMENTS

La commission des droits de la femme et de l’égalité des genres invite la commission de l’emploi et des affaires sociales, compétente au fond, à prendre en considération les amendements suivants:

Amendement    1

Proposition de directive

Considérant 2

Texte proposé par la Commission

Amendement

(2)  L’égalité entre les hommes et les femmes est un principe fondamental de l’Union. En vertu de l’article 3 du traité sur l’Union européenne, la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes est l’un des buts de l’Union. De même, l’article 23 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne prévoit que l’égalité entre les femmes et les hommes doit être assurée dans tous les domaines, y compris en matière d’emploi, de travail et de rémunération.

(2)  L’égalité entre les hommes et les femmes est un principe fondamental de l’Union. En vertu de l’article 3 du traité sur l’Union européenne et de l’article 8 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, la lutte contre les inégalités et la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes figurent parmi les objectifs de l’Union. De même, la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, dans son article 21, proscrit la discrimination pour quelque motif que ce soit, tandis que son article 23 prévoit que l’égalité entre les femmes et les hommes doit être assurée dans tous les domaines, y compris en matière d’emploi, de travail et de rémunération.

Amendement    2

Proposition de directive

Considérant 4

Texte proposé par la Commission

Amendement

(4)  L’Union est partie à la convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées. Les dispositions de ladite convention font donc, à partir du moment de son entrée en vigueur, partie intégrante de l’ordre juridique de l’Union européenne, et la législation de l’Union doit faire l’objet, dans la mesure du possible, d’une interprétation conforme à cette convention. La convention prévoit entre autres, à son article 7, que les parties prennent toutes mesures nécessaires pour garantir aux enfants handicapés la pleine jouissance de tous les droits de l’homme et de toutes les libertés fondamentales, sur la base de l’égalité avec les autres enfants.

(4)  L’Union et l’ensemble de ses États membres sont parties à la convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées. La convention souligne que les personnes handicapées et les membres de leur famille devraient recevoir la protection et l’aide nécessaires pour que les familles puissent contribuer à la pleine et égale jouissance de leurs droits par les personnes handicapées. Les dispositions de ladite convention font partie intégrante de l’ordre juridique de l’Union européenne, et la législation de l’Union doit faire l’objet, dans la mesure du possible, d’une interprétation conforme à cette convention. La convention prévoit entre autres, à son article 7, que les parties prennent toutes mesures nécessaires pour garantir aux enfants handicapés la pleine jouissance de tous les droits de l’homme et de toutes les libertés fondamentales, sur la base de l’égalité avec les autres enfants. En outre, la convention prévoit, dans son article 23, que les parties prennent des mesures efficaces et appropriées pour éliminer la discrimination à l’égard des personnes handicapées dans tout ce qui a trait au mariage, à la famille, à la fonction parentale et aux relations personnelles.

Amendement    3

Proposition de directive

Considérant 5

Texte proposé par la Commission

Amendement

(5)  Les politiques relatives à l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée devraient contribuer à la réalisation de l’égalité des sexes en encourageant la participation des femmes au marché du travail, en rendant plus facile pour les hommes de partager les responsabilités familiales à parts égales avec les femmes et en réduisant les écarts de revenus et de salaire entre les hommes et les femmes. Ces politiques devraient tenir compte des changements démographiques, notamment des effets du vieillissement de la population.

(5)  Les politiques relatives à l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée devraient contribuer à la réalisation de l’égalité des sexes en encourageant la participation des femmes au marché du travail, en encourageant et en facilitant le partage des responsabilités familiales à parts égales entre les hommes et les femmes et en réduisant les écarts de revenus, de salaire et de pension entre les hommes et les femmes. Ces politiques devraient tenir compte des changements démographiques, notamment des effets du vieillissement de la population. En outre, elles devraient également contribuer à lutter contre les stéréotypes qui pèsent sur les rôles traditionnels attribués aux hommes et aux femmes

Amendement    4

Proposition de directive

Considérant 6 bis (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

(6 bis)  Le socle européen des droits sociaux, proclamé par les États membres le 17 novembre 2017, a pour but d’offrir aux citoyens de l’Union des droits nouveaux et plus efficaces. Le socle repose sur vingt principes essentiels, dont le principe nº 2 sur l’égalité entre les femmes et les hommes, le principe nº 3 sur l’égalité des chances et le principe nº 9 sur l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée. Ce dernier dispose que «[l]es parents et les personnes ayant quelqu’un à charge devraient avoir le droit de bénéficier de congés adaptés et de formules de travail flexibles, ainsi que d’avoir accès à des services de garde. Les femmes et les hommes doivent avoir accès à des congés spéciaux sur un pied d’égalité afin de s’acquitter de leurs responsabilités familiales, le recours équilibré à ces formules de congés devant être encouragé.»

Amendement    5

Proposition de directive

Considérant 6 ter (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

(6 ter)  Environ 80 % des soins informels, généralement non rémunérés, dans l’ensemble de l’Union sont dispensés par les familles et les amis, qui sont un élément indispensable de la fourniture, de l’organisation et de la viabilité des systèmes de santé et d’aide sociale. Environ deux tiers des aidants en Europe sont des femmes. On estime que la valeur économique des soins informels non rémunérés dans l’Union, en pourcentage de l’ensemble des coûts de la prestation de soins de longue durée, oscille entre 50 % et 90 %;

Amendement    6

Proposition de directive

Considérant 7

Texte proposé par la Commission

Amendement

(7)  Cependant, l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée reste un défi considérable à relever pour de nombreux parents et travailleurs ayant des responsabilités familiales, avec des conséquences négatives sur l’emploi des femmes. Un fait majeur qui contribue à la sous-représentation des femmes sur le marché du travail est la difficulté à trouver un équilibre entre obligations professionnelles et obligations familiales. Lorsque les femmes ont des enfants, elles ont tendance à travailler un plus petit nombre d’heures dans un emploi rémunéré et à passer plus de temps à assumer des responsabilités familiales non rémunérées. Il a également été démontré que le fait d’avoir un proche malade ou dépendant a une incidence négative sur l’emploi des femmes, conduisant certaines à quitter complètement le marché du travail.

(7)  Cependant, l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée reste un défi considérable à relever pour de nombreux parents et travailleurs ayant des responsabilités familiales, avec des conséquences négatives sur l’emploi des femmes. Un fait majeur qui contribue à la sous-représentation des femmes sur le marché du travail est la difficulté à trouver un équilibre entre responsabilités familiales et professionnelles. Lorsque les femmes ont des enfants, elles ont tendance à travailler un plus petit nombre d’heures dans un emploi rémunéré et à passer plus de temps à assumer des responsabilités familiales non rémunérées. Il a également été démontré que le fait d’avoir un proche malade ou dépendant nécessitant une aide ou des soins a une incidence négative sur l’emploi des femmes, conduisant certaines à quitter partiellement ou complètement le marché du travail, ce qui se traduit par des retombées financières négatives en matière de rémunération et de pensions.

Amendement    7

Proposition de directive

Considérant 8

Texte proposé par la Commission

Amendement

(8)  Le cadre juridique actuel de l’Union prévoit peu de dispositions incitant les hommes à assumer une part égale des responsabilités familiales. L’absence de congé de paternité et de congé parental rémunérés dans de nombreux États membres contribue à ce que peu de pères prennent de tels congés. Le déséquilibre entre hommes et femmes dans la conception des politiques en matière d’équilibre entre vie professionnelle et vie privée accentue les différences entre ceux-ci sur les plans du travail et des soins aux proches. À l’inverse, le recours par les pères aux modalités permettant de concilier vie professionnelle et vie privée telles que les congés ou les formules souples de travail s’est avéré avoir une incidence positive en réduisant la quantité relative de travail familial non rémunéré effectué par les femmes et en laissant aux femmes davantage de temps pour un emploi rémunéré.

(8)  Le cadre juridique actuel de l’Union prévoit peu de dispositions incitant les hommes à assumer une part égale des responsabilités familiales. L’absence de congé de paternité et de congé parental rémunérés, de même que la non-transférabilité du congé parental, dans de nombreux États membres, contribue à ce que peu de pères prennent de tels congés. Le déséquilibre entre hommes et femmes dans la conception des politiques en matière d’équilibre entre vie professionnelle et vie privée accentue les différences entre ceux-ci sur les plans du travail et des soins aux proches. À l’inverse, le recours par les pères aux modalités permettant de concilier vie professionnelle et vie privée telles que les congés ou les formules souples de travail s’est avéré avoir une incidence positive en réduisant la quantité relative de travail familial non rémunéré effectué par les femmes et en laissant aux femmes davantage de temps pour un emploi rémunéré. En outre, des études d’Eurofound montrent que les taux d’utilisation parmi les parents dépendent de nombreux facteurs interconnectés. Parmi ces facteurs, il convient de citer: les informations sur les congés disponibles; la compensation des congés et les disparités en matière de rémunération; la disponibilité et la flexibilité des structures d’accueil des enfants; les modèles d’organisation familiale prédominants; la mesure dans laquelle les travailleurs craignent l’exclusion du marché du travail lorsqu’ils prennent leurs congés1 bis.

 

__________________

 

1 bis Eurofound: rapport de 2015 intitulé «Promoting uptake of parental and paternity leave among fathers in the European Union» (Encourager les pères à prendre des congés de paternité et parental dans l’Union européenne) et rapport de 2016 intitulé «The gender employment gap: Challenges and solutions» (Écart du taux d’emploi entre les femmes et les hommes – Défis et solutions).

Amendement    8

Proposition de directive

Considérant 8 bis (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

(8 bis)  La disponibilité d’infrastructures de qualité, accessibles et abordables pour la garde d’enfants et d’autres personnes dépendantes s’est révélée être un facteur crucial des politiques en matière d’équilibre entre vie professionnelle et vie privée qui facilitent le retour rapide des mères et une présence accrue des femmes sur le marché du travail. Toutefois, en 2018, la plupart des États membres de l’Union n’ont pas encore atteint les objectifs dits de Barcelone en matière de structures d’accueil des enfants, établis en 2002. La réalisation de ces objectifs est essentielle en vue de permettre aux femmes de participer pleinement au marché du travail et, pour débloquer la situation, il est primordial de canaliser les investissements en priorité, dans le cadre financier pluriannuel, vers des services de garde des enfants de qualité, de proximité, accessibles et abordables.

Amendement    9

Proposition de directive

Considérant 8 ter (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

(8 ter)  Une charge fiscale disproportionnée sur la seconde source de revenus du ménage dans la plupart des États membres, demeure un frein à la participation des femmes au marché du travail. L’identification et la suppression de tous les obstacles résultant des systèmes de prestations fiscales à caractère sexiste est essentielle en vue d’encourager la pleine participation des femmes au marché du travail et de promouvoir le partage égal du travail génésique et des responsabilités familiales.

Amendement    10

Proposition de directive

Considérant 13

Texte proposé par la Commission

Amendement

(13)  Afin d’encourager un partage plus égal des responsabilités familiales entre les femmes et les hommes, il convient d’introduire un droit au congé de paternité, à prendre par le père à l’occasion de la naissance d’un enfant. Afin de tenir compte des différences entre États membres, le droit au congé de paternité devrait être indépendant de l’état matrimonial ou familial, tel que défini par le droit national.

(13)  Afin d’encourager un partage plus égal des responsabilités familiales entre les femmes et les hommes, il convient d’introduire un droit à un congé de paternité rémunéré pour le père ou un second parent équivalent au sens de la législation nationale, à l’occasion de la naissance ou de l’adoption d’un enfant, et ce, dans la limite de la durée du congé de maternité. Afin de tenir compte des différences entre États membres, le droit au congé de paternité devrait être indépendant de l’état matrimonial ou familial, tel que défini par le droit national.

Amendement    11

Proposition de directive

Considérant 13 bis (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

(13 bis)  Les États membres devraient également apprécier s’il y a lieu d’adapter les conditions et les modalités précises du congé parental aux besoins des parents qui se trouvent dans des situations particulières, où une plus grande présence de leur part est requise, notamment en ce qui concerne les pères handicapés et les pères ayant des enfants handicapés souffrant notamment de problèmes de santé mentale, de problèmes médicaux ou de maladies graves, conformément à la législation nationale et aux pratiques dans les États membres.

Amendement    12

Proposition de directive

Considérant 14

Texte proposé par la Commission

Amendement

(14)  Étant donné que la majorité des pères ne font pas usage de leur droit au congé parental ou transfèrent une part importante de leurs droits aux mères, la présente directive, afin d’encourager le deuxième parent à prendre un congé parental, et tout en maintenant le droit de chaque parent à un congé parental d’une durée minimale de quatre mois prévu par la directive 2010/18/UE, fait passer de un à quatre mois la durée de congé qui ne peut pas être transférée entre parents.

(14)  Étant donné que la majorité des pères ne font pas usage de leur droit au congé parental ou transfèrent une part importante de leurs droits aux mères, la présente directive, afin d’encourager le deuxième parent à prendre un congé parental, et tout en maintenant le droit de chaque parent à un congé parental d’une durée minimale de quatre mois prévu par la directive 2010/18/UE, fait passer de un à quatre mois la durée de congé qui ne peut pas être transférée entre parents. Les États membres devraient pouvoir préciser que les deux mois de congé parental devraient être pris au cours des quatre premières années de la vie de l’enfant. S’il s’avère néanmoins que ce congé n’est pas pris dans ce délai, les États membres devraient garantir que le droit à ce congé ne s’éteint pas et qu’il est, à tout le moins, possible de le prendre jusqu’au dix ans de l’enfant.

Amendement    13

Proposition de directive

Considérant 15

Texte proposé par la Commission

Amendement

(15)  Afin de donner davantage de possibilités aux parents de faire usage de leur droit au congé parental quand leurs enfants sont plus grands, ce droit devrait être accordé au moins jusqu’aux douze ans de l’enfant. Les États membres devraient pouvoir préciser la durée du préavis à donner par le travailleur à l’employeur lorsqu’il demande un congé parental et décider si le droit au congé parental peut être subordonné à une période d’ancienneté. Étant donné la diversité croissante des dispositions contractuelles, c’est la somme des contrats à durée déterminée successifs avec un même employeur qui devrait être prise en considération aux fins du calcul de la période d’ancienneté. Afin d’assurer un équilibre entre les besoins des travailleurs et ceux des employeurs, les États membres devraient aussi pouvoir décider si l’employeur peut ou non être autorisé à reporter l’octroi du congé parental dans certaines circonstances. Dans de tels cas, l’employeur devrait justifier ce report.

(15)  Afin de donner davantage de possibilités aux parents de faire usage de leur droit au congé parental quand leurs enfants sont plus grands, ce droit devrait être accordé au moins jusqu’aux dix ans de l’enfant. Compte tenu notamment des contraintes qui pèsent sur les microentreprises, les États membres devraient pouvoir préciser la durée d’un préavis raisonnable à donner par le travailleur à l’employeur lorsqu’il demande un congé parental. Pour prévenir d’éventuels abus, les États membres devraient pouvoir subordonner l’exercice de ce droit d’une durée maximale de six mois à une période minimale d’ancienneté du travailleur. Étant donné la diversité croissante des dispositions contractuelles, c’est la somme des contrats à durée déterminée successifs avec un même employeur qui devrait être prise en considération aux fins du calcul de la période d’ancienneté. Afin d’assurer un équilibre entre les besoins des travailleurs et ceux des employeurs, les États membres devraient aussi pouvoir décider si l’employeur peut ou non être autorisé à reporter l’octroi du congé parental dans certaines circonstances. Dans de tels cas, l’employeur devrait justifier ce report par écrit.

Étant donné que la flexibilité rend d’autant plus probable le fait que le second parent, notamment le père, exerce son droit à un tel congé, les travailleurs devraient pouvoir demander leur congé parental à temps plein ou à temps partiel, ou sous d’autres formes souples. Il devrait appartenir à l’employeur d’accepter ou non une telle demande de congé parental sous des formes souples autres que le temps plein. Les États membres devraient également apprécier s’il y a lieu d’adapter les conditions et les modalités précises du congé parental aux besoins spécifiques des parents dans des situations particulièrement défavorisées.

Étant donné que la flexibilité rend d’autant plus probable le fait que le second parent, notamment le père, exerce son droit à un tel congé, les travailleurs devraient pouvoir demander leur congé parental à temps plein ou à temps partiel, ou sous d’autres formes souples. Il devrait appartenir à l’employeur d’accepter ou non une telle demande de congé parental sous des formes souples autres que le temps plein. Les États membres devraient également apprécier s’il y a lieu d’adapter les conditions et les modalités précises du congé parental aux besoins des parents qui se trouvent dans des situations particulières, où une plus grande présence de leur part est requise, notamment les pères en situation de handicap et les pères ayant des enfants en situation de handicap, souffrant notamment de problèmes de santé mentale, de problèmes médicaux ou de maladies graves, et les parents isolés au sens de la législation et des pratiques nationales dans les États membres.

Amendement    14

Proposition de directive

Considérant 16

Texte proposé par la Commission

Amendement

(16)  Pour faciliter le retour au travail à la suite d’un congé parental, les travailleurs et les employeurs devraient être encouragés à rester en contact pendant la période du congé et peuvent prévoir des mesures de réintégration appropriées, d’un commun accord et dans le respect de la législation, des conventions collectives et de la pratique nationales.

(16)  Pour faciliter le retour au travail à la suite d’un congé parental, les travailleurs et les employeurs devraient avoir la possibilité de rester volontairement en contact pendant la période du congé. Les contacts entre les travailleurs et les employeurs ne devraient pas entraîner de charges ou d’inconvénients pour les travailleurs et les membres de leur famille et devraient faciliter l’élaboration de mesures de réintégration appropriées, d’un commun accord et dans le respect de la législation, des conventions collectives et de la pratique nationales. Les travailleurs qui ne souhaitent pas garder le contact ne devraient faire l’objet d’aucune discrimination.

Amendement    15

Proposition de directive

Considérant 17

Texte proposé par la Commission

Amendement

(17)  Afin de donner davantage de possibilités de rester dans la population active aux hommes et aux femmes qui s’occupent de membres âgés de leur famille et/ou d’autres proches qui nécessitent des soins, les travailleurs dont un proche est gravement malade ou est dépendant devraient avoir le droit de s’absenter du travail, au titre d’un congé d’aidant, pour prendre soin de ce proche. Pour prévenir tout abus de ce droit, une preuve de la maladie grave ou de la dépendance peut être exigée avant l’octroi du congé.

(17)  Afin de donner davantage de possibilités de rester dans la population active aux travailleurs qui s’occupent de membres âgés de leur famille et/ou d’autres proches qui nécessitent des soins, les travailleurs dont un proche requiert des soins ou de l’aide pour raison médicale grave, devraient avoir le droit de s’absenter du travail, au titre d’un congé d’aidant, pour prendre soin de ce proche. Pour prévenir tout abus de ce droit, une preuve médicale attestant de la raison médicale grave justifiant des soins ou de l’aide devrait être exigée avant l’octroi du congé.

Amendement    16

Proposition de directive

Considérant 17 bis (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

(17 bis)  Le droit individuel à congé d’aidant ne devrait pas servir de substitut à des services de proximité de prise en charge professionnels, accessibles, abordables et de qualité élevée, lesquels contribueront aussi largement au développement économique futur.

Amendement    17

Proposition de directive

Considérant 19

Texte proposé par la Commission

Amendement

(19)  Afin d’inciter davantage les travailleurs ayant des enfants ou des responsabilités familiales, en particulier les hommes, à prendre les périodes de congé prévues par la présente directive, il convient de leur donner le droit à une allocation adéquate pendant leur congé. Le niveau de l’allocation devrait être au moins équivalent à ce que le travailleur concerné recevrait en cas de congé de maladie. Les États membres devraient prendre en considération l’importance de la continuité des droits aux prestations de sécurité sociale, notamment les soins de santé.

(19)  Afin d’inciter davantage les travailleurs ayant des enfants ou des responsabilités familiales, en particulier les hommes, à prendre les périodes de congé prévues par la présente directive, il convient de leur donner le droit à une allocation adéquate pendant leur congé. Le niveau de l’allocation devrait être fixé par l’État membre et devrait être équivalent à la rémunération pendant le congé de maternité, tel que défini au niveau national en cas de congé de paternité, tandis que dans le cas du congé parental et du congé d’aidant, il devrait être au moins équivalent à 80 % du salaire brut du travailleur. Les États membres pourraient ainsi garantir que la rémunération ou l’allocation est fixée à un niveau qui encourage les parents à mieux partager les droits aux prestations et devraient prendre en considération l’importance de la continuité des droits aux prestations de sécurité sociale, notamment les soins de santé et les régimes de retraite.

Amendement    18

Proposition de directive

Considérant 20

Texte proposé par la Commission

Amendement

(20)  Conformément à la directive 2010/18/UE, les États membres sont tenus de définir le régime du contrat ou de la relation de travail pour la période du congé parental. Conformément à la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne, la relation de travail entre le travailleur et son employeur est donc maintenue pendant la période de congé et, par conséquent, le bénéficiaire de ce congé reste pendant cette période un travailleur au regard du droit de l’Union. Lorsqu’ils définissent le régime du contrat ou de la relation de travail pour la durée des congés couverts par la présente directive, y compris en ce qui concerne les droits aux prestations de sécurité sociale, les États membres devraient donc faire en sorte que la relation de travail soit maintenue dans ce cadre.

(20)  Conformément à la directive 2010/18/UE, les États membres sont tenus de définir le régime du contrat ou de la relation de travail pour la période du congé parental. Conformément à la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne, la relation de travail entre le travailleur et son employeur est donc maintenue pendant la période de congé et, par conséquent, le bénéficiaire de ce congé reste pendant cette période un travailleur au regard du droit de l’Union. Lorsqu’ils définissent le régime du contrat ou de la relation de travail pour la durée des congés couverts par la présente directive, les États membres devraient donc faire en sorte que la relation de travail soit maintenue dans ce cadre sans préjudice des droits aux prestations de sécurité sociale, y compris de la contribution du travailleur au régime des pensions soumise à retenue pendant toute la durée du congé. Dans cette perspective, les États membres devraient garantir que le congé prévu dans la présente directive n’a pas de répercussions négatives sur les droits à pension du travailleur durant toute cette période.

Amendement    19

Proposition de directive

Considérant 21

Texte proposé par la Commission

Amendement

(21)  Afin que les parents et les aidants qui travaillent soient encouragés à rester dans la population active, ils devraient être en mesure d’adapter leurs horaires de travail à leurs besoins et préférences personnels. Les parents et les aidants qui travaillent devraient donc être en mesure de demander des formules souples de travail, ce qui signifie la possibilité pour les travailleurs d’aménager leurs rythmes de travail, y compris par le recours au travail à distance, à des horaires de travail souples ou à une réduction du temps de travail, dans le but de s’occuper de leurs proches. Afin de répondre tant aux besoins des travailleurs qu’à ceux des employeurs, les États membres devraient avoir la faculté de limiter la durée des formules souples de travail, y compris les réductions du temps de travail. Bien qu’il ait été démontré que le travail à temps partiel soit utile pour certaines femmes en leur permettant de rester sur le marché du travail après avoir eu des enfants, de longues réductions de temps de travail peuvent entraîner un abaissement des cotisations de sécurité sociale se traduisant par des droits à pension réduits ou inexistants. La décision finale quant à l’acceptation ou non d’une demande de formule souple de travail soumise par un travailleur devrait revenir à l’employeur. Les circonstances spécifiques qui expliquent le besoin de formules de travail souples peuvent changer. C’est pourquoi les travailleurs devraient non seulement avoir le droit de revenir à leur rythme de travail de départ à la fin d’une période convenue, mais aussi pouvoir demander à le faire à tout moment lorsqu’un changement de circonstances le requiert.

(21)  Afin que les parents et les aidants qui travaillent soient encouragés à rester dans la population active, ils devraient être en mesure d’adapter leurs horaires de travail à leurs besoins et préférences personnels. Les parents et les aidants qui travaillent devraient donc être en mesure de demander des formules souples de travail, ce qui signifie la possibilité pour les travailleurs d’aménager leurs rythmes de travail, y compris par le recours au travail à distance, le cas échéant, à des horaires de travail souples ou à une réduction du temps de travail, dans le but de s’occuper de leurs proches. Afin de répondre tant aux besoins des travailleurs qu’à ceux des employeurs, les États membres devraient avoir la faculté de limiter la durée des formules souples de travail, y compris les réductions du temps de travail. Bien qu’il ait été démontré que le travail à temps partiel soit utile pour certaines femmes en leur permettant de rester sur le marché du travail après avoir eu des enfants, de longues réductions de temps de travail peuvent entraîner un abaissement des cotisations de sécurité sociale se traduisant par des droits à pension réduits ou inexistants. Bien que la décision finale quant à l’acceptation ou non d’une demande de formule souple de travail soumise par un travailleur devrait revenir à l’employeur, il convient de prendre en compte les besoins des employés, ainsi que les contraintes liées à la formule de travail et à la planification dans le cas des microentreprises, et de justifier un refus. Les circonstances spécifiques qui expliquent le besoin de formules de travail souples peuvent changer. C’est pourquoi les travailleurs devraient non seulement avoir le droit de revenir à leur rythme de travail de départ à la fin d’une période déterminée d’un commun accord, mais aussi pouvoir demander à le faire à tout moment lorsqu’un changement de circonstances le requiert.

Amendement    20

Proposition de directive

Considérant 22

Texte proposé par la Commission

Amendement

(22)  Les formules de congé sont destinées à soutenir les parents et les aidants qui travaillent pendant une durée spécifique, et visent à maintenir et à encourager un lien ininterrompu entre eux et le marché du travail. Il convient donc également de prendre des dispositions expresses concernant la protection des droits en matière d’emploi des travailleurs qui prennent un congé couvert par la présente directive, en particulier leur droit de retrouver le même poste ou un poste équivalent, et de ne faire l’objet d’aucun préjudice en ce qui concerne leurs conditions à la suite de leur absence. Les travailleurs devraient conserver leurs droits déjà acquis ou en cours d’acquisition jusqu’à la fin du congé.

(22)  Les formules de congé sont destinées à soutenir les parents et les aidants qui travaillent pendant une durée spécifique, et visent à maintenir et à encourager un lien ininterrompu entre eux et le marché du travail. Il convient donc également de prendre des dispositions expresses concernant la protection des droits en matière d’emploi des travailleurs qui prennent un congé couvert par la présente directive, en particulier leur droit de retrouver le même poste ou un poste équivalent, et de ne faire l’objet d’aucun préjudice en ce qui concerne leurs conditions à la suite de leur absence. Les travailleurs devraient conserver leurs droits déjà acquis ou en cours d’acquisition jusqu’à la fin du congé. Tout aussi important est l’objectif des formules de congé pour veiller à ce que les parents qui travaillent puissent maintenir la qualité de leur vie de famille, en prenant soin de leurs enfants, en assumant leurs responsabilités, y compris leur part essentielle dans l’éducation, en particulier durant la petite enfance, de la meilleure manière possible, et en passant des moments de qualité avec leurs enfants. Lorsque la conciliation de la vie familiale et de la vie professionnelle n’est pas réussie, cela peut avoir des répercussions négatives sur la santé physique et mentale des enfants et des parents.

Amendement    21

Proposition de directive

Considérant 23

Texte proposé par la Commission

Amendement

(23)  Il convient que les travailleurs exerçant leurs droits à prendre un congé ou à demander des formules souples de travail soient protégés contre la discrimination ou tout traitement moins favorable lié à cette raison.

(23)  Il convient que les travailleurs exerçant leurs droits à prendre un congé ou à demander des formules souples de travail soient protégés contre toute forme de discrimination ou tout traitement moins favorable lié à cette raison. Cependant, afin de maintenir l’équilibre entre les intérêts de l’employeur et ceux des travailleurs, les États membres devraient veiller à ce que l’employeur soit protégé contre toute forme d’abus de droits.

Amendement    22

Proposition de directive

Considérant 24

Texte proposé par la Commission

Amendement

(24)  Les travailleurs qui exercent leurs droits à prendre un congé ou à demander des formules souples de travail prévus dans la présente directive devraient être protégés contre le licenciement et contre tous préparatifs en vue d’un possible licenciement au motif qu’ils ont demandé un tel congé, l’ont pris ou ont exercé le droit de demander de telles formules souples de travail. Lorsque des travailleurs considèrent qu’ils ont été licenciés pour de tels motifs, ils devraient être en mesure de demander à l’employeur de justifier dûment le licenciement.

(24)  Les travailleurs qui exercent leurs droits à prendre un congé ou à demander des formules souples de travail prévus dans la présente directive devraient être protégés contre le licenciement et contre tous préparatifs en vue d’un possible licenciement au motif qu’ils ont demandé un tel congé, l’ont pris ou ont exercé le droit de demander de telles formules souples de travail. Lorsque des travailleurs considèrent qu’ils ont été licenciés pour de tels motifs, ils devraient être en mesure de demander à l’employeur de justifier dûment le licenciement par écrit.

Amendement    23

Proposition de directive

Considérant 26

Texte proposé par la Commission

Amendement

(26)  Les États membres devraient prévoir des sanctions effectives, proportionnées et dissuasives en cas de violation des dispositions nationales découlant de la présente directive ou des dispositions pertinentes déjà en vigueur concernant les droits qui relèvent de la présente directive. La mise en œuvre effective du principe de l’égalité de traitement nécessite une protection judiciaire adéquate des travailleurs contre les traitements défavorables ou conséquences défavorables résultant d’une plainte ou d’une procédure relative aux droits qui relèvent de la présente directive. Les victimes peuvent être découragées d’exercer leurs droits en raison du risque de rétorsion, et devraient donc être protégées de tout traitement défavorable lorsqu’elles exercent leurs droits prévus par la présente directive. Cette protection est particulièrement pertinente en ce qui concerne les représentants des travailleurs dans l’exercice de leurs fonctions.

(26)  Les États membres devraient prévoir des sanctions effectives, proportionnées et dissuasives en cas de violation des dispositions nationales découlant de la présente directive ou des dispositions pertinentes déjà en vigueur concernant les droits qui relèvent de la présente directive. La mise en œuvre effective du principe de l’égalité de traitement nécessite une protection judiciaire adéquate des travailleurs contre les traitements défavorables ou conséquences défavorables résultant d’une plainte ou d’une procédure relative aux droits qui relèvent de la présente directive. Les victimes peuvent être découragées d’exercer leurs droits en raison du risque de rétorsion, et devraient donc être protégées de tout traitement défavorable lorsqu’elles exercent leurs droits prévus par la présente directive. Cette protection est particulièrement pertinente en ce qui concerne les représentants des travailleurs dans l’exercice de leurs fonctions. Les inspections du travail et les inspections sociales devraient surveiller la mise en œuvre adéquate de la présente directive avec les moyens adéquats pour éviter toute discrimination et garantir l’égalité d’accès des travailleurs à leurs droits sociaux et du travail.

Amendement    24

Proposition de directive

Considérant 27

Texte proposé par la Commission

Amendement

(27)  Afin d’améliorer davantage le niveau de protection des droits prévus dans la présente directive, les organismes nationaux de promotion de l’égalité devraient aussi être compétents dans les domaines couverts par la présente directive.

(27)  Afin d’améliorer davantage le niveau de protection des droits prévus dans la présente directive, les organismes nationaux de promotion de l’égalité et des droits de l’enfant devraient aussi être compétents dans les domaines couverts par la présente directive.

Amendement    25

Proposition de directive

Considérant 28

Texte proposé par la Commission

Amendement

(28)  La présente directive énonce des prescriptions minimales, donnant ainsi aux États membres la possibilité d’introduire ou de maintenir des dispositions plus favorables. Les droits acquis au titre du cadre juridique existant devraient continuer de s’appliquer, sauf si des dispositions plus favorables sont introduites par la présente directive. La mise en œuvre de la présente directive ne peut servir à réduire les droits existants inscrits dans la législation en vigueur de l’Union dans ce domaine, ni constituer une justification valable pour la régression du niveau général de protection des travailleurs dans le domaine couvert par la présente directive.

(28)  La présente directive énonce des exigences minimales, permettant ainsi aux États membres d’introduire ou de maintenir des dispositions plus favorables. Les droits acquis au titre du cadre juridique existant devraient continuer de s’appliquer, sauf si des dispositions plus favorables sont introduites par la présente directive. La mise en œuvre de la présente directive ne peut servir à réduire les droits existants inscrits dans la législation en vigueur de l’Union, le droit national et les accords collectifs dans ce domaine, ni constituer une justification valable pour la régression du niveau général de protection des travailleurs dans le domaine couvert par la présente directive.

Amendement    26

Proposition de directive

Considérant 28 bis (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

(28 bis)  Les États membres devraient envisager d’étendre les mesures contenues dans la présente directive aux travailleurs indépendants.

Amendement    27

Proposition de directive

Considérant 30

Texte proposé par la Commission

Amendement

(30)  La présente directive devrait éviter d’imposer des contraintes administratives, financières et juridiques telles qu’elles contrarieraient la création et le développement de petites et moyennes entreprises (PME). Les États membres sont donc invités à évaluer les incidences de leur acte de transposition sur les PME afin de veiller à ce que celles-ci ne subissent pas de conséquences disproportionnées, en portant une attention particulière aux microentreprises et à la charge administrative.

(30)  Dans la mise en œuvre de la présente directive, les États membres devraient éviter d’imposer des contraintes administratives, financières et juridiques injustifiées, au point de contrarier la création et le développement de micro, petites et moyennes entreprises. Les États membres sont donc invités à évaluer régulièrement les incidences de leur acte de transposition sur les PME afin de veiller à ce que celles-ci ne subissent pas de conséquences disproportionnées, en portant une attention particulière aux microentreprises et à la charge administrative, particulièrement en ce qui concerne l’incidence des formules de congé parental et des formules souples de travail sur l’organisation du travail, et de publier les résultats de ces évaluations.

Amendement    28

Proposition de directive

Considérant 32 bis (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

(32 bis)  Pour parvenir à un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée et à l’égalité entre les sexes afin de concilier la vie de famille avec le travail et de concrétiser pleinement l’objectif visé de la présente directive du Conseil, la Commission devrait également envisager d’évaluer la pertinence d’un examen de la directive 92/85/CEE du Conseil qui date de1992, compte tenu des nouveaux droits et dispositions convenus dans la présente directive.

Amendement    29

Proposition de directive

Article 1 – alinéa unique

Texte proposé par la Commission

Amendement

La présente directive s’applique à tous les travailleurs, hommes et femmes, qui ont un contrat de travail ou une relation de travail.

La présente directive s’applique à tous les travailleurs qui ont un contrat de travail ou une relation de travail au sens de la législation, des conventions collectives et/ou des pratiques en vigueur dans chaque État membre, conformément aux critères de détermination du statut d’un travailleur établis dans la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne.

Amendement    30

Proposition de directive

Article 3 – alinéa 1 – point a

Texte proposé par la Commission

Amendement

a)  «congé de paternité», un congé à prendre par les pères à l’occasion de la naissance d’un enfant;

a)  «congé de paternité», un congé rémunéré pour le père, ou un second parent équivalent au sens de la législation nationale, à l’occasion de la naissance ou de l’adoption d’un enfant, à prendre autour de la date de la naissance ou de l’adoption de l’enfant dans la limite de la durée du congé de maternité;

Amendement    31

Proposition de directive

Article 3 – alinéa 1 – point b

Texte proposé par la Commission

Amendement

b)  «congé parental», un congé à prendre au motif de la naissance ou de l’adoption d’un enfant pour s’occuper de cet enfant;

b)  «congé parental», un congé rémunéré à prendre au motif de la naissance ou de l’adoption d’un enfant pour s’occuper de cet enfant;

Amendement    32

Proposition de directive

Article 3 – alinéa 1 – point c

Texte proposé par la Commission

Amendement

c)  «aidant», un travailleur qui apporte une aide ou des soins personnels en cas de maladie grave ou de dépendance d’un proche;

c)  «aidant», un travailleur qui apporte une aide ou des soins personnels à un proche nécessitant des soins ou une aide pour raison médicale grave ou en raison d’un handicap au sens de la convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées;

Amendement    33

Proposition de directive

Article 3 – alinéa 1 – point c bis (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

c bis)  «congé d’aidant», un congé rémunéré à prendre par les aidants pour apporter une aide ou des soins personnels à un proche nécessitant des soins ou une aide pour raison médicale grave ou en raison d’un handicap;

Amendement    34

Proposition de directive

Article 3 – alinéa 1 – point d

Texte proposé par la Commission

Amendement

d)  «proche», le fils, la fille, la mère, le père, le conjoint, ou le partenaire civil dans le cas où le droit national envisage de tels partenariats civils, d’un travailleur;

d)  «proche», au minimum le fils, la fille, la mère, le père, les frères et sœurs, les beaux-enfants, les enfants placés dans la famille, les petits-enfants, les grands-parents, le représentant légal, le pupille, le conjoint ou le partenaire civil, dans le cas où le droit national envisage de tels partenariats civils, d’un travailleur;

Amendement    35

Proposition de directive

Article 3 – alinéa 1 – point d bis (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

d bis)  «tiers désigné», un travailleur auquel un parent transfère ses droits à congé prévus dans la présente directive.

Amendement    36

Proposition de directive

Article 3 – alinéa 1 – point e

Texte proposé par la Commission

Amendement

e)  «dépendance», une situation dans laquelle une personne a, de façon temporaire ou permanente, besoin de soins en raison d’un handicap ou d’un problème médical grave autre qu’une maladie grave;

e)  «besoin de soins et d’aide», une situation dans laquelle une personne a, de façon temporaire ou permanente, besoin de soins en raison d’un handicap ou pour raison médicale grave et nécessite une aide ou une assistance ou une aide personnelle;

Amendement    37

Proposition de directive

Article 3 – alinéa 1 – point f

Texte proposé par la Commission

Amendement

f)  «formule souple de travail», la possibilité pour les travailleurs d’aménager leurs rythmes de travail, y compris par le recours au travail à distance, à des horaires de travail souples ou à une réduction du temps de travail.

f)  «formule souple de travail», la possibilité pour les travailleurs d’aménager leurs rythmes de travail sur une base volontaire, y compris par le recours au travail à distance, dans la mesure du possible, à des horaires de travail souples ou à une réduction du temps de travail.

Amendement    38

Proposition de directive

Article 4 – paragraphe 1

Texte proposé par la Commission

Amendement

1.  Les États membres prennent les mesures nécessaires pour que les pères aient le droit de prendre un congé de paternité d’au moins dix jours à l’occasion de la naissance d’un enfant.

1.  Les États membres prennent les mesures nécessaires pour que le père ou le second parent équivalent au sens de la législation nationale, ait le droit de prendre un congé de paternité d’au moins dix jours ouvrables autour de la date de la naissance ou de l’adoption de l’enfant, dans la limite de la durée du congé de maternité.

Amendement    39

Proposition de directive

Article 4 – paragraphe 1 bis (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

1 bis.  Les États membres évaluent la nécessité d’ajuster les conditions d’accès et les modalités précises d’application du congé parental aux besoins du père qui se trouvent dans des situations particulières, où une plus grande présence de leur part est requise, qu’il appartient aux États membres de définir. Ces situations particulières peuvent inclure: un père handicapé, un père ayant des enfants handicaps souffrant notamment de problèmes de santé mentale, de problèmes médicaux ou de maladies graves, et un père isolé au sens de la législation et des pratiques nationales dans les États membres.

Amendement    40

Proposition de directive

Article 5 – paragraphe 1

Texte proposé par la Commission

Amendement

1.  Les États membres prennent les mesures nécessaires pour que les travailleurs aient un droit individuel à un congé parental d’au moins quatre mois, à prendre avant que l’enfant n’atteigne un âge déterminé, qui ne peut être inférieur à douze ans.

1.  Les États membres prennent les mesures nécessaires pour que les travailleurs aient un droit individuel à un congé parental rémunéré et non transférable d’au moins quatre mois, à prendre avant que l’enfant n’atteigne un âge déterminé, qui ne peut être inférieur à dix ans. Les États membres évaluent la possibilité d’étendre le droit au congé parental aux travailleurs qui se trouvent dans des situations particulières Ces situations particulières peuvent inclure: des parents en situation de handicap, des parents ayant des enfants en situation de handicap, souffrant notamment de problèmes de santé mentale, de problèmes médicaux ou de maladies graves, et des parents isolés au sens de la législation et des pratiques nationales dans les États membres.

Amendement    41

Proposition de directive

Article 5 – paragraphe 2

Texte proposé par la Commission

Amendement

2.  Lorsque les États membres permettent qu’un parent transfère son droit au congé parental à l’autre parent, ils font en sorte qu’au moins quatre mois de congé parental ne puissent pas être transférés.

2.  Lorsque les États membres permettent qu’un parent transfère son droit au congé parental à l’autre parent, ils font en sorte qu’au moins quatre mois de congé parental ne puissent pas être transférés. Lorsque les États membres prévoient plus de quatre mois de congé parental, une partie limitée de ce congé pourrait être transférée non seulement à l’autre parent, mais également à un tiers désigné qui, de fait, s’occupe de l’enfant.

Amendement    42

Proposition de directive

Article 5 – paragraphe 4

Texte proposé par la Commission

Amendement

4.  Les États membres peuvent subordonner le droit au congé parental à une période de travail ou à une période d’ancienneté qui ne peut dépasser un an. En cas de contrats à durée déterminée successifs, au sens de la directive 1999/70/CE21 du Conseil, avec un même employeur, la somme de ces contrats est prise en considération aux fins du calcul de la période d’ancienneté.

4.  Les États membres peuvent subordonner le droit au congé parental à une période de travail ou à une période d’ancienneté qui ne peut dépasser six mois. En cas de contrats à durée déterminée successifs, au sens de la directive 1999/70/CE21 du Conseil, avec un même employeur, la somme de ces contrats est prise en considération aux fins du calcul de la période d’ancienneté.

__________________

__________________

21 Directive du Conseil du 28 juin 1999 concernant l’accord-cadre CES, UNICE et CEEP sur le travail à durée déterminée (JO L 175 du 10.7.1999, p. 43).

21 Directive du Conseil du 28 juin 1999 concernant l’accord-cadre CES, UNICE et CEEP sur le travail à durée déterminée (JO L 175 du 10.7.1999, p. 43).

Amendement    43

Proposition de directive

Article 5 – paragraphe 5

Texte proposé par la Commission

Amendement

5.  Les États membres peuvent définir des circonstances dans lesquelles un employeur, après consultation conformément à la législation, aux conventions collectives et/ou à la pratique nationales, peut être autorisé à reporter l’octroi du congé parental pour une durée raisonnable au motif que ce congé perturberait gravement le bon fonctionnement de l’établissement. L’employeur justifie tout report de congé parental par écrit.

5.  Les États membres peuvent définir des circonstances dans lesquelles un employeur, après consultation conformément à la législation, aux conventions collectives et/ou à la pratique nationales, peut être autorisé à reporter au maximum deux fois et pour une période maximale de six mois l’octroi du congé parental et pour une durée raisonnable au motif que ce congé perturberait gravement le bon fonctionnement de l’établissement. L’employeur justifie tout report de congé parental par écrit. En outre, les États membres tiennent notamment compte des contraintes particulières qui pèsent sur les microentreprises.

Amendement    44

Proposition de directive

Article 5 – paragraphe 6

Texte proposé par la Commission

Amendement

6.  Les États membres prennent les mesures nécessaires pour que les travailleurs aient le droit de demander un congé parental également à temps partiel, en blocs séparés par des périodes de travail ou sous d’autres formes souples. L’employeur examine ces demandes et y répond, en tenant compte de ses propres besoins et de ceux des travailleurs. L’employeur justifie tout refus d’une telle demande par écrit.

6.  Les États membres prennent les mesures nécessaires pour que les travailleurs aient le droit de demander un congé parental également à temps partiel, en blocs séparés par des périodes de travail ou sous d’autres formes souples. L’employeur examine ces demandes et y répond, en tenant compte de ses propres besoins et de ceux des travailleurs. L’employeur justifie tout refus d’une telle demande par écrit dans un délai raisonnable suivant la présentation de la demande.

Amendement    45

Proposition de directive

Article 5 – paragraphe 7

Texte proposé par la Commission

Amendement

7.  Les États membres évaluent la nécessité d’ajuster les conditions d’accès et les modalités précises d’application du congé parental aux besoins des parents adoptifs, des parents en situation de handicap et des parents dont les enfants sont en situation de handicap ou souffrent d’une maladie à long terme.

7.  Les États membres évaluent la nécessité d’ajuster les conditions d’accès et les modalités précises d’application du congé parental aux besoins des parents qui se trouvent dans des situations particulières qu’il appartient aux États membres de définir. Ces situations particulières peuvent inclure: des parents en situation de handicap, des parents ayant des enfants en situation de handicap, souffrant notamment de problèmes de santé mentale, de problèmes médicaux ou de maladies graves, et des parents isolés au sens de la législation et des pratiques nationales dans les États membres.

Amendement    46

Proposition de directive

Article 6 – alinéa unique

Texte proposé par la Commission

Amendement

Les États membres prennent les mesures nécessaires pour que les travailleurs aient le droit de prendre au moins cinq jours de congé d’aidant par an et par travailleur. Ce droit peut être subordonné à la présentation de preuves appropriées du problème médical dont souffre le proche du travailleur.

Les États membres prennent les mesures nécessaires pour que les travailleurs aient le droit de prendre au moins cinq jours de congé d’aidant par an et par travailleur. Ce droit peut être subordonné à la présentation de justificatifs médicaux appropriés attestant du besoin de soins et d’aide du proche du travailleur.

Amendement    47

Proposition de directive

Article 6 bis (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

Article 6 bis

 

Les informations relatives au problème médical ou à la perte d’autonomie devraient rester confidentielles et n’être communiquées qu’à un nombre limité de services concernés afin de protéger le droit à la protection des données tant du travailleur que de la personne nécessitant des soins.

Amendement    48

Proposition de directive

Article 1 – alinéa unique

Texte proposé par la Commission

Amendement

Dans le respect des particularités nationales, telles que la législation, les conventions collectives et/ou la pratique nationales, et compte tenu des pouvoirs délégués aux partenaires sociaux, les États membres font en sorte que les travailleurs qui exercent leur droit au congé visé à l’article 4, 5 ou 6 reçoivent une rémunération ou une allocation adéquate équivalant au moins à ce que le travailleur concerné recevrait en cas de congé de maladie.

Dans le respect des particularités nationales, telles que la législation, les conventions collectives et/ou la pratique nationales, et compte tenu des pouvoirs délégués aux partenaires sociaux, les États membres font en sorte que les travailleurs qui exercent leur droit au congé visé à l’article 4, 5 ou 6 reçoivent une rémunération ou une allocation adéquate, dans les conditions suivantes:

 

(a) pour le congé de paternité visé à l’article 4, paragraphe 1, une rémunération ou une allocation au moins équivalente à la rémunération du congé de maternité, tel que défini au niveau national et dans le respect du principe de l’égalité entre les hommes et les femmes;

 

(b) pour le congé parental visé à l’article 5, paragraphe 1, une rémunération ou une allocation au moins équivalente à 80 % du salaire brut du travailleur;

 

(c) pour le congé d’aidant visé à l’article 6, une rémunération ou une allocation au moins équivalente à 80 % du salaire brut du travailleur.

Amendement    49

Proposition de directive

Article 9 – paragraphe 1

Texte proposé par la Commission

Amendement

1.  Les États membres prennent les mesures nécessaires pour que les travailleurs ayant des enfants jusqu’à un âge déterminé, qui ne peut être inférieur à douze ans, et les aidants aient le droit de demander des formules souples de travail dans le but de s’occuper de leurs proches. La durée de ces formules souples de travail peut faire l’objet d’une limitation raisonnable.

1.  Les États membres prennent les mesures nécessaires pour que les travailleurs ayant des enfants jusqu’à un âge déterminé, qui ne peut être inférieur à dix ans, et les aidants aient le droit de demander des formules souples de travail dans le but de s’occuper de leurs proches. La durée de ces formules souples de travail peut faire l’objet d’une limitation raisonnable.

Amendement    50

Proposition de directive

Article 9 – paragraphe 2

Texte proposé par la Commission

Amendement

2.  L’employeur examine les demandes de formules souples de travail visées au paragraphe 1 et y répond, en tenant compte de ses propres besoins et de ceux des travailleurs. L’employeur justifie tout refus d’une telle demande.

2.  L’employeur examine les demandes de formules souples de travail visées au paragraphe 1 et y répond par écrit, en tenant compte de ses propres besoins et de ceux des travailleurs, notamment dans les microentreprises. L’employeur justifie tout refus d’une telle demande et propose d’autres aménagements.

Amendement    51

Proposition de directive

Article 9 – paragraphe 3

Texte proposé par la Commission

Amendement

3.  Lorsque les formules souples de travail visées au paragraphe 1 sont limitées dans la durée, le travailleur a le droit de revenir à son rythme de travail de départ à la fin de la période convenue. Le travailleur a aussi le droit de demander à revenir à son rythme de travail de départ dès lors qu’un changement de circonstances le justifie. L’employeur est tenu d’examiner ces demandes et d’y répondre, en tenant compte de ses propres besoins et de ceux des travailleurs.

3.  Lorsque les formules souples de travail visées au paragraphe 1 sont limitées dans la durée, le travailleur a le droit de revenir à son rythme de travail de départ à la fin de la période convenue. Le travailleur a aussi le droit de demander à revenir à son rythme de travail de départ dès lors qu’un changement de circonstances le justifie. L’employeur est tenu d’examiner ces demandes et d’y répondre par écrit, en tenant compte de ses propres besoins et de ceux des travailleurs.

Amendement    52

Proposition de directive

Article 9 – paragraphe 3 bis (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

3 bis.  Les États membres évaluent la nécessité d’aménagements afin de veiller à l’application d’horaires de travail flexibles est adapté aux besoins des parents qui se trouvent dans des situations particulières, où une plus grande présence de leur part est requise, notamment en ce qui concerne les parents en situation de handicap et les parents ayant des enfants en situation handicap, souffrant notamment de problèmes de santé mentale, de problèmes médicaux ou de maladies graves, et des parents isolés au sens de la législation et des pratiques nationales dans les États membres. .

Amendement    53

Proposition de directive

Article 10 – paragraphe 3

Texte proposé par la Commission

Amendement

3.  Les États membres définissent le régime du contrat de travail ou de la relation de travail pour la période de congé visée à l’article 4, 5 ou 6, y compris en ce qui concerne les droits aux prestations de sécurité sociale, tout en faisant en sorte que la relation de travail soit maintenue dans ce cadre.

3.  Les États membres définissent le régime du contrat de travail ou de la relation de travail pour la période de congé visée à l’article 4, 5 ou 6 tout en faisant en sorte que la relation de travail soit maintenue pendant cette période, mais également sans préjudice des droits aux prestations de sécurité sociale, y compris de la contribution du travailleur au régime des pensions soumise à retenue pendant toute la durée du congé.

Amendement    54

Proposition de directive

Article 11 – alinéa unique

Texte proposé par la Commission

Amendement

Les États membres prennent les mesures nécessaires pour interdire tout traitement moins favorable des travailleurs au motif qu’ils ont demandé ou ont pris un congé visé à l’article 4, 5 ou 6 ou au motif qu’ils ont exercé leur droit aux formules souples de travail visé à l’article 9.

Les États membres prennent les mesures nécessaires pour interdire toute forme de discrimination et tout traitement moins favorable des travailleurs au motif qu’ils ont demandé ou ont pris un congé visé à l’article 4, 5 ou 6 ou au motif qu’ils ont exercé leur droit aux formules souples de travail visé à l’article 9.

Amendement    55

Proposition de directive

Article 13 – alinéa unique

Texte proposé par la Commission

Amendement

Les États membres établissent des règles en matière de sanctions applicables en cas de violation des dispositions nationales découlant de la présente directive ou des dispositions pertinentes déjà en vigueur concernant les droits qui relèvent de la présente directive. Les États membres prennent toutes les mesures nécessaires pour assurer l’application de ces sanctions. Les sanctions sont effectives, proportionnées et dissuasives. Elles peuvent prendre la forme d’amendes. Elles peuvent aussi comprendre le paiement d’indemnités.

Les États membres établissent des règles en matière de sanctions applicables en cas de violation des dispositions nationales découlant de la présente directive ou des dispositions pertinentes déjà en vigueur concernant les droits qui relèvent de la présente directive. Les États membres prennent toutes les mesures nécessaires pour assurer l’application de ces sanctions. Les sanctions sont effectives, proportionnées et dissuasives. Elles prennent la forme d’amendes. Elles peuvent aussi comprendre le paiement d’indemnités.

Amendement    56

Proposition de directive

Article 16

Texte proposé par la Commission

Amendement

Article 16

Article 16

Niveau de protection

Clause de non-régression

Les États membres peuvent introduire ou maintenir des dispositions qui sont plus favorables aux travailleurs que celles prévues par la présente directive. Ils font toutefois en sorte qu’au moins quatre mois de congé parental restent non transférables conformément à l’article 5, paragraphe 2.

1. Les États membres et/ou les partenaires sociaux peuvent introduire ou maintiennent des dispositions plus favorables pour les travailleurs que celles prévues dans la présente directive. Ils font toutefois en sorte qu’au moins quatre mois de congé parental restent non transférables conformément à l’article 5, paragraphe 2.

 

2. La présente directive est sans préjudice de dispositions plus spécifiques du droit de l’Union, et notamment des dispositions du droit de l’Union relatives à l’égalité de traitement et des chances entre hommes et femmes.

 

3. La mise en œuvre de la présente directive ne constitue pas une justification valable pour la régression des droits accordés et le niveau général de protection offert aux travailleurs.

Amendement    57

Proposition de directive

Article 17 – alinéa unique

Texte proposé par la Commission

Amendement

Les États membres font en sorte que les dispositions adoptées en vertu de la présente directive, ainsi que les dispositions pertinentes déjà en vigueur concernant l’objet énoncé à l’article 1er de la présente directive, soient portées à la connaissance des personnes concernées par tous moyens appropriés et sur l’ensemble de leur territoire.

Les États membres font en sorte que les dispositions adoptées en vertu de la présente directive, ainsi que les dispositions pertinentes déjà en vigueur concernant l’objet énoncé à l’article 1er de la présente directive, soient portées à la connaissance des personnes concernées par tous moyens appropriés et sur l’ensemble de leur territoire, également grâce au portail numérique unique.

Amendement    58

Proposition de directive

Article 18 – paragraphe 1

Texte proposé par la Commission

Amendement

1.  Cinq ans au plus tard après l’entrée en vigueur de la présente directive, les États membres communiquent à la Commission toutes les informations pertinentes concernant l’application de la présente directive qui sont nécessaires afin que la Commission fasse rapport au Parlement européen et au Conseil sur ce point.

1.  Trois ans au plus tard après l’entrée en vigueur de la présente directive, les États membres communiquent à la Commission toutes les informations pertinentes concernant l’application de la présente directive qui sont nécessaires afin que la Commission élabore un rapport au Parlement européen et au Conseil, et procède, à leur intention, à l’évaluation de la réalisation des objectifs de la présente directive, y compris de l’égalité entre les sexes et de son incidence sur le développement des micro, petites et moyennes entreprises.

Amendement    59

Proposition de directive

Article 18 – paragraphe 2

Texte proposé par la Commission

Amendement

2.  Sur la base des informations fournies par les États membres en vertu du paragraphe 1, la Commission soumet au Parlement européen et au Conseil un rapport dans lequel elle examine l’application de la présente directive, accompagné, s’il y a lieu, d’une proposition législative.

2.  Sur la base des informations fournies par les États membres en vertu du paragraphe 1, la Commission soumet au Parlement européen et au Conseil un rapport accompagné, s’il y a lieu, d’une proposition législative, dans lequel elle examine l’application de la présente directive, y compris des données, ventilées par sexe, sur la prise des différents types de congés visés dans la présente directive et son incidence sur les micro, petites et moyennes entreprises, accompagné, s’il y a lieu, d’une proposition législative, et elle évalue la possibilité d’étendre à l’avenir les droits contenus dans la présente directive aux travailleurs indépendants.

Amendement    60

Proposition de directive

Article 18 – paragraphe 2 bis (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

2 bis.  La Commission évalue également à bref délai, après la date d’entrée en vigueur de la présente directive, si cette dernière respecte le principe d’égalité de traitement des différents niveaux de revenu de remplacement selon les différents types de congés, et introduit immédiatement les mesures législatives nécessaires si elle repère de telles discriminations.

PROCÉDURE DE LA COMMISSION SAISIE POUR AVIS

Titre

Équilibre entre vie professionnelle et vie privée des parents et aidants

Références

COM(2017)0253 – C8-0137/2017 – 2017/0085(COD)

Commission compétente au fond

       Date de l’annonce en séance

EMPL

15.5.2017

 

 

 

Avis émis par

       Date de l’annonce en séance

FEMM

15.5.2017

Commissions associées - date de l’annonce en séance

14.9.2017

Rapporteur(e) pour avis

       Date de la nomination

Agnieszka Kozłowska-Rajewicz

20.10.2017

Examen en commission

19.2.2018

27.3.2018

15.5.2018

 

Date de l’adoption

28.5.2018

 

 

 

Résultat du vote final

+:

–:

0:

19

8

4

Membres présents au moment du vote final

Daniela Aiuto, Beatriz Becerra Basterrechea, Heinz K. Becker, Vilija Blinkevičiūtė, Anna Maria Corazza Bildt, Anna Hedh, Mary Honeyball, Teresa Jiménez-Becerril Barrio, Agnieszka Kozłowska-Rajewicz, Florent Marcellesi, Angelika Mlinar, Angelika Niebler, Maria Noichl, Margot Parker, Marijana Petir, Pina Picierno, João Pimenta Lopes, Terry Reintke, Liliana Rodrigues, Michaela Šojdrová, Ernest Urtasun, Jadwiga Wiśniewska, Anna Záborská, Maria Gabriela Zoană

Suppléants présents au moment du vote final

Eleonora Forenza, Julie Girling, Kostadinka Kuneva, Clare Moody, Branislav Škripek, Mylène Troszczynski, Julie Ward

VOTE FINAL PAR APPEL NOMINALEN COMMISSION SAISIE POUR AVIS

19

+

ALDE

Beatriz Becerra Basterrechea, Angelika Mlinar

EFDD

Daniela Aiuto

PPE

Heinz K. Becker, Teresa Jiménez-Becerril Barrio, Agnieszka Kozłowska-Rajewicz, Michaela Šojdrová

S&D

Vilija Blinkevičiūtė, Anna Hedh, Mary Honeyball, Clare Moody, Maria Noichl, Pina Picierno, Liliana Rodrigues, Julie Ward, Maria Gabriela Zoană

VERTS/ALE

Florent Marcellesi, Terry Reintke, Ernest Urtasun

8

-

ECR

Branislav Škripek, Jadwiga Wiśniewska

EFDD

Margot Parker

ENF

Mylène Troszczynski

GUE/NGL

João Pimenta Lopes

PPE

Anna Maria Corazza Bildt, Julie Girling, Angelika Niebler

4

0

GUE/NGL

Eleonora Forenza, Kostadinka Kuneva

PPE

Marijana Petir, Anna Záborská

Légende des signes utilisés:

+  :  pour

-  :  contre

0  :  abstention

(1)

Données émanant de la DG JUST: https://ec.europa.eu/info/strategy/justice-and-fundamental-rights/discrimination/gender-equality/equal-economic-independence_en#womeninwork

(2)

EIGE: Indice d’égalité de genre 2017: Mesurer l’égalité entre les femmes et les hommes dans l’Union européenne 2005-2015. Chapitre consacré au travail – Dix ans de lente évolution.

(3)

http://ec.europa.eu/eurostat/statistics-explained/index.php/Europe_2020_indicators_-_employment

(4)

Eurofound: Promotion du congé parental et de paternité chez les pères dans l’Union européenne (2015), https://www.eurofound.europa.eu/publications/customised-report/2015/working-conditions-industrial-relations/promoting-uptake-of-parental-and-paternity-leave-among-fathers-in-the-european-union

OCDE (2017), Atteindre l’égalité femmes-hommes: Un combat difficile, Éditions OCDE, Paris.

http://dx.doi.org/10.1787/9789264203426-fr

(5)

Des études montrent que le congé de paternité conditionne la participation accrue des pères aux responsabilités familiales, pouvant, par exemple, prendre la forme d’un congé parental, mais également d’un investissement plus général dans l’éducation d’un enfant:

Linda Haas & C. Philip Hwang (2008), The Impact of Taking Parental Leave on Fathers’ Participation In Childcare And Relationships With Children: Lessons from Sweden, Community, Work & Family, 11:1, 85-104, DOI: 10.1080/13668800701785346

Sakiko Tanaka & Jane Waldfogel (2007) EFFECTS OF PARENTAL LEAVE AND WORK HOURS ON FATHERS’ INVOLVEMENT WITH THEIR BABIES, Community, Work & Family, 10:4, 409-426, DOI: 10.1080/13668800701575069

Eyal Abraham, Talma Hendler, Irit Shapira-Lichter, Yaniv Kanat-Maymon, Orna Zagoory-Sharon and Ruth Feldman: Father’s brain is sensitive to childcare experiences, Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) 2014 July, 111 (27) 9792-9797

(6)

Plus le lien est fort, plus il y a de chances que le père s’implique par la suite dans l’éducation, et l’engagement accru du père dans l’éducation du premier enfant augmente les chances pour la famille de décider d’avoir un deuxième enfant.

Ann-Zofie Duvander & Gunnar Andersson (2008) Gender Equality and Fertility in Sweden, Marriage & Family Review, 39:1-2, 121-142, DOI: 10.1300/J002v39n01_07


AVIS de la commission des affaires juridiques (28.3.2018)

à l’intention de la commission de l’emploi et des affaires sociales

sur la proposition de directive du Parlement européen et du Conseil concernant l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée des parents et aidants et abrogeant la directive 2010/18/UE du Conseil

(COM(2017)0253 – C8-0137/2017 – 2017/0085(COD))

Rapporteure pour avis: Joëlle Bergeron

JUSTIFICATION SUCCINCTE

La Commission Européenne estime que cette proposition de directive correspond à la nécessité de suivre une approche plus large en matière d’équilibre entre vie professionnelle et vie privée et ce, en tenant compte de l’évolution de la société au cours des dernières années.

Elle vise à faire face à la sous-représentation des femmes sur le marché de l’emploi et à soutenir leur progression de carrière au moyen de meilleures conditions pour concilier leur travail et leurs responsabilités familiales. À cette fin, elle fixe des critères minimaux pour réaliser la nécessaire égalité entre hommes et femmes en ce qui concerne leurs chances sur le marché du travail et le traitement au travail. Elle encourage en outre la non-discrimination et l’égalité des sexes, en adaptant et en modernisant le cadre juridique de l’UE.

Dans l’UE, les personnes engagées avec un contrat à temps partiel sont principalement des femmes (32 % de femmes contre 8 % d’hommes), et ce, pour des raisons de difficultés de conciliation entre vie professionnelle et vie privée. Bien évidemment, dans de nombreux cas, cela se traduit aussi par des écarts de salaires et de retraite très importants entre les hommes et les femmes. L’actuel cadre juridique au niveau de l’UE et des États membres prévoit peu de dispositions pour que les hommes assument une part égale des responsabilités familiales au côté des femmes. Il est en effet urgent de palier à ces carences. Votre rapporteur souscrit parfaitement aux objectifs spécifiques de la proposition de directive qui visent notamment à améliorer l’accès aux modalités permettant de concilier la vie professionnelle et la vie privée ainsi que d’augmenter le recours pour les hommes aux congés familiaux et aux formules souples travail. Sur ce dernier point la question du montant de la rémunération des congés parentaux est essentielle afin qu’ils soient pris de façon équitable par les hommes et les femmes. Cela est loin d’être le cas aujourd’hui en raison des rémunérations dérisoires allouées au congé parental. La proposition de la Commission de caler le niveau de rémunération sur celui du congé maladie est une avancée sur ce point. Ce qui doit rester présent à notre esprit et doit être la ligne directrice c’est la protection de l’enfant. Il ne fait pas de doute pour le rapporteur que l’intérêt supérieur de l’enfant est d’être élevé, choyé et entouré par ses deux parents de façon équilibrée. Votre rapporteur estime donc nécessaire que les hommes et les femmes soient mis en mesure de participer à égalité au soutien de famille. Cela est possible en éliminant les inégalités entre hommes et femmes dans les emplois rémunérés ou non et en promouvant un partage équitable des responsabilités et de la prise en charge des enfants et des proches nécessitant assistance.

Il ne faut cependant pas négliger les exigences et les contraintes pesant sur les employeurs et tout particulièrement quand il s’agit d’une toute petite entreprise de deux ou trois salariés. En effet la prise d’un congé parental peut constituer une véritable mise en danger de l’entreprise. Votre rapporteur tient sur ce point à mieux encadrer la protection des employeurs mais aussi à éviter les abus en cas d’absences au travail pour des raisons familiales urgentes. Dans cette perspective, la présentation de preuves justificatives et même la nécessité de subordonner le droit à un congé parental à une période de travail ou d’ancienneté ne pouvant dépasser neuf mois sont essentielles. Les congés aidants doivent aussi être encadrés afin de protéger l’employeur de tout abus de droit. En même temps il est essentiel de permettre aux travailleurs qui souhaitent s’occuper d’un proche de trouver un meilleur équilibre entre leur vie privée et leur vie professionnelle et notamment leur éviter de quitter définitivement le marché du travail.

Votre rapporteur tient aussi à préciser que la situation des parents ayant en charge un enfant atteint d’un handicap ou d’une maladie grave ou encore le cas de naissances ou adoptions multiples n’est pas prise en compte par la Commission. Elle considère que la durée du congé parental devrait pouvoir être doublée dans ces situations.

Enfin, il doit en être de même pour les parents isolés, réalité en constante augmentation, et qui ne doit pas être ignoré.

AMENDEMENTS

La commission des affaires juridiques invite la commission de l’emploi et des affaires sociales, compétente au fond, à prendre en considération les amendements suivants:

Amendement    1

Proposition de directive

Considérant 2

Texte proposé par la Commission

Amendement

(2)  L'égalité entre les hommes et les femmes est un principe fondamental de l'Union. En vertu de l'article 3 du traité sur l’Union européenne, la promotion de l'égalité entre les femmes et les hommes est l'un des buts de l’Union. De même, l’article 23 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne prévoit que l’égalité entre les femmes et les hommes doit être assurée dans tous les domaines, y compris en matière d’emploi, de travail et de rémunération.

(2)  L'égalité entre les hommes et les femmes est un principe fondamental de l'Union. En vertu de l'article 3 du traité sur l’Union européenne, la promotion de l'égalité entre les femmes et les hommes est l'un des buts de l’Union. De même, l’article 23 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne prévoit que l’égalité entre les femmes et les hommes doit être assurée dans tous les domaines, y compris en matière d’emploi, de travail et de rémunération. La présente directive contribue à la réalisation de ces objectifs en supprimant les inégalités, en consolidant l’égalité des sexes, en favorisant un taux d’emploi élevé et en renforçant la dimension sociale de l’Union, ainsi qu’en encourageant un nivellement par le haut entre les États membres en matière de prestations sociales.

Amendement    2

Proposition de directive

Considérant 3

Texte proposé par la Commission

Amendement

(3)  L'article 33 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne prévoit le droit à la protection contre tout licenciement pour un motif lié à la maternité, ainsi que le droit à un congé de maternité payé et à un congé parental à la suite de la naissance ou de l'adoption d'un enfant, afin de pouvoir concilier vie familiale et vie professionnelle.

(3)  L'article 33 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (la charte) prévoit une protection juridique, économique et sociale de la famille, le droit à la protection contre tout licenciement pour un motif lié à la maternité, ainsi que le droit à un congé de maternité payé et à un congé parental à la suite de la naissance ou de l'adoption d'un enfant, afin de pouvoir concilier vie familiale et vie professionnelle.

Amendement    3

Proposition de directive

Considérant 4 bis (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

(4 bis)  Les personnes handicapées devraient avoir droit à une aide au revenu leur permettant de vivre dignement, à des services leur permettant de participer au marché du travail et à la société, ainsi qu’à un environnement de travail adapté à leurs besoins.

Amendement    4

Proposition de directive

Considérant 4 ter (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

(4 ter)  L’égalité de traitement et l’égalité des chances entre les femmes et les hommes devraient être garanties et encouragées dans tous les domaines, y compris au regard de la participation au marché du travail, des conditions d’emploi et de l’évolution de carrière. Les femmes et les hommes ont droit à une rémunération égale pour un travail de même valeur.

Amendement    5

Proposition de directive

Considérant 5

Texte proposé par la Commission

Amendement

(5)  Les politiques relatives à l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée devraient contribuer à la réalisation de l’égalité des sexes en encourageant la participation des femmes au marché du travail, en rendant plus facile pour les hommes de partager les responsabilités familiales à parts égales avec les femmes et en réduisant les écarts de revenus et de salaire entre les hommes et les femmes. Ces politiques devraient tenir compte des changements démographiques, notamment des effets du vieillissement de la population.

(5)  Les politiques relatives à l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée devraient contribuer à la réalisation de l’égalité des sexes en encourageant la participation des femmes au marché du travail et en favorisant la participation et le rôle des hommes dans la vie familiale, conformément à l’article 24 de la charte, qui dispose que «tout enfant à le droit d’entretenir régulièrement des relations personnelles et des contacts directs avec ses deux parents, sauf si cela est contraire à son intérêt», afin d’établir une répartition équitable des responsabilités familiales et de l’éducation des enfants, et en contribuant à réduire les écarts de revenus, de salaire et de pension de retraite entre les hommes et les femmes. Ces politiques devraient tenir compte des changements démographiques, notamment des effets du vieillissement de la population. Dans ce contexte, l’action en faveur d’un meilleur équilibre entre vie professionnelle et privée pourrait constituer une mesure d’incitation efficace pour stimuler les naissances.

Amendement    6

Proposition de directive

Considérant 6 bis (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

(6 bis)  Selon les statistiques de la Commission européenne du mois d’octobre 2017, le taux d’emploi des hommes dans l’Union s’élevait à 71,9 % contre 61,4 % pour les femmes, malgré le niveau d’éducation supérieur des femmes.

Amendement    7

Proposition de directive

Considérant 7

Texte proposé par la Commission

Amendement

(7)  Cependant, l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée reste un défi considérable à relever pour de nombreux parents et travailleurs ayant des responsabilités familiales, avec des conséquences négatives sur l’emploi des femmes. Un fait majeur qui contribue à la sous-représentation des femmes sur le marché du travail est la difficulté à trouver un équilibre entre obligations professionnelles et obligations familiales. Lorsque les femmes ont des enfants, elles ont tendance à travailler un plus petit nombre d’heures dans un emploi rémunéré et à passer plus de temps à assumer des responsabilités familiales non rémunérées. Il a également été démontré que le fait d’avoir un proche malade ou dépendant a une incidence négative sur l’emploi des femmes, conduisant certaines à quitter complètement le marché du travail.

(7)  À mesure que le nombre des ménages à double revenu a augmenté, le travail s'est intensifié et les pressions s’exerçant sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée ont progressé, à l'instar des demandes en faveur d'une amélioration de cet équilibre. L’équilibre entre vie professionnelle et vie privée reste par conséquent un défi considérable à relever pour de nombreux parents et travailleurs ayant des responsabilités familiales, avec des conséquences négatives sur l’emploi des femmes. Un fait majeur qui contribue à la sous-représentation des femmes sur le marché du travail est la difficulté à trouver un équilibre entre obligations professionnelles et obligations familiales. Lorsque les femmes ont des enfants ou ont la charge de personnes âgées dépendantes ou de parents proches atteints de maladies chroniques invalidantes, elles sont obligées de travailler moins d’heures dans un emploi rémunéré et de passer plus de temps à assumer des responsabilités familiales non rémunérées. Cette situation contribue sensiblement à l’écart de salaire entre les femmes et les hommes, qui peut atteindre 28 % dans certains États membres et qui s’accumule tout au long de la vie professionnelle avant de prendre la forme d'un écart entre les pensions de retraite perçues par les femmes et les hommes, lequel est de 40 % en moyenne dans l’Union et se traduit par un risque plus élevé de pauvreté et d’exclusion sociale des femmes. Il a également été démontré que le fait d’avoir un proche malade ou dépendant a une incidence négative sur l’emploi des femmes, conduisant certaines à quitter complètement ou partiellement le marché du travail.

Amendement    8

Proposition de directive

Considérant 7 bis (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

(7 bis)  Selon les données d’Eurofound, plus de trois millions de personnes ont quitté un emploi à temps plein faute de structures pouvant accueillir leurs enfants ou leurs proches dépendants.

Amendement    9

Proposition de directive

Considérant 7 ter (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

(7 ter)  Les enfants devraient avoir droit à des services d’éducation et d’accueil de la petite enfance abordables et de qualité.

Amendement    10

Proposition de directive

Considérant 8

Texte proposé par la Commission

Amendement

(8)  Le cadre juridique actuel de l’Union prévoit peu de dispositions incitant les hommes à assumer une part égale des responsabilités familiales. L’absence de congé de paternité et de congé parental rémunérés dans de nombreux États membres contribue à ce que peu de pères prennent de tels congés. Le déséquilibre entre hommes et femmes dans la conception des politiques en matière d’équilibre entre vie professionnelle et vie privée accentue les différences entre ceux-ci sur les plans du travail et des soins aux proches. À l’inverse, le recours par les pères aux modalités permettant de concilier vie professionnelle et vie privée telles que les congés ou les formules souples de travail s’est avéré avoir une incidence positive en réduisant la quantité relative de travail familial non rémunéré effectué par les femmes et en laissant aux femmes davantage de temps pour un emploi rémunéré.

(8)  Le cadre juridique actuel de l’Union prévoit peu de dispositions incitant les hommes à assumer une part égale des responsabilités familiales. Il n’existe pas de législation harmonisée à l’échelle de l’Union qui régisse le congé de paternité ou les congés pour s’occuper de proches malades ou dépendants, à l’exception de l’absence en cas de force majeure. L’absence de congé de paternité et de congé parental rémunérés dans de nombreux États membres contribue à ce que peu de pères prennent de tels congés. Le déséquilibre entre hommes et femmes dans la conception des politiques en matière d’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, ou le caractère inadéquat de ces politiques, ralentit la croissance, compromet les objectifs d’intégration sociale, expose davantage les femmes au risque de pauvreté, notamment les femmes les plus âgées, et accentue les différences entre ceux-ci sur les plans du travail et des soins aux proches. À l’inverse, le recours par les pères aux modalités permettant de concilier vie professionnelle et vie privée, telles que les congés et les mesures d'incitation pour que ceux-ci soient effectivement pris ou encore les formules souples de travail, s’est avéré avoir une incidence positive en réduisant la quantité relative de travail familial non rémunéré effectué par les femmes et en laissant aux femmes davantage de temps pour un emploi rémunéré et pour s’affirmer sur le plan social, économique et professionnel.

Amendement    11

Proposition de directive

Considérant 8 bis (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

(8 bis)  Les parents et les autres personnes ayant quelqu’un à charge devraient avoir le droit de bénéficier de congés adaptés et de formules de travail flexibles, et avoir accès à des services de garde. Les femmes et les hommes devraient pouvoir bénéficier dans les mêmes conditions de congés spéciaux afin de s’acquitter de leurs responsabilités familiales et devraient être encouragés à en faire usage de manière équilibrée.

Amendement    12

Proposition de directive

Considérant 9 bis (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

(9 bis)  Il est essentiel de concilier vie professionnelle, vie privée et vie familiale au moyen d’une approche large qui comprenne des mesures législatives et non législatives, telles que des incitations et des mesures efficaces, telles que le crédit d’impôt pour la garde des enfants ou la prise en charge des personnes qui nécessitent des soins.

Amendement    13

Proposition de directive

Considérant 9 ter (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

(9 ter)  Les partenaires sociaux devraient être consultés sur la conception et la mise en œuvre des politiques économiques, sociales et de l’emploi, conformément aux pratiques nationales. Ils devraient être encouragés à négocier et à conclure des conventions collectives sur des sujets qui les concernent, dans le respect de leur autonomie et de leur droit à l’action collective.

Amendement    14

Proposition de directive

Considérant 10

Texte proposé par la Commission

Amendement

(10)  Il convient d'abroger et de remplacer la directive 2010/18/UE, qui régit actuellement le congé parental en mettant en œuvre un accord-cadre conclu entre les partenaires sociaux. La présente directive est basée en particulier sur les règles énoncées dans la directive 2010/18/UE et les complète en renforçant les droits existants et en en créant de nouveaux.

(10)  Il convient d'abroger et de remplacer la directive 2010/18/UE, qui régit actuellement le congé parental en mettant en œuvre un accord-cadre conclu entre les partenaires sociaux. La présente directive est basée en particulier sur les règles énoncées dans la directive 2010/18/UE et les complète en renforçant les droits existants et en en créant de nouveaux. Aucun élément de la présente directive ne devrait être interprété comme visant à réduire, en vertu de celle-ci, des droits préexistants.

Amendement    15

Proposition de directive

Considérant 11

Texte proposé par la Commission

Amendement

(11)  La présente directive fixe des exigences minimales en matière de congé de paternité, de congé parental et de congé d’aidant, ainsi que de formules souples de travail pour les parents et pour les travailleurs ayant des responsabilités familiales. En facilitant la conciliation de la vie familiale et de la vie professionnelle pour les parents et les aidants, elle devrait contribuer aux objectifs définis par le traité en matière d’égalité des chances entre les hommes et les femmes sur le marché du travail et d’égalité de leur traitement sur le lieu de travail, ainsi qu’en ce qui concerne la promotion d’un niveau d’emploi élevé dans l’UE.

(11)  La présente directive fixe des exigences minimales en matière de congé de paternité, de congé parental et de congé d’aidant, ainsi que de formules souples de travail pour les parents et pour les travailleurs ayant des responsabilités familiales, tout en respectant les dispositions juridiques nationales concernant les congés et les formules souples de travail qui satisfont aux exigences de la présente directive ainsi que la possibilité laissée aux États membres et aux partenaires sociaux de décider de dispositions spécifiques en la matière. La présente directive respecte pleinement la liberté et les préférences des travailleurs et des familles concernant l’organisation de leurs vies et elle ne leur impose aucunement de se prévaloir de ses dispositions. Malgré une importante marge de manœuvre concédée aux décisions individuelles et nationales, en facilitant la conciliation de la vie familiale et de la vie professionnelle pour les parents et les aidants, elle devrait contribuer aux objectifs définis par le traité en matière d’égalité des chances entre les hommes et les femmes sur le marché du travail et d’égalité de leur traitement sur le lieu de travail, ainsi qu’en ce qui concerne la promotion d’un niveau d’emploi élevé dans l’UE et d’un niveau de vie décent pour les travailleurs et leurs familles.

Amendement    16

Proposition de directive

Considérant 12

Texte proposé par la Commission

Amendement

(12)  La présente directive devrait s'appliquer à tous les travailleurs qui ont des contrats de travail ou d'autres relations de travail. Cela devrait inclure, comme c’est actuellement le cas au titre de la clause 2, paragraphe 3, de l’annexe de la directive 2010/18/UE, les contrats de travail ou relations de travail des travailleurs à temps partiel, des travailleurs à durée déterminée ou des personnes ayant un contrat de travail ou une relation de travail avec une entreprise de travail intérimaire.

(12)  La présente directive devrait s'appliquer à tous les travailleurs qui ont des contrats de travail ou d'autres relations de travail. Cela devrait inclure, comme c’est actuellement le cas au titre de la clause 2, paragraphe 3, de l’annexe de la directive 2010/18/UE, les contrats de travail ou relations de travail des travailleurs à temps partiel, des travailleurs à durée déterminée ou indéterminée ou des personnes ayant un contrat de travail ou une relation de travail avec une entreprise de travail intérimaire.

Amendement    17

Proposition de directive

Considérant 12 bis (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

(12 bis)  La directive vise prioritairement à instaurer un bon équilibre entre vie professionnelle et vie privée sans introduire de conditions de travail précaires et atypiques.

Amendement    18

Proposition de directive

Considérant 12 ter (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

(12 ter)  La présente directive vise à améliorer et à renforcer les dispositions relatives aux conditions d’accès et à la sécurité juridique au regard de l’octroi du congé parental aux parents dont les enfants souffrent d’un handicap ou d’une maladie grave chronique, notamment pour éviter tout arbitraire dans l’attribution de congés pour les tranches d’âge concernées au-delà des dispositions actuellement applicables ou la création de bons ou de contributions spéciales pour couvrir le coût des services d’accueil d’enfants.

Amendement    19

Proposition de directive

Considérant 13

Texte proposé par la Commission

Amendement

(13)  Afin d’encourager un partage plus égal des responsabilités familiales entre les femmes et les hommes, il convient d’introduire un droit au congé de paternité, à prendre par le père à l’occasion de la naissance d’un enfant. Afin de tenir compte des différences entre États membres, le droit au congé de paternité devrait être indépendant de l’état matrimonial ou familial, tel que défini par le droit national.

(13)  Afin d’encourager un partage plus égal des responsabilités familiales entre les femmes et les hommes, il convient d’introduire un droit au congé de paternité pour le second parent, à prendre, s'il en fait la demande, à l’occasion de la naissance ou de l’adoption d’un enfant. Afin de tenir compte des différences entre États membres, le droit au congé de paternité devrait être indépendant de l’état matrimonial ou familial, tel que défini par le droit national, et ne pas tenir compte de l’ancienneté du salarié ou du type de contrat qui le lie à son employeur.

Amendement    20

Proposition de directive

Considérant 14

Texte proposé par la Commission

Amendement

(14)  Étant donné que la majorité des pères ne font pas usage de leur droit au congé parental ou transfèrent une part importante de leurs droits aux mères, la présente directive, afin d’encourager le deuxième parent à prendre un congé parental, et tout en maintenant le droit de chaque parent à un congé parental d’une durée minimale de quatre mois prévu par la directive 2010/18/UE, fait passer de un à quatre mois la durée de congé qui ne peut pas être transférée entre parents.

(14)  Étant donné que la majorité des pères ne font pas usage de leur droit au congé parental ou transfèrent une part importante de leurs droits aux mères, la présente directive, afin de favoriser l’établissement précoce de liens étroits avec l’enfant et d’encourager le deuxième parent à prendre un congé parental, et tout en maintenant le droit de chaque parent à un congé parental d’une durée minimale de quatre mois prévu par la directive 2010/18/UE, fait passer de un à quatre mois la durée de congé qui ne peut pas être transférée entre parents.

Amendement    21

Proposition de directive

Considérant 15

Texte proposé par la Commission

Amendement

(15)  Afin de donner davantage de possibilités aux parents de faire usage de leur droit au congé parental quand leurs enfants sont plus grands, ce droit devrait être accordé au moins jusqu’aux douze ans de l’enfant. Les États membres devraient pouvoir préciser la durée du préavis à donner par le travailleur à l’employeur lorsqu’il demande un congé parental et décider si le droit au congé parental peut être subordonné à une période d'ancienneté. Étant donné la diversité croissante des dispositions contractuelles, c’est la somme des contrats à durée déterminée successifs avec un même employeur qui devrait être prise en considération aux fins du calcul de la période d'ancienneté. Afin d'assurer un équilibre entre les besoins des travailleurs et ceux des employeurs, les États membres devraient aussi pouvoir décider si l’employeur peut ou non être autorisé à reporter l’octroi du congé parental dans certaines circonstances. Dans de tels cas, l’employeur devrait justifier ce report. Étant donné que la flexibilité rend d’autant plus probable le fait que le second parent, notamment le père, exerce son droit à un tel congé, les travailleurs devraient pouvoir demander leur congé parental à temps plein ou à temps partiel, ou sous d’autres formes souples. Il devrait appartenir à l’employeur d'accepter ou non une telle demande de congé parental sous des formes souples autres que le temps plein. Les États membres devraient également apprécier s’il y a lieu d'adapter les conditions et les modalités précises du congé parental aux besoins spécifiques des parents dans des situations particulièrement défavorisées.

(15)  Afin de donner davantage de possibilités aux parents de faire usage de leur droit au congé parental quand leurs enfants sont plus grands, ce droit devrait être accordé au moins jusqu’aux treize ans de l’enfant. Les États membres devraient pouvoir préciser la durée du préavis à donner par le travailleur à l’employeur lorsqu’il demande un congé parental. Afin d'assurer un équilibre entre les besoins des travailleurs et ceux des employeurs, les États membres devraient aussi pouvoir décider si l’employeur peut ou non être autorisé à reporter l’octroi du congé parental dans certaines circonstances. Dans de tels cas, l’employeur devrait justifier ce report par écrit. Étant donné que la flexibilité rend d’autant plus probable le fait que le second parent, notamment le père, exerce son droit à un tel congé, les travailleurs devraient pouvoir demander leur congé parental à temps plein ou à temps partiel, ou sous d’autres formes souples. Il devrait appartenir à l’employeur d'accepter ou non une telle demande de congé parental sous des formes souples autres que le temps plein. Les États membres devraient apprécier les conditions et les modalités du congé parental des parents dans des situations particulièrement défavorisées.

Amendement    22

Proposition de directive

Considérant 16

Texte proposé par la Commission

Amendement

(16)  Pour faciliter le retour au travail à la suite d'un congé parental, les travailleurs et les employeurs devraient être encouragés à rester en contact pendant la période du congé et peuvent prévoir des mesures de réintégration appropriées, d'un commun accord et dans le respect de la législation, des conventions collectives et de la pratique nationales.

(16)  Pour faciliter le retour au travail à la suite d'un congé parental, les travailleurs et les employeurs devraient prévoir des mesures de réintégration appropriées, d'un commun accord et dans le respect de la législation, des conventions collectives et de la pratique nationales.

Amendement    23

Proposition de directive

Considérant 18

Texte proposé par la Commission

Amendement

(18)  Outre le droit au congé d’aidant prévu par la présente directive, tous les travailleurs devraient conserver leur droit de s’absenter du travail pour raisons de force majeure liée à des raisons familiales urgentes et imprévues, actuellement prévu par la directive 2010/18/UE, aux conditions établies par les États membres.

(18)  Outre le droit au congé d’aidant prévu par la présente directive, tous les travailleurs devraient conserver leur droit de s’absenter du travail pour des raisons familiales urgentes et imprévues, actuellement prévu par la directive 2010/18/UE, aux conditions établies par les États membres.

Amendement    24

Proposition de directive

Considérant 19

Texte proposé par la Commission

Amendement

(19)  Afin d'inciter davantage les travailleurs ayant des enfants ou des responsabilités familiales, en particulier les hommes, à prendre les périodes de congé prévues par la présente directive, il convient de leur donner le droit à une allocation adéquate pendant leur congé. Le niveau de l’allocation devrait être au moins équivalent à ce que le travailleur concerné recevrait en cas de congé de maladie. Les États membres devraient prendre en considération l’importance de la continuité des droits aux prestations de sécurité sociale, notamment les soins de santé.

(19)  Afin d'inciter davantage les travailleurs ayant des enfants ou des responsabilités familiales, en particulier les hommes, à prendre les périodes de congé prévues par la présente directive, il convient de leur donner le droit à une allocation adéquate pendant leur congé. Le niveau de l’allocation devrait être adéquat, et en aucun cas inférieur à ce que le travailleur concerné recevrait en cas de congé de maladie. Les États membres devraient prendre en considération l’importance de la continuité des droits aux prestations de sécurité sociale, notamment les soins de santé.

Amendement    25

Proposition de directive

Considérant 21

Texte proposé par la Commission

Amendement

(21)  Afin que les parents et les aidants qui travaillent soient encouragés à rester dans la population active, ils devraient être en mesure d’adapter leurs horaires de travail à leurs besoins et préférences personnels. Les parents et les aidants qui travaillent devraient donc être en mesure de demander des formules souples de travail, ce qui signifie la possibilité pour les travailleurs d'aménager leurs rythmes de travail, y compris par le recours au travail à distance, à des horaires de travail souples ou à une réduction du temps de travail, dans le but de s’occuper de leurs proches. Afin de répondre tant aux besoins des travailleurs qu’à ceux des employeurs, les États membres devraient avoir la faculté de limiter la durée des formules souples de travail, y compris les réductions du temps de travail. Bien qu’il ait été démontré que le travail à temps partiel soit utile pour certaines femmes en leur permettant de rester sur le marché du travail après avoir eu des enfants, de longues réductions de temps de travail peuvent entraîner un abaissement des cotisations de sécurité sociale se traduisant par des droits à pension réduits ou inexistants. La décision finale quant à l’acceptation ou non d’une demande de formule souple de travail soumise par un travailleur devrait revenir à l’employeur. Les circonstances spécifiques qui expliquent le besoin de formules de travail souples peuvent changer. C’est pourquoi les travailleurs devraient non seulement avoir le droit de revenir à leur rythme de travail de départ à la fin d’une période convenue, mais aussi pouvoir demander à le faire à tout moment lorsqu'un changement de circonstances le requiert.

(21)  Afin que les parents et les aidants qui travaillent soient encouragés à rester dans la population active, les employeurs devraient leur donner la possibilité d’adapter leurs horaires de travail à leurs besoins et préférences personnels. Sans abuser de ce droit, les parents et les aidants qui travaillent devraient être en mesure de demander des formules souples de travail, ce qui signifie la possibilité pour les travailleurs d'aménager leurs rythmes de travail, y compris par le recours au travail à distance, à des horaires de travail souples ou à une réduction du temps de travail, dans le but de s’occuper de leurs proches. Afin de répondre tant aux besoins des travailleurs qu’à ceux des employeurs, et de garantir un bon équilibre entre ceux-ci, les États membres devraient avoir la faculté de limiter la durée du travail à temps partiel pour privilégier d’autres formules souples de travail. Bien qu’il ait effectivement été démontré que le travail à temps partiel est utile pour certaines femmes en leur permettant de rester sur le marché du travail après avoir eu des enfants ou lorsqu’elles doivent assumer d’autres responsabilités familiales, de longues réductions de temps de travail peuvent entraîner un abaissement des cotisations de sécurité sociale se traduisant par des droits à pension réduits ou inexistants. La décision finale quant à l’acceptation ou non d’une demande de formule souple de travail soumise par un travailleur devrait revenir à l’employeur. Les circonstances spécifiques qui expliquent le besoin de formules de travail souples peuvent changer. C’est pourquoi les travailleurs devraient non seulement avoir le droit de revenir à leur rythme de travail de départ à la fin d’une période convenue, mais aussi pouvoir demander à le faire à tout moment lorsqu'un changement de circonstances le requiert.

Amendement    26

Proposition de directive

Considérant 23

Texte proposé par la Commission

Amendement

(23)  Il convient que les travailleurs exerçant leurs droits à prendre un congé ou à demander des formules souples de travail soient protégés contre la discrimination ou tout traitement moins favorable lié à cette raison.

(23)  Il convient que les travailleurs exerçant leurs droits à prendre un congé ou à demander des formules souples de travail soient protégés contre la discrimination, les mesures de rétorsion ou tout traitement moins favorable lié à cette raison. L’exercice du droit à prendre un congé ou à bénéficier de formules souples de travail ne devrait pas avoir d’effets négatifs au regard de l’emploi et des conditions de travail.

Amendement    27

Proposition de directive

Considérant 24

Texte proposé par la Commission

Amendement

(24)  Les travailleurs qui exercent leurs droits à prendre un congé ou à demander des formules souples de travail prévus dans la présente directive devraient être protégés contre le licenciement et contre tous préparatifs en vue d’un possible licenciement au motif qu’ils ont demandé un tel congé, l’ont pris ou ont exercé le droit de demander de telles formules souples de travail. Lorsque des travailleurs considèrent qu'ils ont été licenciés pour de tels motifs, ils devraient être en mesure de demander à l’employeur de justifier dûment le licenciement.

(24)  Les travailleurs qui exercent leurs droits à prendre un congé ou à demander des formules souples de travail prévus dans la présente directive devraient être protégés contre le licenciement, les pressions et le harcèlement et contre tous préparatifs en vue d’un possible licenciement au motif qu’ils ont demandé un tel congé, l’ont pris ou ont exercé le droit de demander de telles formules souples de travail. Lorsque des travailleurs considèrent qu'ils ont été licenciés pour de tels motifs, ils devraient être en mesure de demander à l’employeur de justifier dûment le licenciement.

Amendement    28

Proposition de directive

Article 1 – alinéa 1

Texte proposé par la Commission

Amendement

La présente directive fixe des exigences minimales conçues pour réaliser l’égalité entre hommes et femmes en ce qui concerne leurs chances sur le marché du travail et le traitement au travail en facilitant la conciliation de la vie professionnelle et de la vie familiale pour les parents et les aidants qui travaillent.

La présente directive fixe des exigences minimales conçues pour réaliser l’égalité entre hommes et femmes en ce qui concerne leurs chances sur le marché du travail et le traitement social et salarial au travail en facilitant la conciliation de la vie professionnelle et de la vie familiale pour les parents et les aidants qui travaillent.

Amendement    29

Proposition de directive

Article 2 – alinéa 1

Texte proposé par la Commission

Amendement

La présente directive s’applique à tous les travailleurs, hommes et femmes, qui ont un contrat de travail ou une relation de travail.

La présente directive s’applique à tous les travailleurs, hommes comme femmes, qui ont un contrat de travail ou une relation de travail au sens de la législation, de conventions collectives ou des pratiques en vigueur dans l’État membre concerné.

Amendement    30

Proposition de directive

Article 3 – alinéa 1 – point a

Texte proposé par la Commission

Amendement

a)  «congé de paternité», un congé à prendre par les pères à l’occasion de la naissance d’un enfant;

a)  «congé de paternité», un congé payé à prendre par le second parent à l’occasion de la naissance ou de l’adoption d’un enfant;

Amendement    31

Proposition de directive

Article 3 – alinéa 1 – point b

Texte proposé par la Commission

Amendement

b)  «congé parental», un congé à prendre au motif de la naissance ou de l’adoption d’un enfant pour s’occuper de cet enfant;

b)  «congé parental», un congé rémunéré à prendre au motif de la naissance ou de l’adoption d’un enfant pour s’occuper de cet enfant;

Amendement    32

Proposition de directive

Article 3 – alinéa 1 – point f bis (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

f bis)  «parent isolé», une personne qui n'est ni mariée ni engagée dans un partenariat reconnu par le droit national, et qui exerce seule la responsabilité parentale sur un enfant.

Amendement    33

Proposition de directive

Article 4 – paragraphe 1

Texte proposé par la Commission

Amendement

1.  Les États membres prennent les mesures nécessaires pour que les pères aient le droit de prendre un congé de paternité d'au moins dix jours à l’occasion de la naissance d'un enfant.

1.  Les États membres prennent les mesures nécessaires pour que le second parent ait le droit de prendre un congé de paternité rémunéré obligatoire d'au moins quatorze jours à l'occasion de la naissance ou de l'adoption d'un enfant, ou d’au moins quinze jours à l'occasion de naissances ou d'adoptions multiples.

Amendement    34

Proposition de directive

Article 4 – paragraphe 2 bis (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

2 bis.  Le droit au congé de paternité visé au paragraphe 1 est accordé indépendamment de l’ancienneté du second parent dans son emploi et de la nature de son contrat de travail.

Amendement    35

Proposition de directive

Article 5 – paragraphe 1

Texte proposé par la Commission

Amendement

1.  Les États membres prennent les mesures nécessaires pour que les travailleurs aient un droit individuel à un congé parental d'au moins quatre mois, à prendre avant que l’enfant n’atteigne un âge déterminé, qui ne peut être inférieur à douze ans.

1.  Les États membres prennent les mesures nécessaires pour que les travailleurs aient un droit individuel à un congé parental d'au moins six mois, à prendre avant que l’enfant n’atteigne un âge déterminé, qui ne peut être inférieur à treize ans.

Amendement    36

Proposition de directive

Article 5 – paragraphe 1 – alinéa 1 bis (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

La durée du congé parental est doublée pour les parents isolés.

Amendement    37

Proposition de directive

Article 5 – paragraphe 2

Texte proposé par la Commission

Amendement

2.  Lorsque les États membres permettent qu’un parent transfère son droit au congé parental à l'autre parent, ils font en sorte qu’au moins quatre mois de congé parental ne puissent pas être transférés.

2.  Lorsque les États membres permettent qu’un parent transfère son droit au congé parental à l'autre parent, ils font en sorte qu’au moins quatre mois de congé parental ne puissent pas être transférés. La durée du congé parental est doublée pour les parents d’un enfant atteint d’un handicap ou d’une maladie grave.

Amendement    38

Proposition de directive

Article 5 – paragraphe 4

Texte proposé par la Commission

Amendement

4.  Les États membres peuvent subordonner le droit au congé parental à une période de travail ou à une période d’ancienneté qui ne peut dépasser un an. En cas de contrats à durée déterminée successifs, au sens de la directive 1999/70/CE du Conseil21, avec un même employeur, la somme de ces contrats est prise en considération aux fins du calcul de la période d'ancienneté.

4.  Les États membres peuvent subordonner le droit au congé parental à une période de travail ou à une période d’ancienneté qui ne peut dépasser neuf mois. En cas de contrats à durée déterminée successifs, au sens de la directive 1999/70/CE du Conseil21, avec un même employeur, la somme de ces contrats est obligatoirement prise en considération aux fins du calcul de la période d'ancienneté.

__________________

__________________

21 Directive du Conseil du 28 juin 1999 concernant l'accord-cadre CES, UNICE et CEEP sur le travail à durée déterminée (JO L 175 du 10.7.1999, p. 43).

21 Directive du Conseil du 28 juin 1999 concernant l'accord-cadre CES, UNICE et CEEP sur le travail à durée déterminée (JO L 175 du 10.7.1999, p. 43).

Amendement    39

Proposition de directive

Article 5 – paragraphe 5 bis (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

5 bis.  Les travailleurs sont informés par écrit, lors de leur entrée en fonction, des droits et obligations qui résultent de la relation de travail, y compris durant leur période d’essai.

Amendement    40

Proposition de directive

Article 5 – paragraphe 7

Texte proposé par la Commission

Amendement

7.  Les États membres évaluent la nécessité d’ajuster les conditions d’accès et les modalités précises d'application du congé parental aux besoins des parents adoptifs, des parents en situation de handicap et des parents dont les enfants sont en situation de handicap ou souffrent d'une maladie à long terme.

7.  Les États membres évaluent la nécessité d’étendre les conditions d’accès et les modalités précises d’application du congé parental aux besoins des parents adoptifs, des parents en situation de handicap, des parents isolés (familles monoparentales) et des parents dont les enfants sont en situation de handicap ou souffrent d’une maladie grave ou à long terme. En particulier, pour les parents d’enfants atteints d’un handicap ou d’une maladie grave, tel qu’attesté par les autorités sanitaires de l’État membre concerné, le rejet d’une demande de congé parental est proscrit.

Amendement    41

Proposition de directive

Article 6 – alinéa 1

Texte proposé par la Commission

Amendement

Les États membres prennent les mesures nécessaires pour que les travailleurs aient le droit de prendre au moins cinq jours de congé d’aidant par an et par travailleur. Ce droit peut être subordonné à la présentation de preuves appropriées du problème médical dont souffre le proche du travailleur.

Les États membres prennent les mesures nécessaires pour que les travailleurs aient le droit de prendre au moins sept jours de congé rémunéré d’aidant par an et par travailleur. Ce droit est subordonné à la présentation de preuves appropriées du problème médical dont souffre le proche du travailleur.

Amendement    42

Proposition de directive

Article 6 bis (nouveau)

Texte proposé par la Commission

Amendement

 

Article 6 bis

 

Congé octroyé à la mère et au second parent en cas de handicap

 

Les États membres garantissent que la durée des différents congés décrits dans la présente directive est extensible d’au moins 50 % lorsque la mère ou le second parent souffre d’un handicap.

Amendement    43

Proposition de directive

Article 7 – alinéa 1

Texte proposé par la Commission

Amendement

Les États membres prennent les mesures nécessaires pour que les travailleurs aient le droit de s'absenter du travail pour raisons de force majeure liée à des raisons familiales urgentes en cas de maladie ou d'accident qui rend indispensable la présence immédiate du travailleur. Les États membres peuvent limiter le droit à l’absence pour raisons de force majeure à un certain temps par année ou par événement, ou les deux.

Les États membres prennent les mesures nécessaires pour que les travailleurs aient le droit de s'absenter du travail pour raisons de force majeure liée à des raisons familiales urgentes en cas de maladie ou d'accident qui rend indispensable la présence immédiate du travailleur. Les États membres peuvent subordonner le droit à l’absence pour raisons de force majeure à la présentation de preuves qu'ils jugent appropriées.

Amendement    44

Proposition de directive

Article 8 – alinéa 1

Texte proposé par la Commission

Amendement

Dans le respect des particularités nationales, telles que la législation, les conventions collectives et/ou la pratique nationales, et compte tenu des pouvoirs délégués aux partenaires sociaux, les États membres font en sorte que les travailleurs qui exercent leur droit au congé visé à l’article 4, 5 ou 6 reçoivent une rémunération ou une allocation adéquate équivalant au moins à ce que le travailleur concerné recevrait en cas de congé de maladie.

Dans le respect des particularités nationales, telles que la législation, les conventions collectives et/ou la pratique nationales, et compte tenu des pouvoirs délégués aux partenaires sociaux, les États membres font en sorte que les travailleurs qui exercent leur droit au congé visé à l’article 4, 5 ou 6 reçoivent une rémunération, un crédit d'impôt ou une allocation adéquate, dont le montant ne peut être inférieur à celui que le travailleur concerné recevrait en cas de congé de maladie.

Amendement    45

Proposition de directive

Article 9 – paragraphe 1

Texte proposé par la Commission

Amendement

1.  Les États membres prennent les mesures nécessaires pour que les travailleurs ayant des enfants jusqu’à un âge déterminé, qui ne peut être inférieur à douze ans, et les aidants aient le droit de demander des formules souples de travail dans le but de s’occuper de leurs proches. La durée de ces formules souples de travail peut faire l’objet d'une limitation raisonnable.

1.  Les États membres prennent les mesures nécessaires pour que les travailleurs ayant des enfants jusqu’à un âge déterminé, qui ne peut être inférieur à treize ans, et les aidants aient le droit de demander des formules souples de travail dans le but de s’occuper de leurs proches. La durée de ces formules souples de travail peut faire l’objet d'une limitation raisonnable.

Amendement    46

Proposition de directive

Article 9 – paragraphe 2

Texte proposé par la Commission

Amendement

2.  L’employeur examine les demandes de formules souples de travail visées au paragraphe 1 et y répond, en tenant compte de ses propres besoins et de ceux des travailleurs. L’employeur justifie tout refus d’une telle demande.

2.  L’employeur examine les demandes de formules souples de travail visées au paragraphe 1 et y répond par écrit, en tenant compte de ses propres besoins et de ceux des travailleurs. L’employeur justifie par écrit tout refus d’une telle demande.

Amendement    47

Proposition de directive

Article 9 – paragraphe 3

Texte proposé par la Commission

Amendement

3.  Lorsque les formules souples de travail visées au paragraphe 1 sont limitées dans la durée, le travailleur a le droit de revenir à son rythme de travail de départ à la fin de la période convenue. Le travailleur a aussi le droit de demander à revenir à son rythme de travail de départ dès lors qu'un changement de circonstances le justifie. L’employeur est tenu d’examiner ces demandes et d’y répondre, en tenant compte de ses propres besoins et de ceux des travailleurs.

3.  Lorsque les formules souples de travail visées au paragraphe 1 sont limitées dans la durée, le travailleur a le droit de revenir à son rythme de travail de départ à la fin de la période convenue. Une période de protection transitoire est également mise en place à compter du retour au travail du travailleur afin de faciliter sa réinsertion effective dans la vie professionnelle, étant entendu qu’au cours de cette période transitoire l’utilisation de nouvelles technologies pourrait contribuer à accélérer le retour au travail de manière durable et souple et, dans le même temps, à actualiser les compétences du travailleur concerné. Le travailleur a le droit de demander à revenir à son rythme de travail de départ au même niveau d’emploi. L’employeur est tenu de justifier par écrit tout rejet d’une telle demande.

Amendement    48

Proposition de directive

Article 11 – alinéa 1

Texte proposé par la Commission

Amendement

Les États membres prennent les mesures nécessaires pour interdire tout traitement moins favorable des travailleurs au motif qu’ils ont demandé ou ont pris un congé visé à l’article 4, 5 ou 6 ou au motif qu’ils ont exercé leur droit aux formules souples de travail visé à l’article 9.

Les États membres prennent les mesures nécessaires pour interdire toute discrimination et tout traitement moins favorable des travailleurs au motif qu’ils ont demandé ou ont pris un congé visé à l’article 4, 5 ou 6 ou au motif qu’ils ont exercé leur droit aux formules souples de travail visé à l’article 9.

Amendement    49

Proposition de directive

Article 12 – paragraphe 2

Texte proposé par la Commission

Amendement

2.  Les travailleurs qui considèrent qu’ils ont été licenciés au motif qu’ils ont demandé ou ont pris un congé visé à l’article 4, 5 ou 6 ou au motif qu’ils ont exercé leur droit aux formules souples de travail visé à l’article 9 peuvent demander à leur employeur de justifier dûment le licenciement. L’employeur fournit ces motifs par écrit.

2.  Les travailleurs qui considèrent qu’ils ont été licenciés au motif qu’ils ont demandé ou ont pris un congé visé à l’article 4, 5 ou 6 ou au motif qu’ils ont exercé leur droit aux formules souples de travail visé à l’article 9 ont le droit de demander à leur employeur de justifier dûment le licenciement. L’employeur fournit ces motifs par écrit en temps utile.

Amendement    50

Proposition de directive

Article 13 – alinéa 1

Texte proposé par la Commission

Amendement

Les États membres établissent des règles en matière de sanctions applicables en cas de violation des dispositions nationales découlant de la présente directive ou des dispositions pertinentes déjà en vigueur concernant les droits qui relèvent de la présente directive. Les États membres prennent toutes les mesures nécessaires pour assurer l’application de ces sanctions. Les sanctions sont effectives, proportionnées et dissuasives. Elles peuvent prendre la forme d'amendes. Elles peuvent aussi comprendre le paiement d'indemnités.

Les États membres établissent des règles en matière de sanctions applicables en cas de violation des dispositions nationales découlant de la présente directive ou des dispositions pertinentes déjà en vigueur concernant les droits qui relèvent de la présente directive. Les États membres prennent toutes les mesures nécessaires pour assurer l’application de sanctions effectives, proportionnées et dissuasives.

Amendement    51

Proposition de directive

Article 14 – alinéa 1

Texte proposé par la Commission

Amendement

Les États membres mettent en œuvre les mesures nécessaires pour protéger les travailleurs, y compris ceux qui sont des représentants des salariés, de tout traitement défavorable par l’employeur et de toutes conséquences défavorables résultant d’une plainte déposée contre l’entreprise ou d’une quelconque procédure juridique lancée dans le but de faire respecter les droits prévus par la présente directive.

Les États membres mettent en œuvre les mesures nécessaires pour protéger les travailleurs de tout traitement défavorable par l’employeur et de toutes conséquences défavorables résultant d’une plainte déposée contre l’entreprise ou d’une quelconque procédure juridique lancée dans le but de faire respecter les droits prévus par la présente directive.

Amendement    52

Proposition de directive

Article 15 – alinéa 1

Texte proposé par la Commission

Amendement

Les États membres font en sorte que le ou les organismes désignés, en vertu de l’article 20 de la directive 2006/54/CE, pour promouvoir, analyser, surveiller et soutenir l’égalité de traitement des parents et des aidants sans discrimination fondée sur le sexe soient également compétentes pour les questions qui relèvent de la présente directive.

Sans préjudice des compétences des services d’inspection du travail ou d’autres organismes, y compris les services sociaux, chargés de veiller au respect des droits des travailleurs, les États membres font en sorte que le ou les organismes désignés, en vertu de l’article 20 de la directive 2006/54/CE, pour promouvoir, analyser, surveiller et soutenir l’égalité de traitement des parents et des aidants sans discrimination fondée sur le sexe soient également compétentes pour les questions qui relèvent de la présente directive.

Amendement    53

Proposition de directive

Article 16 – alinéa 1

Texte proposé par la Commission

Amendement

Les États membres peuvent introduire ou maintenir des dispositions qui sont plus favorables aux travailleurs que celles prévues par la présente directive. Ils font toutefois en sorte qu’au moins quatre mois de congé parental restent non transférables conformément à l’article 5, paragraphe 2.

Les États membres peuvent introduire ou maintenir des dispositions qui sont plus favorables aux travailleurs que celles prévues par la présente directive mais ne peuvent revoir à la baisse les normes en vigueur dans leur législation nationale. Ils font toutefois en sorte qu’au moins quatre mois de congé parental restent non transférables conformément à l’article 5, paragraphe 2, et que la protection du congé soit obligatoire pour les parents dont les enfants sont en situation de handicap ou souffrent d’une maladie grave, conformément aux certificats établis par les autorités sanitaires nationales.

Amendement    54

Proposition de directive

Article 18 – paragraphe 1

Texte proposé par la Commission

Amendement

1.  Cinq ans au plus tard après l’entrée en vigueur de la présente directive, les États membres communiquent à la Commission toutes les informations pertinentes concernant l’application de la présente directive qui sont nécessaires afin que la Commission fasse rapport au Parlement européen et au Conseil sur ce point.

1.  Au plus tard le ... [trois ans après l’entrée en vigueur de la présente directive], les États membres communiquent à la Commission toutes les informations pertinentes concernant l’application de la présente directive ainsi qu’une analyse approfondie des effets de celle-ci sur les statistiques en matière d’emploi des femmes, assortie, s'il y a lieu, d’une proposition législative.

PROCÉDURE DE LA COMMISSION SAISIE POUR AVIS

Titre

Équilibre entre vie professionnelle et vie privée des parents et aidants

Références

COM(2017)0253 – C8-0137/2017 – 2017/0085(COD)

Commission compétente au fond

       Date de l’annonce en séance

EMPL

15.5.2017

 

 

 

Avis émis par

       Date de l’annonce en séance

JURI

15.5.2017

Rapporteur(e) pour avis

       Date de la nomination

Joëlle Bergeron

3.5.2017

Examen en commission

9.10.2017

21.11.2017

21.2.2018

 

Date de l’adoption

27.3.2018

 

 

 

Résultat du vote final

+:

–:

0:

19

2

1

Membres présents au moment du vote final

Max Andersson, Joëlle Bergeron, Marie-Christine Boutonnet, Kostas Chrysogonos, Rosa Estaràs Ferragut, Enrico Gasbarra, Lidia Joanna Geringer de Oedenberg, Heidi Hautala, Sylvia-Yvonne Kaufmann, António Marinho e Pinto, Emil Radev, Julia Reda, Evelyn Regner, Pavel Svoboda, Axel Voss, Francis Zammit Dimech, Tadeusz Zwiefka

Suppléants présents au moment du vote final

Luis de Grandes Pascual, Pascal Durand, Angel Dzhambazki, Evelyne Gebhardt, Virginie Rozière, Rainer Wieland

Suppléants (art. 200, par. 2) présents au moment du vote final

Mylène Troszczynski

VOTE FINAL PAR APPEL NOMINAL EN COMMISSION SAISIE POUR AVIS

19

+

ALDE

António Marinho e Pinto

EFDD

Joëlle Bergeron

GUE/NGL

Kostas Chrysogonos

PPE

Rosa Estaràs Ferragut, Luis de Grandes Pascual, Emil Radev, Pavel Svoboda, Axel Voss, Rainer Wieland, Francis Zammit Dimech

S&D

Enrico Gasbarra, Evelyne Gebhardt, Lidia Joanna Geringer de Oedenberg, Sylvia-Yvonne Kaufmann, Evelyn Regner, Virginie Rozière

Verts/ALE

Max Andersson, Pascal Durand, Julia Reda

2

-

ENF

Marie-Christine Boutonnet, Mylène Troszczynski

1

0

ECR

Angel Dzhambazki

Légende des signes utilisés:

+  :  pour

-  :  contre

0  :  abstention


PROCÉDURE DE LA COMMISSION COMPÉTENTE AU FOND

Titre

Équilibre entre vie professionnelle et vie privée des parents et aidants

Références

COM(2017)0253 – C8-0137/2017 – 2017/0085(COD)

Date de la présentation au PE

27.4.2017

 

 

 

Commission compétente au fond

       Date de l’annonce en séance

EMPL

15.5.2017

 

 

 

Commissions saisies pour avis

       Date de l’annonce en séance

JURI

15.5.2017

FEMM

15.5.2017

 

 

Commissions associées

       Date de l’annonce en séance

FEMM

14.9.2017

 

 

 

Rapporteurs

       Date de la nomination

David Casa

3.10.2017

 

 

 

Examen en commission

23.1.2018

21.2.2018

27.3.2018

15.5.2018

Date de l’adoption

11.7.2018

 

 

 

Résultat du vote final

+:

–:

0:

34

14

4

Membres présents au moment du vote final

Laura Agea, Mara Bizzotto, Enrique Calvet Chambon, David Casa, Ole Christensen, Michael Detjen, Geoffroy Didier, Lampros Fountoulis, Elena Gentile, Arne Gericke, Marian Harkin, Czesław Hoc, Agnes Jongerius, Rina Ronja Kari, Ádám Kósa, Agnieszka Kozłowska-Rajewicz, Kostadinka Kuneva, Jean Lambert, Jérôme Lavrilleux, Jeroen Lenaers, Verónica Lope Fontagné, Javi López, Thomas Mann, Dominique Martin, Anthea McIntyre, Miroslavs Mitrofanovs, Georgi Pirinski, Sofia Ribeiro, Robert Rochefort, Claude Rolin, Siôn Simon, Romana Tomc, Yana Toom, Ulrike Trebesius, Marita Ulvskog, Renate Weber, Jana Žitňanská

Suppléants présents au moment du vote final

Maria Arena, Georges Bach, Lynn Boylan, Karima Delli, Tania González Peñas, Dieter-Lebrecht Koch, Paloma López Bermejo, António Marinho e Pinto, Ivari Padar, Evelyn Regner, Joachim Schuster, Csaba Sógor, Flavio Zanonato

Suppléants (art. 200, par. 2) présents au moment du vote final

Maria Noichl, Francis Zammit Dimech

Date du dépôt

24.8.2018


VOTE FINAL PAR APPEL NOMINALEN COMMISSION COMPÉTENTE AU FOND

34

+

ALDE

Enrique Calvet Chambon, Marian Harkin, António Marinho e Pinto, Robert Rochefort, Yana Toom, Renate Weber

ECR

Arne Gericke, Jana Žitňanská

EFDD

Laura Agea

ENF

Mara Bizzotto

PPE

Georges Bach, David Casa, Geoffroy Didier, Agnieszka Kozłowska-Rajewicz, Jérôme Lavrilleux, Verónica Lope Fontagné, Claude Rolin, Francis Zammit Dimech

S&D

Maria Arena, Michael Detjen, Elena Gentile, Agnes Jongerius, Javi López, Maria Noichl, Ivari Padar, Georgi Pirinski, Evelyn Regner, Joachim Schuster, Siôn Simon, Marita Ulvskog, Flavio Zanonato

VERTS/ALE

Karima Delli, Jean Lambert, Miroslavs Mitrofanovs

14

-

ECR

Czesław Hoc, Anthea McIntyre, Ulrike Trebesius

ENF

Dominique Martin

GUE/NGL

Rina Ronja Kari

NI

Lampros Fountoulis

PPE

Dieter-Lebrecht Koch, Ádám Kósa, Jeroen Lenaers, Thomas Mann, Sofia Ribeiro, Csaba Sógor, Romana Tomc

S&D

Ole Christensen

4

0

GUE/NGL

Lynn Boylan, Tania González Peñas, Kostadinka Kuneva, Paloma López Bermejo

Légende des signes utilisés:

+  :  pour

-  :  contre

0  :  abstention

Dernière mise à jour: 29 août 2018Avis juridique