Procédure : 2018/2005(INI)
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A8-0319/2018

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PV 25/10/2018 - 9
CRE 25/10/2018 - 9

Votes :

PV 25/10/2018 - 13.23
CRE 25/10/2018 - 13.23

Textes adoptés :

P8_TA(2018)0439

RAPPORT     
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12.10.2018
PE 622.206v02-00 A8-0319/2018

Maîtriser la mondialisation: aspects commerciaux

(2018/2005(INI))

Commission du commerce international

Rapporteur: Joachim Schuster

AMENDEMENTS
PROPOSITION DE RÉSOLUTION DU PARLEMENT EUROPÉEN
 AVIS de la commission du développement
 AVIS de la commission de l’agriculture et du développement rural
 AVIS de la commission de la culture et de l'éducation
 AVIS de la commission des affaires juridiques
 INFORMATIONS SUR L’ADOPTIONPAR LA COMMISSION COMPÉTENTE AU FOND
 VOTE FINAL PAR APPEL NOMINALEN COMMISSION COMPÉTENTE AU FOND

PROPOSITION DE RÉSOLUTION DU PARLEMENT EUROPÉEN

Maîtriser la mondialisation: aspects commerciaux

(2018/2005(INI))

Le Parlement européen,

–  vu le document de réflexion de la Commission européenne du 10 mai 2017 sur la maîtrise de la mondialisation,

–  vu la communication de la Commission du 13 septembre 2017 intitulée «Une politique commerciale équilibrée et novatrice pour maîtriser la mondialisation» (COM(2017)0492),

–  vu la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil établissant un cadre pour le filtrage des investissements directs étrangers dans l’Union européenne, présentée par la Commission le 13 septembre 2017 (COM(2017)0487),

–  vu la communication de la Commission intitulée «Le commerce pour tous – Vers une politique de commerce et d’investissement plus responsable» (COM(2015)0497),

–  vu sa résolution du 30 mai 2018 sur le rapport annuel sur la mise en œuvre de la politique commerciale commune(1),

–  vu sa résolution du 5 juillet 2016 sur une nouvelle stratégie d’avenir novatrice en matière de commerce et d’investissement(2),

–  vu sa résolution du 12 décembre 2017 intitulée «Vers une stratégie pour le commerce numérique»(3),

–  vu le rapport de la Commission du 13 septembre 2017 sur la mise en œuvre de la stratégie de politique commerciale «Le commerce pour tous» – Pour une politique commerciale novatrice qui maîtrise la mondialisation (COM(2017)0491),

–  vu le rapport de la Commission du 9 novembre 2017 sur la mise en œuvre des accords de libre-échange pour la période allant du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2016 (COM(2017)0654),

–  vu la résolution de l’Assemblée générale des Nations unies adoptée le 25 septembre 2015 et intitulée «Transformer notre monde: le programme de développement durable à l’horizon 2030»,

–  vu la résolution 26/9 du Conseil des droits de l’homme des Nations unies adoptée le 26 juin 2014 et, en particulier la décision qui y figure «de créer un groupe de travail intergouvernemental à composition non limitée sur les sociétés transnationales et autres entreprises et les droits de l’homme, qui sera chargé d’élaborer un instrument international juridiquement contraignant pour réglementer, dans le cadre du droit international des droits de l’homme, les activités des sociétés transnationales et autres entreprises»,

–  vu les principes directeurs des Nations unies applicables aux analyses de l’impact des accords de commerce et d’investissement sur les droits de l’homme,

–  vu le discours sur l’état de l’Union prononcé le 13 septembre 2017 par Jean-Claude Juncker, président de la Commission,

–  vu sa résolution du 12 septembre 2017 sur les répercussions du commerce international et des politiques commerciales de l’Union européenne sur les chaînes de valeur mondiales(4),

–  vu le règlement (UE) 2017/2321 du Parlement européen et du Conseil du 12 décembre 2017 modifiant le règlement (UE) 2016/1036 relatif à la défense contre les importations qui font l’objet d’un dumping de la part de pays non membres de l’Union européenne et le règlement (UE) 2016/1037 relatif à la défense contre les importations qui font l’objet de subventions de la part de pays non membres de l’Union européenne(5),

–  vu sa position en première lecture du 16 mars 2017 sur la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil instaurant un mécanisme européen d’autocertification, dans le cadre du devoir de diligence relatif aux chaînes d’approvisionnement, pour les importateurs responsables d’étain, de tantale, de tungstène, de leurs minerais et d’or originaires de zones de conflit ou à haut risque(6),

–  vu sa position en première lecture du 4 octobre 2016 sur la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil modifiant le règlement (CE) nº 1236/2005 du Conseil concernant le commerce de certains biens susceptibles d’être utilisés en vue d’infliger la peine capitale, la torture ou d’autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants(7),

–  vu sa résolution du 25 novembre 2010 sur les droits de l’homme et les normes sociales et environnementales dans les accords commerciaux internationaux(8),

–  vu sa résolution du 25 novembre 2010 sur les politiques commerciales internationales dans le cadre des impératifs dictés par les changements climatiques(9),

–  vu les articles 2 et 21 du traité sur l’Union européenne (traité UE),

–  vu le document informel des services de la Commission du 26 février 2016 intitulé: «Analyse et perspectives d’amélioration de la mise en œuvre et de l’application des chapitres relatifs au commerce et au développement durable dans les accords de libre-échange de l’Union européenne»,

–  vu le document de travail des services de la Commission du 14 juillet 2015 sur l’état d’avancement de la mise en œuvre des principes directeurs des Nations unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme (SWD(2015)0144),

–  vu les principes directeurs de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) sur la diligence raisonnable en matière de conduite responsable des entreprises publiés le 31 mai 2018,

–  vu l’Alliance pour un commerce sans torture, lancée le 18 septembre 2017 lors de l’Assemblée générale des Nations unies,

–  vu l’avis de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA) du 10 avril 2017 sur l’amélioration de l’accès aux voies de recours dans les domaines des droits de l’homme et des entreprises au niveau de l’Union (avis 1/2017),

–  vu la convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales (CEDH), et en particulier son article 4, paragraphe 1, qui interdit l’esclavage et la servitude,

–  vu le document d’orientation publié le 10 avril 2017 par le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et l’Organisation mondiale du commerce (OMC) intitulé «Faire du commerce un moteur de croissance pour tous: plaidoyer pour le commerce et des politiques facilitant l’ajustement»,

–  vu la note sur les principaux thèmes publiée par l’OCDE en juin 2017 intitulée «faire de la mondialisation l’instrument d’une vie meilleure pour tous»(10),

–  vu la convention de l’UNESCO de 1970 concernant les mesures à prendre pour interdire et empêcher l’importation, l’exportation et le transfert de propriété illicites des biens culturels et la convention d’Unidroit de 1995 sur les biens culturels volés ou illicitement exportés,

–  vu la communication conjointe de la Commission et du Service européen pour l’action extérieure intitulée «Vers une stratégie de l’UE en matière de relations culturelles internationales» (JOIN(2016)0029),

–  vu le règlement général sur la protection des données en vigueur depuis le 25 avril 2018(11),

–  vu les articles 10 et 11 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne de 2010,

–  vu les articles 167, 207, 208 et 218 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (traité FUE),

–  vu l’article 52 de son règlement intérieur,

–  vu le rapport de la commission du commerce international et les avis de la commission du développement, de la commission de l’agriculture et du développement rural, de la commission de la culture et de l’éducation ainsi que de la commission des affaires juridiques (A8-0319/2018),

A.  considérant que la mondialisation est un processus perpétuel qui a donné lieu à un nouvel ensemble de défis politiques, économiques et sociaux pour l’avenir du fait des évolutions technologiques rapides, et que virtuellement tous les secteurs s’en trouveront transformés; que le cadre réglementaire et législatif peine à suivre ces évolutions, ce qui fait que d’importants acquis sociaux se trouvent remis en cause;

B.  considérant que l’inégalité des revenus demeure à des niveaux historiques, mais que la part de la population mondiale vivant dans l’extrême pauvreté a diminué, passant de 44 % en 1980 à 10 % en 2015; que le Parlement souscrit à l’avis de la Commission que la mondialisation pose des défis également parce que ses avantages sont inégalement répartis entre les personnes et les régions, et que, si des mesures actives ne sont pas prises, la mondialisation risque d’accentuer les effets du progrès technique et de la récente crise économique, contribuant à creuser encore davantage les inégalités et la polarisation sociale;

C.  considérant que l’ouverture du commerce mondial et la mondialisation ont eu des effets positifs en permettant à des millions de personnes de sortir de la pauvreté, et peuvent ainsi contribuer à la croissance économique, à la prospérité et à la compétitivité des pays; que la mondialisation pose également des défis et que ses avantages sont inégalement répartis entre les personnes et les régions; que la mondialisation ne devrait pas se faire aux dépens de l’environnement; que les citoyens européens réclament de plus en plus que la politique commerciale de l’Union garantisse que les marchandises entrant sur le marché européen soient produites dans des conditions décentes et durables et que, dans le contexte mondial en mutation, l’Union promeuve un programme commercial fondé sur des valeurs;

D.  considérant que la politique d’investissement et la politique prônant un «commerce ouvert et équitable» fondées sur des valeurs doivent être accompagnées d’une série de mesures de soutien efficaces afin de maximiser les avantages et de limiter autant que possible les inconvénients de la libéralisation des échanges pour l’Union et pour les populations et les économies des pays tiers; que la mise en œuvre des objectifs de développement durable des Nations unies (ODD) en vue de mettre fin à la pauvreté et de réaliser des progrès sociaux et environnementaux devrait devenir le critère de référence du succès de la politique commerciale de l’Union;

E.  considérant que le protectionnisme est une réponse simpliste et faible aux défis de la mondialisation; que les politiques protectionnistes qui ne sont pas mises en œuvre conformément aux règles de l’OMC auront un effet domino pour tous, au détriment des importateurs, des exportateurs et des consommateurs; que des relations commerciales équitables et éthiques devraient devenir la norme dans les relations économiques internationales;

F.  considérant que le changement climatique, causé par l’activité humaine, entraîne une accélération qui va au-delà des prévisions les plus pessimistes formulées par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) concernant l’effondrement de la biodiversité et la pollution, particulièrement en relation avec l’exploitation des hydrocarbures, qui menace la survie à moyen terme des écosystèmes, notamment marins;

G.  considérant que l’Union européenne a le droit d’adopter des politiques en matière de commerce des services culturels et audiovisuels dans le but de protéger et de promouvoir la diversité des expressions culturelles ainsi que le patrimoine culturel et de contribuer à atteindre le quatrième ODD pour une éducation de qualité; que ces autres dispositions incluent la politique commerciale commune, telle que définie à l’article 207 du traité FUE;

H.  considérant que l’article 3, paragraphe 3, du traité UE dispose que l’Union doit respecter la richesse de sa diversité culturelle et linguistique et veiller à la sauvegarde et au développement du patrimoine culturel européen;

I.  considérant que l’Union possède une grande diversité de traditions ainsi que des industries culturelles et créatives fortes, des petites et moyennes entreprises tout comme divers systèmes d’autorités de droit public chargées des médias et d’aide publique au cinéma et que la promotion de la diversité culturelle, de l’accès à la culture et du dialogue démocratique doivent rester des principes directeurs, conformément à l’approche du commerce international prônée par l’Union;

J.  considérant que les secteurs de la culture et de la création contribuent à la création d’emplois et à la prospérité économique, représentent près de 2,6 % du PIB de l’Union et ont un taux de croissance supérieur au reste de l’économie, et qu’ils ont été l’un des secteurs les plus résistants lors de la crise financière; que le développement des échanges de biens et de services culturels et créatifs constituera un moteur important de croissance économique durable et de création d’emplois en Europe;

K.  considérant que le règlement général sur la protection des données établit des normes élevées en matière de traitement des données à caractère personnel qui exigent que les plateformes et les services de diffusion en flux endossent une responsabilité particulière lorsqu’il s’agit de réglementer le commerce international;

L.  considérant que la maîtrise de la mondialisation des aspects commerciaux concernant les biens culturels implique une stricte conformité à toutes les conventions internationales concernant la protection du patrimoine culturel, en particulier aux dispositions de la convention de La Haye de 1954, de la convention de l’UNESCO de 1970 et de la convention d’Unidroit de 1995;

M.  considérant que le dialogue interculturel renforce le respect et la compréhension mutuelle et encourage des échanges sociaux et économiques plus équitables, y compris dans le secteur du commerce, en soutenant l’élaboration de pratiques qui promeuvent les intérêts de toutes les parties d’une manière plus équilibrée et plus respectueuse, et en luttant contre des pratiques injustes comme les clauses abusives ou les conditions imposées unilatéralement;

Maîtriser la mondialisation

1.  se félicite du document de réflexion de la Commission sur la maîtrise de la mondialisation et du fait qu’il mette en avant les possibilités de tirer parti des effets positifs de la mondialisation tout en soulignant la nécessité d’en contrer les conséquences négatives;

2.  souligne que le commerce international non seulement joue un rôle décisif en ce qui concerne le développement économique et la coopération entre pays dans le cadre de l’économie mondialisée, mais a aussi une influence fondamentale sur la paix, la croissance socialement et écologiquement durable, l’emploi, l’éradication de la pauvreté et de l’insécurité alimentaire, les droits de l’homme et la lutte contre le changement climatique; mesure par conséquent qu’il appartient de plus en plus à l’Union de contribuer à faire face à ces défis dans le cadre de ses relations commerciales et extérieures mondiales;

3.  souligne la nécessité de renforcer efficacement le contrôle du commerce des biens à double usage et, partant, appelle à la mise en œuvre des obligations de l’Union au titre du traité sur le commerce des armes;

État des lieux

4.  note que, du fait de la mondialisation, les pays et les économies deviennent de plus en plus interconnectés; remarque qu’en conséquence, des chaînes de valeur internationales ont émergé et que ces chaînes de valeur restructurent la division internationale du travail et l’interdépendance des pays; rappelle que leur nature particulièrement complexe, le manque de transparence et la dilution des responsabilités peuvent entraîner un risque plus élevé de violation des droits de l’homme et des travailleurs, d’impunité de fait des atteintes à l’environnement ainsi que de fraude ou d’évasion fiscale à grande échelle; réaffirme les avantages d’une politique commerciale de l’Union fondée sur des règles et des valeurs communes, y compris sur des questions telles que les droits de l’homme, les conditions de travail et la protection de l’environnement;

5.  remarque que les avantages de la mondialisation sont répartis de façon inégale entre les régions et au sein des sociétés et que certains secteurs et régions en bénéficient largement, tandis que d’autres pâtissent de changements structurels et d’une hausse du chômage; observe que ce phénomène, ainsi que les évolutions technologiques telles que l’automatisation et la numérisation, est une cause du scepticisme ou du rejet croissant face à la mondialisation dans certaines couches sociétales; note que la crise économique et financière a eu une incidence négative sur la répartition des revenus et a aggravé le problème de la pauvreté; fait observer qu’en 2014, le coefficient de Gini moyen pour le revenu disponible des ménages a atteint son niveau le plus élevé depuis 30 ans, mais qu’une tendance particulièrement négative était notable pour les revenus modestes et moyens; relève que la classe moyenne s’est réduite dans de nombreux États membres de l’Union européenne, tandis que sa part dans le revenu global a également chuté; est d’avis que la conjonction d’une classe moyenne en déclin, de la crainte des citoyens de perdre leur statut social et économique et du scepticisme envers la mondialisation peut conduire au protectionnisme comme une solution facile face aux craintes communes; constate, dans ce contexte, que ni les politiques nationalistes-protectionnistes ni les politiques de maintien du statu quo ne constituent une réponse appropriée;

6.  souligne que la perspective d’un avenir intérieur durable et prospère favorise la réduction et facilite la gestion des flux migratoires illégaux vers l’Europe;

7.  note que lorsque l’économie est défaillante, la démocratie en pâtit également; observe que cette dernière est maintenant en déclin presque partout; souligne que les citoyens ont plus de possibilités qu’ils n’en ont jamais eu, mais que nombreux sont ceux qui estiment que la démocratie ne dessert plus leurs intérêts convenablement; relève que cette tendance conduit les États autocratiques et antidémocratiques à armer avec succès nos sociétés et à tirer parti du rejet populaire de la mondialisation;

8.  remarque que l’importance économique de la Chine et d’autres pays du Sud-Est asiatique croît fortement; fait observer l’augmentation des flux d’échanges et d’investissements dans cette région; souligne que cette tendance est amenée à se poursuivre au cours des prochaines années; note que cela est amené à conduire à une perte relative d’importance pour les centres économiques mondiaux actuels, à savoir l’Europe et l’Amérique du Nord, ainsi qu’à de nouveaux défis liés à la préservation d’une politique commerciale internationale fondée sur des valeurs; souligne l’importance de s’adapter à ces nouveaux défis économiques; réitère, dès lors, la nécessité de renforcer davantage le système multilatéral fondé sur des règles et des valeurs; souligne que ces évolutions sont de nature à compromettre les intérêts stratégiques européens;

9.  constate que la mondialisation a conduit à une diffusion plus rapide et plus large de la technologie et de l’innovation, et que la technologie peut être un moteur essentiel du commerce; souligne le fait que l’Union européenne n’a pas encore élaboré de stratégie commerciale numérique et ne s’est pas encore penchée sur les avantages que l’internet et les technologies numériques peuvent apporter au commerce international;

10.  constate que l’économie chinoise connaît une croissance considérable et augmente sa part sur le marché au détriment de l’Europe et de l’Amérique du Nord; observe que la nouvelle initiative «Ceinture et route» de la Chine est une tentative de devenir la première puissance économique mondiale; souligne que l’influence de la Chine, qui n’est pas seulement économique, mais présente également des dimensions stratégique et sécuritaire, s’étend à l’Europe elle-même; considère que la politique «America first» (l’Amérique d’abord) est une tentative de faire face à la récession que connaissent les États-Unis et qu’elle représente une force destructrice pour l’ordre économique mondial fondé sur des règles;

11.  souligne que, ces dernières années, l’axe transatlantique était le garant d’un commerce mondial libre et fondé sur des valeurs, et qu’il peut de nouveau assumer ce rôle à l’avenir; note que, dans ce contexte, un traité transatlantique pourrait lui donner un nouvel élan;

12.  signale que l’ordre économique mondial multilatéral, avec l’OMC en son centre, peine à intégrer ces changements profonds ainsi que l’évolution des intérêts des pays dans les accords internationaux; note que le protectionnisme croissant aux États-Unis et ailleurs, ainsi que le manque de prise en compte des besoins et des attentes des pays en développement dans les accords internationaux, affaiblissent l’OMC; estime que l’organe d’appel de l’OMC est particulièrement important pour régler les différends commerciaux et se dit gravement préoccupé par le fait que les États-Unis bloquent la nomination des membres de l’organe, ce qui entrave le fonctionnement de l’OMC; invite la Commission à faire preuve de souplesse dans le cadre de la réforme de l’organe d’appel de l’OMC, mais à insister en faveur d’un mécanisme de règlement en deux étapes; regrette que les ODD ne soient pas suffisamment pris en compte dans le cadre de l’initiative en matière de commerce mondial (World Trade Agenda) et qu’il n’en ait pas été correctement tenu compte; est d’avis que les besoins et attentes des pays en développement devraient être mieux pris en compte dans les accords internationaux et dans le cycle de Doha pour le développement;

Politique européenne

13.  fait observer que l’Union européenne est confrontée au défi de réussir dans ce contexte économique mondial changeant, ce qui signifie qu’elle doit garantir sa compétitivité tout en préservant ses normes sociales et environnementales, accroître sa coopération avec les économies émergentes de l’Asie du Sud-Est ainsi qu’avec l’Inde, la Chine et l’Amérique latine tout en faisant face au protectionnisme arbitraire croissant des États-Unis; relève l’importance de s’engager dans la restructuration de l’ordre économique mondial et de respecter les besoins des pays en développement et des personnes économiquement et socialement défavorisées dans les pays développés; relève que les objectifs de réaliser les ODD et de mettre en œuvre l’accord de Paris sur le climat doivent constituer le cadre global de cet engagement et que la cohérence des politiques au service du développement est d’une importance capitale; souligne que les finances publiques, l’aide publique au développement et la mobilisation des ressources nationales sont des outils nécessaires en vue d’atteindre les ODD;

14.  souligne l’importance des politiques d’accompagnement pour soutenir les effets positifs et les possibilités offertes par la mondialisation; souligne la nécessité d’accords de libre-échange structurés et équilibrés; réitère son soutien en faveur de la politique commerciale de la Commission et de la promotion d’outils et d’instruments de politique commerciale afin de réglementer et de relever les défis de la mondialisation;

15.  considère que l’Union européenne offre un cadre de soutien pertinent afin de développer des règles progressistes en matière de commerce et d’investissement, qui encouragent la coopération économique, la solidarité entre les peuples et la lutte contre le changement climatique; encourage l’Union à approfondir d’avantage ses initiatives afin de mieux réguler la mondialisation par des mesures de soutien efficaces;

16.  remarque les difficultés rencontrées par les États membres pour affronter seuls les défis transnationaux comme les flux migratoires, les crises financières, l’évasion fiscale, le terrorisme et le changement climatique; souligne la responsabilité commune et le rôle des régions et des villes dans la maîtrise de la mondialisation; note que l’efficacité des actions européennes dépend des efforts menés par les États membres;

17.  souligne que des différends entre l’Union européenne et les États-Unis donnent lieu non seulement à de nouveaux défis pour l’Union, mais aussi à des possibilités dans la recherche de nouvelles façons de maîtriser la mondialisation, de lui donner forme et d’en assumer la responsabilité;

Réponse interne de l’Europe

18.  partage l’avis de la Commission selon lequel préserver la compétitivité internationale tout en garantissant des normes sociales et environnementales élevées est une condition préalable à la réussite d’une stratégie européenne; accueille favorablement le renforcement supplémentaire du marché intérieur de l’Union et la consolidation de l’union économique par l’harmonisation des normes en matière de protection sociale, de salaires et de niveaux de vie; considère que cette harmonisation est vitale, étant donné qu’un marché intérieur solide est une condition nécessaire à la bonne mise en œuvre des stratégies internationales;

19.  signale qu’il est crucial de négocier habilement le passage au numérique et à l’automatisation et d’y parvenir de manière socialement responsable tout en assurant la protection de la vie privée des citoyens européens, si l’on entend rester compétitif sur le plan international; constate que les nouvelles technologies, en particulier les chaînes de blocs, modifieront la nature du commerce international; remarque l’importance d’atteindre nos objectifs en matière de politique climatique et de réaliser la transition vers les énergies renouvelables dès que possible; est d’avis que l’Union doit élaborer d’urgence une stratégie industrielle concrète et efficace en vue de réduire les vulnérabilités externes tout en favorisant la transition vers une économie sobre en carbone; estime que les possibilités et les défis que présente la mondialisation ainsi que les actions récentes de certains pays tiers devraient être abordés par une politique commerciale de l’Union qui favorise un commerce ouvert et juste doté de règles transparentes et un système multilatéral fort au sein de l’OMC;

20.  fait observer que, conformément à l’article 12 du traité FUE, qui reconnaît que les exigences en matière de protection des consommateurs doivent être prises en compte dans la définition et la mise en œuvre d’autres politiques et activités de l’Union, un chapitre spécifique sur la protection des consommateurs pourrait contribuer à atteindre un niveau élevé de protection de ceux-ci au moyen de garanties juridiques, par exemple en ce qui concerne le droit de réglementer et le principe de précaution, mais pourrait également apporter des avantages concrets aux consommateurs et renforcer leur confiance, y compris à l’égard des services en ligne, promouvoir une consommation durable, intégrer les intérêts des consommateurs dans la mise en œuvre de l’ensemble des accords commerciaux et contribuer à l’application effective de la législation relative à la protection des consommateurs, également dans des situations transfrontalières;

21.  relève la nécessité de garantir des conditions de concurrence plus équitables pour les petites et moyennes entreprises (PME); demande à la Commission de créer une stratégie commerciale européenne pour les PME afin de les intégrer dans les chaînes de valeur internationales et de surmonter les obstacles propres aux échanges commerciaux, tels que les barrières non tarifaires; indique que l’accès à l’information est l’un des principaux obstacles à la participation des PME au marché, d’où la nécessité d’améliorer la transparence et le soutien dont ces entreprises bénéficient; demande, dans ce contexte, que la Commission élabore des instruments qui facilitent la gestion des règles d’origine et l’utilisation des préférences pour les PME; signale le potentiel important des préférences inutilisées et prie la Commission de fixer des objectifs ambitieux concernant l’augmentation du taux d’utilisation; souligne l’importance des PME pour la réalisation des ODD; appelle donc à l’introduction de chapitres spécifiques dans les accords commerciaux concernant les besoins et les intérêts des PME, notamment en matière de facilitation de l’accès au marché;

22.  note que des instruments de défense commerciale sont nécessaires; se félicite de la récente réforme des instruments de défense commerciale, lesquels doivent être mis en œuvre de façon efficace et proportionnée pour protéger les industries et les emplois contre les importations faisant l’objet d’un dumping et de subventions déloyales; affirme qu’il ne devrait pas être fait recours aux instruments de défense commerciale à des fins protectionnistes; soutient les mesures mises en place par la Commission à la suite de l’imposition par les États-Unis de droits de douane sur l’acier et l’aluminium; relève que des règles relatives à la sélection des investissements doivent être mises en place dès que possible afin d’éviter les investissements étrangers qui ne sont motivés que par la politique industrielle et qui servent à acquérir des technologies européennes; rappelle la nécessité d’un instrument international sur les marchés publics solide; se félicite des mesures audacieuses prises pour intégrer la dimension du dumping social et environnemental dans ces instruments et invite la Commission à continuer de concevoir des méthodes solides en vue de tenir pleinement compte de ces dimensions, y compris en ce qui concerne les normes sociales et environnementales applicables dans les pays exportateurs;

23.  remarque que les États membres doivent renforcer leurs politiques du marché du travail et leur offre de formations en réponse aux suppressions d’emplois liées à la mondialisation; remarque toutefois qu’une réforme du Fonds européen d’ajustement à la mondialisation (FEM) est nécessaire afin de relever les nouveaux défis de la mondialisation, notamment une réforme des conditions préalables à l’obtention d’une aide au titre de ce Fonds; souligne que le FEM doit devenir un outil plus proactif dans la préparation des travailleurs et des entreprises à lutter contre les effets néfastes de la mondialisation; fait observer qu’il convient que les salariés des petites entreprises aient accès au financement du FEM; signale que le champ d’action du FEM devrait être élargi à d’autres ajustements liés aux politiques et qu’un budget approprié est nécessaire, de même qu’un mécanisme de contrôle et d’évaluation adéquat;

24.  reconnait les avancées de la Commission en faveur d’une plus grande transparence dans les accords de libre-échange (ALE) appelle la Commission à répondre au scepticisme vis-à-vis de la mondialisation en renforçant encore la transparence des accords commerciaux, en améliorant le contrôle des règles et des législations de l’Union et en accroissant la participation de ses citoyens; invite la Commission à mener ses négociations en toute transparence, au moyen d’un dialogue constant avec le Parlement européen, les parlements nationaux, les partenaires sociaux et la société civile; invite le Conseil à informer les parlements nationaux et la société civile concernant les négociations et à les y faire participer dès avant l’adoption du mandat de négociation et durant les négociations; regrette que le Conseil ait décidé, dans ses conclusions du 22 mai, de maintenir le statu quo en décidant de publier les directives de négociation des ALE de l’Union au cas par cas; invite le Conseil à rendre publics tous les mandats de négociation;

25.  insiste sur la nécessité d’une gouvernance accrue et de règles plus nombreuses au niveau mondial afin de mieux maîtriser la mondialisation; souligne l’importance de politiques nationales de soutien pour renforcer la compétitivité et la résilience de l’Union;

26.  rappelle que les produits agroalimentaires européens sont, dans le monde, ceux qui respectent les normes les plus élevées; demande à la Commission de veiller à ce que les produits agricoles importés répondent aux normes de l’Union et de renforcer les contrôles effectués sur les importations de produits agroalimentaires aussi bien sur le lieu d’origine qu’à leur arrivée dans l’Union;

27.  rappelle qu’il importe d’appliquer efficacement les accords commerciaux déjà conclus afin que les agriculteurs européens puissent tirer pleinement parti des possibilités d’exportation qui y sont prévues, comme c’est le cas avec l’accord économique et commercial global entre l’Union et le Canada (AECG);

28.  souligne qu’il est nécessaire d’élaborer à l’échelle mondiale de nouvelles règles et une nouvelle réglementation en matière de commerce afin de structurer et d’harmoniser les normes de production, sociales et environnementales dans le secteur agroalimentaire;

29.  accueille avec satisfaction l’accord commercial entre l’Union et le Japon, qui est le quatrième plus important marché d’exportation agricole de l’Union, cet accord ouvrant de bonnes perspectives d’exportation pour de nombreux produits agroalimentaires de l’Union, tels que les produits laitiers;

30.  souligne l’importance de l’inclusion de clauses de sauvegarde bilatérales effectives et rapidement utilisables permettant la suspension temporaire des préférences si, en raison de l’entrée en vigueur de l’accord commercial, une hausse des importations devait porter, ou risquer de porter, gravement préjudice à des secteurs sensibles, d’une part, et de la révision des mécanismes de sauvegarde multilatéraux existants définis par le règlement (UE) nº 1308/2013 (règlement «OCM unique»)(12), d’autre part, qui devraient jouer un rôle préventif pour les secteurs sensibles sur la base de seuils de volume de référence et de prix permettant le déclenchement automatique et suspensif des mécanismes de sauvegarde lorsque ces seuils sont atteints;

31.  souligne l’importance stratégique que revêt, pour l’Union européenne, le maintien d’un niveau élevé d’autonomie alimentaire; estime que la mondialisation du commerce ne devrait pas compromettre la viabilité des exploitations agroalimentaires de l’Union car, à long terme, cela pourrait engendrer une dépendance extérieure semblable à celle dont souffre le secteur de l’énergie;

32.  constate que le document de réflexion de la Commission sur la maîtrise de la mondialisation a été le premier document de ce type à mentionner l’importance d’améliorer les normes en matière de bien-être animal au moyen de la politique de commerce et d’investissement de l’Union européenne; salue la volonté exprimée par la Commission d’œuvrer au renforcement de la gouvernance mondiale dans ce domaine; invite la Commission à inscrire expressément le bien-être animal dans sa prochaine stratégie de politique commerciale et à utiliser les clauses de révision des accords de libre-échange en vigueur pour améliorer davantage les dispositions en la matière; invite la Commission à veiller à ce que les préférences commerciales soient subordonnées au respect des normes de l’Union en matière de bien-être animal, ce qui garantit des conditions de concurrence plus équitables et le respect des souhaits de la majorité des citoyens; invite la Commission à reconnaître le rôle important que des normes plus élevées en matière de bien-être animal peuvent jouer dans la réalisation de plusieurs ODD, notamment dans le domaine de la santé en ce qui concerne la résistance aux antimicrobiens et dans celui du changement climatique;

33.  souligne que la culture et l’éducation, y compris l’apprentissage tout au long de la vie, sont des biens communs, que l’accès à la culture et à l’éducation constitue un droit de l’homme et que la culture et l’éducation ne peuvent par conséquent être considérées ni gérées de la même manière que des biens ou services non-essentiels, mais comme des biens communs à préserver et à améliorer continuellement; demande donc que l’exclusion des services de contenus culturels, audiovisuels et éducationnels, y compris en ligne, soit clairement mentionnée dans les accords commerciaux entre l’Union et les pays tiers, comme le partenariat transatlantique pour le commerce et l’investissement (PTCI) avec les États-Unis;

34.  insiste donc sur le rôle clé joué par la convention 2005 de l’UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles pour les traités commerciaux internationaux, qui doivent tenir compte des dispositions pertinentes de ladite convention et les respecter;

35.  estime essentiel d’équilibrer les négociations commerciales en matière de droit d’auteur afin qu’elles ne se fondent pas sur le plus petit dénominateur commun, mais qu’elles prennent en considération les meilleures règles possibles en matière de protection du patrimoine culturel, de promotion de la diversité culturelle et de garantie des revenus des personnes qui travaillent dans le domaine de la culture et des médias, qu’elles favorisent et renforcent la créativité, la diffusion des connaissances et des contenus ainsi que les droits des utilisateurs à l’ère numérique et qu’elles constituent un environnement commercial ouvert et fondé sur des règles, ce qui s’avère essentiel à la prospérité des secteurs culturels et créatifs de l’Union européenne;

36.  invite à nouveau l’Union à exercer le droit dont elle dispose pour adopter ou maintenir les mesures (en particulier de nature réglementaire et/ou financière), y compris une clause générale juridiquement contraignante, en matière de protection et de promotion de la diversité linguistique et culturelle, du patrimoine culturel, de la liberté d’expression, du pluralisme des médias et de la liberté des médias, quelles que soient les technologies ou les plateformes de distribution utilisées, dans les négociations commerciales avec les pays tiers;

37.  rappelle que la protection des données est un droit fondamental dans l’Union européenne; demande que les accords commerciaux garantissent des normes rigoureuses de protection des données, à travers des décisions d’adéquation mutuelle entre l’Union et les pays tiers;

38.  souligne qu’il importe de continuer à promouvoir les systèmes européens d’indications géographiques ainsi que de spécialités traditionnelles et de poursuivre la conclusion d’accords bilatéraux avec des pays tiers dans ces domaines;

39.  se félicite du mandat que le Conseil a récemment confié à la Commission pour qu’elle négocie, au nom de l’Union européenne, une convention instituant un tribunal multilatéral de règlement des différends en matière d’investissement, afin de combler les lacunes du système actuel de règlement des différends entre investisseurs et États; souligne que ce tribunal sera un organe permanent de règlement des différends en matière d’investissement et qu’il s’agira d’un mécanisme plus transparent, plus cohérent et plus équitable, qui sera largement bénéfique aux investisseurs; se réjouit à cet égard que le Conseil ait également décidé de rendre public le mandat de négociation, ce que le Parlement demandait de longue date dans le cadre de ses efforts visant à améliorer la transparence dans le domaine des négociations internationales;

Réponse externe de l’Europe

40.  invite la Commission à faire des ODD et de l’accord de Paris sur le climat les principes directeurs de la politique commerciale de l’Union; remarque que, pour ce faire, les réformes mentionnées dans la stratégie «Le commerce pour tous» sont insuffisantes; invite la commission à considérer la durabilité comme un principe général de tous les accords commerciaux, notamment en intégrant des obligations liées à la durabilité dans chaque chapitre, et à intégrer un chapitre spécifique contribuant à soutenir et à promouvoir les conventions internationales sur les droits sociaux, les droits du travail et les droits de l’homme ainsi que les accords multilatéraux sur l’environnement; remarque que l’application de ces dispositions contraignantes et exécutoires doit faire l’objet d’un suivi approprié afin de lancer des procédures de consultation gouvernementales et de déclencher les mécanismes spéciaux de règlement des différends, le cas échéant, tels que prévus dans le cadre des chapitres sur le commerce et le développement durable; invite le Conseil et la Commission à être plus ambitieux dans le cadre de leurs négociations avec les pays industrialisés partenaires en ce qui concerne les conventions de l’Organisation internationale du travail (OIT) qui seront mentionnées dans l’accord;

41.  invite la Commission à intégrer dans les ALE des chapitres solides et exhaustifs sur le développement durable afin de soutenir le commerce international; accueille favorablement le plan en quinze points de la Commission visant à rendre les chapitres consacrés au commerce et au développement durable dans les accords commerciaux de l’Union européenne plus efficaces;

42.  souligne l’importance d’une politique commerciale équilibrée et progressive en vue de relever les défis de la mondialisation dans le cadre d’accords de libre-échange équilibrés déjà conclus ou encore en cours de négociation, par exemple avec l’Australie, le Canada, le Japon, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, Singapour et le Viêt Nam;

43.  demande à la Commission de mener une politique commerciale ambitieuse et de maintenir un environnement d’investissement ouvert; ajoute que la ratification des accords commerciaux conclus et signés devrait se faire rapidement afin de respecter les engagements pris à l’égard de nos partenaires;

44.  invite la Commission à intégrer des règles relatives au commerce numérique dans les accords de libre-échange de l’Union, y compris en ce qui concerne les flux de données transfrontaliers, afin de démontrer que le commerce des biens et services numériques peut apporter de réels avantages aux entreprises et aux consommateurs;

45.  félicite la Commission pour sa décision de créer un nouveau prix des villes de l’Union pour le commerce équitable et éthique;

46.  invite la Commission à évaluer de quelle manière les technologies des registres distribués et les chaînes de blocs peuvent être utilisées pour améliorer le commerce international et aborder des questions telles que la transparence et la flexibilité, ainsi que lutter contre la contrefaçon;

47.  souligne que le programme de développement durable des Nations unies à l’horizon 2030 et l’accord de Paris sur le climat fournissent des références permettant de mesurer la contribution de la politique commerciale de l’Union aux objectifs mondiaux convenus en matière de développement durable; note que les analyses d’impact menées avant le début des négociations doivent prendre en compte la réalisation des ODD; remarque que les stratégies nationales de développement durable et les plans de mise en œuvre de l’accord de Paris doivent constituer l’un des points essentiels des analyses d’impact; indique que les accords commerciaux et leurs conséquences possibles devraient répondre aux exigences des ODD; demande instamment à la Commission, dans ses futurs rapports sur la mise en œuvre des accords de libre-échange, de fournir une évaluation, assortie de données, de l’incidence de ces accords sur la réalisation des ODD et de l’accord de Paris; relève que des ajustements sont nécessaires si une partie d’un accord entrave la réalisation des ODD ou de l’accord de Paris;

48.  souligne que le système de mise en œuvre de la cohérence des politiques au service du développement de la Commission devrait être aligné sur l’ODD 17; relève que les interactions entre les domaines tels que les politiques commerciale, agricole, extérieure, de la pêche, environnementale et fiscale doivent être évaluées de façon cohérente par la société civile, la Commission et les parlement nationaux; note que les manquements aux dispositions en matière de durabilité doivent être compensées par des mesures rectificatives; demande une évaluation de la cohérence des politiques au service du développement (CPD), conformément aux dispositions du traité de Lisbonne sur les propositions législatives liées au commerce; remarque qu’une conduite responsable des entreprises et une gestion responsable des chaînes de valeur mondiales sont indispensables à la réalisation des ODD et que le programme de développement durable à l’horizon 2030 souligne le besoin urgent d’un plan d’action de l’Union sur la conduite responsable des entreprises qui favoriserait la cohérence des politiques à l’échelle européenne;

49.  indique que la ratification et la mise en place des normes fondamentales du travail de l’Organisation internationale du travail (OIT) doivent être une priorité pour la mise en œuvre de tout ALE; note que la société civile organisée et les partenaires sociaux devraient participer aux étapes d’élaboration, de mise en œuvre et de suivi après mise en œuvre des accords, au moyen de réunions bilatérales avec les partenaires de négociation; relève qu’un mécanisme de règlement des différends efficace et fonctionnel devrait être mis en place, de même que des organes de contrôle efficaces faisant intervenir la société civile;

50.  note que l’Union a réglementé les chaînes d’approvisionnement du bois, du poisson et des minéraux provenant de zones de conflit et que plusieurs États membres ont élaboré des cadres de diligence raisonnable dans différents secteurs, d’où la nécessité d’élaborer un vaste cadre garantissant un niveau de concurrence équitable; demande par conséquent à la Commission de donner suite à la complexité grandissante des chaînes de valeur et à l’interdépendance croissante des producteurs par la définition d’obligations claires en matière de diligence raisonnable et de transparence pour toute la chaîne d’approvisionnement, étant donné que la faible application des lois du travail et des normes de sécurité professionnelles en vigueur dans les pays fournisseurs demeure une question urgente; invite la Commission à s’appuyer sur la législation européenne en vigueur dans le domaine des minéraux et du bois provenant de zones de conflits, ainsi que sur les directives de l’OCDE sur la diligence raisonnable en matière de conduite responsable des entreprises, récemment publiées; relève que les chaînes de valeur mondiales ont aussi incité certains fournisseurs à ignorer les lois du travail, à délocaliser leurs activités en dehors de l’Union et à engager des travailleurs dans des conditions dangereuses et inacceptables; rappelle que ces pratiques constituent une concurrence déloyale pour les fournisseurs qui respectent le droit du travail et les normes internationales, ainsi que pour les gouvernements qui souhaitent accroître les salaires et le niveau de vie; souligne l’importance de niveaux de salaires décents et de normes de sécurité au travail acceptables pour un système durable d’échanges mondiaux et de nouvelles chaînes de production mondiales; invite la Commission à étudier l’incidence de l’essor des chaînes de valeur mondiales, à présenter des propositions concrètes visant à en améliorer les conditions et à œuvrer en faveur d’un cadre multilatéral et juridiquement contraignant pour la responsabilité et la conduite responsable des entreprises en matière de travail décent, de durabilité environnementale et de respect des droits de l’homme, en étroite coopération avec l’OIT et l’OCDE; reconnaît qu’il est préférable pour l’Union de viser un tel cadre contraignant dans des négociations multilatérales plutôt que d’imposer unilatéralement des règles majeures; invite l’Union et les États membres à agir en chefs de file et à renforcer leur engagement en vue d’un traité contraignant sur les entreprises et les droits de l’homme lors des délibérations au sein des Nations unies; invite la Commission à s’engager, conformément aux quatre objectifs stratégiques du programme de l’OIT en faveur d’un travail décent, à respecter, à promouvoir et à réaliser les normes internationales du travail ainsi que les principes et droits fondamentaux des travailleurs;

51.  souligne qu’il est nécessaire de prendre des mesures actives visant à améliorer les possibilités offertes aux femmes de bénéficier des avantages offerts par les ALE afin d’atteindre l’objectif de l’égalité des sexes; demande que les accords commerciaux incorporent un chapitre spécifique sur le commerce et l’égalité entre les femmes et les hommes et l’émancipation des femmes, prévoyant des mesures visant, entre autres, à améliorer l’équilibre vie professionnelle-vie privée et l’accès aux services sociaux et sanitaires, à renforcer la participation d’entreprises dirigées par des femmes (en particulier les microentreprises et les PME) aux marchés publics, à soutenir l’internationalisation d’entreprises dirigées par des femmes et la participation des femmes dans les possibilités offertes au titre du mode 4;

52.  observe que, au vu des attaques contre l’ordre économique mondial multilatéral, il est d’une importance capitale de préserver celui-ci, sachant que tout recul protectionniste serait dommageable et pourrait déboucher sur une guerre commerciale; note que l’ordre multilatéral ne pourra être maintenu que s’il est réformé; est d’avis que, pour préserver cet ordre, il convient de mieux prendre en compte le programme des Nations unies à l’horizon 2030 et l’accord de Paris sur le climat; invite à la Commission à s’efforcer activement de débloquer l’organe d’appel de l’OMC et l’appelle à promouvoir la coopération internationale dans la lutte contre la concurrence déloyale et les pratiques protectionnistes, qui sont néfastes tant aux entreprises qu’aux citoyens; fait observer qu’un commerce ouvert et juste qui réalise les ODD et tienne compte des besoins des pays en développement, comme indiqué dans la stratégie «le commerce pour tous», devrait constituer l’objectif premier de l’Union; remarque que, dans la mesure où les initiatives multilatérales ont actuellement peu de chances de succès, l’Union devrait s’efforcer entretemps de conclure des accords bilatéraux et plurilatéraux, dans lesquels le commerce équitable serait l’un des principes directeurs, mais estime que la situation actuelle donne à l’Union la possibilité de jouer un rôle moteur dans la réforme de l’ordre commercial multilatéral d’une manière durable et viable;

53.  note qu’un commerce ouvert, juste et durable est souhaitable d’un point de vue économique et a des conséquences essentielles sur le plan politique; observe, compte tenu de la stratégie «l’Amérique d’abord» et de l’initiative «Ceinture et route», que l’Union a tout intérêt stratégique à utiliser le commerce comme instrument pour la promotion d’un développement démocratique et durable et pour le renforcement du dialogue et de l’assistance technique, en particulier dans les États du Partenariat oriental et avec ses partenaires africains; souligne que le commerce et les investissements doivent être liés aux stratégies de développement durable; invite la Commission à plaider en faveur d’une mise en œuvre cohérente des accords d’association avec les États du partenariat oriental; invite la Commission à élaborer une stratégie à moyen terme en vue d’établir des relations stables avec la Communauté des États indépendants (CEI); constate que, dans la mise en œuvre des accords de partenariat économique (APE) avec les régions et les États africains, le commerce n’est pas le seul aspect d’importance, mais qu’il est aussi essentiel de lier ces accords aux exigences de développement durable dans les États africains; demande à la Commission de s’employer à accroître la capacité des gouvernements à intégrer les questions liées au développement économique durable et inclusif dans leurs stratégies et programmes commerciaux nationaux; rappelle l’importance pour l’Union d’approfondir la coopération avec des organisations internationales telles que les Nations unies, l’OIT, l’OCDE et la Banque mondiale en matière commerciale, au vu des enjeux de la mondialisation; déplore à cet égard que l’Union et la plupart des États membres n’aient pas atteint l’objectif de consacrer 0,7 % de leur RNB au financement de la coopération au développement;

54.  souligne que la gouvernance du commerce mondial devrait permettre une intégration commerciale qui crée de réelles possibilités de développement durable; remarque, dans ce contexte, que l’architecture actuelle de traitement spécial et différencié dans le cadre de l’OMC ne produit pas les résultats escomptés; souligne qu’il faut rendre le traitement spécial et différencié plus efficace et opérationnel pour les pays en développement;

55.  souligne le fait que les accords commerciaux peuvent avoir une incidence négative sur la sécurité alimentaire dans les pays en développement; invite l’Union à protéger la production alimentaire locale et à empêcher les effets destructeurs des importations à bas prix, notamment dans le cadre des APE;

56.  regrette qu’au moins 218 millions d’enfants soient soumis à du travail forcé, principalement pour réduire les coûts; demande à l’Union de veiller à ce que les marchandises circulant dans l’Union dans le cadre de régimes de certification éthique ne soient pas le produit de travail forcé ou du travail d’enfants, et ce pour assurer une utilisation fiable des termes équitable et éthique et pour aider les consommateurs à faire un choix éclairé;

57.  relève qu’un seul APE complet a été conclu jusqu’à présent; demande donc à l’Union de prendre acte des difficultés rencontrées par les pays en développement en lien avec les APE dans le cadre du processus post-Cotonou; souligne notamment qu’il est nécessaire d’analyser plus avant les répercussions de tels accords sur les économies africaines et leurs marchés du travail respectifs et sur le développement du commerce intrarégional en Afrique;

58.  déplore que, chaque année, une somme supérieure au total de l’aide publique au développement annuelle quitte l’Afrique sous la forme de flux financiers illicites; souligne l’impact dommageable de l’évasion fiscale sur les pays en développement, qui se traduit notamment par des pertes significatives de fonds publics qui pourraient être utilisés notamment pour améliorer la croissance économique, la protection de l’environnement et les services publics mais aussi pour contribuer à la cohésion sociale; appelle la Commission à faire de la lutte contre ce problème grave une priorité, en utilisant tous les outils à sa disposition, lors de la négociation des accords commerciaux; exige l’insertion, dans les accords de libre-échange et les régimes commerciaux préférentiels de l’Union, de dispositions strictes destinées à lutter contre l’évasion et la fraude fiscales;

59.  demande une nouvelle fois de créer des outils efficaces pour lutter contre la fraude et l’évasion fiscales au niveau mondial et renforcer la coopération dans le domaine fiscal avec les pays en développement, notamment par la mobilisation des ressources nationales;

60.  rappelle qu’il faut créer un organe intergouvernemental des Nations unies afin de coopérer sur un pied d’égalité avec les pays en développement dans le cadre de la réforme des règles fiscales mondiales;

61.  apporte son appui déterminé à la poursuite de l’intégration des technologies et des services numériques dans la politique de développement de l’Union; invite la Commission à augmenter les investissements dans le développement des infrastructures numériques des pays du Sud;

62.  accueille favorablement le plan d’investissement extérieur de l’Union, qui vise à favoriser la croissance durable, les investissements et la création d’emplois dans les pays en développement; réclame une extension de l’actuel mandat de prêt extérieur de la Banque européenne d’investissement (BEI) afin de renforcer son rôle en matière de développement durable — par le financement mixte, le cofinancement de projets et le développement du secteur privé local — en mettant l’accent sur les pays les moins avancés et les États fragiles;

63.  accueille favorablement la stratégie «Aide pour le commerce» de la Commission, mise à jour en 2017, qui vise à renforcer et à moderniser le soutien de l’Union aux pays en développement; demande des efforts supplémentaires et une augmentation de l’engagement financier de l’Union en faveur des initiatives d’aide pour le commerce afin d’aider les pays en développement, en particulier les pays les moins avancés, à accroître leur prospérité grâce au commerce et aux investissements et de soutenir leurs efforts en vue de la réalisation des ODD;

°

°  °

64.  charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil et à la Commission.

(1)

Textes adoptés de cette date, P8_TA(2018)0230.

(2)

JO C 101 du 16.3.2018, p. 30.

(3)

Textes adoptés de cette date, P8_TA(2017)0488.

(4)

JO C 337 du 20.9.2018, p. 33.

(5)

JO L 338 du 19.12.2017, p. 1.

(6)

Textes adoptés de cette date, P8_TA(2017)0090.

(7)

Textes adoptés de cette date, P8_TA(2016)0369.

(8)

JO C 99E du 3.4.2012, p. 31.

(9)

JO C 99E du 3.4.2012, p. 94.

(10)

OCDE, C/MIN(2017)2.

(11)

Règlement (UE) 2016/679 du Parlement européen et du Conseil du 27 avril 2016 relatif à la protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel et à la libre circulation de ces données, et abrogeant la directive 95/46/CE (JO L 119 du 4.5.2016, p. 1).

(12)

JO L 347 du 20.12.2013, p. 671.


AVIS de la commission du développement (3.9.2018)

à l’intention de la commission du commerce international

Maîtriser la mondialisation: aspects commerciaux

(2018/2005(INI))

Rapporteur pour avis: Cristian Dan Preda

SUGGESTIONS

La commission du développement invite la commission du commerce international, compétente au fond, à incorporer dans la proposition de résolution qu’elle adoptera les suggestions suivantes:

1.  rappelle que l’aide publique au développement (APD) est une ressource unique et précieuse dans la lutte mondiale contre la pauvreté, l’inégalité et la marginalisation; souligne que si toutes les sources de financement sont importantes pour le développement durable, l’aide permet d'atteindre des résultats que d'autres ressources ne permettent pas d'obtenir; souligne qu’il est nécessaire de veiller à ce que le commerce devienne un instrument efficace pour atteindre les objectifs de développement durable (ODD) et que le secteur privé, s’il est aligné sur les principes d’efficacité du développement reconnus au niveau international, peut jouer un rôle dans la réalisation du développement inclusif et durable et la mise en œuvre du programme défini à l’horizon 2030; insiste sur la nécessité de rééquilibrer le droit du commerce et de l’investissement et le droit relatif aux droits de l’homme, notamment dans les chaînes d’approvisionnement mondiales;

2.   souligne que, lorsqu’il agit dans le domaine du développement, le secteur privé doit jouer son rôle dans la réalisation du programme à l’horizon 2030 et respecter des principes partagés et des valeurs communes, tels que les principes d’efficacité du développement convenus au niveau international, à savoir l’appropriation, l’alignement, l’harmonisation et la responsabilité, et que les objectifs en matière de développement devraient prévaloir; rappelle l’engagement du secteur privé en ce qui concerne la transparence et le respect des droits de l’homme, conformément aux principes directeurs des Nations unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme et aux principes directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises multinationales; encourage l’Union et ses États membres, à cet égard, sur la base des enseignements tirés d’initiatives législatives précédentes de l’Union, à élaborer un cadre réglementaire cohérent établissant des obligations de vigilance à l’égard des droits de l’homme pour les chaînes d’approvisionnement;

3.  demande à l’Union de s’assurer que ses activités avec les pays en développement, tant en matière de développement qu’en matière commerciale, soient fondées sur un cadre équilibré entre partenaires égaux, soient alignées sur le principe de la cohérence des politiques au service du développement établi à l’article 208 du traité FUE et soient axées sur la promotion et la protection des droits de l’homme; encourage vivement l'Union à poursuivre son travail pour intégrer sa démarche fondée sur les droits de l'homme à toutes ses activités en faveur du développement;

4.  met en garde contre l’élaboration d’une politique à deux vitesses en matière de droits et d’obligations des entreprises dans les accords d’investissement et de commerce; relève que le recours à des mesures volontaires pour encourager la vigilance peut s’avérer insuffisant et que les droits des investisseurs doivent être assortis d'obligations relatives au respect des droits de l’homme, des normes du travail et de l’environnement; souligne, eu égard à la proposition de la Commission de créer un tribunal multilatéral des investissements en tant qu’organe permanent chargé de faire respecter les droits des investisseurs, l’importance de s’attaquer à ces déséquilibres et invite l’Union à engager activement des négociations constructives sur l’instrument contraignant des Nations unies sur les entreprises et les droits de l’homme afin de défendre la primauté des droits de l’homme;

5.  réaffirme la nécessité de mettre pleinement en œuvre les obligations extraterritoriales des États membres en matière de droits de l'homme, conformément aux principes de Maastricht et en s’appuyant sur les différents instruments du Conseil de l’Europe, en particulier sur la convention européenne des droits de l’homme (CEDH);

6.  souligne que les échanges commerciaux ne sont pas une fin en soi, mais qu’une politique commerciale solidaire, fondée sur les droits, libre et équitable, si elle est conforme aux objectifs de développement durable, peut contribuer à l’éradication de la pauvreté, qui est l'objectif premier de la politique de l'Union en matière de coopération au développement, à la réduction des inégalités et à la création d'emplois décents; demande d’établir des modes de consommation et de production durables; souligne que les partenaires commerciaux de l’Union dans les pays développés doivent veiller à la bonne gouvernance et au respect de l’état de droit;

7.  souligne que la gouvernance du commerce mondial devrait permettre une intégration commerciale qui crée de réelles possibilités de développement durable; souligne, dans ce contexte, que l’architecture actuelle de traitement spécial et différencié dans le cadre de l’OMC ne produit pas les résultats escomptés; souligne qu'il faut rendre le traitement spécial et différencié plus efficace et opérationnel pour les pays en développement;

8.  rappelle qu'il faut renforcer le principe de cohérence des politiques au service du développement, qui suppose la prise en compte des objectifs de la coopération au développement dans les politiques susceptibles d’avoir une incidence sur les pays en développement; invite l’Union à évaluer systématiquement l’incidence de ses politiques commerciales et budgétaires sur les pays en développement et à veiller à ce que tous ses accords sur les investissements et le commerce contiennent des dispositions prévoyant des analyses d’impact indépendantes, ex ante et ex post, sur les droits de l’homme, des exigences exécutoires de vérifications préalables et des mécanismes efficaces de responsabilisation;

9.  souligne que les accords commerciaux peuvent avoir une incidence négative sur la sécurité alimentaire dans les pays en développement; invite l’Union à protéger la production alimentaire locale et à empêcher les effets destructeurs des importations à bas prix, notamment dans le cadre des accords de partenariat économique (APE);

10.  réaffirme que les retombées de la politique commerciale sur l’environnement sont réparties de manière inégale; invite par conséquent l’Union à intégrer dans sa politique commerciale la durabilité environnementale, la gestion durable des ressources naturelles, les droits fonciers et la prise en compte effective des communautés locales et autochtones;

11.  observe que les accords de libre-échange bilatéraux et régionaux peuvent comporter des dispositions plus strictes que celles adoptées à l’OMC et que ces dispositions risquent d’imposer des restrictions aux gouvernements nationaux; relève notamment avec inquiétude que le besoin des pays en développement de mener des politiques nécessaires au soutien de leur sécurité alimentaire et de leur développement rural n'est pas suffisamment pris en compte dans les accords de libre-échange bilatéraux et régionaux, en ce compris les APE avec les pays ACP, et que les pays en développement sont souvent empêchés d’utiliser les flexibilités prévues dans les accords de l’OMC;

12.  regrette qu’au moins 218 millions d’enfants soient soumis à du travail forcé, principalement pour réduire les coûts; demande à l’Union de veiller à ce que les marchandises circulant dans l’Union dans le cadre de régimes de certification éthique ne soient pas le produit de travail forcé ou du travail d’enfants, et ce pour assurer une utilisation fiable des termes équitable et éthique et pour aider les consommateurs à faire un choix éclairé;

13.  souligne que la multiplication des accords de libre-échange bilatéraux et régionaux pose un problème pour la cohérence de la gouvernance mondiale du commerce et compromet le rôle central de l’OMC dans la fixation de règles mondiales; insiste, dans ce contexte, sur l’importance d’un ordre multilatéral fondé sur des règles, selon lequel tous les pays sont représentés sur un pied d’égalité, ce qui constitue la voie la plus efficace pour parvenir à un système commercial mondial n’excluant personne; souligne l’importance, dans les accords commerciaux, de dispositions exécutoires concernant les normes sociales, de travail et environnementales et salue l’engagement pris par la Commission d’inclure des chapitres contraignants sur le commerce et le développement durable; souligne que ces dispositions doivent être appliquées au moyen de mécanismes efficaces de suivi permettant aux particuliers de demander réparation; demande que des mesures d’accompagnement, y compris de soutien financier, soient mises en œuvre dans le cadre des accords commerciaux conclus avec les pays en développement afin d'appuyer les efforts que ces derniers consentent pour respecter et mettre en œuvre les normes sociales et environnementales convenues au niveau international; réclame une nouvelle fois plus de transparence dans le commerce des ressources naturelles;

14.  rappelle que l’Afrique est toujours marginalisée dans le contexte mondial et invite l’Union à soutenir ses ambitions en matière de création d’un véritable marché intra-africain et à éviter de prendre des mesures qui pourraient faire obstacle à ces ambitions; souligne, à cet égard, la nécessité d'optimiser le développement et les effets positifs des migrations et de la mobilité;

15.  demande à l'Union de tenir compte des différents niveaux de développement et des capacités des pays en développement, d'aider les pays africains à renforcer leurs capacités de production et de transformation afin de devenir moins dépendants des matières premières et des produits transformés simples, ainsi qu'à accroître leur compétitivité et leur participation aux marchés mondiaux, et de contribuer à la création d’emplois de qualité, notamment en renforçant le rôle des femmes dans l’économie formelle et informelle; souligne que tout accord commercial avec des pays en développement doit prévoir des calendriers de libéralisation suffisamment asymétriques, une protection pour les industries naissantes, des règles d’origine favorables au développement et des clauses de sauvegarde efficaces;

16.  soutient la création d’une zone de libre-échange continentale en Afrique; souligne que les APE, s’ils sont accompagnés de mesures structurelles appropriées et dûment contrôlés, peuvent s'avérer un instrument important pour promouvoir l’intégration régionale et le développement durable par le commerce; souligne que leur priorité doit être la défense des droits de l’homme et la réalisation du programme à l’horizon 2030; souligne l’importance de la coopération avec les pays partenaires pour susciter l'adhésion au sein du gouvernement et de la société civile; insiste, à cet égard, sur l'importance primordiale de respecter, ainsi que le définit l'ODD 17.15, le droit des pays partenaires à réglementer leur propre contexte national et à prendre des décisions adaptées ainsi qu’à répondre aux besoins de leurs populations, et sur l’importance que ces pays remplissent leurs obligations en matière de droits de l'homme et d'autres engagements internationaux; souligne que les relations ACP-UE devront s'inscrire à l'avenir dans un cadre équilibré entre partenaires égaux;

17.  relève qu’un seul APE complet a été conclu jusqu’à présent; demande donc à l’Union de prendre acte des difficultés rencontrées par les pays en développement en lien avec les APE dans le cadre du processus post-Cotonou; souligne notamment qu’il est nécessaire d’analyser plus avant leurs répercussions sur les économies africaines et leurs marchés du travail respectifs et sur le développement du commerce intrarégional en Afrique;

18.  déplore que, chaque année, une somme supérieure au total de l'APD annuelle quitte l’Afrique sous la forme de flux financiers illicites; souligne l'impact dommageable de l'évasion fiscale sur les pays en développement, qui se traduit notamment par des pertes significatives de fonds publics qui pourraient être utilisés notamment pour améliorer la croissance économique, la protection de l'environnement et les services publics mais aussi contribuer à la cohésion sociale; appelle la Commission à faire de la lutte contre ce problème grave une priorité, en utilisant tous les outils à sa disposition, lors de la négociation des accords commerciaux; exige l’insertion, dans les accords de libre-échange et les régimes commerciaux préférentiels de l’Union, de dispositions strictes destinées à lutter contre l’évasion et la fraude fiscales;

19.  demande une nouvelle fois de créer des outils efficaces pour lutter contre la fraude et l’évasion fiscales au niveau mondial et renforcer la coopération dans le domaine fiscal avec les pays en développement, notamment par la mobilisation des ressources nationales;

20.  rappelle qu'il faut créer un organe intergouvernemental des Nations unies afin de coopérer sur un pied d’égalité avec les pays en développement dans le cadre de la réforme des règles fiscales mondiales;

21.  rappelle les effets que la politique agricole commune (PAC) de l'Union a sur les pays en développement; demande, à cet égard, à l’Union de veiller à ce que la future PAC surmonte les problèmes liés au modèle agricole actuel axé sur les exportations en renforçant de manière durable les marchés intérieurs de l’Union et les chaînes courtes d’approvisionnement alimentaire, de sorte que, d’une part, elle ne compromette pas le développement des pays en développement et, d’autre part, elle soit résiliente face aux chocs extérieurs;

22.  souligne qu’il importe d’adapter les politiques commerciales de manière à soutenir les efforts nationaux de lutte contre le changement climatique, conformément à l’accord de Paris;

23.  rappelle que, selon l'article 8 du traité FUE, «pour toutes ses actions, l’Union cherche à éliminer les inégalités, et à promouvoir l’égalité, entre les hommes et les femmes»; constate avec préoccupation que des difficultés subsistent quant à l’analyse du lien entre le commerce et les questions d’égalité entre les hommes et les femmes, et ce, pour plusieurs raisons, dont un manque de données; souligne qu'il faut mieux comprendre la dynamique des accords commerciaux au regard de ces questions; insiste pour que tous les accords commerciaux de l'Union promeuvent l'égalité entre les hommes et les femmes et s’efforcent de réduire les inégalités;

24.  demande que les accords commerciaux soient transparents et que la société civile des pays partenaires soit pleinement associée à la négociation et à la mise en œuvre des futurs accords commerciaux;

25.  apporte son appui déterminé à la poursuite de l’intégration des technologies et des services numériques dans la politique de développement de l’Union; invite la Commission à augmenter les investissements dans le développement des infrastructures numériques des pays du Sud;

26.  accueille favorablement le plan d’investissement extérieur de l’Union, qui vise à favoriser la croissance durable, les investissements et la création d’emplois dans les pays en développement; réclame une extension de l'actuel mandat de prêt extérieur de la BEI afin de renforcer son rôle en matière de développement durable — par le financement mixte, le cofinancement de projets et le développement du secteur privé local — en mettant l’accent sur les pays les moins avancés et les États fragiles;

27.  met en exergue les profondes lacunes en matière de transparence et de traçabilité, ce qui soulève de sérieuses questions quant à l’intégrité de nombreux systèmes d’audit et de certification éthiques dans les chaînes d’approvisionnement;

28.  accueille favorablement la stratégie «Aide au commerce» de la Commission, mise à jour en 2017, qui vise à renforcer et à moderniser le soutien de l’Union aux pays en développement; demande des efforts supplémentaires et une augmentation de l’engagement financier de l’Union en faveur des initiatives «Aide pour le commerce» afin d’aider les pays en développement, en particulier les PMA, à accroître leur prospérité grâce au commerce et aux investissements et de soutenir leurs efforts en vue de la réalisation des ODD.

INFORMATIONS SUR L’ADOPTIONPAR LA COMMISSION SAISIE POUR AVIS

Date de l’adoption

29.8.2018

 

 

 

Résultat du vote final

+:

–:

0:

20

1

2

Membres présents au moment du vote final

Beatriz Becerra Basterrechea, Ignazio Corrao, Mireille D’Ornano, Heidi Hautala, Maria Heubuch, Teresa Jiménez-Becerril Barrio, Stelios Kouloglou, Arne Lietz, Linda McAvan, Norbert Neuser, Lola Sánchez Caldentey, Jean-Luc Schaffhauser, Elly Schlein, Mirja Vehkaperä, Bogdan Brunon Wenta, Anna Záborská, Joachim Zeller, Željana Zovko

Suppléants présents au moment du vote final

Frank Engel, Ádám Kósa, Cécile Kashetu Kyenge, Paul Rübig, Kathleen Van Brempt

VOTE FINAL PAR APPEL NOMINALEN COMMISSION SAISIE POUR AVIS

20

+

ALDE

Beatriz Becerra Basterrechea, Mirja Vehkaperä

EFDD

Ignazio Corrao, Mireille D’Ornano

GUE/NGL

Stelios Kouloglou, Lola Sánchez Caldentey

PPE

Teresa Jiménez-Becerril Barrio, Ádám Kósa, Paul Rübig, Bogdan Brunon Wenta, Joachim Zeller, Željana Zovko

S&D

Cécile Kashetu Kyenge, Arne Lietz, Linda McAvan, Norbert Neuser, Elly Schlein, Kathleen Van Brempt

Verts/ALE

Heidi Hautala, Maria Heubuch

1

-

ENF

Jean-Luc Schaffhauser

2

0

PPE

Frank Engel, Anna Záborská

Légende des signes utilisés:

+  :  pour

-  :  contre

0  :  abstention


AVIS de la commission de l’agriculture et du développement rural (22.6.2018)

à l’intention de la commission du commerce international

Maîtriser la mondialisation: aspects commerciaux

(2018/2005(INI))

Rapporteure pour avis: Karin Kadenbach

SUGGESTIONS

La commission de l’agriculture et du développement rural invite la commission du commerce international, compétente au fond, à incorporer dans la proposition de résolution qu’elle adoptera les suggestions suivantes:

1.  prend acte de la communication de la Commission intitulée «Une politique commerciale équilibrée et novatrice pour maîtriser la mondialisation»(1), mais regrette qu’elle n’aille pas plus loin dans la protection des agriculteurs européens; s’inquiète du manque d’attention que cette communication porte aux effets inégaux de la mondialisation, y compris du point de vue du secteur agricole, qui souffre d’une distorsion de concurrence à la fois sur les marchés de l’Union et sur les marchés internationaux, plusieurs acteurs mondiaux ayant mis au point des systèmes agricoles intensifs, axés sur l’exportation et fortement concurrentiels, ce qui ne garantit pas au secteur agricole des conditions équitables de concurrence au niveau international;

2.  reconnaît que l’Union est le premier exportateur de produits agroalimentaires; relève, dans ce contexte, l’existence d’un double phénomène, à savoir, d’un côté, la nécessité de conserver l’orientation de l’Union vers le marché et sa compatibilité avec les règles de l’OMC et, de l’autre, le fait que certains secteurs agricoles ne sont pas en mesure de résister à la libéralisation totale des échanges et à la concurrence débridée des importations;

3.  fait remarquer que la mondialisation des échanges procure des avantages, tels que la croissance, l’amélioration du niveau de vie et l’augmentation des perspectives économiques, mais que ces avantages ne sont pas toujours partagés de manière équitable entre les pays ou au sein d’un même pays;

4.  rappelle que le secteur agricole européen recèle un excellent potentiel d’exportation, qu’il convient de soutenir au moyen d’accords commerciaux équilibrés avec les pays tiers;

5.  rappelle que la politique commerciale européenne ne se résume pas à une question d’intérêts, mais promeut aussi des valeurs;

6.  souligne que les politiques commerciale et agricole sont indissociables, la politique commerciale européenne étant un outil qui permet de promouvoir les intérêts agricoles de l’Union et peut, de ce fait, contribuer à la réalisation des objectifs de la politique agricole commune (PAC);

7.  rappelle que les politiques commerciale et agricole sont au cœur de la mise en œuvre du programme de développement durable à l’horizon 2030 et de ses objectifs de développement durable (ODD); estime qu’en privilégiant des politiques commerciales ouvertes, indépendantes et équitables et en les alignant sur les ODD, il est possible de contribuer largement à l’éradication de la pauvreté et de la faim dans le monde;

8.  invite l’Union à évaluer systématiquement l’incidence de ses politiques commerciales sur les objectifs de développement durable et demande la mise en place d’un mécanisme d’évaluation apte à garantir la cohérence de toutes les stratégies et politiques européennes;

9.  reconnaît, dans ce contexte, que l’Organisation mondiale du commerce (OMC) est une instance de négociation qui fixe les règles du commerce et que ce sont les pays membres eux-mêmes qui décident dans quelle mesure ils souhaitent éliminer les distorsions et les obstacles au commerce; rappelle que, dans ses accords bilatéraux, l’Union peut définir des conditions commerciales d’un niveau plus élevé que le filet de sécurité de l’OMC;

10.  souligne que maîtriser la mondialisation implique à la fois de renforcer la discipline mondiale pour empêcher la concurrence déloyale et les distorsions du commerce agricole et d’éviter une exposition de secteurs agricoles européens sensibles à la concurrence de produits importés qui ne sont pas soumis à des normes, à des coûts ou à des contraintes similaires concernant les normes de qualité et la sécurité alimentaire; souligne que l’Union promeut des normes élevées en matière de bien-être animal, d’environnement, de droits fondamentaux des travailleurs, de droits sociaux, de sécurité alimentaire et de protection des consommateurs, pour n'en citer que quelques-unes; rappelle que toutes les importations dans l’Union doivent être conformes aux normes européennes en matière de sécurité des aliments et de bien-être des animaux, conformément à l’approche «de la ferme à l’assiette» adoptée par l’Union;

11.  souligne qu’il est nécessaire de mettre en place un instrument permettant de restaurer des conditions de concurrence plus équitables et de prendre des mesures contre les pays ou les entreprises pratiquant une concurrence déloyale; estime qu’une application plus rigoureuse des normes de l’Union permettrait également de faire en sorte que toute entreprise présente ou active sur le territoire de l’Union soit réellement sanctionnée lorsqu’elle enfreint les règles;

12.  rappelle que les produits agroalimentaires européens sont, dans le monde, ceux qui respectent les normes les plus élevées; demande à la Commission de veiller à ce que les produits agricoles importés répondent aux normes de l’Union et de renforcer les contrôles effectués sur les importations agroalimentaires aussi bien sur le lieu d’origine qu’à leur arrivée dans l’Union;

13.  demande l’adoption de mesures communes en matière d’étiquetage et d’information sur les produits et l’introduction d’un système d’étiquetage indiquant obligatoirement le pays d’origine;

14.  insiste sur la nécessité de garantir que les accords commerciaux soient équilibrés, qu’ils prévoient des mesures de protection en faveur des secteurs agricoles européens sensibles, qu’ils encouragent la concurrence loyale et qu’ils protègent les indications géographiques de l’Union ainsi que ses normes élevées en matière d’environnement, de sécurité des aliments et de bien-être animal;

15.  demande l’intégration du principe de précaution prévu à l’article 191 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne dans tous les accords commerciaux en négociation et tous les accords commerciaux futurs afin de garantir, par une prise de décision préventive à chaque fois que cela s’avère nécessaire, un niveau de protection plus élevé en cas de risque pour la santé humaine ou l’environnement, sans restriction de la part des partenaires commerciaux ou de l’OMC;

16.  rappelle que le principe de précaution prévu dans l’accord instituant l’OMC diffère du principe de précaution appliqué dans l’Union européenne; réclame par conséquent que, contrairement aux dispositions de l’OMC en vigueur, l'adoption de mesures de précaution soit autorisée en cas de suspicion légitime sans qu’une preuve scientifique ne soit nécessaire (par exemple par des mesures commerciales restrictives, comme l’interdiction des importations ou le rejet d’une autorisation de commercialisation); demande par conséquent que la charge de la preuve scientifique soit reportée sur les proposants/concepteurs/producteurs/importateurs de substances ou produits qui présentent un risque pour la santé humaine ou l’environnement, notamment en raison de normes sanitaires ou phytosanitaires moins élevées, de problèmes sanitaires dans les installations de production de viande ou de la présence possible de résidus de pesticides;

17.  rappelle que les accords commerciaux sont un élément essentiel susceptible de créer de nouvelles perspectives de promotion des intérêts de l’Union concernant les produits alimentaires transformés et non transformés; souligne en outre qu’il convient d’accorder une attention particulière à l'amélioration de la transparence des négociations commerciales, qui impliquent également un risque important pour des secteurs agricoles européens plus sensibles qui sont déjà en crise ou ont été particulièrement exposés à la volatilité des prix et qui, par conséquent, doivent bénéficier d’un traitement spécial comprenant, le cas échéant, l’exclusion des produits concernés et le recours à des instruments compatibles avec l’OMC qui garantissent des conditions de concurrence égales entre les agriculteurs européens et leurs concurrents étrangers;

18.  recommande instamment d’agir avec la plus grande prudence pour ce qui est de libéraliser l’accès au marché dans les secteurs agricoles vulnérables; demande à la Commission de préparer des analyses d’impact systématiques avant l’ouverture des négociations afin de tenir spécifiquement compte de ces secteurs sensibles et de définir des stratégies spécifiques afin de garantir que le secteur agricole n’en souffrira pas; souligne l’influence sans cesse accrue de l’environnement extérieur et de la spéculation sur le marché mondial des produits agroalimentaires; remarque que, pour certains secteurs agricoles, c’est souvent l’effet cumulatif de plusieurs accords, plutôt qu’un seul accord de libre-échange, qui peut porter préjudice aux prix et à la production; demande de ce fait à la Commission de mettre régulièrement à jour les renseignements qu’elle possède quant aux répercussions que risque d’entraîner l’accroissement de la concurrence sur des secteurs agricoles vulnérables tels que la filière de la viande bovine, qui sont des secteurs à faible revenu vulnérables face à la concurrence;

19.  considère que, dans le cadre des accords commerciaux, une plus grande ouverture du marché européen dans les secteurs agricoles sensibles peut avoir des conséquences désastreuses pour les producteurs de l’Union; rappelle par conséquent à la Commission qu’il serait inacceptable de sacrifier les intérêts de l’agriculture européenne et les secteurs agricoles sensibles de l’Union pour conclure un accord commercial, quel qu’il soit;

20.  rappelle qu’il importe d’appliquer efficacement les accords commerciaux déjà conclus afin que les agriculteurs européens puissent tirer pleinement parti des possibilités d’exportation qui y sont prévues, comme c’est le cas avec l’accord économique et commercial global entre l’Union et le Canada (AECG);

21.  souligne qu’il est nécessaire d’élaborer à l’échelle mondiale de nouvelles règles et une nouvelle réglementation en matière de commerce afin de structurer et d’harmoniser les normes de production, sociales et environnementales dans le secteur agroalimentaire;

22.  insiste sur notre responsabilité envers les pays en développement; demande l’établissement d’indicateurs qui stimulent le commerce équitable et durable en faveur des communautés pauvres, et non pas le commerce pour le commerce; rappelle qu’il importe d’intégrer des objectifs de développement durable à tous les niveaux de la politique commerciale pour ne pas risquer de nuire aux moyens de subsistance, en proposant des débouchés réels aux pays en développement et en veillant à ce que les accords commerciaux ne compromettent pas la coopération au développement, qui vise aussi à renforcer la production agricole dans ces pays;

23.  exprime sa vive inquiétude au sujet de l’orientation actuelle des négociations d’accords de libre-échange en cours avec le Mercosur, qui ne laisse pas présager, si l’on en croit les informations divulguées, un accord juste et équilibré; observe que la Commission a l’intention d’accélérer toutes les négociations en cours; est toutefois d’avis que l’objectif premier des négociations devrait être de parvenir à un résultat équilibré pour tous les secteurs agricoles et non de les conclure au plus vite; craint que la conclusion de ces négociations ne débouche sur des concessions majeures dans des secteurs tels que la viande bovine, le sucre, la volaille, le jus d’orange, le riz et les biocarburants, ce qui risque de mettre en péril la viabilité de la production locale dans de nombreuses parties de l’Union et dans les régions particulièrement désavantagées et d’exercer une pression directe sur les prix des producteurs de l’Union qui se traduira par une tendance à la baisse; rappelle que le rapport 2016 de la Commission sur les effets économiques cumulés des futurs accords commerciaux sur le secteur agricole de l’Union prévoyait une chute radicale des prix de la viande bovine ainsi qu’une baisse des prix du beurre et de la viande ovine à la suite des accords récemment conclus et des négociations en cours;

24.  rappelle que la Commission a radié 20 établissements brésiliens de la liste des établissements actuellement autorisés à exporter de la viande et des produits à base de volaille en raison des failles détectées dans le système de contrôle brésilien et des irrégularités sanitaires, d’identification et de traçabilité flagrantes de ce système mises en évidence par les différents scandales de mars 2017 dans les secteurs de la viande bovine et de mars 2018 dans le secteur de la viande de volaille; invite la Commission à retirer la viande de volaille et la viande bovine du champ d’application des négociations de libre-échange avec le Mercosur jusqu’à ce que le scandale de la viande brésilienne ait été correctement analysé et qu’une garantie totale de conformité des importations de viande en provenance d’Amérique du Sud avec les normes européennes soit fournie;

25.  souligne que face à la crise de l’OMC et au protectionnisme croissant des États-Unis, l’Union européenne peut et doit devenir une force de proposition au niveau mondial en matière de commerce international, notamment grâce à sa vaste expérience dans le domaine de la codification des normes acquise au cours de la construction du marché commun et de l’entrée sur ce marché de pays de l’ancien bloc communiste;

26.  accueille avec satisfaction l’accord commercial entre l’Union et le Japon, son quatrième plus important marché d’exportation agricole, cet accord ouvrant de bonnes perspectives d’exportation pour de nombreux produits agroalimentaires de l’Union, tels que les produits laitiers;

27.   rappelle les préoccupations exprimées dans ses deux résolutions du 26 octobre 2017 sur les mandats de négociation relatifs aux négociations commerciales de l’Union européenne avec l’Australie et avec la Nouvelle-Zélande(2) et l’accent mis par le Parlement sur la nécessité de respecter «le fait qu’un ensemble de produits agricoles sensibles devraient bénéficier d’un traitement adéquat, au moyen notamment de contingents tarifaires ou de périodes de transition adaptées, en tenant dûment compte de l’impact cumulé des accords commerciaux sur l’agriculture en excluant, le cas échéant, les secteurs les plus sensibles du champ des négociations»; observe que la Commission prévoit de conclure les négociations avec l’Australie et la Nouvelle-Zélande d’ici le mois de mars 2019 et de mener ces négociations «à un rythme accéléré», mais souligne que ce désir de voir l’accord conclu rapidement ne doit pas nuire aux intérêts d’un secteur, surtout s’il s’agit de l’agriculture européenne;

28.  attire l’attention sur sa résolution du 3 mai 2018 concernant la situation actuelle et les perspectives pour l’élevage ovin et caprin dans l’Union, et notamment sur son paragraphe 62, qui invite instamment la Commission à faire preuve de prudence dans les négociations relatives aux nouveaux accords de libre-échange avec la Nouvelle-Zélande et l’Australie dans l’attente de l’analyse des conséquences du Brexit pour les secteurs ovin et caprin, notamment quant à l’avenir du contingent de 287 000 tonnes équivalent carcasses de viande ovine accordé par l’Union européenne à la Nouvelle-Zélande; compte tenu du fait que ces dernières années, la Nouvelle-Zélande et l’Australie ont augmenté leurs exportations de viande fraîche ou réfrigérée et réduit leurs exportations traditionnelles de viande congelée, résultant en une incidence accrue sur le marché des produits frais de l’Union et en une baisse des prix payés aux producteurs européens, estime qu’il convient de tirer parti des négociations commerciales en cours afin de diviser ces lignes tarifaires de produits en contingents séparés;

29.  souligne l’importance de l’inclusion de clauses de sauvegarde bilatérales effectives et rapidement utilisables permettant la suspension temporaire des préférences si, en raison de l’entrée en vigueur de l’accord commercial, une hausse des importations devait porter, ou risquer de porter, gravement préjudice à des secteurs sensibles, d’une part, et de la révision des mécanismes de sauvegarde multilatérales existants définis par le règlement (UE) nº 1308/2013 (règlement «OCM unique»)(3), d’autre part, qui devraient jouer un rôle préventif pour les secteurs sensibles sur la base de seuils de volume de référence et de prix permettant le déclenchement automatique et suspensif des mécanismes de sauvegarde lorsque ces seuils sont atteints;

30.  rappelle que le nombre total d’exploitations agricoles dans l’Union a chuté de 26 % entre 2005 et 2013; souligne que la production agricole dans certains États membres s’effectue désormais dans des exploitations moins nombreuses, plus grandes et, le plus souvent, à forte intensité de capital investi; signale que ce processus de consolidation devrait se poursuivre et qu’il a d’ores et déjà des répercussions sur le renouvellement générationnel – et devrait continuer d’en avoir –, en particulier au niveau de l’accès aux terres et de la viabilité des exploitations;

31.   souligne l’importance du débat actuel et la nécessité d’une coordination forte entre les États membres concernant le filtrage des investissements directs étrangers (IDE) sur le marché de l’Union, notamment les terres agricoles et les forêts; attire l’attention sur la nécessité d’éviter une concentration excessive des terres agricoles et des forêts entre des mains étrangères; rappelle, à cet égard, sa résolution du 27 avril 2017 sur l’état des lieux de la concentration agricole dans l’Union(4); invite la Commission à clarifier ses lignes directrices, publiées à l’automne 2017, sur les limites légales dans lesquelles les États membres peuvent intervenir pour réglementer les achats de terrain et à les compléter par l’introduction de bonnes pratiques rendant l’accaparement de terres beaucoup plus difficile; estime que la Commission n’a pas encore fait tout ce qui était en son pouvoir pour réduire efficacement l’accaparement de terres dans l’Union; souligne que les accords commerciaux devraient également, le cas échéant, se conformer aux directives volontaires pour une gouvernance responsable des régimes fonciers applicables aux terres, aux pêches et aux forêts de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO);

32.  souligne l’importance stratégique que revêt, pour l’Union européenne, le maintien d’un niveau élevé d’autonomie alimentaire; estime que la mondialisation du commerce ne devrait pas compromettre la viabilité des exploitations agroalimentaires de l’Union car, à long terme, cela pourrait engendrer une dépendance extérieure semblable à celle dont souffre le secteur de l’énergie;

33.  appelle la Commission à réagir vigoureusement aux attaques contre les mécanismes de la PAC compatibles avec l’OMC menées par les États-Unis au moyen de mesures de défense commerciale injustifiées et à défendre cette politique essentielle pour nos agriculteurs et les zones rurales de l’Union; rappelle, à ce sujet, sa résolution du 15 mars 2018 sur les mesures prises par les États-Unis contre le soutien agricole de l’Union européenne dans le cadre de la PAC (au sujet des olives espagnoles)(5); souligne qu’une telle décision des États-Unis, mettant en cause la légitimité de notre PAC, est une attaque contre les efforts demandés depuis plusieurs décennies aux agriculteurs de l’Union pour se plier aux règles internationales et craint de voir se multiplier les mesures de ce type à l’encontre d’autres bénéficiaires de paiements au titre de la PAC; reconnaît l’importance de l’OMC dans son rôle de garant du bon fonctionnement du libre-échange alors même que le protectionnisme gagne du terrain;

34.   souligne l’influence sans cesse accrue de l’environnement extérieur sur la situation du secteur agroalimentaire européen ainsi que le fait que les barrières commerciales représentent un défi pour les agriculteurs de l’Union en limitant les exportations de produits agricoles, tout en rappelant que, sur le long terme, la structure d’importation et de production dans le marché d’exportation évolue; rappelle que des produits agricoles européens demeurent interdits de commercialisation sur le marché russe;

35.  prie instamment la Commission de conduire une enquête sur d’éventuelles subventions agricoles des États-Unis ayant des effets de distorsion sur le commerce, comme cela pourrait être le cas des aides destinées au secteur des amandes;

36.  invite l’Union à présenter au sein de l’OMC des propositions susceptibles d’encourager la transparence en matière de subventions industrielles et de limiter l’usage des subventions qui nuisent au secteur agricole;

37.  exprime son inquiétude face à la hausse de 40 % des importations de riz Indica en provenance du Cambodge depuis 2009 par suite du régime d’importations en franchise de droits «Tout sauf les armes», ainsi que face à l’intention d’accorder aux producteurs de riz Japonica des pays membres du Mercosur un quota de 45 000 tonnes en franchise de droits dans le cadre de l’accord de libre-échange qui est en cours de négociation avec cette région; estime que la Commission doit réaliser une étude concernant l’incidence de l’ensemble des concessions commerciales consenties et en cours de négociations visant à favoriser l’entrée de ces produits dans l’Union sur le secteur du riz européen, lequel montre déjà des signes d’effondrement dans certaines régions;

38.  salue l’initiative de la Commission de créer un groupe consultatif sur les négociations commerciales de l’Union composé de représentants d’un groupe large et équilibré de parties prenantes; insiste sur la nécessité d’une représentation forte des organisations agricoles de l’Union, y compris des petits et moyens exploitants et des agriculteurs de subsistance, dans un tel groupe au vu des répercussions majeures de la plupart de ces négociations sur le secteur agricole;

39.  exprime son inquiétude à propos des conséquences du Brexit sur le secteur agricole et invite la Commission à tenir compte des négociations en cours concernant le Brexit et de l’incidence de ce dernier sur le secteur agricole de l’Union en appliquant son programme d’activités commerciales intensives;

40.  met en garde contre le risque d’un fort déséquilibre, au détriment de l’Union, des dispositions concernant le secteur agricole dans les accords commerciaux et contre la tendance à se servir de l’agriculture comme monnaie d’échange pour un accès accru aux marchés des pays tiers pour les produits industriels et les services; craint que le secteur agricole ne reçoive que très peu d’informations au sujet du déroulement de ces négociations avant leur conclusion; prend acte de la proposition de contremesures avancée par la Commission en réaction à la taxation de l’acier et de l’aluminium européens par les États-Unis; fait observer que ces mesures ne doivent pas avoir de conséquences négatives pour les agriculteurs de l’Union;

41.  invite la Commission à tenir un registre public de toutes les réunions organisées avec les groupes d’intérêts et les lobbyistes à propos des négociations des accords de libre-échange;

42.  demande à la Commission de veiller à ce que les recommandations du groupe consultatif soient contraignantes et opposables;

43.  salue la décision prise par la Commission de publier dorénavant ses recommandations relatives aux directives de négociation pour les accords commerciaux et de les communiquer automatiquement aux parlements nationaux tout en les mettant à la disposition du public.

INFORMATIONS SUR L’ADOPTIONPAR LA COMMISSION SAISIE POUR AVIS

Date de l’adoption

20.6.2018

 

 

 

Résultat du vote final

+:

–:

0:

33

2

9

Membres présents au moment du vote final

John Stuart Agnew, Clara Eugenia Aguilera García, Eric Andrieu, Richard Ashworth, José Bové, Daniel Buda, Nicola Caputo, Matt Carthy, Michel Dantin, Paolo De Castro, Albert Deß, Diane Dodds, Jørn Dohrmann, Herbert Dorfmann, Norbert Erdős, Luke Ming Flanagan, Karine Gloanec Maurin, Beata Gosiewska, Martin Häusling, Esther Herranz García, Jan Huitema, Peter Jahr, Ivan Jakovčić, Zbigniew Kuźmiuk, Norbert Lins, Philippe Loiseau, Mairead McGuinness, Giulia Moi, Ulrike Müller, Maria Noichl, Marijana Petir, Bronis Ropė, Maria Lidia Senra Rodríguez, Czesław Adam Siekierski, Marc Tarabella, Maria Gabriela Zoană, Marco Zullo

Suppléants présents au moment du vote final

Franc Bogovič, Karin Kadenbach, Elsi Katainen, Anthea McIntyre, Momchil Nekov, Miguel Viegas

Suppléants (art. 200, par. 2) présents au moment du vote final

Krzysztof Hetman

VOTE FINAL PAR APPEL NOMINALEN COMMISSION SAISIE POUR AVIS

33

+

ECR

Jørn Dohrmann, Beata Gosiewska, Zbigniew Kuźmiuk, Anthea McIntyre

EFDD

Marco Zullo

ENF

Philippe Loiseau

GUE/NGL

Matt Carthy, Luke Ming Flanagan, Miguel Viegas

NI

Dianne Dodds

PPE

Richard Ashworth, Franc Bogovič, Daniel Buda, Michel Dantin, Albert Deß, Norbert Erdős, Esther Herranz García, Krzysztof Hetman, Peter Jahr, Norbert Lins, Mairead McGuinness, Marijana Petir, Czesław Adam Siekierski

S&D

Clara Eugenia Aguilera García, Eric Andrieu, Nicola Caputo, Paolo De Castro, Karine Gloanec Maurin, Karin Kadenbach, Momchil Nekov, Maria Noichl, Marc Tarabella, Maria Gabriela Zoană

2

-

EFDD

John Stuart Agnew

GUE/NGL

Maria Lidia Senra Rodríguez

9

0

ALDE

Jan Huitema, Ivan Jakovčić, Elsi Katainen, Ulrike Müller

EFDD

Giulia Moi

PPE

Herbert Dorfmann

Verts/ALE

José Bové, Martin Häusling, Bronis Ropė

Légende des signes utilisés:

+  :  pour

-  :  contre

0  :  abstention

(1)

COM(2017)0492.

(2)

Textes adoptés de cette date, P8_TA(2017)0419 et P8_TA(2017)0420, respectivement.

(3)

JO L 347 du 20.12.2013, p. 671.

(4)

Textes adoptés de cette date, P8_TA(2017)0197.

(5)

Textes adoptés de cette date, P8_TA(2018)0091.


AVIS de la commission de la culture et de l'éducation (26.6.2018)

à l'intention de la commission du commerce international

Maîtriser la mondialisation: aspects commerciaux

(2018/2005 (INI)).

Rapporteur pour avis: Francis Zammit Dimech

SUGGESTIONS

La commission de la culture et de l'éducation invite la commission du commerce international, compétente au fond, à incorporer dans la proposition de résolution qu'elle adoptera les suggestions suivantes:

–  vu les articles 167 et 207 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (traité FUE),

–  vu l’article 12 de la convention de l’UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles,

–  vu la communication de la Commission du 10 mai 2007 relative à un agenda européen de la culture à l'ère de la mondialisation (COM(2007)0242) et la résolution du Conseil du 16 novembre 2007 relative à un agenda européen de la culture(1),

–  vu la communication de la Commission du 26 septembre 2012 intitulée «Promouvoir les secteurs de la culture et de la création pour favoriser la croissance et l’emploi dans l’Union européenne» (COM(2012)0537),

–  vu la convention de l’UNESCO de 1970 concernant les mesures à prendre pour interdire et empêcher l’importation, l’exportation et le transfert de propriété illicites des biens culturels et la convention d’Unidroit de 1995 sur les biens culturels volés ou illicitement exportés,

–  vu l’article 27 de la déclaration universelle des droits de l’homme sur le droit de prendre part à la vie culturelle,

–  vu la directive 2012/28/UE du Parlement européen et du Conseil du 25 octobre 2012 sur certaines utilisations autorisées des œuvres orphelines(2),

–  vu la communication conjointe de la Commission et du Service européen pour l’action extérieure intitulée «Vers une stratégie de l’UE en matière de relations culturelles internationales» (JOIN(2016)0029),

–  vu le règlement général sur la protection des données en vigueur depuis le 25 avril 2018(3),

–  vu les articles 10 et 11 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne de 2010,

A.  considérant que l’Union européenne a le droit d’adopter des politiques en matière de commerce des services culturels et audiovisuels dans le but de protéger et de promouvoir la diversité des expressions culturelles ainsi que le patrimoine culturel et de contribuer à atteindre le quatrième objectif de développement durable pour une éducation de qualité; que ces autres dispositions incluent la politique commerciale commune, telle que définie à l’article 207 du traité FUE;

B.  considérant que l’article 3, paragraphe 3, du traité UE dispose que l’Union doit respecter la richesse de sa diversité culturelle et linguistique et veiller à la sauvegarde et au développement du patrimoine culturel européen;

C.  considérant que la convention de l’UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles appelle à une coopération bilatérale, régionale et internationale pour protéger et promouvoir la diversité des expressions culturelles ainsi que pour encourager le dialogue interculturel, dans l’objectif de jeter des ponts entre les peuples;

D.  considérant que l’Union européenne doit assumer la responsabilité de la modernisation de son agenda européen de la culture à l’ère de la mondialisation, y compris par une définition plus précise des services de médias et un cadre clair pour les médias dans les institutions publiques et dans les entreprises privées en Europe;

E.  considérant que la libre circulation de l’information, y compris l’accès à des chaînes d’informations européennes, peut améliorer la gouvernance dans le monde en développement;

F.  considérant que l’Union européenne doit continuer à développer le droit d’auteur relatif à l’utilisation conforme des œuvres orphelines dans les musées, dans les archives, dans les bibliothèques et dans d’autres centres de recherche qui conservent le patrimoine culturel;

G.  considérant que l’Union possède une grande diversité de traditions ainsi que des industries culturelles et créatives fortes, des petites et moyennes entreprises tout comme divers systèmes d’autorités de droit public chargées des médias et d’aide publique au cinéma et que la promotion de la diversité culturelle, de l’accès à la culture et du dialogue démocratique doivent rester des principes directeurs, conformément à l’approche du commerce international prônée par l’Union;

H.  considérant que, dans le contexte de la mondialisation, de la coopération et des échanges internationaux, une définition élargie de la culture est nécessaire afin d’inclure de nouvelles formes hybrides d’expression culturelle ainsi qu’un patrimoine culturel matériel et immatériel, y compris des pratiques artistiques indigènes et traditionnelles, pour refléter la nature fluide et évolutive de la culture;

I.  considérant que les secteurs de la culture et de la création contribuent à la création d’emplois et à la prospérité économique, représentent près de 2,6 % du PIB de l’Union et ont un taux de croissance supérieur au reste de l’économie, et qu’ils ont été l’un des secteurs les plus résistants lors de la crise financière; que le développement des échanges de biens et de services culturels et créatifs constituera un moteur important de croissance économique durable et de création d’emplois en Europe;

J.  considérant que le règlement général sur la protection des données établit des normes élevées en matière de traitement des données à caractère personnel qui exigent que les plateformes et les services de diffusion en flux endossent une responsabilité particulière dans la régulation du commerce international;

K.  considérant que l’Union bénéficie d’un excédent dans ses échanges de biens et de services culturels avec le reste du monde;

L.  considérant que l’Union est déficitaire en ce qui concerne les échanges audiovisuels et de services afférents avec le reste du monde;

M.  considérant que la diversité linguistique et culturelle est l’une des valeurs fondamentales de l’Union et fait partie de ses politiques de diplomatie culturelle;

N.  considérant que l’innovation et la créativité sont nécessaires pour assurer un développement plus durable des villes, des régions et des sociétés dans leur ensemble et sont essentielles à l’apport de réponses aux défis sociétaux auxquels nous faisons face aujourd’hui;

O.  considérant que la protection des données à caractère personnel et le droit au respect de la vie privée sont des droits fondamentaux et ne sont, par conséquent, pas négociables dans le cadre d’accords commerciaux;

P.  considérant que l’Année européenne 2018 du patrimoine culturel comporte également en engagement à lutter contre le commerce illicite de biens culturels;

Q.  considérant que la culture constitue un moteur de l’innovation et des changements comportementaux grâce à la création de nouveaux exemples de modes de vie et de développement durable et qu’elle permet des stratégies locales et de proximité, qui sont nécessaires à une compréhension locale de la mondialisation et du développement durable, ce qui soutient et facilite la poursuite de nombreux objectifs de développement durable;

R.  considérant que la maîtrise de la mondialisation des aspects commerciaux concernant les biens culturels implique une stricte conformité à toutes les conventions internationales concernant la protection du patrimoine culturel, en particulier aux dispositions de la convention de La Haye de 1954, de la convention de l’UNESCO de 1970 et de la convention d’Unidroit de 1995;

S.  considérant que l’artisanat et la production d’œuvres d’art sont particulièrement essentiels au développement local;

T.  considérant que le dialogue interculturel renforce le respect et la compréhension mutuelle et encourage des échanges sociaux et économiques plus équitables, y compris dans le secteur du commerce, en soutenant l’élaboration de pratiques qui promeuvent les intérêts de toutes les parties d’une manière plus équilibrée et plus respectueuse, et en luttant contre des pratiques injustes comme les clauses abusives ou les conditions imposées unilatéralement;

1.  souligne que la culture et l’éducation, y compris l’apprentissage tout au long de la vie, sont des biens communs, que l’accès à la culture et à l’éducation constitue un droit de l’homme et que la culture et l’éducation ne peuvent par conséquent être considérées ni gérées de la même manière qu’un bien ou un service discrétionnaire, mais comme des biens communs à préserver et à améliorer continuellement; demande donc que l’exclusion des services de contenus culturels, audiovisuels et éducationnels, y compris en ligne, soit clairement mentionnée dans les accords commerciaux entre l’Union et les pays tiers, comme le PTCI;

2.  insiste donc sur le rôle clé joué par la convention 2005 de l’UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles pour les traités commerciaux internationaux, qui doivent tenir compte des dispositions pertinentes de ladite convention et les respecter;

3.  met en avant le fait que la mondialisation constitue une opportunité pour les secteurs culturels et créatifs de l’Union européenne grâce au meilleur accès à la culture européenne qu’elle offre au reste du monde et à la création de viviers mondiaux de talents;

4.  estime essentiel d'équilibrer les négociations commerciales en matière de droit d’auteur afin qu’elles ne se fondent pas sur le plus petit dénominateur commun, mais prennent en considération les meilleures règles possibles en matière de protection du patrimoine culturel, de promotion de la diversité culturelle et de garantie des revenus des personnes qui travaillent dans le domaine de la culture et des médias, qu’elles favorisent et renforcent la créativité, la diffusion des connaissances et des contenus ainsi que les droits des utilisateurs à l’ère numérique et qu’elles constituent un environnement commercial ouvert et fondé sur des règles, ce qui s’avère essentiel à la prospérité des secteurs culturels et créatifs de l’Union européenne;

5.  invite à nouveau l’Union à exercer le droit dont elle dispose pour adopter ou maintenir les mesures (en particulier de nature réglementaire et/ou financière), y compris une clause générale juridiquement contraignante, en matière de protection et de promotion de la diversité linguistique et culturelle, du patrimoine culturel, de la liberté d'expression, du pluralisme des médias et de la liberté des médias, quelles que soient les technologies ou les plateformes de distribution utilisées, dans les négociations commerciales avec les pays tiers;

6.  invite la Commission à promouvoir l’accès aux services d’information européens dans les prochaines négociations commerciales;

7.  considère que les échanges culturels et éducatifs entre l’Union et ses partenaires peuvent contribuer au développement durable mutuel, à la croissance, à la cohésion sociale, à la démocratie, à la prospérité économique et à la création d’emplois décents, conformément au programme pour un travail décent de l’Organisation internationale du travail dans le secteur coopératif;

8.  estime que dans un monde globalisé, la responsabilité éditoriale des services de médias et des plateformes en ligne devrait constituer un instrument fondamental pour lutter contre les fausses informations et les discours de haine, et qu’il importe d’établir une concurrence plus loyale en matière de publicité dans les accords commerciaux internationaux;

9.  rappelle que des politiques culturelles et éducatives reposant sur des valeurs démocratiques et communes ainsi que sur l’accès au patrimoine culturel sont essentielles pour assurer la cohésion sociale, la solidarité, la participation active des citoyens, la résilience et la répartition équitable des richesses et la compétitivité, et qu’elles peuvent fournir aux citoyens des connaissances et des compétences sociales et transférables, comme les compétences interculturelles, les compétences en matière d’entrepreneuriat, de résolution de problèmes, la créativité et la pensée critique, qui sont nécessaires pour aborder la mondialisation; encourage le renforcement de réseaux d’universités, d’écoles et de musées de qualité qui encouragent l’apprentissage mutuel, la reconnaissance des qualifications académiques et la promotion d’une citoyenneté à la fois complète et mondiale;

10.  demande l’intégration de l’éducation à la durabilité, au commerce équitable et à la citoyenneté écologique dans toutes les disciplines, en particulier dans l’apprentissage de l’entrepreneuriat, notamment l’entrepreneuriat social, et dans la culture et les compétences numériques;

11.  demande à la Commission et aux États membres de promouvoir et de développer des programmes de mobilité, de formation, d’échange culturel et linguistique et de coopération scientifique sur mesure, inclusifs et de qualité afin de permettre la collaboration internationale et l’échange de connaissances, tout en ajoutant les arts aux sciences, technologies, ingénieries et mathématiques; demande à la Commission et aux États membres de continuer à favoriser l’éducation et la formation, ainsi que le financement de la recherche, car ces outils rendent la mondialisation plus efficace et sont la meilleure manière d’éliminer les obstacles;

12.  rappelle le rôle spécifique de la culture dans les relations extérieures et dans les politiques de développement, en particulier en ce qui concerne la résolution et la prévention des conflits, le rétablissement de la paix et la responsabilisation des populations locales; estime, dès lors, qu’une stratégie culturelle ambitieuse et rationnelle, comprenant la diplomatie culturelle, est nécessaire pour atteindre un nouveau consensus sur le développement;

13.  encourage la Commission et les États membres à développer les structures existantes de l’Union pour de futures actions de diplomatie culturelle et à poursuivre les initiatives concrètes et les programmes existants en accord avec les principes de solidarité et de durabilité qui visent à favoriser la réduction de la pauvreté et le développement international;

14.  rappelle que le sport est une activité économique fortement mondialisée, mais aussi un outil social permettant l’inclusion, la responsabilisation et l’évolution individuelle et collective; souligne donc qu’il est nécessaire d’assurer des normes d’éthique et de transparence de haut niveau pour la gouvernance du commerce international et des activités économiques dans le secteur sportif;

15.  rappelle qu’il est nécessaire de garantir la transparence et la démocratie dans les accords commerciaux et dans les processus de prise de décisions, et encourage la participation aux processus de prise de décisions des citoyens dont les conditions de travail, l’environnement, la santé et le bien-être seront affectés.

INFORMATIONS SUR L’ADOPTIONPAR LA COMMISSION SAISIE POUR AVIS

Date de l’adoption

19.6.2018

 

 

 

Résultat du vote final

+:

–:

0:

25

0

0

Membres présents au moment du vote final

Dominique Bilde, Andrea Bocskor, Silvia Costa, Angel Dzhambazki, Jill Evans, María Teresa Giménez Barbat, Petra Kammerevert, Svetoslav Hristov Malinov, Curzio Maltese, Rupert Matthews, Stefano Maullu, Luigi Morgano, Momchil Nekov, Michaela Šojdrová, Yana Toom, Julie Ward, Bogdan Brunon Wenta, Bogdan Andrzej Zdrojewski, Milan Zver, Krystyna Łybacka

Suppléants présents au moment du vote final

Marlene Mizzi, Liliana Rodrigues, Algirdas Saudargas, Remo Sernagiotto, Francis Zammit Dimech

VOTE FINAL PAR APPEL NOMINALEN COMMISSION SAISIE POUR AVIS

25

+

ALDE

María Teresa Giménez Barbat, Yana Toom

ECR

Angel Dzhambazki, Rupert Matthews, Remo Sernagiotto

ENF

Dominique Bilde

GUE/NGL

Curzio Maltese

PPE

Andrea Bocskor, Svetoslav Hristov Malinov, Stefano Maullu, Algirdas Saudargas, Michaela Šojdrová, Bogdan Brunon Wenta, Francis Zammit Dimech, Bogdan Andrzej Zdrojewski, Milan Zver

S&D

Silvia Costa, Petra Kammerevert, Krystyna Łybacka, Marlene Mizzi, Luigi Morgano, Momchil Nekov, Liliana Rodrigues, Julie Ward

Verts/ALE

Jill Evans

0

-

 

 

0

0

 

 

Légende des signes utilisés:

+  :  pour

-  :  contre

0  :  abstention

(1)

JO C 287 du 29.11.2007, p. 1.

(2)

JO L 299 du 27.10.2012, p. 5.

(3)

Règlement (UE) 2016/679 du Parlement européen et du Conseil du 27 avril 2016 relatif à la protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel et à la libre circulation de ces données, et abrogeant la directive 95/46/CE (JO L 119 du 4.5.2016, p. 1).


AVIS de la commission des affaires juridiques (5.9.2018)

à l’intention de la commission du commerce international

Maîtriser la mondialisation: aspects commerciaux

(2018/2005(INI))

Rapporteur pour avis: Gilles Lebreton

SUGGESTIONS

La commission des affaires juridiques invite la commission du commerce international, compétente au fond, à incorporer dans la proposition de résolution qu’elle adoptera les suggestions suivantes:

1.  se félicite du document de réflexion sur la maîtrise de la mondialisation et du fait qu’il mette en avant les possibilités de tirer parti des effets positifs de la mondialisation tout en soulignant la nécessité d’en contrer les conséquences négatives;

2.  estime que la mondialisation peut apporter de nombreux avantages aux entreprises et aux citoyens, mais qu’elle soulève également des inquiétudes auxquelles l’Union européenne se doit de répondre;

3.  note qu’il est vital de renforcer le marché intérieur de l’Union et de consolider l’union économique équitablement et dans la cohésion, étant donné qu’un marché intérieur solide est une condition nécessaire à la bonne mise en œuvre des stratégies internationales; estime, dans ce contexte, que toutes les institutions de l’Union devraient s’efforcer de resserrer la cohérence entre la politique commerciale et les politiques internes et externes de l’Union, afin que cette politique commerciale évolue vers la réalisation des objectifs économiques et politiques généraux de l’Union, en particulier dans le domaine du développement durable;

4.  souligne que le commerce international joue un rôle important dans la manière dont la mondialisation se développe; insiste sur le fait que le législateur devrait, à cet égard, être particulièrement attentif aux aspects suivants, qui font l’objet d’accords commerciaux internationaux: les droits de propriété intellectuelle, y compris les droits d’auteur, les marques commerciales et les brevets, la protection des données et le renforcement des obligations de transparence, les critères de sécurité alimentaire et les normes environnementales;

5.  rappelle et salue le fait que l’Union européenne s’est engagée à mener une politique commerciale transparente et responsable, qui valorise les aspects positifs de la mondialisation, qui soit garante d’une répartition équitable des avantages commerciaux dans le respect de ses principes de développement solidaire et durable, et qui apporte des solutions modernes aux réalités économiques actuelles, dans le contexte des progrès technologiques, afin que les avantages de la mondialisation bénéficient à tous les citoyens et à toutes les entreprises, en particulier aux petites et moyennes entreprises (PME);

6.  rappelle que la protection des données est un droit fondamental dans l’Union européenne; demande que les accords commerciaux garantissent des normes rigoureuses de protection des données, à travers des décisions d’adéquation mutuelle entre l’Union et les pays tiers;

7.  souligne qu’afin de mieux protéger les citoyens face à la mondialisation, les institutions de l’Union doivent apporter une réponse efficace et durable aux défis que posent la protection de la vie privée, la protection des données et la cybersécurité;

8.  souligne qu’il importe de continuer à promouvoir les systèmes européens d’indications géographiques ainsi que les spécialités traditionnelles et de poursuivre la conclusion d’accords bilatéraux avec des pays tiers dans ces domaines;

9.  rappelle l’avis 2/15 de la Cour de justice de l’Union européenne sur la répartition des compétences entre l’Union européenne et les États membres quant à la conclusion de l’accord de libre-échange entre l’Union et Singapour, qui conclut que l’Union dispose d’une compétence exclusive sur tous les aspects liés au commerce, à l’exception des investissements étrangers non directs, des règlements des différends entre investisseurs et États, pour tous les types d’investissements, et des dispositions accessoires concernant les investissements étrangers non directs; salue cet avis de la Cour, car il instille de la clarté juridique en vue de tous les futurs accords de l’Union, y compris avec le Royaume-Uni après sa sortie de l’Union;

10.  se félicite du mandat que le Conseil a récemment confié à la Commission pour qu’elle négocie, au nom de l’Union européenne, une convention instituant un tribunal multilatéral de règlement des différends en matière d’investissement, afin de combler les lacunes du système actuel de règlement des différends entre investisseurs et États; souligne que ce tribunal sera un organe permanent de règlement des différends en matière d’investissement et qu’il s’agira d’un mécanisme plus transparent, plus cohérent et plus équitable, qui sera largement bénéfique aux investisseurs; se réjouit à cet égard que le Conseil ait également décidé de rendre public le mandat de négociation, ce que le Parlement demandait de longue date dans le cadre de ses efforts visant à améliorer la transparence dans le domaine des négociations internationales;

11.  salue les initiatives de l’Union visant à instaurer un juste équilibre entre une concurrence non faussée et des mesures de protection, comme les mesures antidumping concernant les importations en provenance de pays tiers;

12.  souligne que les instruments de politique commerciale, mis en œuvre dans le respect des objectifs de développement durable, doivent promouvoir les normes européennes élevées dans les domaines de la protection sociale, du travail, de l’environnement, de la protection des consommateurs et des droits fondamentaux, qui fondent la prospérité de l’Union; affirme, dans ce contexte, que l’Union doit garantir que les accords internationaux reposent sur ces normes, car elles constituent les conditions à travers lesquelles la mondialisation pourra bénéficier à tous les Européens et aura des retombées économiques, sociales et environnementales positives pour les citoyens et les entreprises, en Europe et au-delà;

13.  souligne la nécessité, à la lumière de ce qui précède, de renforcer la gouvernance mondiale et les règles internationales afin d’éviter les guerres commerciales;

14.  invite la Commission à être plus attentive aux mesures de politique intérieure que certains partenaires de l’Union ont adoptées, car elles risquent de saper le système commercial multilatéral fondé sur des règles, et à lancer les procédures nécessaires pour combattre ces pratiques;

15.  constate que 45 % des Européens considèrent que la mondialisation est une menace et invite dès lors la Commission à lancer une campagne de sensibilisation aux aspects positifs de la mondialisation, en particulier dans les régions où ce phénomène est perçu le plus négativement; invite en outre la Commission à rechercher et à appliquer les mesures les plus efficaces pour aider les PME qui subissent encore les effets de la crise économique et les conséquences négatives de la mondialisation;

16.  note qu’un commerce libre, juste et durable est souhaitable d’un point de vue économique et a des conséquences essentielles sur le plan politique; souligne par ailleurs que l’Europe a tout intérêt à utiliser le commerce pour favoriser un développement démocratique et durable dans le monde.

INFORMATIONS SUR L’ADOPTIONPAR LA COMMISSION SAISIE POUR AVIS

Date de l’adoption

3.9.2018

 

 

 

Résultat du vote final

+:

–:

0:

11

6

2

Membres présents au moment du vote final

Marie-Christine Boutonnet, Jean-Marie Cavada, Mady Delvaux, Rosa Estaràs Ferragut, Laura Ferrara, Gilles Lebreton, Emil Radev, Julia Reda, Evelyn Regner, Pavel Svoboda, Francis Zammit Dimech, Tadeusz Zwiefka

Suppléants présents au moment du vote final

Luis de Grandes Pascual, Pascal Durand, Angel Dzhambazki, Jytte Guteland, Jiří Maštálka, Angelika Niebler, Răzvan Popa

VOTE FINAL PAR APPEL NOMINALEN COMMISSION SAISIE POUR AVIS

11

+

ECR

Angel Dzhambazki

EFDD

Laura Ferrara

ENF

Marie-Christine Boutonnet, Gilles Lebreton

PPE

Rosa Estaràs Ferragut, Luis de Grandes Pascual, Angelika Niebler, Emil Radev, Pavel Svoboda, Francis Zammit Dimech, Tadeusz Zwiefka

6

-

GUE/NGL

Jiří Maštálka

S&D

Mady Delvaux, Jytte Guteland, Răzvan Popa, Evelyn Regner

Verts/ALE

Julia Reda

2

0

ALDE

Jean-Marie Cavada

Verts/ALE

Pascal Durand

Légende des signes utilisés:

+  :  pour

-  :  contre

0  :  abstention


INFORMATIONS SUR L’ADOPTIONPAR LA COMMISSION COMPÉTENTE AU FOND

Date de l’adoption

27.9.2018

 

 

 

Résultat du vote final

+:

–:

0:

29

0

9

Membres présents au moment du vote final

Laima Liucija Andrikienė, Maria Arena, Tiziana Beghin, David Borrelli, Daniel Caspary, Salvatore Cicu, Karoline Graswander-Hainz, Christophe Hansen, Nadja Hirsch, France Jamet, Jude Kirton-Darling, Danilo Oscar Lancini, Bernd Lange, David Martin, Emmanuel Maurel, Emma McClarkin, Anne-Marie Mineur, Sorin Moisă, Franck Proust, Godelieve Quisthoudt-Rowohl, Inmaculada Rodríguez-Piñero Fernández, Tokia Saïfi, Marietje Schaake, Helmut Scholz, Joachim Schuster, Adam Szejnfeld, William (The Earl of) Dartmouth, Iuliu Winkler

Suppléants présents au moment du vote final

Reimer Böge, Klaus Buchner, Dita Charanzová, Fernando Ruas, Pedro Silva Pereira, Ramon Tremosa i Balcells

Suppléants (art. 200, par. 2) présents au moment du vote final

Pascal Durand, Angel Dzhambazki, Czesław Hoc, Martin Schirdewan


VOTE FINAL PAR APPEL NOMINALEN COMMISSION COMPÉTENTE AU FOND

29

+

ALDE

Dita Charanzová, Nadja Hirsch, Marietje Schaake, Ramon Tremosa i Balcells

ECR

Angel Dzhambazki, Czesław Hoc, Emma McClarkin

EFDD

William (The Earl of) Dartmouth

NI

David Borrelli

PPE

Laima Liucija Andrikienė, Reimer Böge, Daniel Caspary, Salvatore Cicu, Christophe Hansen, Sorin Moisă, Franck Proust, Godelieve Quisthoudt-Rowohl, Fernando Ruas, Tokia Saïfi, Adam Szejnfeld, Iuliu Winkler

S&D

Jude Kirton-Darling, Bernd Lange, David Martin, Inmaculada Rodríguez-Piñero Fernández, Joachim Schuster, Pedro Silva Pereira

VERTS/ALE

Klaus Buchner, Pascal Durand

0

-

 

 

9

0

EFDD

Tiziana Beghin

ENF

France Jamet, Danilo Oscar Lancini

GUE/NGL

Anne-Marie Mineur, Martin Schirdewan, Helmut Scholz

S&D

Maria Arena, Karoline Graswander-Hainz, Emmanuel Maurel

Key to symbols:

+  :  pour

-  :  contre

0  :  abstention

Dernière mise à jour: 22 octobre 2018Avis juridique