Procédure : 2014/2842(RSP)
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B8-0119/2014

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PV 18/09/2014 - 10.5
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Textes adoptés :

P8_TA(2014)0026

PROPOSITION DE RÉSOLUTION
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Voir aussi la proposition de résolution commune RC-B8-0107/2014
16.9.2014
PE537.021v01-00
 
B8-0119/2014

déposée à la suite de déclarations du Conseil et de la Commission

conformément à l'article 123, paragraphe 2, du règlement


sur la réaction de l'UE à l'épidémie d'Ebola (2014/2842(RSP))


Charles Goerens, Gérard Deprez, Maite Pagazaurtundúa Ruiz, Louis Michel, Marietje Schaake, Javier Nart, Dita Charanzová, Catherine Bearder, Robert Rochefort, Frédérique Ries, Marielle de Sarnez, José Inácio Faria, Nathalie Griesbeck, Ramon Tremosa i Balcells, Juan Carlos Girauta Vidal, Martina Dlabajová, Petr Ježek, Fredrick Federley, Andrus Ansip, Gerben-Jan Gerbrandy, Ivan Jakovčić, Johannes Cornelis van Baalen au nom du groupe ALDE

Résolution du Parlement européen sur la réaction de l'UE à l'épidémie d'Ebola (2014/2842(RSP))  
B8‑0119/2014

Le Parlement européen,

–       vu la déclaration du 5 septembre 2014 sur l'action de l'Union européenne contre l'épidémie d'Ebola par Andris Piebalgs, commissaire chargé du développement, et Kristalina Georgieva, commissaire chargée de l'aide humanitaire et de la réaction aux crises,

–       vu la mission de l'Union africaine "AU Support to Ebola Outbreak in West Africa" (ASEOWA ‑ aide de l'Union africaine en faveur de la lutte contre l'épidémie d'Ebola en Afrique occidentale), instituée le 21 août 2014,

–       vu l'allocution prononcée par Joanne Liu, présidente internationale de Médecins sans frontières, le 2 septembre 2014 au cours d'une séance exceptionnelle aux Nations Unies,

–       vu l'article 123, paragraphe 2, de son règlement,

A.     considérant que l'épidémie d'Ebola en Afrique occidentale est la plus mortelle que le monde ait connue à ce jour et que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) l'a déclarée urgence sanitaire internationale; considérant que plus de 2 100 personnes ont succombé au virus en Guinée, au Liberia, en Sierra Leone et au Nigeria cette année et que la situation continue à se détériorer rapidement, appelant une réaction internationale coordonnée; considérant que l'OMS prévoit également qu'un pic de 20 000 morts pourrait être atteint;

B.     considérant que l'ONG Médecins sans frontières (MSF) a dénoncé "l'inaction des grands pays";

C.     considérant que le Conseil de sécurité des Nations unies se réunira en urgence le jeudi 18 septembre 2014;

D.     considérant que la Commission s'inquiète vivement de la propagation ininterrompue de cette maladie, qui n'est toujours pas sous contrôle, et intensifie constamment sa réaction depuis mars 2014;

E.     considérant que toutes les organisations sur le terrain ont souligné que pour isoler et traiter les patients, non seulement des moyens financiers, mais également des capacités opérationnelles, y compris des ressources humaines qualifiées et du matériel logistique, sont nécessaires d'urgence;

F.     considérant que le ministre libérien de la défense a déclaré la semaine dernière au Conseil de sécurité des Nations unies que c'est l'existence même de son pays qui est en jeu;

G.     considérant que la Commission suit la situation au moyen de son centre de coordination de la réaction d’urgence, qui devrait servir de plate-forme pour la coordination de l'assistance de l'UE;

H.     considérant que le commissaire Borg a déclaré lors d'une réunion avec la commission parlementaire de l'environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire le 3 septembre 2014 que l'Union européenne est moralement tenue d'aider les pays touchés par l'épidémie d'Ebola étant qu'ils ne peuvent résoudre le problème par eux-mêmes;

I.      considérant que le commissaire Borg a annoncé que la Commission avait l'intention d'augmenter l'aide financière en transférant une partie des crédits disponibles au titre du développement vers l'aide humanitaire; considérant que l'Union européenne a alloué 11,9 millions d'EUR d'aide humanitaire à l'épidémie depuis mars 2014; considérant que fin août, l'OMS a annoncé un plan chiffré à 77 millions d'EUR;

J.      considérant que le Président Barak Obama a l'intention d'augmenter considérablement l'effort des États-Unis pour atténuer l'épidémie d'Ebola en Afrique occidentale, y compris par une implication plus grande de l'armée américaine, avec l'envoi d'hôpitaux mobiles supplémentaires, de médecins, d'experts médicaux et de fournitures médicales et la formation de personnel de santé au Liberia et dans d'autres pays;

K.     considérant que l'OMS a averti que des milliers de cas supplémentaires pourraient se produire au Libéria, qui est le pays le plus durement frappé par l'épidémie d'Afrique occidentale;

L.     considérant que l'Ebola se transmet entre humains par contact direct avec du sang, des fluides corporels ou des organes infectés, ou indirectement par contact avec des environnements contaminés;

M.    considérant que les personnels de santé sont exposés au risque le plus élevé, en raison du mode de transmission du virus Ebola et du fait qu'ils travaillent sans équipement de protection et formation appropriés;

N.     considérant que les méthodes classiques de lutte contre l'épidémie n'ont pas eu un impact suffisant;

O.     considérant que l'épidémie a révélé l'insuffisance des systèmes de santé des pays touchés et la nécessité urgente d'apporter une aide pour les renforcer;

P.     considérant que l'Union africaine presse ses États membres de lever les interdictions de voyage mises en place pour endiguer le virus, en déclarant que cette mesure pourrait frapper l'économie de la région;

Q.     considérant que l'épidémie actuelle a un taux de mortalité d'environ 55 %;

R.     considérant que la sérothérapie, qui consiste à transfuser du plasma de personnes ayant survécu au virus Ebola, a peut être joué un rôle dans la rémission et dans le rétablissement de deux médecins américains contaminés par le virus Ebola; considérant, dans le même temps, qu'il est important de ne pas sous-estimer les complications liées à la mise en œuvre de la sérothérapie sur place, étant donné les conditions d'hospitalisation précaires et les problèmes logistiques tels que le maintien de la chaîne du froid;

S.     considérant que la crise a révélé la faiblesse des systèmes de santé dans les pays concernés;

T.     considérant que le début des essais cliniques sur des vaccins est imminent mais que les traitements et les vaccins expérimentaux ne devraient pas être disponibles sur une grande échelle avant la fin de l'année;

U.     considérant qu'il y a 4,5 millions d'enfants de moins de cinq ans qui vivent dans des zones touchées par le virus Ebola et que les femmes (qui représentent 75% des cas) sont touchées de manière disproportionnée par le virus du fait qu'elles sont chargées de dispenser les soins;

V.     considérant que des cas de la maladie associés aux voyages apparaissent déjà dans d'autres pays et risquent de créer de nouveaux défis épidémiologiques;

1.      souligne que l'épidémie d'Ebola fait des ravages dans les pays touchés, aujourd'hui au nombre de cinq, à savoir la Guinée, le Liberia, le Nigeria, la Sierra Leone et (la partie septentrionale de) la république démocratique du Congo; souligne que, selon l'OMS, il s'agit de la plus grande épidémie jamais constatée en termes de nombre de cas, de nombre de décès et de couverture géographique, et qu'elle continue de s'accélérer;

2.      estime que la communauté internationale doit jouer un plus grand rôle, étant entendu que les pays africains doivent également assumer leur part de responsabilité; invite les pays dotés des ressources nécessaires pour réagir aux catastrophes à envoyer des capacités médicales, militaires et civiles supplémentaires d'urgence en Afrique occidentale en vue de leur déploiement rapide;

3.      estime que dans un monde globalisé, l'Union européenne et les Nations unies doivent s'entendre sur le type d'intervention qui permettra de réagir à une urgence sanitaire à l'échelle mondiale;

4.      demande instamment la tenue d'une réunion ministérielle du Conseil de l'Union européenne afin de mettre en place un plan d'urgence, à mettre en oeuvre immédiatement, mobiliser l'action médicale et décider et fournir une aide humanitaire des États membres sous la coordination de la Commission;

5.      invite la Commission à élaborer des évaluations des besoins et des plans propres à chaque pays afin de définir la demande en personnel de santé, en laboratoires mobiles, en équipements de laboratoire et en vêtements de protection ainsi que pour la mise en place de services d'isolement;

6.      souligne que cette crise met en lumière le fait que la communauté internationale, avant de s'attaquer au "programme post-2015", doit se pencher sur les "reliquats" du "programme 2015" et traiter essentiellement des questions sanitaires (et de l'éducation) dans les pays en développement;

7.      souligne que la lutte contre l'Ebola ne doit pas entraîner la stigmatisation des patients qui ont survécu dans des communautés ou pays;

8.      souligne les défis que doit relever le personnel médical et se félicite vivement de la grande contribution et de la grande aide qu'apportent les organisations internationales dans la lutte contre cette épidémie; souligne que davantage de médecins, d'infirmières, d'épidémiologistes et de spécialistes de l'eau et des infrastructures sanitaires – dont il y a pénurie pour le moment – sont nécessaires;

9.      souligne que des efforts internationaux supplémentaires sont nécessaires pour financer et coordonner les programmes de recherche et de développement existants qui visent à mettre au point des traitements et des vaccins contre l'Ebola ainsi que pour d'autres maladies qui ne présentent pas d'intérêt commercial immédiat mais pourraient causer des épidémies similaires à l'avenir; invite la Commission à examiner d'urgence si les programmes de recherche et de développement existants de l'Union européenne sont susceptibles de contribuer à ces efforts, notamment en faisant avancer les essais cliniques nécessaires pour les candidats-traitements existants;

10.    souligne la nécessité d'investir rapidement, par l'intermédiaire de la DG ECHO, dans la préparation des pays voisins de manière à éviter et/ou limiter la propagation du virus dans d'autres pays fragiles d'Afrique occidentale;

11.    charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission, à la vice-présidente de la Commission / haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, aux gouvernements et aux parlements des États membres, aux présidents, aux gouvernements et aux parlements de l'Union africaine ainsi qu'à l'Organisation mondiale de la Santé.

 

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