Procédure : 2014/2842(RSP)
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B8-0126/2014

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PV 18/09/2014 - 10.5
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P8_TA(2014)0026

PROPOSITION DE RÉSOLUTION
WORD 61k
Voir aussi la proposition de résolution commune RC-B8-0107/2014
16.9.2014
PE537.028v01-00
 
B8-0126/2014

déposée à la suite de déclarations du Conseil et de la Commission

conformément à l'article 123, paragraphe 2, du règlement


sur la réaction de l'Union européenne à l'épidémie d'Ebola (2014/2842(RSP))


Davor Ivo Stier, Peter Liese, Giovanni La Via, Bogdan Brunon Wenta, Gabrielius Landsbergis, Teresa Jiménez-Becerril Barrio, Françoise Grossetête, Annie Schreijer-Pierik, Philippe Juvin, Cristian Dan Preda, Mariya Gabriel, Francesc Gambús au nom du groupe PPE

Résolution du Parlement européen sur la réaction de l'Union européenne à l'épidémie d'Ebola (2014/2842(RSP))  
B8‑0126/2014

Le Parlement européen,

–       vu la déclaration de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) du 8 août 2014 qualifiant la flambée d'Ebola en Afrique de l'Ouest d'urgence de santé publique de portée internationale,

–       vu la déclaration du commissaire européen Tonio Borg du 8 août 2014 sur l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest,

–       vu la réunion de coordination à l'échelle du système des Nations unies convoquée le 13 août 2014 par le Secrétaire général Ban Ki‑moon en réaction à l'actuelle épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest, la zone à risque de la transmission de la maladie se situant à l'intersection des frontières de la Guinée, du Liberia et de la Sierra Leone,

–       vu les conclusions du Conseil "Affaires étrangères" de l'Union européenne du 15 août 2014 sur la crise de l'Ebola en Afrique de l'Ouest,

–       vu la feuille de route de l'OMS pour renforcer la lutte contre l'épidémie d'Ebola, publiée le 28 août 2014,

–       vu l'allocution prononcée par Joanne Liu, présidente internationale de Médecins sans frontières, au cours d'une séance exceptionnelle aux Nations unies, le 2 septembre 2014,

–       vu les déclarations du Secrétaire général des Nations unies Ban Ki‑moon du 5 septembre 2014 appelant à la mobilisation internationale dans le cadre des Nations unies afin que tous les moyens soient mis en œuvre pour lutter contre l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest,

–       vu l'annonce de l'OMS du 5 septembre 2014 indiquant que les experts qui ont participé à une réunion de deux jours sur des thérapies et vaccins éventuels contre Ebola avaient mis en évidence plusieurs interventions thérapeutiques et vaccins sur lesquels l'évaluation clinique devrait se concentrer en priorité, dont deux vaccins prometteurs contre Ebola,

–       vu les déclarations du président Barack Obama du 7 septembre 2014 confirmant que les États‑Unis étaient prêts à apporter leur concours à la coordination d'une action internationale visant à contenir l'épidémie d'Ebola qui a touché l'Afrique de l'Ouest avant la mobilisation de l'armée des États‑Unis, qui consisterait notamment à installer des unités d'isolement, à fournir des équipements et à garantir la sécurité d'une force internationale de professionnels de santé publique,

–       vu l'appel lancé le 10 septembre 2014 par Médecins sans frontières en faveur d'une mobilisation militaire internationale, étant donné que l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest s'est transformée en menace pour la sécurité nationale et internationale et que la région tout entière doit non seulement faire face à une crise sanitaire, mais également à une crise humanitaire et de sécurité,

–       vu l'article 123, paragraphe 2, de son règlement,

A.     considérant que l'épidémie actuelle d'Ebola qui touche la région d'Afrique de l'Ouest (le Liberia, la Sierra Leone, la Guinée, le Nigeria et, plus récemment, le Sénégal) et qui est apparue en décembre 2013 est la flambée la plus grave de cette maladie jamais enregistrée;

B.     considérant que l'OMS a indiqué qu'au 6 septembre 2014, 4 269 cas et 2 288 décès avaient été enregistrés suite à l'épidémie actuelle de la maladie à virus Ebola en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone; qu'au Nigeria, 21 cas et 8 décès ont été enregistrés, et qu'un cas a été confirmé au Sénégal;

C.     considérant que, le 9 septembre 2014, la représentante spéciale du Secrétaire général des Nations unies, Karin Landgren, a informé le Conseil de sécurité des Nations unies de la propagation d'Ebola au Liberia, soulignant que ce pays est profondément touché par la vitesse et l'étendue des pertes en vies humaines et par les répercussions économiques, sociales, politiques et de sécurité liées à cette crise, avec au moins 2 070 cas avérés, dont au moins 160 membres du personnel soignant;

D.     considérant que la majorité du personnel soignant fait son travail sans équipement de protection, sans formation et sans rémunération adéquats; que les rites funéraires qui impliquent le contact avec les dépouilles et le lavage de celles‑ci, ainsi que la tradition consistant à s'occuper des proches et des amis malades, ne font que contribuer à la propagation du virus;

E.     considérant que, selon l'agence sanitaire des Nations unies, des mesures types telles qu'un diagnostic précoce, l'isolement des cas, l'identification et le suivi des contacts ainsi que des procédures rigoureuses quant au contrôle des infections ont stoppé de précédentes épidémies d'Ebola, notamment en Ouganda, en République démocratique du Congo et au Gabon, et qu'elles pourraient avoir une fois de plus le même effet;

F.     considérant que le défi énorme que représente la lutte contre Ebola a révélé des faiblesses institutionnelles persistantes et profondes, notamment dans le domaine de la sécurité, qui contribuent à l'incertitude économique;

G.     considérant qu'un comité d'éthique composé de douze membres réuni par l'OMS en août 2014 a annoncé que l'usage de médicaments expérimentaux sur des malades touchés par Ebola était moralement acceptable, puisqu'il s'agit de lutter contre l'épidémie d'Ebola la plus importante, la plus grave et la plus complexe jamais enregistrée;

H.     considérant qu'au début août, les deux professionnels de la santé Nancy Writebol et Kent Brantly ont été rapatriés aux États‑Unis afin de bénéficier d'un traitement après leur infection; qu'ils ont tous deux quitté l'hôpital suite à leur traitement à base d'un sérum expérimental appelé "ZMapp";

I.      considérant que, le 8 août 2014, l'Union africaine a instauré l'ASEOWA, une mission en faveur de la lutte contre Ebola pour une période initiale de six mois, dont le siège se trouve au Liberia, composée d'un minimum de 100 personnes membres du personnel chargées de coordonner les opérations nationales et internationales, d'assurer la liaison avec les acteurs humanitaires, de fournir une aide médicale et d'assister les autorités locales dans le renforcement de la lutte contre l'épidémie; que l'Union a annoncé une aide de 5 millions EUR pour soutenir la mission de l'Union africaine instaurée le 8 août 2014;

J.      considérant que, le 10 septembre 2014, un montant de quelque 4 millions de dollars des États‑Unis (USD) a été approuvé officiellement pour le soutien des services aériens humanitaires des Nations unies aux opérations en Afrique de l'Ouest; que ce financement aidera le Programme alimentaire mondial, qui gère les services aériens humanitaires des Nations unies, à transporter du personnel humanitaire, du matériel et des équipements médicaux et d'autre fret humanitaire essentiel de manière rapide et efficace vers de nombreuses zones isolées en Guinée, au Liberia, au Nigeria et en Sierra Leone;

K.     considérant qu'à ce jour, les partenaires humanitaires ont reçu 7,6 millions USD émanant du Fonds central d'intervention pour les urgences humanitaires des Nations unies pour soutenir une réaction initiale à l'épidémie d'Ebola dans quatre pays, dont les soins médicaux d'urgence et l'assistance alimentaire: Guinée (2,7 millions USD), Liberia (1,9 million USD), Nigeria (1,5 million USD) et Sierra Leone (1,5 million USD);

L.     considérant que, depuis mars 2014, la Commission européenne n'a cessé de renforcer son aide pour lutter contre l'épidémie; que, le 5 septembre 2014, la Commission a annoncé une aide supplémentaire de 140 millions EUR pour financer les pays touchés actuellement par la maladie à virus Ebola en Afrique de l'Ouest: Guinée, Sierra Leone, Liberia et Nigeria;

M.    considérant que des experts en aide humanitaire de l'Union européenne ont été envoyés dans la région afin de suivre l'évolution de la situation et d'assurer la liaison avec les organisations partenaires et les autorités locales; considérant que plusieurs équipes de spécialistes européens participant au projet européen de laboratoires mobiles pour renforcer les capacités de lutte contre de graves flambées épidémiques de maladies infectieuses ont été dépêchés en Guinée, au Nigeria et au Liberia, où les laboratoires mobiles aideront au diagnostic de la fièvre hémorragique virale, à l'analyse rapide des échantillons et à la confirmation des cas;

N.     considérant que le Secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon invitera les dirigeants réunis à New York pour la prochaine conférence de haut niveau de l'Assemblée générale des Nations unies de cette année afin de souligner les besoins urgents et la réaction adéquate à l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest;

1.      est vivement préoccupé par l'épidémie de la maladie à virus Ebola qui touche plusieurs pays en Afrique de l'Ouest, et notamment par l'aggravation ininterrompue de la maladie et, dans certains cas, sa résurgence, même dans des zones où elle avait été maîtrisée; souligne que l'Union doit soutenir sans relâche nos partenaires africains et coopérer étroitement avec eux pour lutter contre cette maladie mortelle;

2.      souligne qu'il s'agit de l'épidémie la plus grave jamais enregistrée et qu'elle est la cause de plus de 2 000 morts;

3.      adresse ses sincères condoléances aux gouvernements et aux peuples africains touchés par l'épidémie; prend acte de la décision prise récemment par l'OMS de déclarer que la flambée du virus Ebola est une situation d'urgence de santé publique de portée internationale et demande à l'Union d'apporter solidarité et soutien aux pays concernés, ainsi qu'aux agents de santé et aux organisations internationales qui font tout leur possible pour lutter contre la maladie;

4.      met en garde contre le fait que la crise de l'Ebola est devenue complexe, puisqu'elle comporte des implications politiques, économiques, sociales et de sécurité qui continueront de toucher la région bien après l'urgence médicale actuelle;

5.      souligne que l'épidémie d'Ebola pose un défi mondial pour la sécurité et qu'il ne s'agit pas d'un problème de l'Afrique de l'Ouest, mais plutôt d'un problème à l'échelle mondiale;

6.      invite la communauté internationale à déployer tous les efforts possibles pour accélérer et mettre en place des thérapies efficaces et sûres contre Ebola; partage toutefois l'avis de l'OMS selon lequel la recherche de ces thérapies ne devrait pas détourner l'attention de la mise en place de soins cliniques efficaces, d'une prévention et d'une maîtrise rigoureuse des infections, d'une identification et d'un suivi minutieux des contacts, d'une communication des risques et d'une mobilisation sociale efficaces, autant d'éléments essentiels pour arrêter l'épidémie;

7.      souligne qu'une réaction efficace à Ebola demande une gouvernance solide, compte tenu du fait que le manque de confiance, comme dans le cas de l'incapacité du gouvernement libérien à faire face à la crise, a contribué à faire en sorte que la diaspora demande une transition organisée après le départ du gouvernement actuel; demande le soutien international pour garantir que le Liberia continue sur le chemin de la paix et de la prospérité à long terme et pour veiller au respect de l'état de droit et de la protection de la population civile, ainsi qu'à une communication publique efficace et à d'autres mesures destinées à renforcer la confiance;

 

8.      se félicite, à cet égard, des débats sur la manière dont les efforts de maintien de la paix des Nations unies peuvent continuer de soutenir la lutte contre Ebola au Liberia; souligne que ces efforts devraient inclure la garantie de la sécurité pour les agents et les installations sanitaires, ainsi que le soutien logistique aux structures et aux équipements sanitaires;

9.      invite la Commission à redoubler d'efforts et à coordonner ses actions avec les États‑Unis et d'autres partenaires internationaux pour lutter contre l'épidémie du virus Ebola;

10.    se félicite du soutien financier de l'Union à la mission de l'Union africaine ASEOWA contre Ebola et souligne que l'Union doit soutenir les autorités africaines des pays touchés dans la mise en place de mécanismes d'urgence;

11.    se félicite de l'engagement financier de l'Union d'un montant total de 140 millions EUR à travers plusieurs programmes de l'Union et l'aide supplémentaire émanant des États membres dans le cadre de la contribution européenne à une réaction internationale forte et coordonnée;

12.    charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission, à la vice-présidente de la Commission / haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, aux gouvernements et aux parlements des États membres, aux gouvernements et aux parlements de l'Union africaine ainsi qu'à l'Organisation mondiale de la Santé.

 

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