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 Index 
 Texte intégral 
Débats
Mercredi 15 février 2017 - Strasbourg Edition révisée

Accord économique et commercial global UE-Canada - Conclusion de l'AECG UE-Canada - Accord de partenariat stratégique UE-Canada (débat)
MPphoto
 

  Marine Le Pen, au nom du groupe ENF. – Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les députés, après sept ans de négociation, ce traité entre l’Union européenne et le Canada, frère jumeau du traité transatlantique, va être refusé ou accepté par ce Parlement.

Le traité CETA a été soigneusement caché à tous les citoyens. Il n’a presque jamais été discuté devant les grandes instances de débat que sont les médias car aucun de vous ne veut ni ne peut le défendre publiquement. Ah! Voter, caché dans l’ombre, vous aimez bien cela, mais débattre en pleine lumière, vous détestez! Pire, les députés du parti socialiste, qui sont souvent d’une grande indulgence sur le CETA devant ce Parlement, font semblant de s’y opposer dans quelques médias confidentiels. Les UMP français ont tous voté pour le CETA en commission mais s’y disent opposés lorsqu’on les questionne.

Quand les peuples comprendront tous ces mensonges, ils ne vous feront plus jamais confiance. Voilà pourquoi ce traité est un traité scélérat vis-à-vis des peuples européens. Il supprime la quasi-totalité des droits de douane sur les produits échangés entre l’Union européenne et le Canada et détruira, une fois de plus, des centaines de milliers d’emplois en Europe, des dizaines de milliers en France. L’agriculture et l’élevage, déjà laminés par tous les traités de libre-échange que vous avez déjà signés, continueront leur descente aux enfers. Nos éleveurs, mis en concurrence avec des éleveurs canadiens 35 % moins chers, risquent de fermer le rideau en masse.

Je vous le demande solennellement: n’avez-vous pas honte de détruire ainsi ceux qui vous nourrissent?

Pour aplanir le terrain de jeu des multinationales, vous bradez notre droit à réglementer et alignez les normes avec celles du Canada, interdisant ainsi à nos citoyens la protection qu’ils attendent de leurs représentants politiques. Malheureusement pour eux, les profits des multinationales vous intéressent plus que la protection des citoyens et de l’environnement.

Les différents comités que vous mettez en place comme ces mécanismes de coopération réglementaires obscurs sont de nature supranationale, ne sont contrôlés par personne, tant et si bien que de grands juristes français se posent la question de leur constitutionnalité.

Pour parachever le tout, vous créez une justice privée d’exception pour permettre aux multinationales d’attaquer les États afin que plus aucune réglementation ne déplaise à ces nouveaux seigneurs des temps modernes.

Ceux qui rendront justice dans ce tribunal ne sont pas des juges, fonctionnaires publics neutres, ce seront le plus souvent des avocats d’affaires en droit international, en conflit d’intérêts car ayant touché des honoraires de ces mêmes multinationales ou de leurs consœurs.

Enfin, les services publics si importants pour les classes moyennes et populaires devront fonctionner dans une logique purement marchande, à l’exception de quelques services régaliens.

Voilà le tableau désastreux du traité CETA. Si ce traité est voté dans quelques heures, cela démontrera, une fois de plus, à tous les Européens votre incapacité à les défendre et l’importance cruciale pour chaque peuple de retrouver sa souveraineté, sa capacité à décider librement de son avenir.

La seule chose rassurante est que le peuple français aura une possibilité pour revenir sur ce traité et tous les autres traités scélérats, avec l’élection présidentielle de mai 2017, tant il est vrai que c’est aux nations de négocier leur politique commerciale et non à une structure non élue qui ne représente que ses propres intérêts et non ceux des peuples.

 
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