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Débats
Mardi 14 novembre 2017 - Strasbourg Edition révisée

Stratégie UE-Afrique: un coup d'accélérateur au développement (débat)
MPphoto
 

  Maurice Ponga, rapporteur. – Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, chers collègues, je suis heureux que nous échangions aujourd’hui sur les relations entre l’Union européenne et l’Afrique avant la tenue du sommet UE/UA qui aura lieu à Abidjan en Côte d’Ivoire les 29 et 30 novembre prochain. Ce sera un sommet important et il est crucial que la voix du Parlement européen puisse y être entendue dans ce contexte.

Je souhaitais à titre liminaire remercier chaleureusement les collègues rapporteurs fictifs pour leur collaboration. Nous sommes arrivés à un texte équilibré qui présente une position forte du Parlement européen sur la nécessité de rénover notre partenariat avec l’Afrique.

L’une des recommandations majeures de notre rapport est la nécessité de renforcer le dialogue politique avec le continent africain. En effet, je suis convaincu que le dialogue politique doit être accru entre les deux continents, afin de mettre en place un partenariat gagnant-gagnant qui réponde aux défis communs dans un esprit de partage réciproque et de respect.

Il convient de changer de paradigme pour dépasser l’approche donneur-récipiendaire et pour passer à une approche entre deux partenaires égaux.

Dans cette relation qui unit l’Union européenne à l’Afrique, il convient néanmoins de reconnaître les liens particuliers qui nous unissent avec le groupe des États ACP. C’est pourquoi nous rappelons dans notre rapport la nécessité de maintenir cet acquis, tout en l’améliorant et en renforçant la dimension régionale dans le cadre du processus post-Cotonou.

Si le dialogue politique doit être renforcé pour avoir une relation qui réponde aux défis partagés, cela passe également par le fait de faire de la résilience un axe central de la coopération entre les deux continents.

Cette résilience doit être abordée dans ces cinq dimensions: politique, sécuritaire, économique, environnemental et social.

Pour promouvoir la résilience politique, il convient de faire de la gouvernance et du respect des droits de l’homme des éléments fondateurs de notre partenariat avec l’Afrique et de soutenir des échanges politiques plus fréquents entre les différentes assemblées parlementaires mixtes afin d’échanger sans tabou.

La question sécuritaire est également cruciale dans notre relation avec l’Afrique. En effet comme nous le soulignons dans le rapport il y a des liens étroits entre développement et sécurité. Sans sécurité il ne peut y avoir de développement et inversement. C’est pourquoi, il est nécessaire de renforcer la coopération entre les deux continents pour lutter contre le crime organisé, le trafic des êtres humains ou le terrorisme.

Si l’Union européenne est un acteur majeur pour garantir la sécurité sur le continent africain, l’ensemble des pays africains, des organisations régionales doivent également s’impliquer en matière de paix et de sécurité. Il est en effet important que l’Afrique renforce ses propres capacités.

Un des défis majeurs à relever également, c’est d’assurer la résilience économique des deux continents en créant des emplois de qualité. Cela doit passer par des investissements dans des secteurs clés tels que l’économie bleue, la recherche, la digitalisation, mais également, l’énergie, les infrastructures de base et encore l’agriculture. Le rôle décisif du secteur privé et des PME est rappelé dans notre rapport, car nous le savons tous, il est nécessaire de créer de la richesse sur le continent africain. Et cette richesse créée doit y rester.

Chaque année, plus de 50 milliards de dollars s’échappent illégalement d’Afrique. C’est plus que l’aide publique au développement. Nous devons renforcer les outils pour combattre l’évasion fiscale et la corruption, c’est là une condition sine qua non pour assurer un développement durable.

Les résiliences environnementale et sociale sont également des éléments importants de notre rapport. Outre les défis démographiques dont nous devons tenir compte, la question du changement climatique est cruciale pour le continent africain, eu égard au nombre croissant de catastrophes naturelles ces 10 dernières années et leur intensité accrue.

Enfin, la migration et la mobilité sont des problématiques dans notre relation avec l’Afrique que nous ne pouvons éluder. En effet, le flux migratoire que nous connaissons doit pouvoir être mieux contrôlé et ne pas être subi. Il est important selon moi que les phénomènes soient abordés de manière coordonnée et globale entre les deux continents, en impliquant les pays d’origine, de transit et de destination afin d’en faire un outil de développement des deux continents, ce qui nécessite une approche à long terme.

Et enfin, plusieurs initiatives européennes méritent d’être mentionnées, le FEDD, les différents fonds fiduciaires ou encore les partenariats migratoires qui devraient permettre de lutter contre les causes profondes de la migration irrégulière.

Pour que des solutions pérennes puissent être mises en place, il est urgent que les États membres participent financièrement aux différents fonds mis en place au niveau européen, comme l’a rappelé le président Juncker.

Les défis à relever sont nombreux pour que les 218 millions de personnes victimes de l’extrême pauvreté sur le continent africain s’en sortent. C’est un défi que nous devons relever ensemble et j’espère sincèrement que le prochain sommet d’Abidjan apportera des réponses.

 
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