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 Texte intégral 
Débats
Mardi 17 avril 2018 - Strasbourg Edition révisée

Débat avec le président de la République française, Emmanuel Macron, sur l'avenir de l'Europe (débat)
MPphoto
 

  Aymeric Chauprade (NI). – Monsieur le Président, Monsieur le Président de la République, je m’adresse à vous avec l’estime dans laquelle je tiens l’homme qui redonne de la dignité à la fonction présidentielle en France et qui engage de courageuses réformes dans mon pays.

Vous voulez, comme moi, donner un avenir à la France et à l’Europe, qui traverse une profonde crise de légitimité et de désamour des peuples. Mais l’Europe, cette civilisation de la liberté, ne sera rien demain si elle se laisse effacer par les réalités démographiques.

Dimanche soir, vous avez cité l’essayiste Stephen Smith à propos de l’Afrique. Je reprendrai donc ses chiffres: il y a aujourd’hui 510 millions d’Européens dans l’Union et 1,3 milliard d’Africains sur le continent voisin. Dans 30 ans, la proportion sera de 450 millions d’Européens pour 2,5 milliards d’Africains, soit cinq fois plus. Et, d’ici à 2100, trois personnes sur quatre qui viendront au monde naîtront au sud du Sahara.

Votre ministre de l’intérieur, M. Collomb, a lui-même parlé «de submersion migratoire». L’immigration n’est pas le remède au vieillissement de l’Europe. L’immigration apporte davantage de dépendants que d’actifs. Elle déstabilise nos sociétés et contribue à déchirer nos unités nationales, héritages fragiles de siècles de lutte. Ce qu’il faut, c’est rendre productifs les gains de vie engrangés, c’est encourager la mobilité du travail à l’intérieur de l’Union, c’est relancer notre natalité européenne, c’est numériser nos économies en misant sur la robotique et l’intelligence artificielle.

Monsieur le Président de la République, nos libertés sont avant tout le produit de notre civilisation. C’est cette évidence que nous rappellent Budapest, Prague, Varsovie et Vienne. Négliger ou traiter par l’arrogance ce signal qui nous vient des peuples et des gouvernements de l’Est serait à mon sens une erreur grave pour l’avenir de l’Europe.

Il ne tient désormais qu’à vous, Monsieur le Président de la République, puisque vous avez du talent et du courage, d’ajouter à votre combat pour la modernisation économique de la France le combat essentiel pour l’avenir de la civilisation européenne. Les Français et beaucoup d’Européens vous attendent sur ce sujet.

 
Dernière mise à jour: 30 juillet 2018Avis juridique