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 Index 
 Texte intégral 
Débats
Mercredi 12 septembre 2018 - Strasbourg Edition révisée

Présentation par le Conseil de sa position sur le projet de budget général pour l'exercice 2019 (débat)
MPphoto
 

  Jean Arthuis, Président de la commission des Budgets – Madame la Présidente, Monsieur le Ministre, mes chers collègues, avec les coupes opérées par le Conseil sur le projet de budget 2019 s’achève la phase technocratique, bureaucratique, celle à laquelle travaillent les représentants des ministères nationaux, ministères des budgets ou des finances, sans instruction politique claire. Ainsi prend fin un exercice rituel de rabot. Ce que j’observe, c’est que, d’année en année, la coupe globale s’amplifie: 1,2 milliard en 2018, 1,55 milliard en 2019.

En amplifiant – nous avons entendu votre message, Monsieur le Ministre – les marges disponibles, le Conseil donne l’impression qu’il cherche à se protéger, manifestant une sorte de frilosité, transformant le budget de l’Union européenne en roue de secours budgétaire, comme il le fait pour le financement de l’accueil des réfugiés syriens en Turquie. La phase de l’arbitraire bureaucratique doit faire place à celle de la vision et de l’engagement politique. À la veille des élections européennes, nous devons délivrer un message clair et volontaire aux citoyens européens. Répondons à leur impatience en confortant une Europe qui leur parle, une Europe qui prépare leur avenir, une Europe qui les protège. Accepter d’accroître les marges pour imprévus serait renoncer à agir et donner en spectacle notre incapacité à décider. Ce dernier budget de la législature doit être porteur d’un message compréhensible, d’un message prometteur.

Préparer l’avenir, c’est faire de la recherche une priorité et doter nos chercheurs et nos laboratoires des moyens qu’ils attendent. Par exemple, dans un domaine aussi crucial que celui du numérique, pouvons-nous nous résigner à ce que les géants mondiaux soient américains ou chinois et ne soient pas européens?

Préparer l’avenir, c’est également investir dans l’éducation et la formation professionnelle, c’est offrir aux jeunes la possibilité d’aller à la rencontre de la diversité européenne grâce aux bourses Erasmus. J’ai bien entendu votre observation, Monsieur le Ministre, il y a un progrès. Mais vous devez savoir qu’en dépit de ce progrès, Erasmus suscite des frustrations, car pratiquement une demande recevable sur deux est écartée chaque année.

Protéger les Européens, c’est prendre la mesure des défis migratoires et disposer de moyens accrus pour contrôler nos frontières extérieures et mettre en œuvre un nouveau partenariat avec les pays africains, dont la population va doubler d’ici 2050 – le président Juncker l’a rappelé ce matin dans cet hémicycle –, c’est établir des relations constructives avec les pays du voisinage, des Balkans et du Moyen-Orient.

Protéger les Européens, c’est donner corps à la coopération structurée en matière de défense et de sécurité, de lutte contre le terrorisme mondialisé.

Dans deux semaines, éclairée par notre rapporteur général Daniele Viotti et par Paul Rubig, la commission des budgets va voter sa propre version du budget 2019. Puis viendra le temps de la plénière, ici à Strasbourg, à la fin du mois d’octobre, et nous engagerons la conciliation.

D’avance, je remercie la présidence autrichienne, vous Monsieur le Ministre, pour votre présence et votre engagement, dont je ne doute pas. Je vous remercie, ainsi que le commissaire Oettinger, qui a dû nous quitter, pour votre compréhension et pour l’aide que vous allez nous apporter.

En conclusion, je veux exprimer avec force mon souhait que le budget 2019 ne soit pas simplement la prolongation des budgets antérieurs portant la marque d’un nouveau coup de rabot dans les crédits d’engagement et dans les crédits de paiement.

Le temps est venu d’identifier les biens communs européens, c’est-à-dire les prérogatives de souveraineté que les États ne peuvent plus exercer seuls du fait des défis que leur lance la mondialisation, qu’il s’agisse du climat, de la défense, des migrations, de l’espace, du terrorisme, du numérique et de l’intelligence artificielle. Puissions-nous convaincre nos chefs d’État et de gouvernement que les crédits, devenus inefficaces lorsqu’ils sont engagés à l’échelon national, doivent désormais être transférés vers le budget de l’Union européenne pour être dépensés plus utilement. Ainsi serait démontrée ce que peut être la valeur ajoutée européenne. Autrement dit, le budget de l’Union européenne augmenterait sans que, pour autant, la dépense publique en Europe augmente.

L’Europe est en crise, l’Europe est en danger. Nous avons été élus pour la remettre d’aplomb et redonner confiance à tous les Européens. Notre budget nous invite, mes chers collègues, à mettre nos actes à la hauteur de nos paroles.

 
Dernière mise à jour: 13 novembre 2018Avis juridique