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 Index 
 Texte intégral 
Débats
Jeudi 4 juillet 2019 - Strasbourg Edition provisoire

Conclusions de la réunion du Conseil européen des 20 et 21 juin 2019 (débat)
MPphoto
 

  Philippe Lamberts, au nom du groupe Verts/ALE. – Monsieur le Président, chers collègues, je voudrais d’abord souhaiter la bienvenue aux deux tiers des membres qui arrivent ici pour la première fois. J’étais très ému, il y a dix ans, lorsque je me suis assis dans cette enceinte, l’émotion de représenter collectivement 500 millions de citoyens européens. Alors certes, à l’échelle du monde, c’est relativement modeste – 7 % – mais c’est la première fois que l’humanité s’essaye à la démocratie transnationale. Souvenez-vous, 26 mai, 200 millions d’Européennes et d’Européens participaient à l’élection de notre Parlement, le siège précisément de cette première démocratie transnationale.

Dans la foulée du scrutin, et pour répondre à la mobilisation citoyenne sans précédent, je me suis pris à rêver que des groupes politiques résolument engagés en faveur de la construction européenne décidaient de forger ensemble un contrat de projet. Ce projet de changements n’aurait d’autre but que de trouver, en cette enceinte, une majorité large et stable pour répondre ensemble à la triple urgence environnementale, sociale et démocratique et de la sorte, faire la démonstration que l’Union européenne travaille au service de toutes et de tous. Cet accord autour d’un contrat de projet aurait ensuite permis aux groupes impliqués de désigner une personnalité directement issue des élections pour l’incarner, comme président ou présidente de la Commission européenne. Un projet solide et cohérent, une personnalité crédible pour l’incarner, le tout porté par une majorité large, incluant les forces politiques gagnantes des élections. Face à cela, le Conseil européen n’aurait eu d’autre choix que d’accepter, au risque, dans le cas contraire, de se heurter à une confrontation stérile avec le Parlement, une confrontation dont il ne serait pas sorti gagnant. Dans un tel scénario, le Parlement européen aurait affirmé comme jamais auparavant, sa capacité d’être l’expression démocratique première des citoyennes et des citoyens de l’Union. Il aurait par la même occasion apporté une réponse au désenchantement à l’égard du politique.

Voilà chers collègues ce qu’aurait pu être la situation à l’ouverture de notre première session plénière. C’est à ce scénario que le groupe des Verts/Alliance libre européenne s’est préparé depuis plusieurs mois. C’est en vue de le réaliser que nous nous sommes engagés sans réserve au fil des semaines écoulées. Certes, le défi était énorme et le temps nous était compté, mais là où il y a la volonté, comme vous le savez, il y a un chemin. C’est ici même, au Parlement européen, que cette volonté a manqué. Une majorité de ce Parlement a en effet préféré un chemin qui l’amènera inéluctablement à devenir l’exécutante des décisions prises ailleurs, au Conseil européen, à moins bien sûr que les expressions martiales, que j’ai entendues à ma gauche et à ma droite, se traduisent dans les faits, mais permettez-moi, à ce stade-ci en tout cas, d’en douter.

Un Conseil européen, cinq jours de marchandages peu glorieux où les logiques partisanes et nationales ont pris le pas sur le projet et sur son incarnation. Tout cela pour aboutir à un casting dont on peut douter de la capacité à impulser le changement dont nos sociétés ont besoin et que nos concitoyens attendent. Et s’il est légitime – et je l’ai beaucoup entendu dans cette enceinte – de critiquer les chefs d’État et de gouvernement, je voudrais vous dire à toutes et à tous que si le Parlement sort affaibli de cet épisode, il devra d’abord et avant tout s’en prendre à lui-même.

Je voudrais remercier ici le président Tusk pour les mots aimables qu’il a adressés de manière assez explicite à la famille politique que j’ai l’honneur de diriger ici au Conseil. Je crois vos mots sincères mais je dois constater que, autour de la table du Conseil – mais je dirais même ici dans cette enceinte – cette volonté d’associer la famille de l’écologie politique, à la gestion des cinq années qui viennent, ne semble pas uniformément partagée et je pense que c’est un euphémisme. Mais tout cela ne tempère pas notre enthousiasme, forts de la confiance renouvelée de nos concitoyens, nous ne baisserons pas les bras. Dans les cinq ans qui viennent, nous utiliserons le levier de nos 75 députés et de nos équipes pour faire avancer la cause d’une Europe plus juste, plus durable et plus démocratique. Une Europe à la pointe du combat pour la préservation de notre climat, de la biodiversité et de nos ressources naturelles; une Europe championne de la lutte pour la justice sociale, fiscale, économique et pour l’égalité de genre; une Europe à l’avant-garde de la défense des libertés des droits humains et d’une démocratie toujours plus participative. En bref, une Europe qui remette la dignité de tous les êtres humains au centre de ces politiques plutôt que la maximisation du profit de certains. Cette cause – et j’ai entendu certains d’entre vous le dire – ne se monopolise pas, elle se partage. Nous agirons de concert avec toutes celles et tous ceux qui, au sein de cette institution, dans les autres institutions européennes, dans les États membres, dans les gouvernements nationaux, régionaux, locaux et surtout dans la société civile avec toutes celles et tous ceux qui partagent cette cause.

Ne nous y trompons pas, chers collègues, notre maison brûle. Face à la triple urgence environnementale, sociale et démocratique, seule une telle alliance pour le changement pourra nous sauver.

(Applaudissements)

 
Dernière mise à jour: 12 juillet 2019Avis juridique