Retour au portail Europarl

Choisissez la langue de votre document :

  • bg - български
  • es - español
  • cs - čeština
  • da - dansk
  • de - Deutsch
  • et - eesti keel
  • el - ελληνικά
  • en - English
  • fr - français (sélectionné)
  • ga - Gaeilge
  • hr - hrvatski
  • it - italiano
  • lv - latviešu valoda
  • lt - lietuvių kalba
  • hu - magyar
  • mt - Malti
  • nl - Nederlands
  • pl - polski
  • pt - português
  • ro - română
  • sk - slovenčina
  • sl - slovenščina
  • fi - suomi
  • sv - svenska
 Index 
 Texte intégral 
Débats
Mardi 16 juillet 2019 - Strasbourg Edition provisoire

Bilan de la présidence roumaine du Conseil (débat)
MPphoto
 

  Philippe Lamberts, au nom du groupe Verts/ALE. – Monsieur le Président, bienvenue Madame la Première ministre, c’est toujours un plaisir de recevoir un chef d’État ou de gouvernement ici. J’insiste parce que je sais que certains, en cette enceinte, voudraient décrédibiliser le Conseil en disant que le Conseil n’est pas légitime. Vous avez une légitimité, comme chacun et chacune des chefs d’État et de gouvernement, mais vous avez évidemment une responsabilité particulière lorsqu’arrive votre tour d’exercer la présidence.

C’était la première fois pour la Roumanie et c’est vrai que, sur le plan du travail organisationnel, du travail administratif, on peut tirer notre chapeau: clairement, la Roumanie a réussi son premier passage à la tête du Conseil. C’est vrai qu’en année électorale, quand on sait que la pression pour achever un certain nombre de dossiers est énorme, c’est plutôt une performance réussie, je tiens à le dire.

Maintenant, parmi ces dossiers, il y en a qui ne font pas partie des 90 dossiers qui ont été achevés sous votre présidence et qui sont des dossiers emblématiques.

Le Conseil lui-même, à chacune de ses réunions, agite le dossier asile et migrations comme le dossier des dossiers, le dossier le plus important, celui qui ne souffrirait aucun délai, aucune autre priorité avant lui. Que dois-je constater? Cela va faire quatre ans que le Conseil affirme cela, à chacune des conclusions des chefs d’État et de gouvernement: migration, migration, migration, encore migration, frontière, frontière et que sais-je encore.

On attend encore une position du Conseil sur la réforme de l’asile et des migrations, ce paquet proposé, voici des années, par la Commission, et sur lequel ce Parlement s’est prononcé à une immense majorité – je le disais ce matin – de cinq groupes politiques, voici déjà deux ans. Qu’avez-vous fait pour faire avancer les choses? Un des rôles, peut-être moins visible, des présidents, c’est de débloquer, c’est de mettre de l’huile dans les engrenages. Mais non! Vous avez simplement acté le fait que vous avez décidé que le Conseil déciderait à l’unanimité, alors que cela ne se justifie pas, et l’unanimité fait évidemment que n’importe quel État membre peut tout bloquer. Et figurez-vous qu’il y a plus qu’un État membre qui est prêt à tout bloquer sur ce sujet-là. Cela veut dire que sur ce sujet, dont vous dites vous-même qu’il est extrêmement important, vous ne faite rien! Rien! Vous, comme tous les autres États membres: de ce point de vue-là, aucun des 28 ne vaut mieux mieux que les autres.

Puis il y a cet autre aspect, il a été évoqué par mon prédécesseur, celui de la réputation. Lorsqu’un État préside l’Union européenne, il est absolument crucial que cet État, quelque part, incarne, représente les valeurs de l’Union. Or, quel spectacle nous donne votre gouvernement? Je dis bien votre gouvernement, je ne parle pas de la Roumanie. La Roumanie, comme la Hongrie, comme la Pologne, dont on parle souvent, comme tous les pays de l’Union européenne, a toute sa place dans l’Union européenne. Néanmoins, le gouvernement qui, aujourd’hui, dirige ce pays est un gouvernement qui s’est distingué en réprimant de manière brutale, des manifestations pacifiques, l’été dernier – ce n’était certes pas pendant la présidence mais néanmoins dans votre pays, c’était votre gouvernement. C’est un gouvernement qui s’emploie de manière quasiment obsessionnelle à mettre la justice sous contrôle pour, évidemment, éviter que des politiciens ne soient condamnés pour corruption et déclarés inéligibles. On dirait que cela absorbe l’essentiel de l’énergie politique des partis qui aujourd’hui sont au pouvoir dans votre pays. Et de ce point de vue-là, je constate que les multiples rapports faits par le Conseil de l’Europe, par la commission de Venise mais aussi par l’organe anticorruption du Conseil de l’Europe, restent lettre morte.

Pour couronner le tout, mon prédécesseur l’a dit, vous vous permettez de bloquer l’éventuelle désignation au poste, très important dans l’Union européenne, de chef du Parquet européen de Laura Codruța Kövesi, que nous n’avons toujours pas eu la possibilité d’auditionner.

Alors non, franchement, le spectacle qu’offre votre gouvernement n’honore pas l’Europe et, je dirais, n’honore pas la Roumanie. La Roumanie mérite mieux que cela.

 
Dernière mise à jour: 17 juillet 2019Avis juridique