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Débats
Mardi 16 juillet 2019 - Strasbourg Edition provisoire

Bilan de la présidence roumaine du Conseil (débat)
MPphoto
 

  Nicolas Bay, au nom du groupe ID. – Madame le Premier ministre, Monsieur le Président, chers collègues, au cours de cette Présidence roumaine, je me suis rendu plusieurs fois à Bucarest. Pour la Conférence des présidents avec le Conseil des ministres, bien sûr, en novembre, mais également en avril dernier pour un débat sur l’avenir de l’Europe.

À chaque fois, nous avons évoqué les grands défis que les Européens et leur civilisation commune devront affronter ensemble, à l’échelle continentale: l’identité et les frontières, la relocalisation de l’économie, mais aussi la protection des données, l’intelligence artificielle, la réindustrialisation nécessaire ou encore le maintien de notre tissu agricole.

Jusqu’à présent, sur aucun de ces sujets, l’Union européenne n’a su se montrer ni efficace, ni même présente. Pire, sur le libre-échange, elle ne fait qu’accélérer, récemment encore avec les pays d’Amérique latine ou le Vietnam. C’est pourtant le système le moins écologique et le plus destructeur de nos économies. Je dis cela sans, bien sûr, jeter la pierre au gouvernement roumain. Il faut bien le dire, il a été sous le feu nourri de la Commission européenne, qui instrumentalise l’état de droit pour imposer le gouvernement conjoint des technocrates et des juges face à la volonté des peuples.

La réalité est que le pouvoir est aujourd’hui phagocyté par la Commission de Bruxelles, qui cumule à la fois l’initiative législative, le contrôle de l’application des directives, mais se pose également en garante des traités.

Or, les présidences du Conseil passent mais la Commission, ses bureaucrates et ses orientations restent. Le meilleur exemple n’est-il pas M. Timmermans, qui gardera sans doute son rôle de zélé «porte-flingue» contre les pays qui sont récalcitrants à Bruxelles. Lui qui, contre la Hongrie, contre la Pologne, contre la Roumanie, demain peut-être contre l’Italie de Matteo Salvini, en somme contre les nations et contre les peuples, sera toujours en pointe pour attaquer et déstabiliser des gouvernements qui ont pourtant la légitimité démocratique.

Dans les récents petits arrangements pour répartir les postes à la tête des institutions européennes, l’Europe de l’Est a été totalement oubliée. L’Allemagne de Merkel est, comme toujours, surreprésentée, en personne, ou par ses affidés ou par ses hommes de paille. Ceux-là même qui ont précipité l’élargissement de l’Union européenne à l’Est se rendent compte aujourd’hui que leur idéologie immigrationniste libérale-libertaire n’y est que fort peu partagée.

Ayant subi le joug du communisme totalitaire, les pays d’Europe centrale et de l’Est savent encore se doter de dirigeants courageux qui refusent de céder aux exigences de la Commission, s’agissant notamment de la répartition obligatoire de migrants.

C’est sur cette question, et surtout celle de la réforme du droit d’asile, devenue une filière dévoyée de l’immigration clandestine, que la Commission Juncker a dérapé. La réforme Dublin IV a heureusement été bloquée au Conseil, notamment par la Hongrie et la Pologne.

Si la Présidence roumaine, se juxtaposant avec les élections européennes, n’a pas été l’occasion d’avancées spectaculaires, reconnaissons-lui au moins de n’avoir pas amplifié ou aggravé les échecs et les dérives actuelles de l’Union européenne.

Compte tenu des gages qu’elle a donnés ce matin encore aux socialistes et aux libéraux macronistes, la désignation de Mme von der Leyen à la tête de la Commission risquerait en revanche de constituer une nouvelle accélération, avec la Présidence finlandaise, vers plus de fédéralisme, plus d’immigration et moins de protections économiques.

Les défenseurs des peuples et des nations seront donc plus vigilants que jamais pour refuser que l’Union européenne ne devienne une machine à détruire l’Europe.

 
Dernière mise à jour: 17 juillet 2019Avis juridique