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 Texte intégral 
Débats
Mardi 14 janvier 2020 - Strasbourg Edition provisoire

Présentation du programme d'activités de la présidence croate (débat)
MPphoto
 

  Nicolas Bay, au nom du groupe ID. – Monsieur le Président, Monsieur le Premier ministre Plenković, notre débat d’aujourd’hui est en quelque sorte la prolongation des premiers échanges que nous avons eus à Zagreb, lorsque vous avez accueilli la Conférence des présidents au début du mois de décembre.

Vous nous présentez aujourd’hui les trois priorités de la présidence croate, mais au-delà de l’espoir qu’elles peuvent légitimement susciter chez vous, elles peuvent aussi comporter un vrai risque: le risque de trois fuites en avant.

D’abord, en matière d’élargissement, vous nous dites que vous voulez accélérer les processus d’adhésion de la Macédoine du Nord et de l’Albanie, alors que tout le monde voit bien la vérité, à savoir que ces pays, même si ce sont des pays alliés et amis avec lesquels nous devons travailler, sont encore aujourd’hui largement gangrenés par la corruption et largement infestés par les différents courants islamistes, qu’ils soient saoudiens ou turcs, et que, évidemment, aucune des conditions n’est réunie aujourd’hui pour qu’ils adhèrent à l’Union européenne. Emmanuel Macron avait d’ailleurs opposé un veto de la France en novembre et Jean-Claude Juncker avait parlé d’erreur historique. Et puis entretemps, après la bravade, nous avons la reddition et malheureusement Emmanuel Macron nous explique qu’il est prêt à accueillir successivement l’Albanie, la Macédoine du Nord, sans doute demain aussi la Bosnie et le Kosovo. Tout cela, le fait de passer de 27 à 29, peut-être de 29 à 31 après-demain ne va pas aboutir à renforcer l’Union européenne mais à l’affaiblir encore davantage.

Vous avez évoqué également le cadre financier pluriannuel. Dans quelques jours, avec le Brexit, l’Union européenne va perdre plus de 10 % de sa population. Cela devrait aboutir à nous reconcentrer sur les domaines où on peut utilement organiser à l’échelle continentale des coopérations entre les nations, en respectant les prérogatives des États nations et non pas à nous engager dans une fuite en avant budgétaire, c’est-à-dire aller toujours plus loin dans des contributions toujours plus lourdes où tout serait dirigé à Bruxelles. Certains dans cet hémicycle évoquent la possibilité de ressources propres de l’Union européenne: il s’agirait en pratique de la première étape vers une fiscalité européenne, évidemment une très mauvaise nouvelle pour nos contribuables, qui auront l’obligation de payer toujours davantage pour avoir en contrepartie toujours moins.

Vous évoquez également la conférence sur l’avenir de l’Europe. Ce devrait être un vrai débat, un débat sans tabou sur le fonctionnement et sur les orientations de l’Union européenne, mais je crains que certains veuillent l’utiliser uniquement pour aller encore plus loin dans l’intégration, pour remettre en cause le principe des décisions à l’unanimité pour passer à la majorité qualifiée, c’est-à-dire aller encore plus loin dans ce qui ne fonctionne pas. Or, force est de constater que l’Union européenne telle qu’elle est aujourd’hui est incapable de protéger ses frontières contre l’immigration, incapable de se protéger économiquement face aux grandes puissances mondiales, impuissante aussi sur la scène internationale, absente en Libye, absente en Syrie, absente en Iraq ou en Iran. Aujourd’hui nous nous limitons finalement à donner des leçons de droits de l’homme au monde entier et des leçons d’état de droit à nos États membres. Est-ce satisfaisant? Évidemment pas.

Et puis enfin, le Brexit. C’est un vrai enjeu, un vrai défi: Boris Johnson va défendre pied à pied les intérêts britanniques et il va négocier des accords commerciaux avec le monde entier. Nous ne devons pas accepter que demain le Royaume-Uni se transforme en une sorte de porte d’entrée de tous les produits, et donc de la concurrence déloyale, sur le marché européen. Nous devons bien sûr traiter le Royaume-Uni avec respect, puisque c’est une grande puissance amie, alliée et voisine, mais nous devons défendre nos intérêts, c’est-à-dire être capables enfin d’établir de vraies protections économiques; c’est ce que les peuples attendent.

 
Dernière mise à jour: 27 janvier 2020Avis juridique