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Procédure : 2017/2257(INI)
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Cycle relatif au document : A8-0241/2018

Textes déposés :

A8-0241/2018

Débats :

PV 12/09/2018 - 18
CRE 12/09/2018 - 18

Votes :

PV 13/09/2018 - 10.13
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P8_TA(2018)0355

Textes adoptés
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Jeudi 13 septembre 2018 - Strasbourg Edition définitive
L’Europe en mouvement: programme pour l’avenir de la mobilité dans l’Union européenne
P8_TA(2018)0355A8-0241/2018

Résolution du Parlement européen du 13 septembre 2018 sur l’Europe en mouvement: un programme pour l’avenir de la mobilité dans l’Union européenne (2017/2257(INI))

Le Parlement européen,

–  vu la communication de la Commission intitulée «L’Europe en mouvement — Programme pour une transition socialement équitable vers une mobilité propre, compétitive et connectée pour tous» (COM(2017)0283),

–  vu l’accord de Paris sur le climat, ratifié le 4 octobre 2016 par le Parlement européen et le Conseil(1),

–  vu le règlement (UE) 2016/679 du Parlement européen et du Conseil du 27 avril 2016 relatif à la protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel et à la libre circulation de ces données, et abrogeant la directive 95/46/CE (règlement général sur la protection des données)(2),

–  vu l’avis du Comité économique et social européen du 18 octobre 2017 sur le thème «Une mobilité propre, compétitive et connectée pour tous»(3),

–  vu l’avis du Comité économique et social européen du 5 juillet 2017 sur le thème «Les conséquences de la numérisation et de la robotisation des transports sur l’élaboration des politiques de l’UE»(4),

–  vu sa résolution du 23 avril 2009 sur le plan d’action en faveur de systèmes de transport intelligents(5),

–   vu sa résolution du 10 décembre 2013 sur CARS 2020: plan d'action pour une industrie automobile forte, compétitive et durable en Europe(6),

–   vu sa résolution du 7 juillet 2015 sur la création d’un système de billetterie multimodale intégrée en Europe(7),

–  vu sa résolution du 9 septembre 2015 sur la mise en œuvre du livre blanc de 2011 sur les transports: bilan et voie à suivre pour une mobilité durable(8),

–   vu la déclaration du 29 mars 2017 intitulée «Déclaration de La Valette sur l’amélioration de la sécurité routière»,

–  vu le livre blanc de la Commission intitulé «Feuille de route pour un espace européen unique des transports – Vers un système de transport compétitif et économe en ressources» (COM(2011)0144),

–  vu son étude de 2016 intitulée «Self-piloted cars: the future of road transport?» (Voitures autonomes, l’avenir du transport routier?),

–  vu son étude de 2017 intitulée «Les difficultés liées au financement de l’infrastructure dans l’économie du partage»,

–  vu l’étude du Comité économique et social européen de 2017 intitulée «Incidence de la numérisation et de l’économie à la demande sur les marchés du travail et répercussions sur l’emploi et les relations industrielles»,

–  vu l’article 52 de son règlement intérieur,

–  vu le rapport de la commission des transports et du tourisme et l’avis de la commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire (A8-0241/2018),

A.  considérant que des changements structurels sont en cours dans le secteur des transports et que l’avenir des transports dans l’Union se trouve au croisement des principales priorités du cadre d’action en matière de climat et d’énergie à l’horizon 2030, du programme «Air pur pour l’Europe» et des orientations en matière de sécurité routière pour la période 2011-2020;

B.  considérant que la décarbonation des transports et le recours aux technologies à faible taux d’émissions offrent des perspectives pour l’avenir de la mobilité et la croissance économique durable;

C.  considérant que l’économie collaborative et du partage transforme le secteur des transports dans le monde entier; que la valeur des transactions de l’économie collaborative dans ce secteur en Europe en 2015 a été estimée à 5,1 milliards d’EUR, soit une augmentation de 77 % par rapport à l’année précédente, les interactions non monétaires de l’économie du partage dépassant largement ces chiffres, ce qui met en évidence l’importance du phénomène;

D.  considérant que, d’après les estimations, les secteurs du transport de passagers et du fret connaîtront une croissance respective de quelque 42 % et de 60 % entre 2010 et 2050;

E.  considérant qu’il était préconisé, dans le livre blanc de 2011 sur les transports, de transférer 30 % du fret transitant par les principaux axes routiers vers des modes de transport plus durables, tels que le rail, d’ici 2030, et 50 % d’ici 2050, tout en développant les infrastructures écologiques appropriées;

F.  considérant que l’application des principes de «l’utilisateur-payeur» et du «pollueur-payeur» dans tous les modes de transport (routier, ferroviaire, maritime et aérien) contribuera à créer des conditions de concurrence équitables entre tous ces secteurs;

G.  considérant que les nouveaux services de mobilité ont pour objectif et sont susceptibles d’améliorer considérablement les transports urbains en réduisant les embouteillages et les émissions et en proposant une solution de substitution aux véhicules privés individuels, la voiture individuelle restant le mode de locomotion le plus important en nombre de trajets; qu’ils peuvent amorcer une transition vers la multimodalité et le covoiturage, et donc des transports plus durables, qui compléterait les modes de transport actifs et publics;

H.  considérant que le secteur des transports joue un rôle important dans le fonctionnement de l’économie de l’Union, étant donné qu’il représente environ 4 % du PIB de l’Union et plus de 5 % des emplois de l’Union(9); que les femmes représentent seulement 22 % de la main-d’œuvre du secteur et qu’un tiers du nombre total de travailleurs de ce même secteur sont âgés de plus de 50 ans;

I.  considérant que les véhicules connectés et autonomes devraient accroître l’efficacité, la sécurité et la sûreté des transports routiers, étant donné que l’erreur humaine est la principale cause des accidents de la route survenant en Europe;

J.  considérant que des progrès considérables ont été accomplis au cours des dernières décennies, faisant de l’Union la région de transport routier la plus sûre au monde; que le nombre élevé de victimes d'accidents, avec 25 500 morts et 135 000 blessés graves sur les routes européennes l’an dernier, cause encore de grandes souffrances humaines et engendre des coûts économiques inacceptables, estimés à 100 milliards d’EUR par an, que les objectifs fixés à l’horizon 2020 et visant à diviser par deux le nombre de victimes de la route par rapport à 2010 ne seront pas atteints et que la proportion de blessures graves et de décès des usagers de la route les plus vulnérables, tels que les piétons, les cyclistes et les conducteurs de petits véhicules motorisés à deux roues, augmente considérablement;

K.  considérant que les transports constituent la principale source de pollution de l’air en zone urbaine et sont responsables de plus de 25 % des émissions de gaz à effet de serre dans l’Union, dont plus de 70 % sont imputables aux transports routiers, part qui est en constante augmentation;

L.  considérant que, d’après des études et des estimations récentes, il existe un lien clair entre l’exposition à la pollution de l’air et l’augmentation des risques pour la santé publique, notamment vis-à-vis des maladies cardiovasculaires, telles que les accidents vasculaires cérébraux et les cardiopathies ischémiques, ainsi que des cancers, et que, dans l’Union, le nombre annuel de décès prématurés imputables aux particules fines est évalué à 399 000, ceux dus au dioxyde d’azote à 75 000 et ceux causés par l’ozone à 13 600; que les citadins sont particulièrement exposés à ces risques;

M.  considérant que d’importants efforts, qui se traduisent entre autres par l’établissement d’objectifs ambitieux et de normes contraignantes, sont actuellement déployés dans le monde entier pour assurer la transition vers des transports plus accessibles, plus sûrs et plus équitables, et que l’Union européenne ne doit pas laisser passer sa chance d’être à la pointe de ces innovations sociales;

Incidence de la transition amorcée dans les transports sur les qualifications et les méthodes de travail

1.  salue la communication intitulée «L’Europe en mouvement — Programme pour une transition socialement équitable vers une mobilité propre, compétitive et connectée pour tous», dans laquelle la Commission admet que le secteur de la mobilité connaît de profonds bouleversements, et souligne que la révolution de la mobilité numérique devrait contribuer à rendre le secteur du transport routier plus sûr, plus innovant, plus intégré, plus durable, plus équitable, plus compétitif et plus propre, et étroitement connecté à d’autres modes de transport plus durables; se félicite de l’approche stratégique adoptée dans la communication pour parvenir à établir un cadre réglementaire cohérent pour le domaine de plus en plus complexe du transport routier;

2.  souligne que le secteur de la mobilité dans l’Union doit exploiter les possibilités offertes par les technologies numériques; estime que de nouveaux modèles économiques qui donnent naissance à des services innovants de mobilité partagée, y compris les nouvelles plateformes en ligne pour les opérations de fret ou pour le covoiturage et le partage de voiture ou de vélo, ou les applications pour smartphone affichant des données en temps réel sur les conditions de circulation, devraient être développés et encouragés;

3.  encourage la Commission et les États membres à proposer et à appliquer des mesures concernant les systèmes de transport intelligents coopératifs (STI-C) qui soient cohérentes avec les objectifs et les initiatives annoncés dans le livre blanc de 2011 sur les transports et dans l’accord de Paris sur le changement climatique de décembre 2015;

4.  souligne que le secteur automobile de l’Union emploie 8 millions de personnes et représente 4 % de la valeur ajoutée brute de l’Union, ce qui génère un excédent commercial de 120 milliards d’EUR;

5.  souligne que les changements dans l’industrie automobile liés à la numérisation, à l’automatisation ou à la fabrication de voitures plus propres appelleront de nouvelles connaissances et de nouvelles méthodes de travail; souligne que ces changements devraient ouvrir de nouvelles perspectives permettant de rendre le secteur des transports plus attrayant et de mettre un terme à la pénurie de main-d’œuvre caractéristique du secteur; insiste sur le fait que la production de véhicules plus propres, mieux connectés et plus automatisés aura une incidence sur la production, le développement, la maintenance et les services et exigera de nouvelles compétences, telles que celles requises pour l’assemblage de moteurs électriques ou la fabrication de batteries, de piles à combustible, d’équipements informatiques et de capteurs de deuxième génération; souligne que l’industrie a déjà beaucoup de mal à recruter du personnel disposant des compétences adéquates et que, si le nombre de postes d’ingénieur devrait continuer d’augmenter, les compétences informatiques sont désormais un critère obligatoire pour les entreprises; demande à la Commission et aux États membres de veiller à ce que la formation et le développement continus des compétences des transporteurs de l’Union soient adaptés à ces nouveaux défis;

6.  souligne que le programme pour l’avenir des transports doit viser en priorité l’égalité des chances entre les femmes et les hommes; souligne que le secteur des transports est dominé par les hommes, qui représentent les trois-quarts de la main-d’œuvre, et qu’il est nécessaire de favoriser l’équilibre entre les hommes et les femmes; salue le lancement de l’initiative intitulée «Les femmes et les transports – Plateforme de l’Union européenne pour le changement», destinée à favoriser l’emploi des femmes et l’égalité des chances dans le secteur des transports; prie la Commission et les États membres de coopérer avec cette plateforme pour que la création d’emplois destinés aux femmes aille de pair avec la numérisation du secteur;

7.  fait remarquer que la révolution numérique restructurera la chaîne de valeur, les priorités de recherche et d’investissement et les possibilités technologiques du secteur automobile, qui doivent être transparents, cohérents et conformes aux normes juridiques, ce qui aura des conséquences sur la compétitivité de celui-ci à l’échelle internationale;

8.  rappelle que la conduite de véhicules automatisés aura une incidence considérable sur la main-d’œuvre du secteur des transports et nécessitera de nouvelles qualifications dans le cas des professions concernées; invite les États membres à prendre des mesures appropriées pour anticiper cette évolution du marché du travail, qui devrait s'accompagner d'un dialogue social renforcé; demande à la Commission d’élaborer une stratégie à l’échelle de l’Union qui tienne compte des nouveaux débouchés que la numérisation créera dans le secteur des transports et de tenir compte des bonnes pratiques des États membres dans le but de favoriser la création d’emplois dans le secteur des transports, en faisant figurer en tête des priorités une transition équitable pour les travailleurs dont le poste devient obsolète à cause de la numérisation du secteur des transports;

9.  souligne qu’à terme, la conduite automatisée remettra en question l’interprétation de la législation de l’Union en vigueur sur les périodes de conduite et de repos; invite la Commission à vérifier en permanence si de nouvelles mesures législatives sont nécessaires;

10.  attire l’attention sur les effets positifs de la numérisation dans les transports car elle contribuera à réduire la charge administrative et à simplifier les procédures pour les autorités et les entreprises et elle facilitera le contrôle du respect de la législation sur les périodes de conduite et de repos et de la réglementation du cabotage grâce à l’introduction du tachygraphe numérique, ce qui créera de meilleures conditions pour les conducteurs professionnels et permettra de mettre en place des conditions équitables pour tous les opérateurs de transport;

11.  se félicite de la nouvelle stratégie en matière de compétences pour l’Europe adoptée par la Commission et d’autres initiatives, telles que le plan de coopération sectorielle en matière de compétences et la coalition en faveur des compétences et des emplois numériques, qui encouragent les organisations syndicales, les instituts de formation et les acteurs du secteur privé à coopérer pour anticiper, détecter et pallier les inadéquations entre les compétences disponibles et les besoins du marché;

12.  salue le fait que l’automobile est l’un des six secteurs pilotes financés par l’alliance sectorielle pour les compétences dans le cadre du programme Erasmus+;

13.  invite la Commission à présenter une évaluation à mi-parcours des projets lancés sur les qualifications dans le secteur automobile, y compris du projet de recherche SKILLFUL mené sur trois ans et des recommandations établies par le groupe à haut niveau GEAR 2030; estime qu’à partir des résultats du projet SKILLFUL, il sera possible d’évaluer l’adéquation des critères de formation et de qualification existants pour les conducteurs du transport routier, notamment à la lumière des nouvelles professions et compétences;

14.  invite les États membres à ne pas se contenter de réagir à des difficultés spécifiques, mais à anticiper leur réponse en matière de numérisation, à prendre des décisions exhaustives et stratégiques sur la base de la neutralité technologique pour optimiser les bénéfices potentiels et à œuvrer en faveur d’un consensus sur une approche européenne des enjeux clés;

15.  insiste sur le rôle fondamental que les utilisateurs et les consommateurs peuvent jouer dans la transition du secteur des transports et invite la Commission et les États membres à accroître la transparence et la disponibilité des données utiles pour le grand public afin de mieux sensibiliser l’opinion et de permettre aux consommateurs à faire des choix en toute connaissance de cause;

Transition animée par les progrès en matière de recherche et d’innovation

16.  met l’accent sur le fait que l’Europe est l’un des principaux moteurs mondiaux de la production et des opérations de transports et souligne qu’il est vital que le secteur européen des transports continue de se développer, d’investir, d’innover et de se renouveler de manière durable afin de conserver sa position de locomotive technologique et sa compétitivité;

17.  rappelle l’objectif essentiel de la création d’un espace européen unique des transports sans barrière, au sein duquel chaque mode de transport trouve sa place dans le cadre d’une comodalité efficace et où l’interaction entre chacun d’entre eux est renforcée, et invite dès lors les États membres à créer des conditions adéquates fondées sur des incitations visant à permettre d’augmenter l’efficacité des modes de transport et à surmonter les obstacles existants, tels qu’une charge administrative inutile;

18.  rappelle qu’il sera nécessaire de développer des technologies de transport et des solutions de mobilité innovantes et durables pour améliorer la sécurité routière ainsi que pour limiter le changement climatique et les émissions de dioxyde de carbone, la pollution de l’air et les embouteillages, et d’élaborer un cadre réglementaire européen en vue de stimuler l’innovation; appelle de ses vœux, dans ce contexte, un meilleur financement de l’articulation des initiatives de recherche et de développement transsectorielles en matière de véhicules connectés et sans conducteur, d’électrification du rail et des infrastructures routières, de carburants alternatifs, de conception et de fabrication de véhicules, de gestion des réseaux et de la circulation ainsi que de services et d’infrastructures de mobilité intelligente, sans pour autant négliger les systèmes en place dans d’autres secteurs; indique que ces innovations essentielles nécessiteront un vaste éventail de connaissances de l’industrie pour être mises en place efficacement; est d’avis qu’en ce sens, les véhicules coopératifs, connectés et automatisés peuvent stimuler la compétitivité de l’industrie européenne et réduire la consommation d’énergie ainsi que les émissions imputables aux transports tout en contribuant à réduire le nombre de décès dus à des accidents de la route; estime que, pour ce faire, il faudra définir des conditions relatives aux infrastructures afin de garantir que ces systèmes fonctionnent de manière sûre;

19.  fait remarquer que, pour rester au fait des dernières nouveautés technologiques et apporter aux citoyens européens des possibilités de mobilité et de transport optimales, tout en veillant à ce que les entreprises européennes puissent conserver et renforcer leur avantage concurrentiel, l’Europe doit concevoir un meilleur cadre d’action commune en matière de recherche et d’innovation dans les transports; estime qu’il ne sera possible d’atteindre les objectifs ambitieux concernant l’avenir de notre système de transport que si de nouvelles idées et de nouveaux concepts sont développés, mis à l’essai et concrétisés en accord avec les priorités stratégiques et réglementaires;

20.  demande qu’un soutien financier transparent supplémentaire soit apporté à la recherche, à l’innovation et à la formation, comme cela s’est produit dans le cadre de la stratégie de spécialisation intelligente, où le cofinancement du Fonds européen de développement régional a apporté une aide dans des domaines tels que les systèmes de propulsion ou les systèmes de transport intelligents;

21.  rappelle que les fonds européens alloués au cours du prochain cadre financier pluriannuel (CFP) pour la période 2021-2027 seront essentiels pour achever les infrastructures transfrontalières et supprimer les goulets d’étranglement le long des principaux corridors du réseau transeuropéen de transport (RTE-T) et fait observer que le financement d’infrastructures stimule les investissements publics et privés dans des services et technologies de transport durables et de qualité; demande dès lors qu’un financement soit accordé, dans le prochain CFP, au soutien de la création et du déploiement rapides des systèmes, services et solutions numériques nécessaires aux transports du futur;

22.  souligne que les obstacles financiers doivent être supprimés et que l’accès au financement doit être simplifié étant donné que la bureaucratie et les coûts administratifs sont proportionnellement plus importants pour les PME en raison de leur manque de compétences et de capacités; invite la Commission à contrôler que les procédures d’appels d’offres des États membres en rapport avec les infrastructures de transport intelligentes soient conformes aux dispositions relatives à la facilitation de l’accès des PME prévues par la directive 2014/24/UE sur la passation des marchés publics;

23.  fait remarquer que l’Europe doit améliorer l’écosystème de l’innovation, depuis la recherche technologique fondamentale jusqu’à la recherche portant sur de nouveaux services et modèles économiques qui favorisent l’innovation sociale (lorsqu’ils sont largement déployés sur le marché); souligne que l’aide publique apportée à cet écosystème devrait se concentrer sur les défaillances du marché en matière de recherche et d’innovation ainsi que sur les politiques favorables à l’innovation, ce qui permettrait aux instruments européens de normalisation, de réglementation et de financement de stimuler l’investissement privé dans l’innovation;

24.  prend acte du fait que la recherche au niveau européen, notamment au moyen d’Horizon 2020, sera essentielle à l’obtention de résultats, comme le montrent les partenariats public-privé tels que l’entreprise commune «piles à combustible et hydrogène» ainsi que l’initiative européenne en faveur des véhicules verts, et préconise de créer un partenariat public-privé consacré à la conduite connectée et automatisée; soutient les efforts déployés par la Commission en vue de créer une alliance européenne pour les batteries et préconise d’apporter un appui financier plus important au développement de batteries durables et à la production et au recyclage de cellules de batteries dans l’Union pour les véhicules à faibles émissions et à émission zéro ainsi que de définir une stratégie mondiale en matière de commerce équitable concernant l’importation de matériaux tels que le lithium et le cobalt étant donné que les progrès de ces technologies joueront un rôle essentiel dans l’avenir de la mobilité durable et propre;

25.  insiste sur l'importance d'envisager des stratégies de développement économique et industriel cohérentes entre les objectifs recherchés, tel que l'essor croissant de la production et de l'utilisation de véhicules à faibles émissions, et la nécessité de mettre en œuvre des moyens pour atteindre ces objectifs sur le plan de l’infrastructure et des composantes liées à l'utilisation, telles que les batteries, qui devraient d'ailleurs faire l'objet d'une attention particulière de la part de la Commission et des États membres afin d’élaborer une stratégie européenne de production de batteries; insiste sur l’importance d’encourager les constructeurs et de favoriser la commercialisation afin de réduire les coûts;

26.  se félicite de ce que la Commission ait aussi établi un lien avec l’économie circulaire en ce qui concerne notamment les matériaux rares et les batteries; encourage la Commission, dans ce contexte, à évaluer l’empreinte environnementale de la fabrication et du recyclage de batteries afin de parvenir à une vue d’ensemble de l’effet sur l’environnement des véhicules électriques à batterie dans le but de faciliter la comparaison de la durabilité du cycle de vie de divers systèmes de propulsion;

27.  souligne les avantages potentiels d’applications secondaires des batteries de véhicules, par exemple concernant des solutions intelligentes en matière de réseaux électriques et de stockage à domicile, et invite la Commission et les États membres à soutenir la recherche et les projets pilotes dans ce secteur au moyen de mesures de financement;

28.  préconise l’utilisation accrue des technologies numériques dans la mise en œuvre du principe du «pollueur-payeur», comme le péage électronique et les tickets électroniques fondés sur la performance environnementale des véhicules; se félicite des lignes directrices de la Commission pour les villes portant sur les systèmes de régulation de l’accès des véhicules aux zones urbaines; souligne toutefois qu’il y a lieu de prendre davantage de mesures au niveau européen pour éviter la fragmentation de l’espace unique des transports; souligne, dans ce contexte, l’importance du financement de projets d’infrastructures dans le domaine des transports et d’investissements importants dans les carburants à faible teneur en carbone les plus écologiques afin de favoriser la transformation du système de transport et de garantir l’intégration des équipements liés aux transports et à l’énergie pour accélérer la transition vers un bouquet énergétique plus durable; estime qu’il importe, dans le cadre du financement de l’Union lié aux transports, que la capacité à réaliser les objectifs climatiques devrait constituer l’un des critères d’éligibilité des projets;

29.  réitère les engagements pris par l’Union en matière de lutte contre le changement climatique au titre de l’accord de Paris, du programme des Nations unies à l’horizon 2030 et du cadre pour le climat et l’énergie à l’horizon 2030; se félicite de l’adoption de mesures telles que la procédure d’essai harmonisée au niveau mondial pour les véhicules légers (WLTP) ou les paquets d’émissions en conditions de conduite réelles (RDE), qui visent à réduire l’écart entre les objectifs déclarés de décarbonation et les émissions réelles sur route; demande à la Commission de contrôler l’efficacité de ces mesures et, si nécessaire, de proposer des améliorations supplémentaires; considère la WLTP comme un pas dans la bonne direction sur le plan de l’évaluation de la consommation de carburant et des émissions de CO2 par les voitures individuelles;

30.  constate qu’il est impératif de fournir aux consommateurs des informations sur les véhicules de transport de personnes afin d’accélérer la décarbonation dans les transports et appelle donc de ses vœux des informations de meilleure qualité, plus fiables et plus accessibles sur les émissions et la consommation de carburant des véhicules, assortie de mesures d’étiquetage normalisé, visible et clair des véhicules, afin de permettre aux consommateurs d’effectuer des choix en toute connaissance de cause et de favoriser une évolution des comportements des entreprises et des particuliers et de promouvoir une mobilité plus propre; souligne que des informations plus précises simplifieront aussi les marchés publics écologiques et permettront aux pouvoirs publics des États membres, des régions et des villes d’y avoir recours; salue la recommandation (UE) 2017/948 de la Commission(10) tout en invitant celle-ci à envisager une révision de la directive 1999/94/CE(11) sur l’étiquetage des voitures;

31.  fait état des obstacles financiers et non financiers actuels auxquels sont confrontés les consommateurs lorsqu’ils achètent un véhicule à faibles émissions; rappelle que l’utilisation de véhicules à faibles émissions par les utilisateurs finaux dépend en grande partie de la disponibilité et de l’accessibilité d’infrastructures disposant d’une couverture adaptée et transfrontalière; se félicite à cet égard des initiatives privées et publiques existantes visant à permettre l’itinérance entre les gestionnaires des infrastructures de recharge; invite la Commission et les États membres à prendre toutes les mesures nécessaires pour faciliter l’itinérance et l’accessibilité des infrastructures de recharge en Europe; invite la Commission à soutenir davantage l'action des États membres pour développer leurs infrastructures liées aux carburants de substitution afin que l’ensemble de l’Union en soit dotée le plus rapidement possible;

32.  estime que pour accélérer la pénétration du marché des carburants à faibles émissions et pour exploiter pleinement leurs effets bénéfiques pour le climat, il y a lieu d’encourager leur utilisation ainsi que le développement de véhicules compatibles; réaffirme que, d’ici le milieu du siècle, les émissions de gaz à effet de serre des transports devront tendre résolument vers un taux zéro afin de respecter l’accord de Paris; souligne qu’il ne sera pas possible de transformer le secteur des transports routiers européens de façon à augmenter sa durabilité écologique et économique en poursuivant une approche technologique unique et que l’adoption d’une évaluation des systèmes de propulsion réellement neutre sur le plan technologique sera donc nécessaire pour développer des véhicules en mesure de répondre à des besoins de mobilité divers à l’avenir; souligne qu’un effort intersectoriel est indispensable pour accélérer l’investissement dans une infrastructure de carburant à faibles émissions, qui constitue une condition préalable à l’adoption et au déploiement de plus grande envergure de véhicules fonctionnant avec d’autres types d’énergie;

33.  souligne que la directive relative aux véhicules propres(12) doit tenir compte des besoins et des ressources dont disposent les autorités municipales et régionales afin d’atteindre la totalité de son potentiel, notamment en ce qui concerne les questions de complexité et de charge administrative;

34.  se félicite de l’engagement de la Commission à présenter, d’ici au 2 mai 2018, une proposition législative sur les émissions de CO2 et les normes de consommation de carburant pour les véhicules utilitaires lourds, qui devrait être ambitieuse, réaliste et fondée sur les données collectées au moyen de l’outil de calcul de la consommation énergétique des véhicules (VECTO) afin de définir des mesures législatives cohérentes en matière de véhicules utilitaires lourds; souligne que l’outil VECTO doit être mis à jour rapidement et régulièrement afin de permettre la prise en compte précise de nouvelles technologies pour améliorer l’efficacité des véhicules en temps utile;

35.  souligne que le niveau d’ambition des objectifs en matière de CO2 pour les véhicules utilitaires lourds doit être cohérent avec les ambitions futures de réduction des émissions de polluants, par exemple au titre de la norme Euro 7, ainsi qu’avec les exigences prévues par la directive (UE) 2015/719 sur les poids et les dimensions(13);

36.  rappelle les consternantes expériences d’exposition aux gaz d’échappement réalisées sur des êtres humains et des singes par le Groupe européen de recherche sur l’environnement et la santé dans le secteur du transport (EUGT), un organisme financé par d’importantes sociétés automobiles; rappelle qu’il ne s’agit pas du premier scandale de cette nature dans l’industrie automobile; demande que toute recherche ayant une influence sur les politiques de l’Union soit complètement indépendante de l’industrie automobile, notamment en ce qui concerne le financement et la sous-traitance;

Transition dans le secteur des transports satisfaisant tous les usagers

37.  souligne que la connectivité entre les véhicules autonomes, entre les véhicules et les infrastructures, entre les véhicules, les vélos et les piétons ainsi que du réseau lui-même doit devenir un objectif primordial à long terme pour garantir la fluidité de la circulation; invite dès lors la Commission à se pencher sur les questions d’utilisation et de gestion des données, en accordant une attention particulière à la protection des données, ainsi qu’à analyser toutes les applications prévues des technologies de conception assistée par ordinateur qui portent sur des niveaux d’autonomie avancés et la prestation de services à valeur ajoutée; souligne qu’il faut créer des infrastructures de télécommunications ainsi que des installations satellitaires permettant d’améliorer les services de positionnement et de communication entre les véhicules et les infrastructures et demande à la Commission de définir des objectifs mesurables dans l’espace et dans le temps eu égard à l’adaptation des infrastructures existantes aux normes des infrastructures de transport intelligentes;

38.  fait remarquer que la conduite autonome et les véhicules propres impliqueront une planification intégrée des infrastructures, d’une part, et des investissements, d’autre part, pour équiper les routes des infrastructures de télécommunications et de recharge nécessaires, par exemple pour les voitures électriques, ainsi que pour fournir des données routières de qualité, par exemple pour les cartes numériques en haute définition, et des équipements embarqués entièrement interopérables; invite la Commission et les États membres à stimuler l’investissement pour financer des améliorations innovantes et durables dans les infrastructures de transport;

39.  rappelle à la Commission que pour parvenir à une connectivité adéquate des transports et gérer correctement les fonctionnalités numériques et de sécurité, de signalisation et d’automatisation à destination des consommateurs ainsi que pour gérer les données en toute sécurité, il est indispensable que les voies ferrées, les routes et les voies fluviales constituant les corridors du RTE-T bénéficient dès que possible d’une couverture 5G intégrale; appelle de ses vœux le développement de projets de création d’autoroutes intelligentes et la mise en place de corridors de transport intelligent; estime que les routes principales devraient être équipées de câbles à fibres optiques ainsi que de stations de communication sans fil et de stations de base 5G;

40.  rappelle que l’absence d’accidents sur les routes en Europe devrait rester l’objectif principal et souligne qu’il convient de veiller à ce que les anciens et les nouveaux modes de transport puissent coexister en toute sécurité et que cette transition sera facilitée par l’installation obligatoire de systèmes d’assistance au conducteur et l'assurance que les infrastructures sont adaptées; invite la Commission à mener une étude approfondie et technologiquement neutre des implications, en termes de sécurité, de l’usage de systèmes automatisés dans les transports, qui se concentre globalement sur l’analyse des répercussions de tous les systèmes de transport multimodal sur la sécurité;

41.  souligne que les objectifs de réduction du nombre de morts et de blessés graves des suites d’accidents de la route n’ont pas encore été atteints de sorte qu’à l’avenir, la politique européenne des transports devrait être axée sur la réalisation de ces objectifs; souligne qu’il importe de définir une législation adéquate en matière de sécurité afin de rendre le secteur du transport routier plus sûr; rappelle à la Commission et aux États membres que, pour réduire le nombre d’accidents et de victimes sur les routes européennes, il convient d’assurer sur tout le territoire de l’Union des conditions adéquates de stationnement et de repos;

42.  rappelle que le développement de véhicules connectés et automatisés a été largement réalisé selon les conditions imposées par les technologies; demande par conséquent que les implications sociales de ce développement soient explorées et déterminées et estime que l’introduction des véhicules connectés et automatisés doit être pleinement compatible avec les valeurs et les objectifs sociaux, humains et environnementaux définis; souligne que les responsabilités engagées en cas d’accident provoqué par un ou plusieurs véhicules autonomes doivent être clairement établies, entre l’entreprise éditrice du logiciel, le constructeur du véhicule, le conducteur ou la compagnie d’assurance;

43.  insiste sur le fait que les changements à venir ne devraient pas se produire aux dépens de l’intégration sociale et de la connectivité des États membres et de zones marquées par les inégalités en matière de mobilité; relève qu’il est nécessaire d’améliorer, en tirant parti des infrastructures de réseaux existantes et des futures innovations majeures, la capacité du réseau à intégrer en profondeur les technologies numériques et à remédier aux fortes inégalités qui existent en matière de connectivité entre les États membres ainsi qu’entre les milieux urbains et les zones rurales, centrales et éloignées, et que, dans cette perspective, il conviendrait d’élaborer une série de solutions appropriées au contexte, avec l’aide et la coordination des secteurs public et privé; souligne que les modes de transport traditionnels tels que les bus gardent toute leur importance dans les régions éloignées et montagneuses et qu’ils ne devraient pas être négligés dans ce processus; rappelle que l’expérience de plusieurs pays de l’Union prouve que structurer les réseaux de transport routier public et collectif dans le cadre de contrats d’obligation de service public combinant lignes rentables et lignes non rentables peut produire des résultats optimaux pour les citoyens, les finances publiques et la concurrence;

44.  rappelle qu’il convient de favoriser des moyens de transport collectifs plus sûrs pour les marchandises et les passagers sur les principaux axes transfrontaliers et dans les zones métropolitaines afin de réduire la pollution, les embouteillages et le nombre de victimes d’accidents et de protéger la santé des citoyens et des usagers de la route;

45.  invite la Commission et les États membres à promouvoir des plans de mobilité urbaine et rurale durables qui soient justifiés par l’intérêt public et qui intègrent tous les nouveaux modes de transport en vue de soutenir le déploiement d’un système de transport de passagers multimodal, d’améliorer la mobilité et la qualité des services fournis aux citoyens, y compris les personnes âgées et les personnes handicapées, en leur proposant des solutions alternatives, et d’internaliser ou de réduire les coûts environnementaux et sanitaires externes pour les villes tout en encourageant le tourisme; souligne que ces plans devraient favoriser l’inclusion, la participation et l’emploi des citoyens vivant dans les zones les plus reculées afin de lutter contre la menace du dépeuplement des zones rurales et d’améliorer l'accessibilité et la communication avec les zones périphériques et les régions transfrontalières; souligne que la mobilité rurale présente des différences considérables par rapport à la mobilité urbaine, en matière de distance et de disponibilité des transports publics, mais aussi en ce qui concerne des facteurs environnementaux et économiques tels que de moindres pressions sur l’environnement des émissions de polluants, un revenu moyen plus modeste et des obstacles plus importants aux investissements dans l’infrastructure;

46.  constate que les leçons tirées des projets précédents et actuels, tels que le programme de travail sur les transports, le mécanisme pour l’interconnexion en Europe et la mobilité durable partagée interconnectée avec les transports en commun dans les zones rurales européennes (SMARTA), fournissent des éléments pour les villages intelligents, y compris une logistique porte-à-porte plus efficace et intelligente, des concepts innovants visant la mobilité en tant que service (mobilité à la demande), une infrastructure intelligente de transport de prochaine génération, des transports connectés et automatisés et une mobilité urbaine intelligente (transport depuis/vers les villes);

47.  souligne que la mobilité est de plus en plus considérée comme un service et, dès lors, qu’un transport porte-à-porte harmonieux, multimodal et transfrontalier devrait être développé; invite par conséquent les États membres à mettre à disposition des services d’information sur les transports multimodaux et de réservation de tels transports, fournissant des renseignements en temps réel, et exhorte la Commission à présenter, avant fin 2018, une proposition législative concernant les droits des passagers lors de voyages multimodaux; affirme que ces nouveaux services de transport devraient être traités, notamment dans le cadre de la tarification routière, comme des modes de transport au moins équivalents aux véhicules personnels, voire à privilégier sur ces derniers, et que leur introduction ne doit pas être ralentie par des obstacles législatifs;

48.  invite la Commission à promouvoir les bonnes pratiques réglementaires locales et nationales existantes qui favorisent l’intégration des formes de mobilité nouvelles et traditionnelles, qui soutiennent les choix des consommateurs en mettant à leur disposition des services de billetterie et d’information multimodaux et en les encourageant à utiliser les transports publics par rapport aux transports privés, ou qui soutiennent les offres de l’économie collaborative dans le domaine des transports qui donnent l’impulsion et le soutien nécessaire à la promotion du tourisme durable et du patrimoine environnemental et culturel, notamment en favorisant les PME et en s'attachant aux États membres et aux zones marquées par des inégalités en matière de mobilité;

49.  constate que le secteur du voyage est l’un des plus touchés par la transition numérique et que ce nouvel environnement numérique, plus influent, permet aux consommateurs de jouer un rôle plus actif dans la recherche, l'achat, la réservation et le paiement de leurs voyages; souligne qu’il est nécessaire de faire appliquer les règles existantes en matière de transparence et de neutralité afin que les consommateurs puissent faire des choix en toute connaissance de cause à partir d’informations fiables;

50.  rappelle l’importance du contrôle de la mobilité; estime qu’il importe que les habitants soient encouragés à adopter des habitudes de déplacement durables par des incitations financières, par leur sensibilisation à l’incidence environnementale des différents modes de transport ainsi que par la coordination et le développement de services de transport sobres en carbone comme les transports en commun et la création ou l'amélioration des infrastructures de mobilité douce (vélo, marche, etc.) afin d’offrir aux citoyens une solution de rechange au transport routier; insiste sur le besoin de financer des projets facilitant la mobilité locale et régionale décarbonée, comme la bicyclette en ville;

51.  invite la Commission à promouvoir la logistique verte et efficace pour mieux faire face à la hausse prévue de la demande de fret grâce à une meilleure optimisation de la capacité de chargement des camions ainsi qu’à réduire le nombre de camions vides ou partiellement chargés; invite également la Commission à intensifier les efforts visant à accroître le transport mutimodal ainsi qu’à encourager les plateformes multimodales pour la coordination de la demande de transport et exhorte les États membres à normaliser l’usage des documents de transport électroniques partout en Europe afin de réduire la charge administrative et d’améliorer l’efficacité;

52.  souligne l’importante contribution que peuvent apporter les convois automatisés de camions (truck platooning) et l’utilisation de camions longs pour améliorer l’efficacité et économiser le carburant dans le cadre du transport routier de marchandises et invite dès lors la Commission et les États membres à réaliser les objectifs de la déclaration d’Amsterdam et à encourager l’emploi de poids lourds longs;

53.  encourage la Commission à soutenir les initiatives qui contribuent à réduire et à prévenir l’encombrement des routes sans transférer les volumes de transport vers des itinéraires routiers de substitution, telles que les bonnes pratiques en matière de tarification des encombrements et les mesures fructueuses en matière de transfert modal;

54.  invite la Commission à mener une étude approfondie sur les questions liées à la protection et à la responsabilité des données qui pourraient se poser en raison du développement des véhicules automatisés;

55.  relève le potentiel des modèles économiques collaboratifs pour améliorer l’efficacité du système de transport et réduire les effets externes non souhaités de la circulation, tels que les encombrements et les émissions; invite les autorités à examiner, conformément au principe de subsidiarité, la pleine intégration des services de transport réellement collaboratifs dans le système de transport traditionnel en vue de favoriser la création de chaînes de transport complètes fonctionnant de manière fluide et l’offre de nouvelles formes de mobilité durable;

56.  souligne que, dans le cadre de l’économie collaborative, les questions les plus urgentes sont celles qui traitent de la protection du consommateur, du partage des responsabilités, de la fiscalité, des régimes d’assurance, de la protection sociale des travailleurs (tant employés qu’indépendants) et de la protection des données, et s’attend à ce que des mesures réglementaires soient prises en ce sens; demande à la Commission et aux États membres de veiller à ce que l'économie collaborative ne soit pas synonyme de concurrence déloyale, ne donne pas lieu à un dumping social et fiscal et ne remplace pas les transports publics réglementés;

57.  estime qu’il convient, à la lumière de l’arrêt rendu le 20 décembre 2017 par la Cour de justice de l’Union européenne dans l’affaire C-434/15(14), de distinguer clairement la simple activité d’intermédiaire des plateformes en ligne et la prestation d’un service de transport; ajoute que l’existence d’un service non lié à la société de l’information est établie lorsque l’activité couvre une importante partie de la prestation de services professionnels et, en tout état de cause, lorsque la plateforme technologique détermine de manière directe ou approximative le prix, la quantité ou la qualité du service rendu;

58.  invite les États membres à adopter des mesures pour réduire le risque et la possibilité de fraude fiscale liée aux services de l’économie collaborative par les entreprises en leur imposant le paiement d’impôts là où les bénéfices sont générés et où les services sont prestés;

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59.  charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil et à la Commission.

(1) JO L 282 du 19.10.2016, p. 1.
(2) JO L 119 du 4.5.2016, p. 1.
(3) JO C 81 du 2.3.2018, p. 195.
(4) JO C 345 du 13.10.2017, p. 52.
(5) JO C 184 E du 8.7.2010, p. 50.
(6) JO C 468 du 15.12.2016, p. 57.
(7) JO C 265 du 11.8.2017, p. 2.
(8) JO C 316 du 22.9.2017, p. 155.
(9) EU Transport in Figures: Statistical Pocketbook 2015, Office des publications de l’Union européenne, Luxembourg, 2015.
(10) JO L 142 du 2.6.2017, p. 100.
(11) JO L 12 du 18.1.2000, p. 16.
(12) JO L 120 du 15.5.2009, p. 5.
(13) JO L 115 du 6.5.2015, p. 1.
(14) Arrêt de la Cour (grande chambre) du 20 décembre 2017, Asociación Profesional Elite Taxi contre Uber Systems Spain, SL, C-434/15, ECLI:EU:C:2017:981.

Dernière mise à jour: 17 septembre 2019Avis juridique