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Elections Parlement européen 1999 Points forts 1994 - 1999 |
| Crise de la vache folle et Parlement européen : la démocratie a gagné
Cette crise a également permis de démontrer que le PE,
grâce au pouvoir qu'il tient du Traité de Maastricht, a su l'utiliser au bénéfice du
consommateur européen : en effet, inquiet de cette crise qui prenait des proportions
dramatiques dans certains Etats membres, il a constitué une commission d'enquête. Cette
compétence lui donne les moyens, quand il soupçonne une infraction, ou s'il juge que
l'application de la législation communautaire laisse à désirer, d'auditionner des
témoins, sans distinction de rang. D'une ampleur sans précédent, la crise a eu également un
coût très important : plus de 4,25 milliards d'euros ! En 1996, au plus fort de la
crise, la consommation de viande bovine a enregistré une chute brutale de 7,4 %. A
l'automne dernier, on recensait près de 176 000 cas d'ESB (encéphalopathie spongiforme
bovine, dite maladie de la "vache folle") dans quelque dix Etats membres - même
si certains ne présentaient qu'un seul cas ou s'il s'agissait d'animaux importés. Il est
vrai que, au regard du nombre de cas recensés au Royaume-Uni, épicentre du phénomène
où, depuis 1996, pas moins de 2 350 millions de bovins ont été abattus par mesure de
précaution, ceux des autres pays restent marginaux. Au début de cette année, on
relevait 32 cas de personnes ayant développé une nouvelle variante de la maladie de
Creutzfeldt-Jacob après avoir, du moins le suppose-t-on, consommé de la viande
contaminée par le prion de l'ESB. La volonté du Parlement : l'application du "principe
de précaution" A l'issue du plus fort de la crise, tout le monde s'accorde
à reconnaître qu'en matière d'alimentation, la protection du consommateur doit primer
sur les intérêts des producteurs. Quant aux critères retenus pour la production, ils
doivent être plus qualitatifs que quantitatifs, et ce même si cela se traduit par une
hausse des prix. L'adoption de la directive pour étendre la responsabilité du producteur
aux produits de l'agriculture et de la pêche et reflète clairement les priorités du
Parlement. Rappelons que la crise de l'ESB aurait pu être évitée si
les demandes formulées par le Parlement dès le début des années 90, à savoir
l'adoption des mesures communautaires visant à garantir la sécurité des produits
alimentaires, avaient été prises en considération. Dès juin 1990, en effet, il avait
préconisé des contrôles plus stricts et des inspections pour lutter contre les
épizooties appliqués à l'échelle de l'Union. En janvier 1993, il plaidait pour que la
production de farines animales, et en particulier les méthodes de stérilisation, fasse
l'objet de réglementations plus contraignantes. Il faut savoir également que les préoccupations du PE
relatives à la santé du consommateur ne se limitent pas à l'ESB. Ces dix dernières
années, la salmonelle, l'e-coli et la listéria ont tué, en Europe, davantage que l'ESB.
Il faut aussi répondre aux citoyens européens qui manifestent leurs inquiétudes face à
l'utilisation des antibiotiques, des hormones et des OGM (organismes La sécurite alimentaire et la promotion de produits
agricoles Mars 1996 : la Commission interdit les exportations de viande
bovine en provenance du Royaume-Uni. Juillet 1996 : le Parlement met en place une
commission temporaire d'enquête sur l'ESB qui, après l'audition de responsables
politiques et d'experts et l'envoi d'une mission d'enquête au Royaume-Uni, conclut à
l'existence d'une "conspiration du silence" autour de l'ESB au début des
années 90. Elle soumet un rapport, assorti de recommandations sur les contre-mesures à
adopter, approuvé par le Parlement en février 1997. En avril de la même année, ce
dernier décide de créer une seconde commission pour contrôler les suites données aux
premières recommandations. Novembre 1997 : le Parlement approuve le rapport de suivi,
entérinant ainsi les contre-mesures adoptées par la Commission suite aux conclusions de
la commission d'enquête : Des Etats-membres ayant fait obstruction à ces mesures, ou
ayant opposé des lenteurs délibérées à leurs applications, certains députés, très
critiques, ont pu faire introduire, contre 13 des 15 Etats-membres, une action en justice
pour violation du traité dans le cadre de ce dossier. Hélas, à la fin de l'année
dernière, certains Etats accusaient encore des retards dans l'adoption des mesures
d'urgence afin d'éliminer, dans la chaîne alimentaire, toutes les matières à risques -
cervelle, rate et moëlle par exemple. Regagner la confiance des consommateurs ? C'est un impératif absolu si l'on veut que la crise dite de
la "vache folle" soit définitivement surmontée. Le Parlement en est bien
conscient. A cet effet, toute décision doit se fonder sur des études scientifiques, et
les consommateurs, en être pleinement informés : un consommateur confiant est, d'abord,
un consommateur averti. Les organisations de consommateurs peuvent être impliqués à
chaque étape de la chaîne de production alimentaire et associés aux travaux des
comités scientifiques de la Commission ; les producteurs doivent savoir qu'ils seront
tenus pour responsables des produits qu'ils fabriquent ; les banques de données
nationales doivent être accessibles aux chercheurs. Enfin, pour que la sécurité
alimentaire soit garantie en Europe, il est vital que les produits originaires de l'Union,
comme les denrées importées, soient soumis, à chaque stade de la production et de la
commercialisation, aux normes européennes ou équivalentes. Au titre d'une aide aux victimes de la maladie de
Creutzfeldt-Jacob, et en réponse à une demande formulée par certains députés, il a
été décidé de prélever 30 000 écus sur le budget 1998 (assistance financière aux
associations de défense des victimes). Sans l'acharnement du Parlement, notre connaissance de l'ESB
serait peut-être encore rudimentaire, les contre-mesures d'urgence n'auraient pas été
adoptées et les ravages de l'épidémie échapperaient probablement encore à tout
contrôle. Les parlementaires qui seront élus en juin auront à coeur de veiller au
respect de la santé des citoyens et de la protection des consommateurs. Ils sauront, n'en
doutons pas, en faire leur priorité. En avril, le Parlement a averti qu'il avait l'intention de
maintenir la pression sur la nouvelle Commission qui doit être nommée sous peu. Pour plus d'informations : Patrick REYNOLDS ( tél.
0032-2- 284 4706 ou e-mail: preynolds@europarl.eu.int) |
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