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Discours

Discours adressé par le Président Buzek à des organisations philosophiques et non-confessionnelles européennes sur la lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale

Bruxelles -
vendredi 15 octobre 2010

Monsieur le Président Barroso,
Monsieur le Président Van Rompuy,
Chers membres de la Commission,
Mesdames et Messieurs,


Je suis ravi d'être avec vous aujourd'hui pour cette seconde réunion annuelle entre l'UE et des représentants d'organisations philosophiques et non-confessionnelles d'Europe.

L'actuel rassemblement annuel est le premier depuis l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne. Le dialogue entre les institutions communautaires et vos organisations constituent désormais une obligation légale. Le Parlement européen compte bien jouer son rôle dans ce dialogue et nous nous en félicitons, voyant là l'opportunité de mener une réflexion commune sur d'importants secteurs de la politique de l'UE.

L'article 17 du traité fait référence à deux groupes distincts. En juillet, nous avons procédé à un échange de vues avec des groupes religieux. Je suis heureux du débat organisé aujourd'hui avec les groupes non-confessionnels.

Cette année, 2010, est l'Année européenne de la lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale. Alors qu'elle tire sur sa fin, nous sommes plus que jamais conscients des efforts considérables qui doivent encore être déployés sur la question de la pauvreté dans nos sociétés.

La crise économique actuelle est d'abord, et avant tout, une crise humaine. Derrière les statistiques, ce sont des hommes, des femmes et des enfants qui se battent pour joindre les deux bouts, pour conserver leur emploi ou leur domicile, pour prendre soin de leur famille.

Toutes les couches de la société doivent œuvrer de concert si nous voulons surmonter cette période difficile. On note, d'ores et déjà, des signes de reprise dans un grand nombre d'États membres, mais nous devons veiller à ce que les plus pauvres et les plus marginaux, dans nos sociétés, ne soient pas laissés sur la touche lorsque la reprise économique sera une réalité.

Des organisations comme les vôtres réfléchissent sur la condition humaine et posent les questions fondamentales touchant à notre existence même dans ce monde. Que nous abordions ces questions primordiales d'un point de vue religieux ou sous un angle non-confessionnel, elles n'en représentent pas moins un ensemble de valeurs universelles fondamentales que nous partageons tous.

Comme l'avait déclaré le grand philosophe français Jacques Maritain lors de l'élaboration de la Déclaration universelle des droits de l'homme: "Les nations peuvent et doivent parvenir à un accord concret sur les principes de base des droits de l'homme sans nécessairement parvenir à un consensus sur leurs fondements."

L'Union européenne constitue le meilleur exemple d'une communauté de nations fondée sur des valeurs fondamentales partagées, au centre desquelles s'inscrit la dignité inhérente à chaque être humain. Le respect de la dignité humaine nous impose de veiller à ce que tous les individus puissent vivre dans des conditions parfaitement dignes. La solidarité est une valeur européenne fondamentale axée sur la reconnaissance de la dignité des pauvres et des marginaux. Elle constitue la base de la société juste et équitable dont nous souhaitons tous l'avènement.

Un développement humain authentique passe forcément par un développement humain intégral – qui ne soit pas seulement attentif aux besoins physiques mais également à tous les aspects de la personne humaine, y inclus intellectuels, émotionnels et spirituels.

Je suis très heureux de l'opportunité qui m'est ainsi offerte de rencontrer des organisations philosophiques et non-confessionnelles européennes; et je suis impatient de vous entendre vous exprimer sur la façon dont nous pourrons, tous ensemble, lutter contre le fléau de la pauvreté et de l'exclusion sociale.