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01/11/2017

Novembre 2017 - communiqué - Le scénario manquant : « Pour redonner du sens à l’idée européenne »

Le scénario manquant :
« Pour redonner du sens à l’idée européenne »


Alors que la montée des nationalismes et des populismes gangrène de plus en plus la construction européenne au risque de la faire exploser, Emmanuel Macron a tenté de se poser en sauveur suprême en septembre d’abord à Athènes sur l’Acropole (quel symbole !), puis à la Sorbonne, inscrivant ainsi ses pas dans ceux de Jean-Claude Juncker, le Président de la Commission européenne lors de son discours de l’Union devant le Parlement européen quelques jours plus tôt, l’un comme l’autre, européistes béats, sous couvert de propositions nouvelles, ils allient fuite en avant néolibérale et faux effets d’annonce sur des propositions déjà en grande partie mises en oeuvre, voire totalement infaisables au regard du rapport de forces politiques actuel au sein du Conseil européen.


C’est le cas avec l’Europe de la défense présentée depuis des mois comme la meilleure façon de sauver l’Europe et de réconcilier les citoyens avec l’idée européenne. De qui se moque-t-on ? Il n’y a là que nouvelle dérive militariste permettant de justifier les pires comportements des Européens en Afrique, au Moyen Orient ou à l’Est du continent européen. Tout ce qui sera consacré à cette fameuse Europe de la défense le sera dans le contexte européen actuel au détriment d’autres politiques et notamment des politiques de solidarité dont nos concitoyens ont tant besoin et ce, alors même que ceux-ci mettent les questions sociales en première ligne de leurs priorités.


Même hypocrisie avec la proposition de création d’un droit d’asile européen dans les tuyaux depuis 1999 et réduit à peau de chagrin par le Conseil à plusieurs reprises.


En réalité, il s’agit surtout de se mettre en branle pour la campagne des prochaines élections européennes qui auront lieu en mai 2019 et de tenter de mobiliser le camp des européistes convaincus face à la montée des discours anti-européens ou considérés comme tels. La soi-disant refondation européenne n’a de refondation que le nom. Elle est contredite par les actions même du Président de la République et de son gouvernement au sein de l’Hexagone.


Cette europhilie permet d’éviter toute remise en cause du fonctionnement actuel des institutions européennes et de mettre dans le même sac toutes celles et ceux qui osent critiquer celui-ci. À terme, cela ne servira qu’à alimenter le fonds de commerce des anti-européens et ce, d’autant plus qu’aucun projet européen alternatif n’émerge.


Or, à défaut de celui-ci, il n’est pas surprenant qu’un nombre croissant de citoyens européens considère que les institutions européennes actuelles sont irréformables et qu’il n’y a pas d’autre solution que de sortir de l’UE.


La façon dont les responsables de la zone Euro ont contraint le gouvernement grec à capituler n’a fait qu’aggraver les choses.
Il est donc plus que jamais nécessaire de construire ce scénario manquant, celui d’un vrai projet européen alternatif qui s’appuie sur ce qui est commun à toutes les forces progressistes. Et que l’on ne dise pas que c’est impossible et que les faits démontrent que cette Europe-là n’est pas réformable. Ce n’est pas le sujet.


Il s’agit de voir ce qui nous est commun, de faire passer le fond avant la forme, de ne pas opposer le court au long terme et de considérer que toutes les batailles d’aujourd’hui favorisent la construction d’un rapport de forces pour demain.


Les batailles menées au sein du Parlement européen par la Gauche européenne ou plus largement par celles et ceux qui se reconnaissent au sein du « Progressive caucus » peuvent être un premier point d’appui et peuvent permettre de dessiner ce que pourrait être cette autre Europe, cette Europe démocratique, écologique et sociale, cette autre Europe basée sur la paix et la solidarité.


À l’aube du XXIème siècle, le repli nationaliste ne peut être une solution. La mondialisation est un phénomène irréversible. Il est illusoire de croire qu’un seul pays, fut-il doté d’une population de 65 millions, d’une longue Histoire souvent équivoque et d’un patrimoine culturel certes, non négligeable, pourra s’en sortir seul en imposant son modèle aux autres États.


Cela ne veut pas dire pour autant qu’on ne peut rien faire et que le gouvernement français n’a pas les moyens d’agir. Bien au contraire et il est même un peu simple de se cacher derrière la domination allemande alors qu’en réalité la majorité des gouvernements européens partagent la même idéologie néolibérale.


Il y a donc urgence à ouvrir le dialogue à toutes celles et tous ceux qui, comme Victor Hugo et Jean Jaurès, croient toujours que le continent européen est un espace de luttes communes. Tel était l’enjeu de l’espace de débats proposé par le Parti de la Gauche européenne à Marseille lors du Forum européen les 10 et 11 novembre dernier. Plus de 400 personnes venant d’une trentaine de pays ont pu échanger et débattre autour de trois thèmes principaux : paix et libertés, Europe sociale, développement durable.