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23/02/2018

23 février 2018 - lettre ouverte à Emmanuel Macron, Président de la République française

 .

Monsieur le Président, ne laissez pas tomber l’Europe politique !

"Monsieur le Président de la République,

Vous rencontrerez aujourd’hui à Bruxelles vos homologues européens afin de discuter des grandes orientations budgétaires et politiques que vous souhaitez donner à notre continent lors du prochain cadre financier pluriannuel.

Parmi les nombreux thèmes que vous aborderez, un me semble particulièrement critique : la procédure dite du « Spitzenkandidat ». Derrière ce terme obscur se cache en réalité tout l’avenir de l’Europe politique.

En 2014, lors des dernières élections européennes, les citoyens européens ont pu sélectionner indirectement le Président de la Commission européenne après une campagne électorale où les différents partis européens avaient investi un candidat, le « Spitzenkandidat ». Pour la première fois, l’exécutif communautaire, détenteur du monopole de la proposition de loi, émanait du Parlement européen, représentants du peuple, élu sur un programme à appliquer pour les cinq prochaines années.

Aujourd'hui, vos dernières déclarations laissent à penser que vous vous inscririez contre ce processus démocratique.

Je n’ose y croire : vous qui êtes passionnément Européen, qui avez ravivé la flamme européenne dans le cœur des Français, qui avez fait de l’élection présidentielle un référendum pour ou contre l’Europe, vous, le chantre des consultations citoyennes et des marches pour l’Europe, vous refuseriez aux électeurs la possibilité de rendre « Bruxelles » plus transparente, plus légitime, plus démocratique ?

Remettre en cause ce principe serait un déni de démocratie. Je n’ose pas croire qu’après être revenu en arrière sur le mode de scrutin des parlementaires européens en France, vous seriez une nouvelle fois à reculons pour rendre cette-fois la Commission européenne plus démocratique.

Alors que le chantier de l’Europe politique que vous souhaitez tant est devant nous, pour l’accomplir, nous devons d’abord bâtir la démocratie parlementaire européenne.

Comme vous, je ne souhaite pas laisser le monopole de l’Europe aux grands partis européens. Je pense que l’Europe doit se construire en France sur ses territoires et avec les Français directement.

C’est pourquoi je propose que le prochain Président de la Commission européenne soit le candidat de la famille politique qui remportera les prochaines élections européennes.

Nous ne raviverons pas un débat sur l’Europe, monopolisé en France par le Front national et la France insoumise, avec la création de listes transnationales qui éloigneraient encore davantage les électeurs de leurs représentants.

Le futur Président de la Commission européenne devra avoir été élu député européen, comme dans toutes les autres démocraties parlementaires. Il tirera sa légitimité du Parlement et donc du peuple. Sa formation politique sera la première de l’Assemblée et il pourra ainsi former une majorité à même de voter les lois que son collège proposera. Les termes de la campagne électorale seront ainsi clairement posés, et ce n’est plus « Bruxelles » qui décidera, mais bien les électeurs.

Monsieur le Président de la République, je compte sur vous pour ne pas laisser tomber l'Europe politique".