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03/03/2011

"Que fait l'Europe pour les droits des femmes ?"

A l'Hôtel de Ville d'Aix-en-Provence, de 18h à 21h

La législation européenne en faveur des droits de la femme, son application en France et au niveau local : tel était le thème du débat organisé par le bureau d'information du Parlement européen en partenariat avec la Maison de l'Europe d'Aix-en-Provence.

Les intervenant(e)s

- Sylvie Guillaume, députée européenne du Sud-est et membre de la commission du Parlement européen pour les droits de la femme et l'égalité des genres ;
- Catherine Sylvestre, adjointe au Maire d'Aix-en-Provence, chargée des affaires sociales et des droits des femmes ;
- Christine Rue, coordinatrice de l'association GRAIF (Groupement Régional pour l'Action et l'Information des Femmes) ;
- François Arnaud, directeur du bureau d'information du Parlement européen pour le Sud-est de la France.

 

Quel bilan tirer des actions de l'Union européenne pour faire reculer les discriminations que vivent encore les femmes dans le travail et la société ? Que fait le Parlement européen pour encourager l'égalité entre les hommes et les femmes dans la vie publique ? Comment progresse et se concrétise cette recherche d'égalité en France et au niveau local ?

A l'occasion de la 100ème Journée internationale des Femmes, trois intervenantes de terrain ont répondu à ces questions, dressant un bilan lucide de la situation des femmes en Europe et en France.  Sortant des incantations, elles ont dépeint une réalité contrastée, des obstacles qui demeurent et des défis à relever, et ont répondu aux questions du public au cours d'un échange modéré par François Arnaud, le directeur du bureau d'information du Parlement européen pour le Sud-Est de la France, qui avait posé en préambule les grandes mesures et lignes d'action de l'Union européenne en matière d'égalité hommes/femmes.

 

Sylvie Guillaume :
« Le constat est mitigé mais des succès ont été remportés »

Pour Sylvie Guillaume, députée européenne du Sud-Est et membre de la commission du Parlement européen pour les droits de la femme et l'égalité des genres, « le constat est mitigé mais des succès ont été remportés dans l'éducation. On le voit avec la part croissante des femmes universitaires : 60% des diplômes attribués dans l'Union européenne le sont à des femmes. Leur part progresse aussi sur le marché de l'emploi où l'écart moyen dans les rémunérations s'est un peu réduit même s'il reste à 18% dans l'Union européenne. » D'un naturel optimiste, la députée se réjouit de « l'adoption au Parlement européen du congé maternité européen de 20 semaines entièrement rémunéré pour permettre une participation plus équitable au marché du travail et mieux concilier vie familiale et vie professionnelle ». Il faudra encore convaincre le Conseil des ministres européens d'accepter cette mesure et son complément indispensable : « le congé paternité de deux semaines, qui garantira une participation accrue des pères à l'éducation des tout petits ».

Le congé maternité européen ne représenterait d'ailleurs pas un coût supplémentaire significatif pour les Etats membres, précise Mme Guillaume, puisque nombreuses sont les femmes qui cumulent déjà largement plus de 20 semaines de congé lorsqu'elles deviennent mamans. De plus, il ne faut pas oublier les bénéfices à long terme d'une telle mesure pour la démographie de nos pays européens, où le vieillissement des populations inquiète sérieusement les économistes.

Sur l'accès des femmes aux postes à responsabilité : « Trop peu de femmes exercent des fonctions dirigeantes dans les entreprises et les femmes sont surreprésentées dans les emplois précaires ou à temps partiel, emplois qui sont le plus souvent subis et non choisis. Les mères isolées sont plus exposées à des situations de précarité et de pauvreté. Trop de femmes renoncent à travailler faute de structures suffisantes pour l'accueil des petits enfants. »
Sylvie Guillaume dresse une liste de mesures européennes offensives : « Mise en place de la procédure de divorce transfrontalier, rapport imminent de la commission pour les droits de la femme sur la situation de la pauvreté féminine en Europe, adoption de 13 directives contraignantes pour l'égalité hommes-femmes, Charte des femmes de 2010, programme-cadre politique à long terme, inclusion du principe de l'égalité hommes/femmes dans toutes les politiques et législations de l'UE, recommandations aux Etats membres sur la garde des enfants, l'organisation des congés ou encore des mesures législatives garantissant la santé des « travailleuses enceintes, accouchées ou allaitantes au travail », etc. : autant d'actions politiques et législatives défendues par le Parlement européen depuis l'adoption en 1975 de la première directive européenne contre la discrimination salariale.

François Arnaud :
« L'Europe a établi depuis 1957 le principe législatif de l'égalité hommes/femmes. »

Partant du constat peu réjouissant que « trois ans après le début de la crise économique et financière, les femmes sont les premières victimes :  elles occupent 80% des emplois précaires, gagnent en moyenne 20% de moins que les hommes et sont les premières touchées par les réductions des allocations sociales », le directeur du bureau d'information du Parlement européen, François Arnaud, a d'abord énoncé les problématiques et axes majeurs d'action de l'Union européenne pour faire progresser les droits des femmes, notamment dans le monde du travail.
« Une participation équitable au marché du travail implique de faire concilier vie familiale et vie professionnelle. C'est pourquoi le Parlement européen défend un congé maternité de 20 semaines entièrement rémunéré ainsi qu' un congé parental sur le modèle suédois, c'est-à-dire mieux équilibré entre la mère et le père, ce qui permettrait de reporter sur les hommes une part du "risque" professionnel causé par la maternité. »
La réduction des écarts de salaires demeure un objectif majeur pour l'Europe, objectif inscrit dans le traité fondateur de l'Union, dès 1957. Mais plus d'un demi-siècle plus tard, « la disparité des salaires en Europe est en moyenne de 18% », constate François Arnaud, « avec des écarts supérieurs à 20% dans certains Etats membres ». « Les directives européennes contraignantes qui interdisent les écarts de salaire injustifiés ne sont pas encore bien respectées au niveau national », déplore M. Arnaud qui détaille deux actions européennes concrètes pour faire pression sur les Etats membres : d'une part la mise à disposition aux entreprises de « logiciels permettant de détecter au sein d'une même société des écarts de rémunération significatifs qui ne seraient pas dus à des facteurs objectifs tel que l'ancienneté ou le niveau de formation et de responsabilité ». D'autre part, le travail de la Commission et du Parlement européen pour collecter et diffuser les données sur la situation de l'égalité salariale. « Cela permet de dresser un bilan comparatif par pays, de mettre la pression sur les entreprises et les gouvernements et d'élaborer des solutions pertinentes pour lutter efficacement contre ses discriminations. »
La féminisation des postes à responsabilité semble connaitre plus de succès en politique que dans l'entreprise. « Avec 9 commissaires européennes dont 3 vice-présidentes et un peu plus de 30% de députées européennes dans son Parlement », relève M. Arnaud, l'Union européenne n'est pas à la traine et veut encore aller plus loin, en suivant l'exemple de l'Assemblée nationale française, qui a adopté en janvier dernier une loi imposant un quota de 40% de femmes d'ici 2016 dans les conseils d'administration des entreprises cotées en bourse. « Ce taux n'est que de 12% en Europe, alors qu'il atteint 15% aux Etats-Unis ». Du coup, la commissaire européenne pour la justice et les droits fondamentaux, Viviane Reding, menace les entreprises cotées en bourse d'une directive contraignante. « Viviane Reding s'appuie sur une étude qui révèle que plus il y a de femmes décisionnaires, plus les entreprises font de bénéfices ! S'il y avait eu les Lehman Sisters et non les Lehman Brothers, affirme la commissaire luxembourgeoise, on n'en serait peut-être pas à ce niveau de crise économique mondiale ! »

Catherine Sylvestre : « Dans notre département, les femmes sont encore plus exposées à la précarité que les hommes. »

Adjointe au Maire d'Aix-en-Provence, chargée des affaires sociales et des droits des femmes, Catherine Sylvestre reste « très impressionnée par le nombre croissant de femmes dans les universités quand tant d'autres vivent des situations de grande précarité. » Elle dresse un bilan alarmant de la situation dans les Bouches-du-Rhône : « dans ces familles décomposées où le père touche le RSA, c'est encore la femme qui est la plus exposée à la précarité. Dans notre département, ce n'est pas extraordinaire la vie des femmes. On a fait une avancée extraordinaire depuis l'après-guerre, certes, mais on est encore très loin de l'égalité hommes/femmes. Les maltraitances au travail, les humiliations, les inégalités continuent d'affecter en premier lieu les femmes. Nous travaillons sur Aix pour aider les femmes pauvres à se sortir de cette vie misérable dans laquelle elles sont entravées avec leurs enfants. Mais on constate que la majorité des bons métiers restent encore attribués à des hommes. Le but n'est pas de piquer des places aux hommes mais d'établir l'égalité », conclut l'élue.

Christine Rue :
« On est la moitié de l'humanité. »

Coordinatrice de l'association GRAIF, le Groupement Régional pour l'Action et l'Information des Femmes, créée en 1975 pour défendre les droits des femmes dans la région PACA, Christine Rue veut faire entendre qu' « en faisant avancer les droits des femmes on fait avancer les droits de tous ». Elle a multiplié les exemples concrets : « Depuis que les femmes sont rentrées dans le métier de facteur, on a inventé les poussettes de courrier et on s'est rendu compte que c'était un progrès pour la santé des hommes aussi. » L'emploi est au cœur des questions d'égalité et des réflexions des femmes car « il n'y a qu'elles qui ont du mal à articuler les différents temps de vie, familiaux et professionnels. » Et de dénoncer les fausses idées et les stéréotypes: « C'est en réalité bien plus facile pour un employeur d'organiser un congé maternité car on peut le prévoir très longtemps à l'avance alors qu'un employé masculin qui se casse une jambe, cela ne se prévoit pas. » La loi sur la parité dans la vie publique se justifie, aux yeux de Christine Rue, « du seul fait que les institutions doivent être à l'image de la société et que les femmes sont la moitié de l'humanité. »
De l'enquête menée par le GRAIF en 2007 sur les élu(e)s en PACA : il ressort que l'entrée massive des femmes en politique du fait de la loi sur la parité a un peu élargi les champs professionnels. « Des obstacles spécifiques aux femmes ont été observés : beaucoup d'entre elles ont éprouvé des craintes quant à leurs compétences, ressentant un besoin en formation avant de se lancer, question que les hommes ne se posaient pas. On a dédramatisé cela au GRAIF : les compétences s'acquièrent. On a observé aussi que plus les femmes avaient d'enfants, moins elles se représentaient aux élections. Constat inversé pour les hommes ! Sans jeter l'opprobre, il faut changer cela. » Dans ce combat à dimension internationale Nord-Sud, le GRAIF soutient le programme « Mediter - Women for Change » financé en partie par l'Union européenne : « Le projet vise à renforcer le leadership des femmes dans les pays du pourtour méditerranéen, leadership dont les définitions d'ailleurs sont très différentes d'un pays à un autre. », souligne Christine Rue pour qui le souci d'aller au plus près des contraintes de la vie des femmes, rejoint le désir du Parlement européen d'apporter des solutions concrètes pour l'émancipation des femmes au travail et dans la vie familiale.

 
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