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NOT FOUND !Tibor Navracsics

Audition

 

Tibor Navracsics

Portefeuille: Éducation, culture, jeunesse et citoyenneté
 
Jour 3 , mercredi 1 octobre 2014 - 18:00 , Bruxelles  
 
Questions / Réponses
 
1. Compétence générale, engagement européen et indépendance personnelle

Quels sont les aspects de vos qualifications et de votre expérience personnelle qui vous paraissent particulièrement utiles pour accéder à la fonction de commissaire et promouvoir l'intérêt général européen, en particulier dans le domaine dont vous auriez la charge? Quelles sont vos motivations? Quelle sera votre contribution à la présentation du programme stratégique de la Commission?


Quelles garanties d'indépendance êtes-vous en mesure de donner au Parlement et comment feriez-vous en sorte que vos éventuelles activités passées, actuelles ou futures ne puissent jeter le doute sur l'exercice de vos fonctions au sein de la Commission?


Provenant d'une famille d'enseignants et étant moi-même professeur d'université, je suis particulièrement heureux d'avoir hérité du portefeuille de l'éducation, de la culture, de la jeunesse et de la citoyenneté. J'ai l'intime conviction que les jeunes sont l'avenir et que l'éducation est le principal pilier qui sous-tend la création d'un «demos» européen fondé sur la compréhension mutuelle, une société dans laquelle chacun peut se reconnaître.


Mon engagement en faveur de ce portefeuille ne date pas d'hier, et j'ai planifié et lancé plusieurs actions dans ce domaine. Parmi celles-ci figure un concours international intitulé «Competing through rights», organisé dans le cadre de l'année européenne des citoyens 2013. Ce concours axé sur la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne visait à faire connaître aux adolescents européens le fonctionnement de l'UE, ainsi qu'à leur expliquer ce que cela signifie d'être Européen et de quels droits les citoyens européens bénéficient. Environ 600 étudiants de plus d'une centaine d'écoles situées dans quatre pays d'Europe centrale (Hongrie, Croatie, Slovaquie et Slovénie) ont pris part à l'initiative. Organisé en quatre phases et s'étalant sur toute une année scolaire, ce concours a mis en présence des écoliers de 15 à 17 ans auxquels ont été confiées des tâches stimulantes faisant appel à leur créativité; ces tâches leur ont donné la possibilité d'exploiter leurs connaissances préalables sur l'UE, tout en leur donnant un aperçu de ce que cela implique d'être un véritable citoyen européen: connaître ses droits, témoigner d'un esprit de cohésion et être ouvert à différentes cultures et populations.


J'ai expérimenté concrètement la contribution que la culture peut apporter à la diplomatie publique en supervisant le réseau des instituts culturels hongrois. J'ai supervisé l'ensemble du réseau, ouvert de nouveaux instituts culturels à Istanbul, Pékin, Zagreb et Belgrade et lancé les travaux préparatoires à l'ouverture d'autres instituts à Ljubljana et Bakou. En outre, j'ai inauguré personnellement plusieurs foires internationales du livre, notamment à Belgrade, Sofia, Varsovie et Moscou.


Pour promouvoir la citoyenneté, j'ai supervisé le programme de la présidence hongroise de l'UE dans le domaine de la justice, qui était centré sur le facteur humain et les citoyens de l'UE en vue de créer une Union européenne proche des gens. Pour citer une initiative en particulier à laquelle j'ai apporté mon concours, la ligne d'urgence européenne 116 000 figure parmi les outils européens de lutte contre les disparitions et l'exploitation sexuelle d'enfants; cette ligne téléphonique permet de signaler des disparitions, d'offrir un service d'orientation aux enfants et aux parents et d'améliorer les enquêtes ainsi que la coopération transnationale. Je me suis attaché à mettre en œuvre cette initiative très importante en appelant les États membres dans lesquels la ligne 116 000 n'était pas encore opérationnelle à s'engager à l'activer sans plus tarder.


Dans un domaine particulièrement sensible de l'intégration sociale et culturelle, j'ai contribué à garantir l'adoption du cadre de l'UE pour les stratégies nationales d'intégration des Roms. Il s'agit d'une avancée historique dans la mesure où c'est la première fois que les États membres se sont accordés sur un cadre stratégique visant à améliorer la situation de la population rom. Ce cadre, qui constitue la base sur laquelle les États membres élaborent leurs propres stratégies nationales d'intégration des Roms, met l'accent principalement sur l'amélioration de l'éducation, des perspectives d'emploi, des soins de santé et des conditions de logement.


Je suis particulièrement motivé par ce portefeuille parce que chacune de ses politiques et chacun de ses programmes ont une incidence directe et positive sur l'existence des citoyens européens. Actuellement, je ne vois pas de défi plus urgent que celui d'offrir à nos jeunes les compétences dont ils ont besoin pour exploiter pleinement leur potentiel dans le monde d'aujourd'hui.


Mon objectif est de contribuer à la stratégie numérique de la Commission en renforçant le rôle de l'éducation et sa contribution au programme du président élu pour l'emploi, la croissance et la compétitivité. La culture demeure l'une des principales forces de l'Europe, nos artistes, créateurs et designers produisant des contenus de haute qualité qui sont appréciés dans le monde entier. Notre tâche consiste aujourd'hui à faire en sorte que ce secteur puisse tirer pleinement parti de la révolution numérique. Parmi toutes les catégories de population, nos jeunes sont ceux qui ont le plus souffert de l'impact de la crise économique; nous avons pour devoir de leur donner les outils qui leur permettront de faire entendre leur voix dans toutes les sphères de la vie publique.


Améliorer la réglementation, encourager une meilleure affectation des dépenses, maximiser l'impact de l'action de l'UE et décloisonner les politiques sont autant d'objectifs qui requièrent à la fois un engagement politique fort et une base de connaissances solide. Dès lors, sous ma responsabilité, le Centre commun de recherche apportera une contribution significative au programme de la Commission en veillant à ce que les politiques de l'UE soient fondées sur des données scientifiques probantes. J'ai l'intention de renforcer ce rôle en contribuant aux travaux des équipes de projet conduites par les vice-présidents, ainsi qu'en dialoguant de manière proactive avec mes collègues commissaires.


J'ai démissionné de mon poste de ministre pour pouvoir me concentrer entièrement sur ma préparation à la fonction de commissaire européen. Si je suis confirmé à ce poste, j'assumerai, en ma qualité de commissaire, mon rôle consistant à garantir le plein respect des valeurs de l'UE et de son acquis par les États membres.


Je soutiens pleinement le nouvel engagement en faveur de la transparence formulé par le président élu dans ses orientations politiques. Je m'engage par conséquent à rendre publics tous mes contacts et toutes mes réunions avec des acteurs non institutionnels.


Je connais parfaitement les obligations énoncées dans le traité en ce qui concerne l'indépendance des commissaires. Je suis pleinement déterminé à respecter les normes éthiques les plus strictes telles que définies à l'article 17, paragraphe 3, et à l'article 245 du TFUE, ainsi que dans le code de conduite des commissaires. J'ai rempli la déclaration d'intérêts et la mettrai à jour, si nécessaire, au cours de mon mandat. Je tiens à souligner qu'il n'existe aucune source de conflit d'intérêts potentiel dans le contexte des nouvelles responsabilités qui m'ont été confiées. J'entends me conformer strictement à toutes les exigences formulées dans le code de conduite des commissaires.

 
 
2. Gestion du portefeuille et coopération avec le Parlement européen

Comment évalueriez-vous votre rôle en tant que membre du collège des commissaires? À quel égard vous considéreriez-vous responsable et comptable devant le Parlement de vos actions et de celles de vos services?


Quels engagements spécifiques êtes-vous prêt à prendre en termes de transparence renforcée, de coopération accrue et de prise en compte effective des positions et demandes d'initiative législative du Parlement? Concernant les initiatives envisagées ou les procédures en cours, êtes-vous prêt à informer le Parlement et à lui fournir des documents sur un pied d'égalité avec le Conseil?


Le président élu Jean-Claude Juncker a défini de nouveaux principes ambitieux pour le bon fonctionnement de la Commission européenne, en vertu desquels les commissaires collaboreront plus étroitement pour atteindre des objectifs communs clairement définis, sur la base du principe de collégialité. Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour appuyer ce processus.


Comme le président élu Juncker l'a souligné, la Commission européenne tire sa légitimité politique du Parlement européen. Si je suis confirmé à mon poste, j'assumerai une responsabilité particulière vis-à-vis du Parlement européen et de ses commissions. Le faible volume de la législation européenne liée à mon portefeuille n'enlève rien à cette responsabilité.


Je me félicite de l'intention du président élu de renforcer la relation particulière que la Commission entretient avec le Parlement européen et je suis prêt à collaborer étroitement avec ce dernier sur la base de l'accord-cadre.


Je m'engage également à entretenir personnellement, avec le Parlement européen et toutes les commissions, un dialogue politique constructif dans les matières relevant de mon portefeuille, qui sera fondé sur les principes d'ouverture et de transparence et prévoira des comptes rendus et des échanges d'informations réguliers. Je veillerai à ce que tous les membres concernés du Parlement européen reçoivent directement les publications et rapports sur nos activités qui présenteront un intérêt pour eux.


Dans ses orientations politiques, le président élu Juncker souligne la nécessité d'une transparence accrue à l'égard des citoyens et du Parlement européen. Je peux assurer ce dernier que je partage pleinement cette approche.

 
 
Questions de la commission de la culture et de l'éducation

3. Votre portefeuille


Comment définiriez-vous le contenu du portefeuille qui vous est proposé?


De quelle façon veilleriez-vous personnellement à ce que les différentes composantes de ce portefeuille soient dûment prises en considération de manière transversale dans toutes les politiques de l'Union pertinentes, comme le prévoit clairement l'article 167, paragraphe 4, du traité FUE? Quelles garanties pourriez-vous offrir afin d'assurer que les politiques culturelles ne seront pas subordonnées à des intérêts économiques et commerciaux?


Comment vous y prendriez-vous pour garantir la cohérence et la synergie entre les politiques mises en œuvre dans les différents domaines couverts par votre portefeuille? Comment comptez-vous parvenir à un niveau élevé de coopération avec les commissaires compétents dans des domaines étroitement liés à ceux de votre portefeuille afin de garantir l'adoption d'une approche coordonnée et globale, en particulier à l'égard des domaines de l'éducation et de la formation? Par ailleurs, dans le cadre de la nouvelle répartition des portefeuilles, le programme Europe créative a été scindé, si bien que les sous-programmes Media et Culture relèvent dorénavant de la compétence de deux commissaires différents. Comment entendez-vous parvenir à un niveau élevé de coopération avec le commissaire-désigné Oetinger d'une façon générale et plus particulièrement en ce qui concerne le volet transsectoriel de ce programme?


Quelle valeur ajoutée pensez-vous que l'Union européenne peut apporter à ces domaines d'activité particuliers?


La lettre de mission du 10 septembre du président élu Juncker a placé mon mandat à l'éducation, à la culture, à la jeunesse et à la citoyenneté dans le contexte de la crise économique et financière et de son profond impact sur la société, et en particulier sur les jeunes. J'ai noté avec satisfaction l'accent particulier mis sur l'éducation et l'innovation dans l'ensemble du programme politique de la Commission.


Dans l'exercice de ce mandat, je collaborerai avec mes collègues commissaires, le Parlement européen, les responsables politiques, les parties prenantes et les citoyens pour veiller à ce que les politiques en matière d'éducation, de culture, de jeunesse, de citoyenneté et de sports renforcent les compétences, la créativité, l'esprit d'entreprise et l'expression individuelle des citoyens et à ce qu'elles encouragent la participation à la société et la capacité à accueillir le changement, renforçant ainsi la cohésion sociale, le dynamisme et la compétitivité mondiale de l'Europe.


Au sein de la Commission, je contribuerai aux travaux des vice-présidents pour l'emploi, la croissance, l'investissement et la compétitivité; le marché unique numérique; ainsi que l'euro et le dialogue social. Au moment de contribuer à la définition des objectifs des vice-présidents, je veillerai à ce que toutes les politiques de mon portefeuille jouent un rôle horizontal dans l'ensemble de la Commission et nous dresserons nos priorités les plus urgentes pour les années à venir.


J'ai la conviction que la culture est essentielle au sentiment d'identité européenne et à la cohésion de l'Europe; elle nous rappelle que l'UE est, et reste, avant tout une communauté de valeurs partagées. La culture ne devra donc jamais être mise en balance avec d'autres objectifs politiques. En outre, elle occupe aujourd'hui une place de plus en plus importante, alors que nous commençons à comprendre sa capacité singulière à diffuser les valeurs et la créativité de l'Europe dans le monde. Je considère comme une priorité personnelle la collaboration étroite que je mènerai avec mes collègues commissaires pour garantir ce rôle unique de la culture.


Les synergies entre les différentes politiques de mon portefeuille apparaissent clairement dans ma lettre de mission, qui met l'accent sur une dimension forte centrée sur la personne. Dans tous nos programmes, nous nous efforçons d'offrir aux citoyens les compétences dont ils ont besoin dans une société qui est multiculturelle, mobile et en évolution de plus en plus rapide. Dans tous nos programmes, nous défendons des projets transnationaux innovants qui diffusent des connaissances et des idées nouvelles et contribuent à la formation d'un sentiment d'identité européenne. Nous pouvons également percevoir des liens très clairs entre nos politiques. Par exemple, la politique pour la jeunesse dans le domaine de l'apprentissage non formel appuiera ma politique en faveur de l'éducation et vice-versa; de même, ma mission de promotion de l'innovation permettra de réunir des établissements d'enseignement supérieur de toute l'Europe, l'Institut européen d'innovation et de technologie, les actions Marie Skłodowska-Curie et de tirer également parti des capacités de création du secteur de la culture et des contributions du Centre commun de recherche. Le fait qu'un seul programme, en l'occurrence Erasmus+, soutienne des actions dans trois domaines (éducation, jeunesse et sports) met en évidence le caractère homogène et cohérent de mon portefeuille.


Avec l'expertise offerte par le Centre commun de recherche, j'entends mettre les données scientifiques au service de l'élaboration des politiques dans l'Union européenne et faire en sorte que toutes les nouvelles propositions de la Commission se fondent sur un ensemble d'hypothèses cohérent et objectif.


Le président élu Juncker a placé la nécessité d'une coopération entre les portefeuilles au cœur de la mission qu'il a définie pour moi-même et tous les collègues. Je soutiens pleinement cette approche et suis impatient de garantir cette complémentarité et ce soutien mutuel, notamment avec la commissaire désignée Marianne Thyssen en ce qui concerne le chômage et les compétences des jeunes, et avec le commissaire désigné Günter Oettinger pour le droit d'auteur, les secteurs de la culture et de la création et la mise en œuvre du programme Europe créative. En ce qui concerne le volet transsectoriel d'Europe créative, nos deux services mettent déjà en place les dispositifs nécessaires à sa bonne mise en œuvre. Je me permets de souligner que j'aurais considéré ces collègues comme des partenaires essentiels à mon propre travail, même sans modification de notre structure interne. Notre coopération dans sa dimension humaine aura toujours plus d'importance que nos organigrammes respectifs.


Dans mes domaines de compétences, la valeur ajoutée européenne consiste à mettre au point, avec les États membres, des solutions satisfaisantes à des problèmes communs et à présenter une Union qui est davantage centrée sur la personne, qui reconnaît l'importance que les citoyens attachent à l'éducation, à la culture, à la citoyenneté, aux sports et au bien-être des jeunes, et qui atteint directement ses citoyens.


4. Vos priorités


Quelles priorités entendez-vous mettre à l'honneur dans le cadre du portefeuille qui vous est proposé, en tenant compte de la révision prochaine de la stratégie Europe 2020?


Il est essentiel que les programmes pluriannuels adoptés pendant la précédente législature (Erasmus+, le sous-programme Culture du programme Europe créative, Europe pour les citoyens) soient mis en œuvre dans des conditions optimales, en particulier sur le plan budgétaire. Quelles mesures concrètes comptez-vous prendre pour veiller au bon fonctionnement de ces programmes? Et comment garantiriez-vous l'application d'une approche intégrée, notamment aux politiques en matière d'éducation? Quelles conclusions serez-vous disposé à tirer de l'évaluation à mi-parcours de ces programmes, prévue en 2017, et de la position du Parlement à cet égard?


Quelles initiatives législatives et non législatives, assorties de leur calendrier respectif, entendez-vous présenter? De quels domaines de votre portefeuille ces initiatives relèveraient-elles?


J'entends veiller à ce que l'éducation reste au cœur de la future stratégie Europe 2020. Pour parvenir à une croissance inclusive et durable, il nous faut moderniser nos systèmes d'éducation et de formation. Une telle modernisation impose à son tour aux États membres d'investir de manière avisée, même en période d'assainissement des finances publiques. Ma lettre de mission du président élu Juncker précise que «le Semestre européen devrait être un vecteur de modernisation accrue de nos systèmes éducatifs, en vue notamment de progresser dans la réalisation des objectifs en matière d'éducation arrêtés dans la stratégie Europe 2020».


Ma contribution aux travaux qui seront menés dans le cadre de l'équipe de projet conduite par le vice-président désigné Katainen pour répondre aux objectifs d'Europe 2020 mettra l'accent sur les moyens de moderniser les systèmes éducatifs de manière à améliorer leur qualité et leur accessibilité tout au long du cursus éducatif. L'objectif général dans le domaine de l'éducation, qui prend en compte ces dimensions - la dimension d'accessibilité et d'inclusion liée à la réduction du décrochage scolaire et la nécessité de garantir l'excellence dans la poursuite de l'objectif d'un relèvement du niveau d'études - continuera de guider cette action. Cela nécessitera des réformes structurelles permettant d'obtenir de meilleurs résultats avec des budgets serrés, en mettant l'accent sur l'éducation comme un investissement propice à la croissance et en garantissant un financement suffisant et durable de l'éducation comme une base indispensable à la croissance, à l'innovation et à la compétitivité. Le cadre Éducation et formation 2020 pour la coopération, l'évaluation comparative et l'apprentissage mutuel restera le principal espace pour recenser les problèmes en matière d'éducation avec les États membres: je prévois de le réviser et de l'actualiser au début de mon mandat pour veiller à ce qu'il contribue efficacement à Europe 2020.


Je continuerai à adresser des recommandations par pays bien ciblées aux États membres en ce qui concerne la nécessité de remédier aux faiblesses structurelles de leurs politiques en matière d'éducation. Je collaborerai étroitement avec tous les collègues commissaires concernés pour mettre en œuvre l'approche intégrée requise concernant les politiques en matière d'éducation.


J'étudierai les moyens de maximiser la contribution des secteurs de la culture et de la création aux stratégies de l'Europe pour l'emploi et la croissance.


Le sport est un élément vital de la société européenne. Avec l'aide d'Erasmus+, j'entends réunir les responsables politiques et les parties prenantes afin d'affronter les problèmes transnationaux et d'échanger les bonnes pratiques. Pour la première fois dans l'histoire de l'Union européenne, le sport de masse va à présent bénéficier d'un financement du budget de l'Union. Ma priorité consistera à promouvoir plusieurs objectifs à travers le sport, notamment la santé publique, l'inclusion sociale et l'égalité entre hommes et femmes. Je m'attacherai également à lutter contre des problèmes transnationaux tels que le dopage et le trucage de matches et à contribuer à une meilleure gouvernance. Je continuerai à promouvoir la Semaine européenne du sport, qui se tiendra pour la première fois en 2015.


Il est urgent de garantir la mise en œuvre effective des nouveaux programmes relevant de mon portefeuille: ils constituent nos outils les plus puissants pour atteindre nos objectifs politiques. Chacun de ces programmes est à présent lancé. Le défi le plus immédiat concerne aujourd'hui la question des budgets - la pénurie éventuelle de crédits de paiement à la fin de 2014 et la question connexe concernant les possibles réductions budgétaires proposées par le Conseil pour 2015. Ces questions sont bien connues du Parlement et je partage pleinement son avis selon lequel nous devons veiller à ce que les programmes puissent réellement être mis en œuvre de la manière envisagée lors de leur création.


Ces dernières années, la Commission a lancé plusieurs initiatives très importantes et ambitieuses, parmi lesquelles l'Institut européen d'innovation et de technologie, un nouveau classement des universités (U-Multirank) et le dialogue interpersonnel de haut niveau UE-Chine. Ces projets ont déjà affiché un potentiel considérable et rencontré un succès rapide, mais j'entends redoubler d'efforts pour qu'ils puissent gagner encore en puissance et en visibilité.


S'il est évidemment trop tôt pour anticiper les enseignements qui pourraient être tirés de l'examen à mi-parcours des programmes, cet exercice offrira certainement la possibilité d'améliorer l'efficacité et l'efficience dans la mise en œuvre des programmes au cours des années à venir.


Comme le président élu Juncker l'a affirmé, le programme de travail de la future Commission pour l'année à venir émanera du Collège dans son ensemble et se fondera sur les orientations politiques. Les pouvoirs législatifs en matière d'éducation, de culture, de jeunesse et de citoyenneté restent clairement du ressort de nos États membres. Je suis convaincu que les instruments non législatifs de l'UE peuvent être des outils puissants et efficaces.


5. Votre contribution au développement de la citoyenneté européenne


Sur la base des responsabilités qui vous seraient confiées, comment entendez-vous contribuer au développement de la citoyenneté européenne en tenant dûment compte de la charte des droits fondamentaux? En particulier, afin de contribuer pleinement à ce développement, quelles initiatives envisagez-vous de prendre dans les domaines de l'éducation, de la jeunesse et des sports, ainsi qu'en matière de protection du patrimoine culturel et de promotion de la diversité linguistique? Quelles mesures concrètes adopteriez-vous afin de promouvoir l'engagement démocratique et la participation civique, ainsi qu'une meilleure communication avec les citoyens?


Nous devons être clairs et honnêtes en ce qui concerne notre point de départ: la perception que le public a de l'UE et de ses institutions s'est fortement dégradée ces dernières années. Politiquement, cette évolution n'est pas tenable. S'il est vrai que l'action de la Commission, comme celle du Parlement, pour améliorer cette situation a ses limites et que nos États membres entretiennent le lien le plus naturel et le plus direct avec leurs citoyens, il n'en reste pas moins que nous pouvons et devons faire mieux depuis Bruxelles.


Par conséquent, je prévois d'explorer de nouvelles pistes, faisant appel à de nouvelles technologies, pour illustrer les bienfaits de la citoyenneté de l'UE au quotidien. Je m'efforcerai également d'identifier les personnes et les organisations de la société civile bien placées pour communiquer sur l'UE auprès des citoyens de leurs propres régions. J'organiserai des débats directs et ouverts avec les citoyens, écouterai leurs idées et leurs préoccupations et ferai connaître le résultat de ces débats aux collègues de la Commission. Pour ce faire, je travaillerai en étroite collaboration avec les services de communication de la Commission, ainsi qu'avec nos représentations dans les États membres.


La citoyenneté européenne englobe à la fois une notion de citoyenneté de l'Union européenne fondée sur les droits, telle qu'elle a été introduite par le traité de Maastricht, et une dimension fondée sur des valeurs renvoyant à la démocratie et à la Charte des droits fondamentaux, qui appelle une participation accrue des citoyens et le développement du sentiment de valeurs partagées. Je collaborerai donc étroitement avec la commissaire désignée Vera Jourová chargée du portefeuille de la justice, sous la coordination du premier vice-président désigné, Frans Timmermans, chargé de l'amélioration de la réglementation, des relations interinstitutionnelles, de l'état de droit et de la Charte des droits fondamentaux, ainsi qu'avec les collègues de la Commission lorsque le dialogue avec les citoyens concernera les matières de leurs portefeuilles.


Si je suis confirmé à mon poste, je poursuivrai la mise en œuvre du programme «Citoyens pour l'Europe» en tant qu'instrument encourageant la participation citoyenne et un sentiment d'appartenance à l'UE. Je poursuivrai également le dialogue régulier mené avec les principales organisations et groupes de réflexion européens dans le cadre du programme. Mon travail pour promouvoir la diversité linguistique et le multilinguisme, encourager le dialogue interculturel et la diversité culturelle et renforcer l'engagement des citoyens en faveur de leur patrimoine culturel soutient en fin de compte le dialogue entre les cultures et le renforcement de la compréhension mutuelle et l'identité européenne, soit l'essence même de la citoyenneté européenne.


Erasmus+ soutient directement et indirectement la citoyenneté. L'apprentissage de la mobilité, tant sous la forme d'une éducation formelle pour les étudiants et les stagiaires que de cadres informels tels que le bénévolat et les échanges entre jeunes, améliore la connaissance et la compréhension que les participants ont d'autres cultures et les aide à développer leur citoyenneté et leur identité européennes. L'action Jean Monnet promeut les connaissances universitaires sur l'UE et le dialogue entre les peuples et les cultures. Le chapitre Sports d'Erasmus+ est principalement axé sur un soutien au sport de masse, l'accent étant mis en particulier sur la notion de participation volontaire et sur la transmission de valeurs positives. Dans le domaine de la jeunesse, Erasmus+ favorise l'émancipation des jeunes et leur participation active à la société, y compris à l'élaboration des politiques de l'UE. J'ai une ambition concrète dans ce domaine: en établissant des plateformes de communication avec l'aide d'Erasmus+, la Commission sera en mesure, dans les cinq années à venir, d'atteindre un million de jeunes et de dialoguer avec eux, ce qui constituera une avancée réelle en matière de démocratie participative.


De même, le programme Europe créative, en encourageant la circulation des œuvres culturelles à travers les frontières et les échanges entre créateurs et professionnels de la culture ayant des origines linguistiques et culturelles différentes, favorisera le dialogue, une meilleure compréhension mutuelle et un sentiment plus fort d'appartenance au riche et diversifié paysage culturel européen.