Avant-Première - 17-20 Novembre 2008 - Strasbourg
Apiculture: des mesures d'urgence nécessaires face à la mortalité des abeilles
Il faut "réagir sans délai" face à la grave crise sanitaire traversée par le secteur apicole, estiment les députés. Un projet de résolution, qui sera examiné après un débat dans le cadre d'une question orale adressée à la Commission, demande de développer des recherches sur le lien entre la mortalité des abeilles et certains pesticides, la création de zones protégées pour favoriser le butinage et la mise en œuvre de moyens vétérinaires adéquats pour lutter contre les maladies décimant les ruches
Forte diminution de la ressource en pollen et en nectar du fait de l'extension de l'agriculture et de l'utilisation de certains produits phytosanitaires, plus grande vulnérabilité aux parasites et aux maladies telles que le varroa du fait d'un déséquilibre alimentaire: la population des ruches européennes a fortement diminué ces dernières années, menaçant gravement la production apicole et la pollinisation indispensable pour de nombreuses variétés de fruits et de légumes. "La situation du secteur apicole est extrêmement préoccupante, non seulement pour la survie des abeilles, mais aussi pour la production de fruits et légumes en général", a déclaré le rapporteur.
Le projet de résolution d'Astrid Lulling (PPE-DE, LU), tel qu'il a été approuvé par la commission de l'Agriculture le 4 novembre, presse la Commission européenne de faire le nécessaire pour limiter les risques d'une pollinisation insuffisante et de prévoir des aides financières pour les producteurs apicoles en difficulté du fait de la disparition de leurs abeilles et d'inviter tous les Etats membres à apporter une aide immédiate au secteur apicole.
Créer des zones de butinage protégées dans les régions de grande culture
Parmi les demandes des députés européens figure la mise en place - dans le cadre du "bilan de santé" de la PAC - de mesures visant à encourager la création de "zones de compensation écologique" telles que les jachères apicoles, en particulier dans les grandes régions de cultures arables. Ces zones pourraient être créées dans les parties les plus difficiles à cultiver, où les plantes telles que la phacélie, la bourrache, la moutarde des champs ou le trèfle blanc pourraient se développer et constituer d'importantes sources nectarifères pour le butinage.
Recherche sur les conséquences de l'utilisation de pesticides
Les parlementaires demandent aussi à la Commission d'entreprendre des travaux de recherche sur le lien existant entre la mortalité des abeilles et l'utilisation de pesticides tels que la thiamethoxane, l'imidaclopride, la clothianidine et le fipronil, de coordonner les informations dont disposent les Etats membres à ce sujet, et de prendre le cas échéant "les mesures appropriées".
Développer les moyens vétérinaires de lutte contre les maladies des abeilles
Par ailleurs, les députés invitent la Commission à développer au plus vite la recherche sur les parasites et les pathologies qui déciment les abeilles avec des moyens budgétaires supplémentaires et d'intégrer la lutte contre ces maladies à la politique vétérinaire européenne.
Pour finir, ils demandent l'introduction du pays d'origine sur l'étiquette et l'obligation d'analyser le miel importé pour y déceler la présence éventuelle de bacilles de la loque américaine.
Dans la question orale qui sera débattue avant d'adopter la résolution, Neil Parish (PPE-DE, UK), au nom de la commission de l'Agriculture, demande quels efforts la Commission est prête à faire pour :
développer la recherche contre les parasites et les maladies qui déciment les abeilles;
créer des zones de compensation écologique (comme les jachères apicoles) riches en pollen et en nectar et des zones tampon tels les bords des voies de circulation;
promouvoir les mesures nécessaires pour lutter contre les risques d'une pollinisation insuffisante, c'est à dire l'arrêt complet du traitement parasitaire pendant la floraison et la réduction de l'usage des semences modifiées;
contrôler et surveiller la qualité des eaux superficielles, car les abeilles réagissent très sensiblement à toute détérioration du milieu;
aider financièrement les exploitations en difficulté?
Procédure : Question orale
Débat : 18.11.2008