ARYM, libéralisation des visas avec les Balkans et Turquie : les députés interrogent Olli Rehn
Un grand nombre de députés européens ont apporté leur soutien à la proposition présentée mercredi par Olli Rehn d'ouvrir des négociations avec l'ancienne République yougoslave de Macédoine. Les députés ont notamment demandé au commissaire de s'expliquer sur la libéralisation des visas avec les Balkans et l'application du protocole d'Ankara.
Le commissaire en charge de l'élargissement a débattu ce jeudi avec les députés de la commission des affaires étrangères au lendemain de l'adoption par la Commission européenne de sa stratégie annuelle sur l’élargissement de l'UE.
Comme de nombreux députés, Zoran Thaler (S&D, SI), rapporteur pour l'ancienne République yougoslave de Macédoine, s'est félicité de la recommandation faite au Conseil d'ouvrir les négociations avec l'ARYM. M.Thaler estime que les "parties concernées doivent saisir la nouvelle fenêtre d'opportunité créée par les élections législatives grecques et le rôle que le nouveau premier ministre grec, Giorgios Papandreou, l'architecte du processus de Thessalonique de 2003, pourrait jouer".
"Athènes doit aussi faire sa part du travail", a estimé le commissaire qui a rappelé que la proposition de la commission faite hier d'ouvrir les négociations doit être adoptée à l'unanimité par les 27. "Tout cela peut avoir des implications", a précisé M.Rehn.
Libéralisation des visas
Jelko Kacin (ADLE, SI), rapporteur pour la Serbie, et Ulrike Lunacek (Verts/ALE, AT), en charge du Kosovo, se sont déclarés "ravis qu'une perspective de libéralisation des visas pour le Kosovo soit envisagée". La Commission a proposé hier dans un document distinct des rapports de progrès qu'un dialogue - dans la perspective d'une libéralisation des visas - soit entamé avec le Kosovo lorsque "les conditions seront réunies".
Tanja Fajon (S&D, SI), rapporteur pour la libération des visas pour la commission des libertés publiques, a de son côté estimé qu''il faut suivre un cadre strict pour la Bosnie et Herzégovine, l'Albanie et le Kosovo. La libéralisation des visas ne doit pas servir de monnaie d'échange en faveur de réformes que ces pays doivent faire de toute manière".
Le commissaire a par ailleurs réaffirmé que la Commission présenterait "des propositions pour l’Albanie et la Bosnie-et-Herzégovine d’ici la mi-2010, pour autant que ces pays répondent aux conditions pour la levée de l'obligation de visas".
Turquie et protocole d'Ankara
Ria Oomen-Ruijten (PPE, NL), rapporteur pour la Turquie, a insisté sur la nécessaire consolidation des libertés fondamentales et de l'Etat de droit dont a besoin ce pays. "La Turquie ne doit pas faire des réformes pour nous, mais pour elle-même" a estimé le député néerlandais.
Hélène Flautre (Verts/ALE, FR), présidente de la délégation pour les relations avec la Turquie, a qualifié de "frileux" le rapport de progrès présenté hier qui met, selon elle, peu en valeur "les initiatives courageuses en politique étrangère et intérieure comme le rapprochement Arménie-Turquie et la mise au centre des débats de la question kurde et de la démocratisation".
Pour Olli Rehn, "le rapport de la Commission est le reflet de notre engagement pour la relance des réformes sur les droits culturels, religieux ou syndicaux".
Interrogé par plusieurs députés, dont Elmar Brok (PPE, DE) et Richard Howitt (S&D, UK), sur la date butoir de fin 2009 relative àl'application du protocole d'Ankara, le commissaire Rehn a réaffirmé le caractère incontournable de la mise en œuvre de ce protocole. Signé en juillet 2005, ce protocole prévoit que la Turquie étende son union douanière à tous les Etats membres de l'Union européenne, Chypre compris.
Il a également réaffirmé qu'il revient aux ministres des Affaires étrangères de l'UE de prendre des décisions sur ce dossier, probablement lors du sommet européen de décembre prochain. Huit chapitres de négociations, parmi lesquels les affaires extérieures et l'agriculture, ont été suspendus a rappelé le commissaire.
Charles Tannock (ECR, UK), rapporteur pour le Monténégro, s'est interrogé sur les raisons du retard pris dans la ratification de l'Accord de stabilisation et d'association (ASA) avec l'UE.
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