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Norbert Glante, rapporteur sur le programme GMES qui pourrait permettre d'atténuer les effets des catastrophes naturelles. Lors des catastrophes naturelles, les équipes de secours sont souvent gênées par le manque d'informations fiables et rapides. Le programme européen d'observation de la Terre pourrait permettre, notamment grâce à des images satellitaires, de mieux organiser leur déploiement. Les députés européens ont voté un rapport pour sa mise en œuvre mercredi 16 juin. L'Allemand Norbert Glante explique de quoi il retourne précisément.
Qu'est-ce que le programme européen d'observation de la Terre ?
Norbert Glante : Le programme européen d'observation de la Terre (GMES) est un système de surveillance, géré par l'Union européenne (UE) en collaboration avec les Etats membres. Actuellement, les données sont collectées par les Etats, les instituts de recherche, les entreprises privées et les militaires. L'UE construit des satellites en partenariat avec l'Agence spatiale européenne, pendant que les Etats membres utilisent des installations spatiales, terrestres et maritimes. Le projet va bientôt entrer dans sa phase opérationnelle.
Dans quelle mesure ce programme sera-t-il au service des citoyens ?
NG : Le but est de garantir une meilleure gestion de l'environnement grâce à des informations sur la biodiversité, l'état des océans ou la composition de l'atmosphère. Cela devrait déboucher sur une plus grande sécurité pour les populations, par exemple en cas de catastrophe naturelle.
De façon concrète, suite à un tremblement de terre, des cartes précises pourront être produites grâce aux satellites, facilitant l'intervention des équipes de secours. Le niveau de la mer pourra également être déterminé avec plus de précision, ce qui permettra d'observer les conséquences du réchauffement climatique. Le programme GMES permettra également de suivre les nappes d'hydrocarbures dans le cas d'une marée noire, permettant de prévenir les populations littorales.
Le programme GMES aurait-il permis d'éviter la catastrophe à Haïti ?[DICO]Citation.
Le programme GMES aurait permis de limiter les conséquences du séisme en Haïti.
Norbert Glante
NG : Non, il n'aurait pas permis de l'éviter. En revanche, il aurait pu en limiter les conséquences.
Quand une catastrophe naturelle se produit, le programme GMES peut aider à accélérer l'organisation des secours. Les images peuvent aider à identifier les régions problématiques. Vous pouvez voir quelles infrastructures sont touchées - routes, voies ferrées, aéroports... La population pourra être évacuée ou aidée de façon plus efficace.
(Le programme GMES a déjà permis de fournir un certain nombre de cartes relatives au séisme en Haïti, ndlr)
Le chômage est à son plus haut niveau depuis dix ans. Comment justifier le coût d'un tel projet auprès des contribuables européens ?
NG : Le coût final n'a pas encore été évalué précisément. Dans tous les cas, il s'agit de quelques centaines de millions d'euros - ce qui n'est que très peu pour un projet d'infrastructure. Personne ne critiquerait la construction d'une autoroute pendant une période de fort chômage au motif que ce serait trop coûteux.
Quels aspects ont été les plus débattus au Parlement européen ?
NG : Il y a trois problèmes. Premièrement, le budget : le prix a augmenté de 70 %, il faut donc trouver de nouveaux moyens de financement pour lancer les satellites. Deuxièmement, les données collectées seront-elles gratuites pour les utilisateurs ou non ? Enfin, se pose la question de la coexistence avec les services similaires fournis par des entreprises privées.
L'interview a été réalisée en anglais.
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