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Session plénière du 14 au 17 juin

Produits financiers dérivés : réduire les risques sur les marchés

 
 
L'Allemand Werner Langen a rédigé le rapport du Parlement européen sur les produits financiers dérivés.   L'Allemand Werner Langen a rédigé le rapport du Parlement européen sur les produits financiers dérivés.

Les produits dérivés ont déjà été comparés à des armes financières de destruction massive. Ces instruments financiers complexes ont été pointés du doigt pour avoir exacerbé les effets de la crise et avoir mis certains gouvernements endettés dans une très mauvaise passe. Néanmoins, ils permettent aussi de réduire les risques pour certaines institutions (financières ou non), selon l'Allemand Werner Langen (Parti populaire européen). Dans un rapport, il souligne la nécessité de rendre plus transparent le marché des produits dérivés.


Qu'est-ce que les produits financiers dérivés ?


C'est un contrat qui permet de réduire un risque. Prenons l'exemple d'une compagnie aérienne qui s'inquiète de ce que l'instabilité au Proche-Orient fasse augmenter le prix du pétrole, et donc du carburant pour ses avions. Cela risquerait de la mettre dans une situation financière très difficile.


En regardant du côté des marchés dérivés, cette entreprise peut trouver une solution. Elle peut passer un contrat selon lequel elle achète, au prix actuel, une certaine quantité de carburant qui lui sera livré dans six mois. Si elle achète 10 000 barils à 50 euros et que dans six mois, le prix du baril a grimpé à 75 euros, elle aura alors économisé 250 000 euros.


Bien entendu, un tel contrat n'est pas gratuit, mais il peut valoir le coup si la prévision (la montée du prix du baril de pétrole) se confirme.


Rendre le marché plus transparent


« Les produits dérivés jouent un rôle très utile dans l'économie car ils permettent de diminuer le risque. Mais pour continuer à autoriser les entreprises à utiliser ces produits, il faut faire une distinction claire entre les produits dérivés utilisés à des fins de protection contre le risque et ceux utilisés à des fins purement spéculatives », selon Werner Langen.


« Le problème est que ces instruments financiers n'ont pas été suffisamment régulés, ils ne sont pas assez transparents », plaide-t-il. La plupart n'impliquent en effet que deux parties, les autres acteurs du marché comme les autorités de régulation n'en étant pas informés.


« A l'avenir, les transactions portant sur des produits dérivés devront être signalées à des référents centraux (des banques de données). Ainsi, les autorités de régulation y auront accès. Cela permettra de faire la différence entre les diverses sortes de produits dérivés », espère l'Allemand.


La Grèce victime des spéculateurs ?


Le fait de savoir si les produits dérivés sont utilisés à des fins spéculatives ou non est particulièrement important dans le cas des contrats d'échanges sur défaut liés aux obligations souveraines (Credit default swap, CDS en anglais). C'est une sorte particulière de produit dérivé qui a été pointée du doigt dans les problèmes rencontrés par la Grèce (cf. liens ci-dessous pour plus d'explications).


« Il a été affirmé que les spéculateurs qui utilisaient des CDS 'simples' (naked CDS en anglais) ont énormément augmenté le coût de la dette grecque, je demande des preuves de cela », tempère Werner Langen. Néanmoins, de l'opinion de nombreux experts, ces naked CDS sont un cas très clair de spéculation pure.


Diminuer les risques et centraliser les informations


« Le rapport demande sans ambiguïté que les CDS soient approuvés par une chambre de compensation indépendante. De plus, il affirme que des produits dérivés aussi risqués ne doivent être autorisés que sous certaines conditions ou, au cas par cas, être interdits », poursuit M. Langen.


Concrètement, cela signifie qu'acquéreurs et vendeurs de CDS et d'autres produits dérivés ne pourront plus négocier entre eux, de gré à gré, mais qu'ils devront passer par une institution centrale vérifiant que toutes les parties en présence répondent bien à leurs obligations.


Pas d'exode pour les services financiers


Pour Werner Langen, une régulation plus stricte des marchés financiers ne mènera pas à un exode massif des institutions financières hors de l'UE. « Après tout, les Etats-Unis et les gouvernements du G20 ont exprimé de façon univoque leur soutien à une meilleure régulation et ils travaillent déjà sur des mesures concrètes ».


Néanmoins, les mesures proposées par la Commission européenne ne doivent pas isoler l'Europe sur la scène internationale, met-il en garde. A l'UE de convaincre ses partenaires de la suivre dans cette voie.

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