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Session plénière des 10 et 11 novembre

L'élevage européen victime de la spéculation

 
 
©BELGA/Christophe Lehenaff/Photononstop   ©BELGA/Christophe Lehenaff/Photononstop

La crise, une réalité vécue au jour le jour par les agriculteurs … Non, il ne s'agit pas de la crise financière mais de difficultés inhérentes au secteur de l'élevage. Le prix des céréales a flambé et les éleveurs peinent à nourrir leurs bêtes. Les députés ont pointé du doigt la spéculation sur les prix des matières premières et demandé à la Commission d'agir.



Augmentation des coûts de production et concurrence des importations : « le secteur de l'élevage connaît de graves difficultés », a rappelé le Britannique James Nicholson (Conservateurs et réformateurs européens) lors du débat en séance plénière jeudi 11 novembre. Les céréales, qui comptent pour 60 % des coûts de production, ont vu leur prix s'envoler de 50 % les deux derniers mois. Comment dès lors permettre aux éleveurs de nourrir leur cheptel ?


Lutter contre la spéculation agricole


De nombreux députés européens ont salué la décision de la Commission de mettre sur le marché des céréales qui avaient été stockés, cela afin de faire baisser les prix. « La tension a diminué sur le marché », s'est réjoui le commissaire européen à l'agriculture, Dacian Cioloș. Pour lui, le problème ne venait cependant pas d'une pénurie mais de la spéculation qui a cours sur le marché des matières premières. Il a promis que la Commission européenne se pencherait sur le problème et que la réforme de la Politique agricole commune comprendrait un volet sur l'instabilité des revenus.


Deux poids, deux mesures


Les normes qui s'appliquent aux éleveurs européens sont très élevées mais celles qui concernent la viande importée le sont beaucoup moins. Les premiers se trouvent donc pénalisés. « Les normes environnementales doivent aussi s'appliquer aux produits alimentaires importés », a demandé l'Allemand Albert Dess (Parti populaire européen). Son collègue polonais Janusz Wojciechowski (Conservateurs et réformateurs européens) demande la même chose pour le bien-être animal.


Réduire le rôle des intermédiaires


Le rôle des distributeurs est également très critiqué. Alors que les producteurs voient leurs revenus diminuer, les consommateurs voient les prix des produits alimentaires augmenter. « Les agriculteurs doivent survivre avec 700-800 € par mois. Les consommateurs payent 17 € le kilogramme pour un steak au supermarché mais les éleveurs n'en touchent que 3 €. Est-ce juste ? », s'insurge le Français José Bové (Verts), lui-même agriculteur.


Les députés ont donc demandé à la Commission de mettre fin à de telles pratiques. Sinon, « cette crise va détruire les agriculteurs européens », met en garde José Bové.