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Pour une agriculture qui réponde aux attentes de la société

Agriculture 19-11-2010 - 12:19
 
  • La réforme de la PAC doit permettre de prendre en compte la gestion des ressources naturelles.
  • Le Parlement européen sera partie prenante de la réforme : son rôle a été renforcé dans le domaine de l'agriculture avec le traité de Lisbonne.
 
La PAC, fer de lance des politiques européennes, devrait être réformée dans les prochaines années. ©BELGA_TOPFOTO   La PAC, fer de lance des politiques européennes, devrait être réformée dans les prochaines années. ©BELGA_TOPFOTO

La Politique agricole commune est l'une des plus importantes politiques menées par l'UE. A ce titre, elle suscite de nombreuses critiques. Entre les nouveaux défis planétaires (changement climatique…), l'élargissement de l'Europe et l'évolution des modes de production et de consommation, il est devenu essentielle de la réformer. Le 18 novembre, le commissaire Dacian Cioloş a dévoilé aux députés européens les grandes lignes de sa réforme. Compétitivité et durabilité en sont les maîtres-mots.


Faut-il une agriculture européenne plus compétitive ou plus engagée en faveur du développement durable ? La question de la réforme de la Politique agricole commune (PAC) est souvent posée en ces termes. Une opposition récusée par le commissaire européen en charge de l'agriculture : Dacian Cioloş souhaite que la politique agricole du futur poursuive ces deux objectifs en parallèle. La gestion des ressources naturelles pourrait ainsi être ajoutée à la dimension principalement alimentaire que la PAC poursuivait jusqu'à aujourd'hui.


Réduire la charge administrative pour les agriculteurs


L'une des attaques principales contre la Politique agricole commune est son poids administratif. Pour toucher les subsides, les agriculteurs doivent remplir un certain nombre de critères… et de formulaires. « Il faut être sûr que les fonds destinés à la PAC aillent à l'investissement productif et non aux dépenses administratives », demande l'Allemand Albert Dess (Parti populaire européen).


Si tout le monde s'accorde sur la nécessité de réduire la paperasserie, certains doutent sur sa mise en œuvre. « Chaque fois que nous essayons de simplifier la PAC, nous créons plus de bureaucratie », se plaint le Britannique James Nicholson (Conservateurs et réformateurs européens). Il appartiendra à Dacian Cioloş de prouver que de telles inquiétudes ne sont pas fondées.


Privilégier les petites exploitations


Après l'indexation des subventions européennes sur le volume de production, qui a conduit à de nombreux abus, la tendance actuelle est à une agriculture raisonnée. Le développement durable et la qualité des produits alimentaires font partie des préoccupations des citoyens. Le commissaire européen a proposé de plafonner le montant des aides européennes, favorisant ainsi les petites exploitations.


Pour l'Allemand Martin Hausling (Verts), « Il est essentiel que la PAC soit plus juste et plus verte, sinon elle ne sera pas acceptée par la société ». L'Italien Lorenzo Fontana (Europe de la liberté et de la démocratie) se réjouit de l'attention particulière portée aux agriculteurs modestes. Néanmoins, le Portugais Luis Manuel Capoulas Santos (Socialistes et démocrates) aimerait que soit défini le concept de « petite exploitation ». Ses vœux devraient être exaucés en 2011, quand la Commission européenne commencera à faire des propositions législatives concrètes.

REF. : 20101112STO94321
 
 
 
La PAC en chiffres
 

Existe depuis 40 ans

 
 

55 milliards d'euros par an

 
 

Sa part dans le budget européen a baissé de 60 à 40 % en 20 ans

 
 

Représente environ 0,5 % du PIB de l'UE - soit une centaine d'euros par citoyen et par an