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Session plénière du 4 au 7 avril 2011

Tests de résistance pour les centrales nucléaires : entre satisfaction et scepticisme dans l'hémicycle

 
 
(De gauche à droite) Enikő Győri, Corien Wortmann-Kool, Marita Ulvskog, Lena Ek, Rebecca Harms, Giles Chichester, Sabine Wils, Niki Tzavela et le commissaire Günther Oettinger lors du débat, le 6 avril.   (De gauche à droite) Enikő Győri, Corien Wortmann-Kool, Marita Ulvskog, Lena Ek, Rebecca Harms, Giles Chichester, Sabine Wils, Niki Tzavela et le commissaire Günther Oettinger lors du débat, le 6 avril.

Mercredi 6 avril, les députés ont débattu des leçons à tirer de la crise nucléaire au Japon. La Commission européenne a proposé d'instaurer des tests de résistance pour les centrales européennes. Une idée saluée par la plupart des forces politiques, bien que certaines critiquent que l'approche soit trop nationale et volontaire. Certains députés ont également brandi des affiches anti-nucléaires au début du débat.


La représentante du Conseil de l'UE, la Hongroise Enikő Győri, a rappelé que l'Union européenne avait un cadre légal contraignant sur le nucléaire depuis plus de 25 ans. Les résultats des tests de résistance des centrales européennes devraient être connus d'ici la fin de l'année. Ils devraient permettre d'analyser la vulnérabilité des réacteurs face aux inondations, tremblements de terre, erreurs humaines etc. La liste de critères pour ces tests devrait bientôt être rendue publique et présentée aux députés, a précisé le commissaire européen en charge de l'énergie, Günther Oettinger.


Il appartiendra cependant aux régulateurs nationaux de réaliser ces tests car l'Union européenne n'a pas la compétence de le faire. Une situation « louche », selon la Verte Rebecca Harms : « Tout le monde se connaît dans ce milieu depuis des décennies et un niveau élevé de risque a toujours été toléré ». Au nom des libéraux et démocrates, Lena Ek a elle aussi critiqué des tests « insuffisants » et demandé qu'ils soient menés par des experts indépendants.


La droite satisfaite, la gauche sceptique


Corien Wortmann-Kool (Parti populaire) s'est réjouie de la réaction européenne. Elle a prôné des critères aussi élevés que possible et signalé que toute centrale qui ne les passerait pas devrait être fermée. Allant encore plus loin, Giles Chichester (Conservateurs et réformateurs) a insisté sur la différence entre les vieux réacteurs japonais et les nouveaux réacteurs européens, ainsi que sur les niveaux de risque sismique. Selon lui, « un moratoire [sur le nucléaire] reviendrait à agir sans preuve. Il faut analyser la situation et ne pas agir dans la hâte ».


Les socialistes ont eu une position plus nuancée. S'ils ont salué les tests de résistance, ils ont demandé à ce qu'ils soient plus stricts. « Nous avons de toute évidence besoin d'énergie nucléaire mais il faut chercher des alternatives », a expliqué Marita Ulvkog, pour qui « il faut ouvrir une nouvelle ère, celle du renouvelable ». La Gauche unitaire a quant à elle parlé d'une sortie du nucléaire. « C'est possible ! », a milité Sabine Wils, s'appuyant sur les manifestations en Allemagne. « Nous connaissions les risques bien avant Fukushima. »


Pour finir, Niki Tzavela (Europe de la liberté et de la démocratie) a demandé que les entreprises du nucléaire soient responsabilisées, celles qui sont imprudentes commettant des « crimes contre la société ».