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Trop d'antibiotiques tue les antibiotiques

Agriculture 12-04-2011 - 18:47
 
 
Les antibiotiques des médicaments à utiliser avec parcimonie pour ne pas altérer leurs effets. ©Samantha Celera www.flickr.com/photos/scelera   Les antibiotiques des médicaments à utiliser avec parcimonie pour ne pas altérer leurs effets. ©Samantha Celera www.flickr.com/photos/scelera

« Les antibiotiques, c'est pas automatique ! » Le slogan a été largement diffusé en France pour alerter sur les risques d'une consommation trop régulière d'antibiotiques. Ce que l'on sait moins, c'est qu'ils sont également utilisés à grande échelle sur les animaux. A la fin de la chaîne alimentaire, c'est la santé humaine qui est mise en danger. Les députés réfléchissent à un encadrement plus strict des pratiques en Europe, notamment dans le secteur de l'élevage.


Si elles sont trop souvent en contact avec des antibiotiques, les bactéries développent des résistances et sont plus difficiles à combattre. En conséquence, on déconseille d'en prescrire si ce n'est pas absolument nécessaire. De plus, la moitié des antibiotiques utilisés pour les animaux sont les mêmes que ceux utilisés chez l'homme… or ces médicaments sont utilisés à grande échelle dans le secteur de l'élevage, tant pour le traitement que la prévention des maladies.


L'utilisation d'antibiotiques dans la chaîne alimentaire pose donc, in fine, un risque de santé pour l'homme. Les bactéries deviennent plus résistantes et les hommes peuvent être mis en contact avec celles de leurs animaux domestiques. Par ailleurs, des résidus d'antibiotiques sont présents dans la nourriture et diminuent les défenses immunitaires.


Un rapport de l'Italien Paolo de Castro (Socialistes et démocrates) demande ainsi « une utilisation appropriée des antimicrobiens sur les animaux » afin qu'ils « demeurent un outil efficace pour combattre la maladie, tant chez les animaux que chez l'homme ». Il prône une production animale dépourvue d'antimicrobiens et préconise des alternatives telles que la vaccination et le contrôle des maladies infectieuses chez les animaux. Enfin, il demande un travail statistique approfondi pour avoir une idée plus claire de l'état de la situation dans l'Union européenne.

N.B.: Le rapport de Paolo De Castro, adopté en commission parlementaire de l'agriculture, doit encore être adopté en séance plénière pour devenir la position officielle du Parlement européen.

REF. : 20110408STO17333