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Le Printemps arabe distingué par le Prix Sakharov 2011

Un homme derrière le Prix : Andreï Sakharov

 
 
Andreï Sakharov en 1979, l'année où il a critiqué l'invasion soviétique en Afghanistan. ©BELGA_SCIENCE   Andreï Sakharov en 1979, l'année où il a critiqué l'invasion soviétique en Afghanistan. ©BELGA_SCIENCE

Physicien nucléaire, le Russe Andreï Sakharov s'était inquiété des implications de ses recherches nucléaires dès les années 1950. Son combat contre la prolifération nucléaire et pour le respect des droits de l'homme en URSS lui a valut le Prix Nobel de la Paix en 1975. Pour lui rendre hommage et promouvoir les droits de l'homme dans le monde, le Parlement européen remet chaque année le Prix Sakharov pour la liberté de pensée. Portrait d'un homme au combat courageux.


1921 : Naissance à Moscou. Son père était professeur de physique.


1942-1947 : Diplôme puis doctorat de physique.


1948 : Intégration dans un groupe de chercheurs soviétique dont la tâche consiste à développer la bombe atomique (bombe à hydrogène).


Fin des années 1950 : Sakharov s'inquiète des implications de son travail. Il devient peu à peu défenseur de la non-prolifération nucléaire et soutient le traité d'interdiction partielle des essais nucléaires en 1963.


1967-1968 : Le tournant dans la vie de Sakharov. En 1967, il écrit aux autorités soviétiques pour les enjoindre d'accepter la proposition américaine d'abandon des défenses anti-missiles, ces derniers risquant de mener à une escalade et in fine à la guerre.

Ses demandes sont ignorées et l'année suivante, il écrit ses Réflexions sur le progrès, la coexistence et la liberté intellectuelle. « La liberté intellectuelle est essentielle à la société humaine », y écrit-il. « La liberté de pensée est la seule garantie d'une approche démocratique de la politique, de l'économie et de la culture ».

Son essai, interdit, est diffusé clandestinement. « J'ai été éloigné des dossiers top-secrets et relevé de mes privilèges au sein de la Nomenklatura soviétique », a expliqué Andreï Sakharov des années plus tard.


1970 : Il participe à la fondation d'un comité pour la défense des droits de l'homme à Moscou.


1975 : Il reçoit le Prix Nobel de la Paix. Ne pouvant quitter l'URSS, il demande à sa femme, Elena Bonner, de lire son discours à sa place.


1979-1980 : Il est assigné à résidence à Nijni-Novgorod avec sa femme suite à ses critiques de l'invasion soviétique en Afghanistan.


1986 : Fin de son assignation à résidence au moment de la Perestroïka mise en place par Mikhaïl Gorbatchev.


1988 : Le Parlement européen crée un Prix pour la liberté de pensée à son nom.


1989 : Andreï Sakharov est élu à la nouvelle chambre de l'Union soviétique, le Congrès des députés du peuple, au mois de mars. Il décède en décembre d'une attaque cardiaque dans son appartement moscovite.


L'héritage d'Andreï Sakharov : le Parlement européen et les droits de l'homme


En Europe et dans le monde entier, le Parlement européen défend les droits de l'homme, la liberté et la démocratie. La commission parlementaire des affaires étrangères s'en occupe avec l'aide de la sous-commission des droits de l'homme.


Chaque année depuis 1988, le Prix Sakharov est décerné à une personne ou une organisation qui, à l'instar d'Andreï Sakharov, se bat pour la défense des droits de l'homme et de la liberté de pensée.

 
 
 
Droits de l'homme au PE
 

Chaque année, le Parlement européen (PE) présente un rapport sur la situation des droits de l'homme dans le monde, ainsi qu'un rapport sur les droits fondamentaux au sein de l'Union Européenne.

 
 

A chaque session plénière, le Parlement réagit aux violations de droits de l'homme en adoptant des résolutions.

 
 

Des députés européens sont envoyés comme observateurs pour contrôler le déroulement des élections dans des pays tiers.

 
 

Le Parlement européen soutient l'interdiction de la torture, la protection des minorités, la prévention des conflits, l'égalité des sexes et la protection des défenseurs des droits de l'homme dans nombre de ses initiatives.