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Session plénière du 12 au 15 décembre 2011

"J'ai toujours cru en une Europe unie" - Jerzy Buzek

 
 
Jerzy Buzek à la fin de son discours, le 15 décembre 2011.   Jerzy Buzek à la fin de son discours, le 15 décembre 2011.

"L'Europe a été construite sur des rêves et nous n'avons pas le droit d'oublier ces rêves" : dans son discours final face aux députés européens - son mandat se termine le 17 janvier - le Président Buzek a appelé l'Union européenne à continuer à se battre pour conjurer la crise. "Il faut un investissement de tout les jours dans notre Europe commune", a-t-il martelé, appelant à un véritable New Deal européen.


Ce jeudi 15 décembre, le Président du Parlement Jerzy Buzek a fait ses adieux aux députés européens. Dans un discours-bilan, il a développé les enjeux auxquels ont été confrontés l'UE et le Parlement européen aux cours des 30 derniers mois.


Il a tout d'abord rappelé à quel point l'Europe n'était pas prête à affronter les difficultés qui se sont présentées. "Les arguments de défense des intérêts particuliers ont commencé à éroder notre foi dans le bien commun. Maintenant, notre union connaît une crise profonde dont les causes sont autant politiques et psychologiques qu'économiques". La réponse à cette tragédie a été la première priorité du Parlement européen.


Une économie en crise, un monde en changement


Le paquet "gouvernance économique" sur la surveillance budgétaire est un exemple des mesures adoptées sous la présidence de Jerzy Buzek. Néanmoins, l'orthodoxie budgétaire n'a jamais été l'objectif du Parlement, a souligné M. Buzek. "A votre demande, j'ai souvent souligné la nécessité de finaliser le marché commun et de relancer la croissance et le compétitivité", a-t-il dit aux députés. Le Parlement a en effet poussé pour plus d'investissements, plus de soutien à la recherche, au développement et aux technologies vertes. Le Président a également mentionné un projet qui lui tient à cœur : une Communauté européenne de l'énergie.


Concernant l'international, Jerzy Buzek a loué le rôle actif du Parlement en tant que "phare" de la liberté et de la démocratie. "Quand j'ai parlé aux manifestants place Tahrir au Caire et aux combattants de la liberté place des Martyrs à Tripoli, ils ont remercié l'Europe" pour ce qu'elle a fait.


En Europe même, il n'y a pas de contradiction entre être un bon citoyen d'un pays et un bon citoyen européen, a souligné M. Buzek. "Connectez-vous à notre espace européen commun, c'est le vôtre", a-t-il plaidé à l'adresse des citoyens.


Le Parlement lui-même a changé avec l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne. Il est devenu colégislateur avec le Conseil (représentant les Etats membres) dans presque tous les domaines. "Avec le pouvoir viennent les responsabilités" et "nous nous sommes dotés d'un nouveau code de conduite pour les députés, qui a été salué pour sa clarté et sa force", a précisé le Président.


"Un manque de confiance mutuelle"


"Notre problème majeur est le manque de confiance mutuelle". "Ceux qui veulent rester à la marge (de l'Europe) ne peuvent demander à en être un acteur principal", a mis en garde Jerzy Buzek. Il espère que les frictions récentes entre pays européens mèneront à une plus grande utilisation du traité de Lisbonne et de la méthode communautaire et a appelé de ses vœux une plus grande participation du Parlement aux grandes prises de décision.


Plus que cela, il a même plaidé pour "une nouvelle vague d'intégration politique", "une nouvelle vague d'intégration économique", "une véritable union fiscale et économique" dans un vrai esprit de coopération. Il a proposé un New Deal pour l'Europe, "dans lequel ceux qui pensent au profit devraient aussi penser aux valeurs. Ceux qui gagnent beaucoup doivent se montrer responsables. Ceux qui sont concernés par la prospérité doivent aussi être concernés par l'égalité, ceux qui croient en la concurrence doivent aussi croire en la justice".


"Comme Président du Parlement européen, je vous ai servi et j'ai servi les citoyens européens", a-t-il conclu. "L'Union européenne est d'une valeur incroyable, (...) mais on ne peut en profiter que si nous sommes unis. C'est cette Europe que je servirai toujours avec énergie et détermination".


Le discours a été prononcé en anglais.