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Session plénière du 12 au 15 décembre 2011

Sauver l'euro : les députés ont débattu des résultats du dernier sommet européen

 
 
Herman Van Rompuy dans l'hémicycle, présentant les résultats du dernier sommet européen.   Herman Van Rompuy dans l'hémicycle, présentant les résultats du dernier sommet européen.

Une règle d'or limitant les déficits budgétaires dans la plupart des pays de l'UE : voilà le principal accord trouvé lors du sommet européen des 8 et 9 décembre. Les députés européens ont salué ce résultat lors d'un débat mardi matin. Ils ont néanmoins précisé que les stratégies économiques devraient aussi relancer la croissance pour restaurer la confiance des citoyens. Des échanges de vues musclés ont également eu lieu au sujet du véto britannique sur un nouveau traité européen.


Le Président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a rappelé que la restauration de la confiance dans l'euro est plus difficile que prévu. Il a regretté que l'accord trouvé soit de nature intergouvernementale et que tous les Etats ne l'aient pas soutenu. Néanmoins, il a souligné que ce n'était pas la première fois que certains Etats membres allaient de l'avant avec un accord intergouvernemental, et que par la suite cela a pu être intégré dans la législation européenne (par exemple dans le cas de l'espace Schengen).


Pour José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, l'accord a montré l'irréversibilité de la monnaie unique. Il pense cependant qu'il n'est pas suffisant et a appelé à une relance de la croissance et de l'emploi pour restaurer la confiance des citoyens et des investisseurs. Le nouveau traité ne remplacera pas les institutions européennes, il les complètera, a affirmé le Portugais, heureux de ce qu'il n'y ait pas eu de division entre les membres de la zone euro et les autres pays. Il a enfin répété son soutien à l'introduction d'euro-obligations.


"Vingt-six États sur vingt-sept ont admis que la souveraineté partagée est préférable à une souveraineté prise en otage par des marchés", a expliqué le Français Joseph Daul (Parti populaire), regrettant cependant que le résultat soit intergouvernemental et non communautaire. Il a souligné l'importance du Parlement européen dans le processus en tant que garant de la légitimité démocratique. Enfin, il a mis en question le rabais dont bénéficient les Britanniques dans le budget européen, estimant que si le Royaume-Uni n'est pas solidaire de l'UE, l'UE n'a pas à être solidaire du Royaume-Uni. "La solidarité n'est pas une voie à sens unique", a-t-il expliqué.


Pour l'Allemand Martin Schulz (Socialistes et démocrates), le Premier ministre David Cameron a refusé la régulation des marchés financiers alors même que ce sont eux qui, depuis la City, ont mené l'Europe et le monde dans la crise. Il a enjoint le Parlement à faire des propositions alternatives afin d'assurer la stabilité de l'UE, relancer la croissance et l'emploi, protéger la sécurité sociale...


Au nom des Libéraux et démocrates, le Belge Guy Verhofstadt a expliqué que l'accord avait mis un terme à la volonté franco-allemande de gérer la zone euro. "La discipline sans la solidarité n'est pas l'expression d'une véritable union", selon lui.


Pour l'Allemande Rebecca Harms (Verts), le sommet n'a apporté aucune réponse aux questions urgentes. Elle l'a qualifié de déni de réalité et de démocratie.


Le Tchèque Jan Zahradil (Conservateurs et réformistes) l'a rejoint sur le constat, estimant que le sommet n'a pas été couronné de succès. "Il n'y a eu aucune mesure immédiate pour calmer les marchés, aucune proposition pour relancer la croissance. L'Europe a été plus divisée que jamais". "Cameron a simplement défendu des intérêts nationaux", a-t-il décrypté, parlant d'un Europe à plusieurs vitesses.


Au nom des la Gauche unitaire, l'Allemand Lothar Bisky a estimé que le sommet n'avait permis aucune percée. Il a plaidé pour l'introduction d'une taxe sur les transactions financières et l'interdiction des produits financiers dangereux. Les politiques néolibérales ont, selon lui, provoqué la crise et ce ne sont pas les mesures d'austérité qui relanceront la croissance.


Enfin, pour le Britannique Nigel Farage (Europe de la liberté et de la démocratie), "quelque chose a changé vendredi : la Grande Bretagne va réussir la grande évasion". Il estime que "Cameron a libéré un élan irrésistible vers un référendum" sur la participation du Royaume-Uni à l'UE.