Après l'austérité, la croissance - débat sur la crise en plénière 

 
 

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Les orateurs dans l'ordre de leurs interventions, mercredi en session plénière. 

La nécessité de renouer avec la croissance et combattre le chômage - notamment le chômage des jeunes - dans la zone euro a encore été au cœur du débat entre les députés européens et le Président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Ce mercredi 18 avril, de nombreux chefs de groupes politiques ont mis en garde contre le coût social de la crise et exprimé des doutes sur la survie de l'euro, au moins dans sa forme actuelle.

José Manuel Barroso a présenté deux initiatives prises par la Commission européenne. La première (le "paquet emploi") veut donner des conseils sur la création d'emplois, notamment en encourageant les petites et moyennes entreprises (PME) et en soutenant l'économie verte et la santé. La seconde, qui vise à relancer l'économie grecque, prévoit une série de réformes prioritaires : emploi des jeunes, réforme de la taxation...


Le Président de la Commission a appelé les Etats membres à agir vite et assuré qu'il était si nécessaire prêt à les forcer à mettre en œuvre les réformes votées au niveau européen.


Le leader du Parti populaire, le Français Joseph Daul, a rappelé le bon travail fait par l'UE avec la stabilisation de l'économie. "Nous nous sommes équipés de mécanismes de discipline renforcés" pour "redevenir crédibles", s'est-il réjoui. Il a insisté sur le rôle que les PME doivent jouer dans la reprise et appelé à diminuer la bureaucratie qui coûterait 40 milliards d'euros par an.


"On voit trop d'austérité et pas assez de sécurité". Le leader des Socialistes et démocrates, l'Autrichien Hannes Swoboda, a insisté sur la relance. Il a demandé que le paquet emploi soit contraignant pour être efficace contre le chômage et redonner espoir aux jeunes. "Les déclarations ne suffiront pas", a-t-il mis en garde.


Au nom des Libéraux et démocrates, le Belge Guy Verhofstadt a rappelé que, malgré les mesures d'austérité et l'achat massif de dette souveraine, "nous savons tous que la crise n'est pas derrière nous". Il prône une action sur deux fronts : la mise en place de "project bonds" et la mutualisation de la dette. Cette dernière permettrait de faire porter le chapeau aux détenteurs d'obligations et non aux contribuables.


La Verte allemande Rebecca Harms a regretté l'absence du président de la Banque centrale européenne (BCE) lors du débat : elle aurait voulu l'interroger sur la stratégie "contre-productive" de la BCE au cours des deux années écoulées. Elle estime en effet que les milliards engloutis dans le sauvetage des banques n'ont eu aucun impact sur l'économie réelle.


Pour le Britannique Martin Callanan (Conservateurs et réformistes), "la zone euro fait face aux mêmes problèmes qu'avant". Il demande aux dirigeants européens de prendre une décision. "La Grèce doit quitter la zone euro : un enfant de dix ans le comprendrait".


Au nom du groupe Europe de la liberté et de la démocratie, le Britannique Nigel Farage s'est montré extrêmement pessimiste. "L'euro est condamné. (...) Personne ne vous croyait quand vous disiez qu'en serrant les coudes on résoudrait cette crise", a-t-il lancé à Barroso. Il a ajouté qu'il espérait que le Fonds monétaire international arrêterait de prêter de l'argent aux pays de l'UE.


Enfin, le nouveau leader de la Gauche unitaire européenne, l'Allemande Gabriele Zimmer, a estimé qu'on aidait les marchés mais pas les gens. "Il ne fallait pas consolider l'économie et ignorer la vie des citoyens ordinaires. Il fallait faire l'inverse".