Rapport sur la CIA : la torture est inacceptable, il faut enquêter sur la complicité de l’UE 

 
 

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Selon les députés, le piétinement des valeurs fondamentales dans la lutte contre le terrorisme est inacceptable ©BELGAIMAGE/AFP/J. Watson 

Le récent rapport du Sénat américain sur les méthodes d’interrogation de la CIA fait de graves allégations au sujet de l’agence utilisant la torture pour extorquer des informations aux détenus. Lors d’un débat en session plénière sur ce rapport, les députés ont déclaré que le piétinement des valeurs fondamentales dans la lutte contre le terrorisme est inacceptable et demandé qu’une enquête soit ouverte sur la possible complicité des États membres dans ces pratiques.

Benedetto Della Vedova, représentant la présidence italienne du Conseil, a souligné que les États-Unis sont un partenaire important de l’Union européenne (UE) dans la lutte contre le terrorisme. « L’UE s’est engagée à interdire totalement la torture et les traitements inhumains et dégradants », a-t-il déclaré avant d’ajouter que Barack Obama a interdit la torture dès qu’il est devenu Président des États-Unis.


« Ce n’est pas simplement mal, c’est un crime. La torture ne devrait jamais être utilisée », a déclaré le commissaire Dimitris Avramopoulos chargé de la migration, des affaires intérieures et de la citoyenneté. Il a également ajouté que les efforts pour lutter contre le terrorisme doivent respecter le droit international.


« Les droits fondamentaux des personnes sont sacrés et ne peuvent être violés », a déclaré Monika Hohlmeier, députée démocrate-chrétienne allemande, ajoutant qu’on ne peut défendre la torture et les interrogatoires brutaux.


Tanja Fajon, députée démocrate socialiste slovène, a déclaré : « la torture est illégale, immorale et inacceptable. La participation de l’Europe sous n’importe quelle forme dans n’importe quel type d’activité illégale de la CIA est honteuse, indigne de la démocratie, des fondements et des valeurs de l’UE ».


Selon Mark Demesmaeker, député conservateur et réformiste belge, « l’UE dit défendre l’honneur et les valeurs et respecter les droits de l’homme ». Il a souligné que l’UE a perdu une partie de la confiance des citoyens en coopérant avec les programmes de la CIA.


« Non, Monsieur Obama, nous ne pouvons pas tirer un trait sur ça tant que les responsables n’ont pas été traduits en justice », a déclaré Sophie in ‘t Veld, députée démocrate libérale néerlandaise. Elle a également souligné que les pays européens doivent prendre la responsabilité de leur soutien aux programmes de la CIA.


« Cela évoque les pratiques terribles des régimes dictatoriaux », a déclaré Cornelia Ernst, députée allemande membre de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte.


Selon Eva Joly, députée française membre des Verts/ALE, « il n’y a rien de vraiment nouveau dans les 600 pages du rapport du Sénat, seulement des confirmations. Des confirmations de la collaboration de certains gouvernements européens et de l’existence de prisonniers de la CIA sur le sol européenne. Des confirmations de l’inutilité de la torture ».


La députée italienne Laura Ferrara, membre du groupe Europe de la liberté et de la démocratie, a souligné que le rapport ne comprend aucune recommandation pour incriminer les personnes responsables. « Il n’y a rien en temps de paix ou en temps de guerre qui puisse justifier la torture », a-t-elle dit.


« Si vous êtes tellement en colère contre les États-Unis, pourquoi voulez-vous tant vous rapprocher de ce pays ? Car l’UE marche main dans la main avec les USA, tant économiquement que politiquement », a déclaré Krisztina Morvai, députée non inscrite hongroise.