Politique d'asile et d'immigration : « C’est un scandale » 

 
 

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Les députés ont critiqué l’échec des dirigeants européens à trouver des accords concrets sur la gestion des flux migratoires et des demandes d’asile lors d'un débat en session plénière.

Refugiés à Agadez, Niger en juin 2018 © UNHCR/Jehad Nga 

Les députés ont débattu des résultats du sommet qui s’est tenu à Bruxelles les 28 et 29 juin avec Donald Tusk, le Président du Conseil et Jean-Claude Juncker, le Président de la Commission européenne.

Lors de l’ouverture du débat, le Président du Parlement européen Antonio Tajani a rappelé que le Parlement attendait depuis longtemps de pouvoir lancer les négociations sur la réforme du régime d’asile et a exhorté le Conseil à adopter sa position à la majorité qualifiée.

Le Président du Conseil, Donald Tusk a énuméré les différentes propositions en matière d’immigration auxquelles les dirigeants se sont montrés favorables telles que, entre autres, le développement d'un concept de plateformes régionales de débarquement des personnes secourues en mer. 

Le Président de la Commission, Jean-Claude Juncker a, pour sa part, insisté sur la nécessité pour l’Europe de travailler avec les pays du nord de l’Afrique afin de mettre en place des centres de réception. Il a également admis être déçu qu’aucun accord n’ait été trouvé sur la législation proposée par la Commission. « Nous devons accélérer au lieu de freiner ».


Réaction des députés  

Le député socialiste allemand Udo Bullmann a déclaré : « Nous perdons des vies chaque jour et chaque semaine en Méditerranée. Toute vie humaine perdue est une vie perdue de trop. C’est un scandale de ne pas parvenir à régler cette question. »

Selon Raffaele Fitto, député conservateur et réformiste italien, « le vrai problème est que nous sommes incapables de trouver une solution à ce problème ». Selon lui, les propositions avancées sont bien « trop génériques ».

Manfred Weber, député démocrate-chrétien allemand a déclaré : « Jean-Claude Juncker a posé la question suivante : Le verre est-il à moitié vide ou à moitié plein ? Je dirais qu’après le dernier Conseil il était vide mais je suis content d'y voir aujourd'hui quelques gouttes. »

Curzio Maltese, député italien de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique a qualifié le sommet de « mise en scène, de jeu entre d’une part les bons, d’autre part les mauvais avec la rhétorique xénophobe de certains gouvernements. »

Il a également ajouté : « Le Président Tusk a dit que l’UE n’abandonnerait pas l’Afrique. J’aimerais savoir où et quand nous avons parlé des véritables racines, des causes qui sont à l’origine de l’immigration de masse.»

« Avez-vous trouvé un accord sur une nouveau système d’asile ? » a demandé le député démocrate libéral belge Guy Verhofstadt. « Quelle est la position du Conseil ? Nous avons notre position depuis novembre et nous attendons toujours la position du Conseil et pas un mot là-dessus ! ».  

Ska Keller, députée verte allemande a fait part de sa déception concernant l'abscence d'accord sur la réforme du régime d’asile. Elle s’est aussi vivement opposée à la proposition des plateformes de désembarquement. « Les réfugiés seront placés dans ces camps quelque part dans le Sahara et ça sera terminé. Si nous mettons cela en place, nous signons la mise à mort de toute possibilité de demander l’asile en Europe. »

Nigel Farage, député britannique du groupe Europe de la liberté et de la démocratie directe a souligné que « l’Italie a menacé d’engager son véto dans cette procédure à moins qu’ils n’obtiennent quelque chose dans le domaine de la migration » et que « l’accord sur les centres de distribution régionaux pourrait être démantelé en quelques heures ».



« Le compromis qui a été obtenu lors du sommet met fin aux quotas obligatoires et insiste sur le renforcement des frontières extérieures. C’est une défaite pour les commissaires de Bruxelles et pour le couple Macron-Merkel. » selon Nicolas Bay, député français du Groupe Europe des nations et des libertés.