Le Parlement veut lutter contre le harcèlement sexuel en Europe 

 
 

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Le Parlement demande la mise en place de mesures européennes pour lutter contre le harcèlement moral et sexuel au travail ou en ligne. Apprenez-en plus dans notre article.

Pina Picierno, députée démocrate socialiste italienne 

Le 11 septembre, les députés ont adopté une résolution comprenant des mesures pour combattre le harcèlement moral et sexuel dans l’Union européenne. Retrouvez notre entretien avec la rapporteur Pina Picierno, députée démocrate socialiste italienne.

Suite au scandale Weinstein, le harcèlement sexuel est au centre des discussions. Quelle est l’étendue du problème dans l’Union européenne et pourquoi avons-nous besoin d’une approche commune ?

Le mouvement #metoo nous a montré que le problème était bien plus étendu qu’il n’y paraît. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : 55% des femmes dans l’UE ont été victimes de harcèlement sexuel et plus de 20% des jeunes femmes (de 18 à 29 ans) dans l’UE ont subi de multiples formes de harcèlement en ligne au moins une fois. Si on considère que la majorité des filles et femmes ne dénoncent pas ces faits, les chiffres réels sont certainement encore plus élevés. C’est pourquoi nous avons besoin d’une approche européenne. Nous avons besoin d’une définition claire du harcèlement. Sans définition valable au niveau de l’UE, il sera très compliqué d’éradiquer ce problème en raison des différences de perception. Une fois que nous aurons clairement établi ce qu’est le harcèlement (sexuel) nous pourrons traiter le problème plus efficacement et mieux soutenir les victimes.

Les cas de harcèlement sexuel sont souvent passés sous silence et non reportés. Pourquoi ? Quels sont les obstacles auxquels se heurtent les victimes et quelles solutions peut-on apporter ?

La plupart du temps, les filles et les femmes ont peur de dénoncer ces violences. Elles en ont honte ou ont peur d’être tenues pour responsables ou même, peur de perdre leur emploi si le harcèlement a lieu sur le lieu de travail. Une des solutions est de mieux former les forces de l’ordre et les autorités judiciaires. Il faut aussi développer des procédures fortes et indépendantes sur les lieux de travail, dans les universités et les écoles afin que les femmes puissent facilement dénoncer ces violences.

Internet, les réseaux sociaux, les forums sont souvent le théâtre de violences et de harcèlement. Quelles mesures proposez-vous pour lutter contre le harcèlement en ligne ?

Nous avons besoin d’une définition claire de l’espace publique afin d’y inclure les réseaux sociaux, les blogs, les chats, où ces violences sont bien présentes. Les autorités auront alors moins de difficulté à traduire les auteurs en justice et à aider les victimes. La vengeance pornographique (revenge porn), la diffusion de matériel explicite sans consentement ont des conséquences psychologiques terribles menant parfois au suicide dans certains cas. C’est pour cela que je propose d’inclure dans le prochain budget de l’UE un projet pilote pour la mise en place d’un service d’aide en ligne qui aiderait toute fille ou femme subissant des violences en ligne.

Nous demandons aussi à la Commission d’élargir la définition de discours haineux illégal, en ligne et hors ligne, et d’y inclure la misogynie.

Enfin, nous demandons aussi dans ce rapport, une collecte systématique de données ventilées par sexe et par âge, des données comparables sur le harcèlement, afin d’avoir une vision claire de son évolution.