Visas humanitaires : réduire le nombre de victimes et lutter contre les trafics  

 
 

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Afin de protéger les demandeurs d’asile essayant d'atteindre les côtes européennes, le Parlement demande la création d’un nouveau système européen de visas humanitaires.

Interview avec Juan Fernando López Aguilar 

La proposition, approuvée par les députés le 11 décembre, appelle la Commission à déposer une législation permettant aux personnes en quête d’une protection internationale de demander un visa dans une ambassade européenne ou dans un consulat européen. Apprenez-en davantage en lisant notre interview de Juan Fernando López Aguilar, auteur du rapport et député démocrate socialiste espagnol.


Pouvez-vous nous présenter vos propositions concernant la création d’un visa humanitaire européen  ?


Plus de 90% des demandeurs d’asile en Europe sont arrivés par des moyens irréguliers et nous devons nous demander pourquoi. Car ils n’avaient aucune alternative légale pour arriver dans l’Union européenne. Grâce à nos propositions, vous aurez le droit d’être entendu, sans risquer votre vie et sans vous exposer, vous et vos proches, au trafic illégal d’êtres humains.

Vous recevrez un permis limité territorialement pour entrer dans un certain État membre afin d’y demander asile. Vous pourrez le faire dans une ambassade ou dans un consulat de l’Union européenne ou dans une délégation européenne à l’étranger. Ça sera une solution pour ceux qui, actuellement, n’ont pas d’autre choix que celui de s’exposer aux trafics illicites. Souvenez-vous qu’au moins 30 000 personnes ont péri en Méditerranée ces cinq dernières années.

À qui ces visas seront-ils octroyés ?


Ils seront octroyés dans plusieurs cas, par exemple à une famille appartenant à une communauté religieuse sujette à des persécutions ou à la violence systémique. Comme par exemple pour des Chrétiens en Syrie ou en Irak, ou pour des non musulmans en Afghanistan, également pour les personnes LGBT dans la plupart des pays musulmans ou encore pour des communautés ethniques en danger.


Si ce projet est adopté par le Parlement, quelle sera l’étape suivante ?


Comme il s’agit d’un rapport d’initiative, il n’est pas directement question de loi contraignante. C’est un appel à la Commission à proposer une législation pour régler cette question.


Des enquêtes récentes montrent que l’immigration reste un sujet préoccupant pour les Européens. Quelles sont les autres propositions du Parlement ?


La première chose à faire est de bien faire la distinction entre les faits et les perceptions. Il existe une idée largement répandue comme quoi l’immigration serait hors de contrôle, ou encore une invasion agressive de l’Union européenne, un cheval de Troie. Il n’existe aucune preuve qui soutienne ce point de vue. Par contre, c’est un fait : les arrivées ont considérablement décliné.

Nous sommes mandatés pour agir avec solidarité et pour partager cette responsabilité aux moyens d’un régime d’asile européen commun. Le Conseil est le lien manquant dans le processus décisionnel de l’Union européenne. Le Parlement a fait de son mieux pour élaborer des législations dont la réforme du règlement de Dublin, qui entraîne une répartition extrêmement inégale des responsabilités. Nous avons besoin d’un système européen commun pour traiter les demandes d’asile et pour ne pas surcharger les pays en bord de Méditerranée.


Suivez le débat lors de la session plénière le 13 novembre. Le vote aura lieu le lendemain.