Claude Moraes : trouver un équilibre entre surveillance et respect de la vie privée  

 
 

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Le député démocrate socialiste britannique Claude Moraes 

Les révélations d'Edward Snowden sur les programmes de surveillance de masse ont mis le sujet sur le devant de la scène. Cette semaine, la surveillance était à nouveau à l'agenda du Parlement européen avec un vote en commission des libertés civiles et un débat en plénière autour de l'accord « Safe Harbor ». Nous avons rassemblé vos questions sur la page Facebook du Parlement et les avons soumises à Claude Moraes, le Président de la commission des libertés civiles.

Le Parlement européen suit de près les questions liées à la surveillance. Le sujet était à l'ordre du jour d'une réunion de la commission des libertés civiles mardi. Les députés se sont aussi penchés lors de la session plénière d'hier sur l'arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne qui déclare invalide l'accord « Safe Harbor » sur les échanges de données entre l'Union européenne et les États-Unis.

 

Nous avons reçu de nombreuses questions sur la façon dont les différentes cours peuvent protéger notre vie privée. Quel impact l'arrêt concernant Safe Harbor aura-t-il sur la surveillance de masse et la protection des données ?

 

Le jugement de la Cour européenne de justice est sévère. Il déclare que le Safe Harbor doit tout simplement cesser parce que les normes en matière de protection des données dans l'Union européenne sont beaucoup plus élevées qu'elles ne le sont aux États-Unis.


Toutes nos données, qu'elles proviennent de notre compte Facebook, de nos recherches Google ou de nos transactions financières, sont toujours envoyées aux États-Unis, mais selon des dispositions différentes. Les entreprises concernées vont devoir prendre de nouvelles dispositions pour mieux protéger nos données.

 

Beaucoup de personnes s'interrogent sur la surveillance mise en place par leurs propres gouvernements ou par Europol. Qu'avez-vous à leur répondre ?


Il est vrai que, suite à une enquête sur la surveillance de masse, certaines inquiétudes ont été exprimées quant à l'espionnage opéré par nos propres gouvernements et nos services de renseignement. Pourtant, nous avons ici en Europe des normes plus strictes en matière de protection de la vie privée. Nous souhaitons mettre en place des règles plus rigoureuses qu'aux États-Unis.


Il est très important d'avoir des services de renseignement. Leur travail est extrêmement important pour nous protéger des menaces extérieures, du terrorisme et de toute autre menace de sécurité. Mais il est tout aussi important d'avoir une structure en charge de la responsabilité, afin que ces services n'outrepassent pas leurs pouvoirs et qu'ils n'envahissent pas notre vie privée lorsque cela n'est pas nécessaire.

 

Dans quelle mesure sommes-nous surveillés, ou pourrions-nous être surveillés, sur les réseaux sociaux ?


Je pense qu'aujourd'hui, les gens acceptent que leurs comportements sur les réseaux sociaux soient surveillés. Ce dont ils ne sont pas au courant, c'est la manière dont cela est réalisé. Grâce à notre enquête sur la surveillance de masse ici au Parlement européen, nous avons découvert ce qui se passe réellement, même si nous nous doutions déjà de beaucoup de choses auparavant. Nous en avons appris encore davantage avec les révélations d'Edward Snowden.


Pour les citoyens qui savent plus ou moins que leurs conversations, leurs courriels et leurs métadonnées sont accessibles, la véritable question est la suivante : ces données sont-elles accessibles pour de bonnes raisons, à des fins de lutte contre une menace terroriste par exemple ?


Les preuves s'accumulent : l'équilibre entre vie privée et sécurité se dirige vers la mauvaise direction. Pour revenir en arrière, il faut comprendre la technologie, s'assurer que nous avons les bons contrôles, un certain équilibre et des structures en charge de la responsabilité.