Financement du terrorisme : s’attaquer à la logistique 

 
 

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Pour lutter contre le financement du terrorisme, les députés se concentrent sur le blanchiment d’argent et le crime organisé. Découvrez les propositions de Javier Nart dans notre interview.

Javier Nart 

Javier Nart, député démocrate libéral, veut faciliter le partage de renseignements sur les sources de financement pour les forces l’ordre de l’UE. Les députés ont débattu et ont voté en faveur de son rapport le 1er mars.

 

 Le député espagnol nous en dit plus dans notre interview.

Quel est l’élément essentiel de votre rapport ?

 

Toute activité criminelle est basée sur la logistique, donc si nous nous attaquons à cet aspect, nous réglons le problème. Je propose des moyens de combattre les soutiens logistiques au djihadisme.

 

La première approche est de prévenir ces crimes et de protéger toutes les communautés. La majorité des communautés victimes de ces attaques est musulmane. Le terrorisme fait 200 fois plus de victimes musulmanes que non musulmanes.

 

 

Quelles mesures concrètes proposez-vous ?

 

Tout d’abord, il faut améliorer l’échange de renseignements en créant une plateforme sur laquelle les services de renseignement pourront interagir régulièrement. En plus de cela, créer une base de données via laquelle les services de renseignement pourront partager leurs informations sur une base volontaire.

 

Ensuite, il est important d’enquêter sur les transactions financières, tout en respectant la protection de la vie privée. Nous devons trouver un équilibre entre liberté et sécurité. Nous allons nous donner les moyens d’enquêter sur les transferts d’argent suspects de la part de personnes ou d’institutions suspectes. 

 

Comment ça fonctionnerait ?

 

Il faut renforcer les contrôles sur les moyens traditionnels de transfert d'argent, tels que la coutume arabe informelle d'hawala (utilisée dans les pays arabes et d’Asie du Sud). Il ne faut pas l'interdire mais les personnes l’utilisant devraient tenir un livre de compte indiquant qui envoie l'argent et à qui il est transféré.

 

En plus des transferts d’argent, nous devons nous intéresser au trafic d’or, de pierres précieuses et d’œuvres d’art car il s’agit également de moyens qui permettent de financer le terrorisme.

 

Aujourd’hui, nous avons des lois différentes dans tous les Etats membres concernant le marché de l’or et des pierres précieuses. Nous devons les harmoniser. Nous ne pouvons pas réagir au terrorisme État par État alors que nous  faisons face à des actions criminelles supranationales.

 

Nous devons avoir une approche holistique, une action coordonnée et harmonisée contre le financement du terrorisme.