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L'Alliance pour les enfants vise à intégrer la protection des mineurs dans la conception de toutes les politiques européennes. ©BELGA_BELPRESS_Philippe Turpin 

Les enfants représentent un tiers de la population mondiale mais ils ne figurent pas toujours au premier rang des priorités des responsables politiques. Le traité de Lisbonne introduit la protection des mineurs comme un objectif à poursuivre dans toutes les politiques de l'Union européenne. Consciente du rôle du Parlement européen en la matière, l'Italienne Roberta Angelilli (Parti Populaire européen) a pris l'initiative de constituer une « Alliance pour les enfants ».

Pourquoi avez-vous créé ce groupe et qui va y participer ?


Roberta Angelilli : L'objectif de l'Alliance est de défendre les mineurs dans les politiques internes et externes et intégrer leurs droits dans toutes les actions et programmes de l'Union européenne (UE). Le groupe a le soutien de l'UNICEF et d'autres organisations non gouvernementales (ONG) engagées dans la défense des enfants. Il est aussi soutenu par les présidents de sept commissions parlementaires du Parlement européen. 


Maintenant, nous voulons réunir davantage de députés européens car le Traité de Lisbonne et la Charte des droits fondamentaux reconnaissent les enfants comme des citoyens de l'UE à part entière. Nous voulons transposer ce principe en droit.


Quelle sera votre priorité ?


RA : La liste est longue, mais la première est de discuter de la récente communication de la commissaire Reding sur la « justice adaptée aux enfants » [le « Programme de l'Union européenne en matière de droits de l'enfant » propose 11 mesures pour la protection des enfants, ndlr].


Ce programme comprend des mesures sur l'enlèvement des mineurs, sur les enfants non accompagnés, sur la protection au sein de la famille et sur l'aide aux enfants victimes de violence.


Les enfants sont vulnérables. En Europe, ils sont plus chanceux que dans le reste du monde. Avez-vous prévu de travailler aussi pour les mineurs dans les pays en développement ?


RA : En Europe, il y a beaucoup de problèmes qui doivent encore être résolus : les enfants qui quittent l'école prématurément (nombre en augmentation), les enfants Roms, les enfants non accompagnés et les nouvelles formes de pauvreté qui affectent en premier lieu les enfants.


Bien sûr, dans le reste du monde il y a également des problèmes énormes, des enfants-soldats au crime organisé en passant par le travail des enfants. Nous travaillerons sur ces cas avec les ONG afin de promouvoir des programmes et des politiques dans les pays en développement. Mais nous devons commencer par l'Europe parce que nous pouvons imposer des obligations aux États membres.


L'interview a été réalisée en italien.

Quelques chiffres 
  • 1,2 milliards d'adolescents (10-19 ans) dans le monde 
  • 9 sur 10 vivent dans les pays en développement 
  • La moitié des personnes victimes de trafics d'êtres humains sont des enfants 
  • La ligne téléphonique de l'UE pour les enfants disparus est le 116 000