Giovanni La Via : pour une entrée en vigueur rapide de l’accord de Paris  

 
 

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Le député démocrate-chrétien italien Giovanni La Via a mené la délégation du Parlement européen à la COP21 

Le Parlement réuni en plénière a donné aujourd’hui son approbation à la ratification par l’Union européenne de l’accord mondial sur le changement climatique de Paris. À cette occasion, le Secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon et la Présidente de la COP21 Ségolène Royal étaient aussi à Strasbourg. Le texte, conclu en décembre dernier, peut maintenant entrer en vigueur. Avant le vote au Conseil, nous avions rencontré le Président de la commission de l’environnement Giovanni La Via.

L’accord de Paris

 

L’accord de Paris sur le climat, conclu le 12 décembre 2015, définit un plan d’action afin de maintenir l'augmentation de la température moyenne mondiale bien en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels. Le texte pourra entrer en vigueur 30 jours après avoir été ratifié par 55 pays représentant au moins 55 % des émissions mondiales. Alors que la première condition était déjà remplie, la ratification par l’Union européenne a permis de remplir la seconde.


Notre entretien avec Giovanni La Via, député démocrate-chrétien italien et Président de la délégation du Parlement à la COP21, a été publié le 29 septembre dernier, à la veille de l’adoption de l’accord par le Conseil européen.

 

L’Union européenne a-t-elle été dépassée par d’autres acteurs tels que la Chine ou les États-Unis en matière de politique climatique ? Comment le Parlement européen peut-il montrer la voie ?


Oui, car nous avons perdu beaucoup de temps. Après l’assemblée générale des Nations unies et la semaine du climat à New-York, 60 pays représentant 47,7 % des émissions totales de gaz à effet de serre ont ratifié l’accord de Paris.


Nous faisons en sorte d’assurer une entrée en vigueur rapide de l’accord. La première étape au Parlement européen est un vote en commission de l’environnement. Ensuite, l’ensemble des députés se prononceront sur le texte lors de la session plénière qui se tiendra du 3 au 6 octobre.


Une ratification par l’Union européenne dans les temps enverrait ainsi un signal fort et soulignerait la volonté de l’Union et de ses États membres de poursuivre leurs efforts pour lutter contre le changement climatique à l’échelle mondiale. Nous ne pouvons pas passer à côté de cette opportunité.  

 

Quels sont les grands points de l’accord de Paris ? Que signifieront concrètement ces mesures pour les citoyens, mais aussi pour l’industrie ?


L’objectif principal de l’accord de Paris est de maintenir l’augmentation de la température mondiale bien en dessous de 2 degrés au cours du siècle. Pour y parvenir, nous devons réduire substantiellement nos émissions de gaz à effet de serre.


En conséquence, nous menons de nouveaux travaux législatifs sur la question du climat. En ce qui concerne par exemple la réduction des émissions dans les secteurs non-ETS, nous travaillons sur le partage des efforts afin de décider comment contribuer au mieux à cet objectif et répartir les charges entre les 28 États membres.


Nous devons nous pencher sur l’efficacité énergique et les énergies renouvelables afin de réduire la production de gaz à effet de serre. Il faut également trouver une manière de stocker de manière durable le CO2 dans le sol, ou autre part. Toutes ces mesures ne doivent toutefois pas mettre à mal notre compétitivité.


La COP22 se tiendra à Marrakech, au Maroc, du 7 au 18 novembre. Quels seront les enjeux de cette nouvelle conférence ?


Nous débuterons le processus de mise en œuvre de l’accord. Nous prévoyons de faire des progrès significatifs sur des éléments clés du texte, tels que sur un cadre de transparence renforcé et un mécanisme visant à faciliter la mise en œuvre des objectifs.


L’Union européenne a en quelque sorte fait ses devoirs en publiant de nouvelles propositions et en mettant en pratique certaines idées. Des initiatives telles que le partage des efforts, la proposition sur l’utilisation des terres, leurs changements et la forêt, sur la réforme sur les déchets, le paquet sur l’économie circulaire ou encore la réforme du système d’échange de quotas d’émissions sont autant de premières étapes vers notre objectif. Nous avons désormais besoin d’efforts à l’échelle internationale.