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Les députés réunis en plénière à Strasbourg débattront ce mercredi 14 juin de la décision du Président américain Donald Trump de se retirer de l’accord de Paris sur le changement climatique.

Adina-Ioana Valean est Présidente de la commission de l'environnement 

Nous avons rencontré la Présidente de la commission parlementaire de l’environnement Adina-Ioana Vălean afin d’en savoir plus sur les conséquences possibles de ce retrait et le rôle de l’Union européenne en matière de changement climatique.

À quel point l’accord de Paris est-il fragilisé après la décision du Président américain Donald Trump ?

La faiblesse de l'accord de Paris tient essentiellement à son caractère volontaire : sa mise en œuvre dépendra surtout de l'évolution future de l'économie mondiale. Le danger serait de placer l’économie au-dessus de nos engagements pour la planète. Il s’agit d’une approche très conservatrice, mais facile à expliquer aux gens et attrayante pour de nombreux responsables politiques à travers le monde.

Je souhaite que, dès à présent, davantage de fonds soient mobilisés. Les États-Unis contribuent déjà au Fonds vert pour le climat alors que les autres signataires ont jusqu’à présent simplement fait part de leur intention d’y participer après la période de mise en œuvre initiale de l’accord de Paris. L’Union européenne doit également y contribuer. Nous prouverions ainsi que nous sommes prêts à respecter nos engagements.

Nous devons traduire nos paroles en actes, faute de quoi l’accord de Paris ne restera qu’un moment de notre histoire où nous avons décidé d’agir pour lutter contre le changement climatique sans finalement y parvenir.

Adina-Ioana Vălean  
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Quelles pourraient être les conséquences pour les pays tiers du retrait américain ?

Cela dépend beaucoup de l’interdépendance de leurs économies avec celle des États-Unis. La concurrence industrielle augmente quand de solides relations économiques existent, lorsque les entreprises sont soumises à une forte réglementation en raison de la législation liée au changement climatique et si les entreprises américaines ne sont pas confrontées au même cadre réglementaire. 

C’est la raison pour laquelle j’estime que la Commission européenne doit se pencher sur ce potentiel déséquilibre économique dans le cadre des relations transatlantiques.

Au-delà des relations entre l’Union européenne et les États-Unis, il reste à voir à quel point les pays tiers souhaitent respecter leurs engagements. Nous savons tous qu’il existe bien souvent un fossé entre les déclarations politiques et les réalisations effectives.

Quelles devraient être les prochaines actions de l’Union européenne en matière de changement climatique ?

Nous devons faire preuve d’une diplomatie climatique très active pour que les autres signataires restent en conformité avec leurs engagements pris.

Les États-Unis ont toujours été un partenaire naturel et nous nous retrouvons en quelque sorte seuls. L’avenir sera sans doute difficile mais l’Union européenne dispose d’une longue expérience en matière de collaboration avec d’autres pays sur la question du changement climatique. 

Il faudra néanmoins réagir rapidement sur la question de l’économie. Les économies américaine et européenne sont très interdépendantes et ce fossé entre nous aura des conséquences importantes sur la compétitivité de nos entreprises.

Il faut à mon avis accélérer la transition vers une économie à faible émission de carbone. Toute transition est difficile mais plus tôt nous l’aurons atteinte, meilleures seront les opportunités pour notre économie.

Éléments clés de l'accord de Paris 
  • Contenir l'augmentation de la température de la planète nettement en dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels 
  • Poursuivre les efforts afin de limiter la hausse des températures à 1,5°C par rapport aux niveaux préindustriels 
  • Tous les cinq ans, à compter de 2023, les pays devront revoir leurs objectifs et leurs contributions