Turquie : vers une réévaluation des relations avec l’Union européenne ? 

 
 

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Des inquiétudes concernant le respect des droits fondamentaux poussent l'UE à repenser ses relations avec la Turquie. Quel est le statut de la coopération? Que proposent les députés?

Des échanges commerciaux à l’OTAN, l’UE et la Turquie ont bénéficié d’une relation productive dans bien des domaines ces dernières décennies.

Cependant, la relation s'est considérablement refroidie à cause des inquiétudes croissantes concernant le respect de l’État de droit, l’état de la démocratie et de la liberté de la presse en Turquie.

Les récentes interventions militaires turques en Syrie sont également très inquiétantes.  

Suite à ces derniers développements, comment l’UE et la Turquie peuvent-elles travailler ensemble? Retrouvez un aperçu général des relations UE-Turquie ci-dessous.

 

Adhésion à l’Union européenne : suspension des négociations d'adhésion ?

La Turquie a déposé une demande d'adhésion à l'Union européenne en 1987 et a été reconnue comme pays candidat en 1999. Les négociations ont débuté en 2005 et jusqu’à présent, seuls 16 chapitres sur 35 ont été clos.  

En réponse au coup d’État avorté de juillet 2016 et à la répression par le gouvernement turc à l’égard de la presse notamment, le Parlement européen a appelé en novembre dernier à un gel des négociations.

Les députés ont réitéré leur demande de suspension des négociations dans une résolution adoptée en juillet 2017 à cause des fortes inquiétudes  concernant la situation des droits de l’homme dans le pays. Même si ces résolutions ne sont pas contraignantes, elles envoient un signal fort.

Les députés débattent régulièrement de la situation dans le pays. Le dernier débat, datant du 6 février, traitait de la situation des droits de l’homme en Turquie et de l'opération militaire turque à Afrine, en Syrie.

Durant le débat, Kati Piri, députée démocrate socialiste hollandaise et rapporteur pour la Turquie, a déclaré :  « Nous, au Parlement, attendons de l’UE qu’elle se fasse clairement entendre sur la question des droits de l’homme en Turquie. Non seulement parce que ce sont les valeurs sur lesquelles notre Union repose et que la Turquie, en tant que candidate à l’adhésion, devrait les respecter, mais également parce que nous risquons de perdre en crédibilité et de perdre le soutien de la majorité de la société turque si nous ne nous battons pas pour leurs droits durant cette période sombre. »

 

Accord d’association : une alternative à l’adhésion à l'UE

 

L'Union européenne peut conclure des accords d'association avec les pays voisins, comme elle l'a fait par exemple avec l'Islande et la Tunisie. Ces accords offrent un cadre pour une coopération étroite au niveau économique et politique.

L’UE demande généralement à ce que des réformes soient mises en place pour améliorer la situation des droits de l’homme dans le pays et pour rendre son économie plus robuste. En échange, le pays peut bénéficier d’assistance technique ou financière ainsi que d'une exonération de droits de douane pour certains produits.

 

L’UE dispose déjà d’un accord d'association avec la Turquie, mais certains députés voient en un nouvel accord une alternative à leur adhésion à l’UE.

Le Président turc Erdogan après la publication des premiers résultats du référendum - ©Yasin Bulbul/AP Photos/Union européenne-PE 

Vers une coopération économique plus étroite


En décembre 2016, la Commission européenne a proposé de mettre à jour les règles liées à l’union douanière avec le pays et d’étendre les relations bilatérales commerciales. Une fois les négociations terminées, l’accord devra être approuvé par l’ensemble des députés pour pouvoir entrer en vigueur.

L’Union européenne est de loin le plus grand partenaire commercial de la Turquie en matière d’exportations.

Autres formes de coopération 

La Turquie et la majorité des pays de l'Union européenne sont membres de l'OTAN. En plus de cela, ils travaillent ensemble sur des questions comme l'immigration. En mars 2016, les États membres et la Turquie se sont entendus sur un accord sur les migrants, qui a eu pour conséquence une réduction significative du nombre de réfugiés rejoignant l'Europe de manière illégale.

Apprenez-en plus sur la réponse de l’UE face à la crise migratoire.

Cet article a été publié le 27 avril 2017 et a été mis à jour le 8 février 2018.