Situation en Turquie : « L’Union européenne doit réagir » 

 
 

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Le Parlement a voté ce 6 juillet en faveur d'une suspension des négociations d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne si les changements à la Constitution proposés sont maintenus.

Les députés viennent d'adopter une résolution soulignant que les négociations d'adhésion doivent être suspendues si les changements proposés à la Constitution, contraires aux valeurs de l'Union européenne, sont adoptés.

Le Parlement se montre particulièrement inquiet face aux récents développements dans le pays, en particulier la possible réforme constitutionnelle qui accorderait davantage de pouvoirs au Président Erdogan.

Nous avons rencontré Kati Piri, députée socialiste démocrate néerlandaise en charge du rapport.

Quelles sont les lignes rouges du Parlement européen ? Quelles pourraient être les conséquences d’un gel des négociations ?

Si la Turquie réintroduit la peine de mort, si elle met en œuvre la réforme constitutionnelle, il ne peut y avoir d’autre conséquence qu’une fin des discussions au sujet de son adhésion à l’Union européenne. Cela ne signifie pourtant pas que nous devrions arrêter toute forme de coopération.

L’impact financier d’une suspension des négociations pourrait s’élever à plusieurs centaines de millions d’euros par an. Le Parlement demande qu’en cas de gel des pourparlers, cet argent soit directement utilisé pour soutenir la société civile turque.

Politiquement, si nous en venons à cette décision, cela signifie que soixante années de rapprochement de la Turquie vers l’Union européenne se terminent brutalement. 

La Turquie reste un partenaire essentiel de l’Union européenne en matière d’immigration ou de lutte contre le terrorisme. Comment maintenir une coopération significative ?

La Turquie reste en effet, en dépit des politiques menées par ce gouvernement, un partenaire essentiel dans de nombreux domaines. C’est la raison pour laquelle le Parlement européen ne demande pas un arrêt complet de toute coopération.

L'Europe travaille main dans la main avec de nombreux pays dans le monde qui ne mènent pas des négociations d’adhésion. Nous essayons également de conclure des accords au sujet de l’immigration avec des États qui ne sont même pas situés sur le continent européen.

Comment l’Union européenne peut-elle promouvoir la démocratie et les droits de l’homme en Turquie ?

L’Union européenne doit changer sa politique actuelle. Pour l’instant, les dirigeants européens, contrairement au Parlement européen, ont choisi d’attendre et d’espérer que les choses s’arrangent d'elles-mêmes. Ils ne posent pas de limites et encouragent ainsi l’autoritarisme dans le pays.

Nous ne pouvons pas nous contenter d’attendre et d’échanger gentiment avec le Président Erdogan alors que la situation se dégrade de jour en jour. L’Union européenne doit réagir, et c’est ce que fait le Parlement européen.