Le Parlement réclame la fin des persécutions des Rohingyas 

 
 

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400.000 réfugiés Rohingyas ont fui le Myanmar pour le Bangladesh le mois dernier. Le Parlement européen appelle le gouvernement birman à cesser l'oppression de cette minorité.

Des musulmans Rohingyas marchent vers le rivage à Shah Porir Dwip au Bangladesh - 14 septembre 2017.©Dar Yasin/AP Photos/European Union-EP 

Les Rohingyas sont une minorité musulmane au Myanmar qui ont été privés de nationalité, doivent faire face à des restrictions de leur liberté de mouvement, de leurs droits politiques ainsi que de l'accès aux soins de santé et à l'éducation, et qui sont victimes de travail forcé et de violences sexuelles. A la suite d'une attaque en août de postes de police et d'une base de l'armée dans l'état d'Arakan par des dissidents Rohingyas, la population est confrontée à une violente répression militaire qui a causé l'exil de pratiquement la moitié des civils Rohingyas d'Arakan (400.000 sur 1 million).

Ces dernières années, le Parlement européen a adopté de nombreuses résolutions condamnant les traitements infligés à cette communauté. La semaine passée, les députés ont appelé dans une résolution approuvée en séance plénière les "forces militaires et forces de sécurité au Myanmar à cesser immédiatement les meurtres, le harcèlement et les viols de Rohingyas, ainsi que l’incendie de leurs maisons". Ils ont également appelé les autorités birmanes à garantir l'accès à des observateurs indépendants pour enquêter sur "les allégations de violations graves des droits de l’homme par toutes les parties", et pressé "la Commission et les États membres à accroître le soutien matériel et financier en faveur de ces réfugiés".

Une situation dramatique

"La situation au Myanmar est dramatique. Le Parlement européen condamne le comportement des autorités birmanes et appelle le Bangladesh à garder ses frontières ouvertes. Le Parlement et l'Europe peuvent également utiliser le levier des politiques commerciales dans les relations bilatérales", estime Pier Antonio Panzeri, député socialiste italien et président de la sous-commission parlementaire des droits de l'homme.

Pressions politiques et financières

"L'Union européenne a condamné publiquement les récentes attaques envers les Rohingyas, et continuera d'exercer des pressions politiques et financières pour aider à mettre fin à cette situation, considérée par les Nations-Unies comme de « l'épuration ethnique »", a déclaré Werner Langen, député démocrate-chrétien allemmand et président de la délégation pour les relations avec les pays d'Asie du Sud-Est et l'Association des nations d'Asie du Sud-Est (ANASE).

Une visite au Myanmar d'une délégation de députés de la commission parlementaire du commerce international a récemment été postposée de manière indéterminée, suite aux récents développements dans le pays.

En 2013, l'Union européenne avait levé toutes les sanctions envers le Myanmar, à l'exception de l'embargo sur les ventes d'armes, à la suite de réformes politiques mises en place dans le pays après 50 ans de dictature militaire.

Aung San Suu Kyi

Dans une résolution approuvée jeudi dernier, les députés ont appelé Aung San Suu Kyi, conseillère d'Etat au Myanmar, Prix Nobel de la Paix et lauréate du Prix Sakharov du Parlement européen en 1990, à mettre fin aux hostilités envers les Rohingyas. Dans cette résolution, les députés évoquent également la possibilité de révoquer le Prix Sakharov si les lauréats cessent de respecter les valeurs liées au prix - notamment le respect des droits de l'homme et la protection des minorités. "Je suis surpris qu'elle ferme les yeux sur la situation, une attitude qui favorise la perpétration de cette violence", a déclaré Pier Antonio Panzeri.