Venezuela : le Parlement européen ne reconnaîtra que des élections justes et transparentes 

 
 

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Les élections au Venezuela prévues pour le 20 mai devraient être suspendues jusqu’à ce que des conditions pour des élections crédibles, transparentes et inclusives soient réunies.

Venezuela : Les députés demandent des élections justes et transparentes ©EP/AP Images/Ariana Cubillos 

Les députés ont appelé à la suspension immédiate des élections présidentielles dans une résolution approuvée le 3 mai par 492 votes contre 87.

Des élections justes

Le Parlement européen a averti le régime de Maduro qu’il reconnaîtrait uniquement des élections respectant des conditions de participation équitables, justes et transparentes.

Les députés ont déclaré que les prochaines élections ne seraient pas reconnues si le régime vénézuélien ne levait pas les interdictions de participation aux opposants politiques, refusait de libérer les prisonniers politiques et n’adoptait pas les garanties nécessaires pour qu’un processus électoral démocratique soit mis en place.

« Des élections qui ne garantissent pas le respect des principes fondamentaux de la démocratie sont illégitimes et ne peuvent donc pas être soutenues par la communauté internationale et par l’Union européenne en particulier. C’est pourquoi l’unique solution est de suspendre les élections jusqu’à ce que leur indépendance et leur pluralisme puissent être totalement assurés » a déclaré Francisco Assis, député démocrate socialiste portugais et Président de la délégation pour les relations avec le Mercosur.

 

La situation

Le Venezuela fait face à une sérieuse crise politique et économique. Des millions de vénézuéliens ont été livrés à eux-mêmes à cause de l’inflation croissante, devant se battre pour survivre, acheter de quoi se nourrir et se soigner. L’opposition, lauréate du Prix Sakharov 2017, s’est vue empêchée de se présenter aux élections.

Ce n’est pas la première fois que le Parlement européen appelle le gouvernement vénézuélien à remédier à la détérioration des droits de l’homme, de la démocratie et de l’état de droit dans le pays.

En 2017, les députés ont condamné la décision de la Cour suprême du Venezuela de suspendre les pouvoirs de l’Assemblée nationale et ont accusé le régime de réprimer les dissidents par la violence.

En février 2018, les députés ont demandé que les sanctions soient étendues au Président Nicolas Maduro et aux chefs militaires, les considérant comme responsables de la crise au Venezuela.

En avril, le Président du Parlement européen Antonio Tajani a souligné qu’un gouvernement légitime, élu de manière juste et transparente, aurait pour tâche de restaurer l’état de droit, de résoudre la  polarisation croissante au Venezuela et de faire face à la crise migratoire. Près de 2 millions de personnes ont fui le pays.

Francisco Assis a déclaré : « appeler à des élections maintenant montre que Nicolas Maduro n’est pas intéressé par le dialogue et la réconciliation, qui sont pourtant des éléments indispensables pour parvenir à une stabilisation politique et sociale et pour contrer efficacement la crise humanitaire qui touche actuellement des millions de vénézuéliens.»