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Session plénière du 9 au 12 mai 2011

Les députés s'opposent à la réintroduction de frontières internes dans l'espace Schengen

 
Schengen debate on 10 of May 2011   Schengen debate on 10 of May 2011

L'arrivée soudaine de milliers de migrants en provenance d'Afrique du Nord a amené la France et l'Italie à plaider pour la réintroduction de frontières intérieures dans l'espace Schengen, arguant de « circonstances extraordinaires ». Lors d'un débat mardi 10 mai, les députés ont relativisé l'afflux d'immigrants et se sont, dans leur grande majorité, opposés à toute révision des règles de Schengen.


La Hongroise Enikő Győri, au nom de la présidence du Conseil de l'UE (représentant les Etats membres), a expliqué que la crise actuelle obligeait à « repenser la gestion des frontières ». Elle s'est prononcé en faveur de la réintroduction temporaire de contrôles aux frontières et a annoncé que les Etats se réuniraient bientôt pour préparer le Sommet européen de juin sur le sujet.


« La liberté de mouvement est à l'Europe ce que les fondations sont à un bâtiment : enlevez-les et toute la structure s'effondre », selon le Président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Il a précisé que la réintroduction de contrôles aux frontières était possible dans le cadre de Schengen, mais cela est réservé à des « circonstances exceptionnelles », qui ne sont pas avérées actuellement. Pour lui enfin, « l'immigration est un défi proprement européen, qui nécessite donc une réponse européenne ».


Au nom du Parti populaire, l'Allemand Manfred Weber a rappelé que Schengen était l'une des plus grandes réussites de l'Europe et que « les citoyens peuvent s'en rendre compte quand ils voyagent ». Le Parlement doit défendre le principe de libre circulation : la Suède a accueilli pendant longtemps 25 000 réfugiés par an sans que l'Europe ne remette en cause les acquis de Schengen.


25 000, c'est le nombre d'immigrants qui ont traversé la Méditerranée, selon Martin Schulz (Socialistes et démocrates). Il n'y a donc pas lieu de s'inquiéter car le système Schengen dispose des moyens nécessaires pour faire face à une telle situation. Selon l'Allemand, la France et l'Italie ont créé le problème de toutes pièces. « Vous ne pouvez pas suspendre les droits des citoyens européens de cette façon ! »


Le son de cloche a été très proche chez le Belge Guy Verhofstadt (Libéraux et démocrates), qui a parlé « d'une partie de ping-pong entre deux gouvernements, sur le dos des réfugiés ». La réintroduction de frontières intérieures serait « contre l'essence même de l'UE » et « disproportionnée » au regard du problème.



Au nom des Verts, le Français Daniel Cohn-Bendit a rappelé la guerre en Bosnie. A cette époque, l'Europe a accueilli de très nombreux réfugiés. « L'Allemagne en a pris quelques centaines de milliers, elle n'a toujours pas coulé ! », s'est-il moqué. « Arrêtez de nous dire que les problèmes de l'Afrique du Nord, c'est un problème de sécurité ». Enfin, il s'est dit inquiet de ce que « les contrôles aux frontières [internes] seront un contrôle facial : ceux qui seront bronzés, différents, seront contrôlés ».


Le Portugais Rui Tavares (Gauche unitaire) a lui aussi rejeté l'idée d'une révision de Schengen et a demandé que l'Europe protège ses citoyens, mais aussi les gens en Syrie, à Benghazi ou ailleurs.


Deux groupes politiques qui se démarquent


« Il est temps non plus de se concentrer sur la liberté de mouvement, mais sur les contrôles aux frontières », a défendu le Britannique Timothy Kirkhope au nom des Conservateurs et réformateurs. Pour son groupe, le système actuel est défectueux et n'est pas prévu pour les nouveaux enjeux que sont le chômage à large échelle, l'immigration et le terrorisme.


Le Britannique Nigel Farage (Europe de la liberté et de la démocratie) a attaqué José Manuel Barroso. « Vous qualifiez ceux qui veulent contrôler leurs frontières de xénophobes, d'extrémistes, de populistes. Mais les populistes sont des démocrates ! »

 
 
   
En chiffres
 

650 millions de personnes passent les frontières de l'espace Schengen chaque année

 
 

20 000 immigrants sont entrés illégalement en Europe depuis le début de l'année

 
 

257 800 demandeurs d'asile ont été enregistrés en Europe en 2010

 
 

L'aide de l'UE aux réfugiés en provenance d'Afrique du Nord est de 100 millions d'euros